dimanche 2 décembre 2012

Des mouches parasitoïdes pour combattre les fourmis de feu invasives

Originaires d'Amérique du Sud, la fourmi de feu (Solenopsis invicta) a été introduite accidentellement aux États-Unis, en Alabama, dans les années 1930. Espèce invasive et agressive, elle a colonisé l'ensemble des états du Sud, où elle y occasionne des dégâts considérables, qui sont chiffrés à quelques milliards de dollars par an. Ces fourmis peuvent, entre autres, tuer les petits animaux domestiques et des oiseaux, causer des courts-circuits dans les systèmes de ventilation, endommager les récoltes en édifiant leurs nids ou encore perturber les balises lumineuses des aéroports. De plus, sa piqûre est très douloureuse et son venin peut causer des allergies sévères chez l'humain (environ 1% de la population y est allergique). De fait, pour de nombreux américains, les fourmis de feu sont « l'incarnation du diable ».

Pour contrôler biologiquement les fourmis de feu, les scientifiques américains ont introduit en Floride un de leurs plus redoutables parasites naturels, soit la mouche parasitoïde Phoridae du genre Pseudacteon. Originaires elles même d'Amérique du Sud, ces minuscules mouches, qui ressemblent aux drosophiles, pondent leurs œufs directement dans l'abdomen des fourmis adultes (ouvrières). Après éclosion, les larves migrent vers la tête des fourmis et dévorent les fourmis de l'intérieur. Au bout de quelques semaines, les fourmis, dont la la tête se décroche, meurent et les mouches parasitoïdes prennent leur envol.
(OP - Publié le 02/12/2005, Mis à jour le 02/12/2012)

Pour en savoir plus :

jeudi 15 novembre 2012

L'allélopathie, une nouvelle voie pour maîtriser les adventices

Plusieurs plantes ont la capacité de synthétiser et de diffuser dans leur environnement par volatilisation ou exsudation racinaire des composés organiques qui inhibent la germination ou la croissance de plantes voisines d'espèces différentes. Cette interaction chimique entre plantes appelé allélopathie joue un rôle important dans la compétition interspécifique pour les ressources de l'environnement chez les végétaux.

L'allélopathie offre aussi des perspectives intéressantes pour la gestion des "mauvaises herbes" ou adventices, notamment pour réduire l'utilisation des herbicides synthétiques et développer de nouveaux herbicides naturels. Les composés allélopathiques sont des métabolites secondaires (non essentiels au métabolisme général des plantes), tels que des flavonoïdes, des quinones, des acides phénoliques (acide salicylique) ou des terpénoïdes (eucalyptol). En particulier, les Labiées produisent des huiles essentielles qui pourraient servir de bioherbicides.

L'effet allélopathique peut être utilisé directement en cultivant des plantes intercalaires  ou indirectement en enfouissant certaines plantes ou produits végétaux qui en se décomposant libèrent des huiles essentielles aux propriétés herbicides. L'installation de plantes de couverture ou l'épandage de résidus végétaux permet en outre de protéger le sol contre l'érosion, d'augmenter son taux de matière organique et sa capacité de rétention de l'eau; ils sont une composante essentielle de l'agriculture de conservation qui exclut le labour.

Pour en savoir plus : 

mercredi 16 novembre 2011

Le bromure de méthyle contamine-t-il encore les fruits et légumes?

Le bromure de méthyle, appelé aussi bromométhane, est un gaz toxique halogéné (CH3Br) qui a été largement utilisé comme pesticide et fumigant non sélectif pour lutter contre les micro-organismes pathogènes (bactéries, champignons et nématodes parasites), les mauvaises herbes, les rats et les insectes. Il a été particulièrement utilisé comme fongicide dans les cultures maraichères (fraises, tomates), comme agent de stérilisation des sols et comme agent désinfectant des semences, des grains stockés (céréales) et des bois importés.

Très toxique par inhalation pour les animaux et les humains, le bromure de méthyle est aussi très néfaste pour l'ozone atmosphérique, en plus d'être un gaz à effet de serre. Dans la stratosphère, le bromure (Br) serait en effet 60 fois plus destructeur pour l'ozone (O3) que le chlore (Cl) des chlorofluorocarbones (CFC). Selon le Protocole de Montréal adopté en 1987, ce dangereux pesticide devait être totalement éliminé des pays industrialisés en 2005. Toutefois, plusieurs pays dont les États-Unis, le Canada et la France ont obtenu des dérogations pour certains usages avant expédition jusqu'en 2010 (quarantaine, traitements avant expédition, stérilisation des sols, etc.).

Bien qu'il existe des alternatives culturales (rotation des cultures, biofumigation), physiques (solarisation du sol, traitement thermique) ou chimiques (chloropicrine), le bromure de méthyle est encore utilisé, parfois illégalement, dans certains pays pour traiter les fruits et les légumes. Par exemple, en Californie, le bromure de méthyle est permis pour produire des plants de fraisiers exempts de maladies.
(OP - Publié le 25/12/2002, Modifié le 16/11/2011)

Pour en savoir plus:



mercredi 1 juin 2011

Comment désorienter les moustiques piqueurs?

Pour repérer leurs proies humaines, les moustiques femelles disposent entre autres de minuscules organes sensoriels qui détectent la moindre bouffée de dioxyde de carbone expiré par leurs malheureuses victimes. Des chercheurs de l'Université de Californie à Riverside viennent d’identifier des molécules odorantes qui sont capables de perturber ces organes situés autour de l'appareil buccal. Testées sur plusieurs moustiques vecteurs de maladies, Anopheles gambiae, Culex quinquefasciatus et Aedes aegypti, ces molécules volatiles activent les neurones sensoriels, brouillant ainsi la capacité des moustiques à détecter le CO2 expiré par leurs proies. Les moustiques restent ainsi désorientés pendant plusieurs minutes, même après la disparition des molécules odorantes dans l'air ambiant.

Des essais à petite échelle ont été menés avec succès au Kenya. Selon leurs auteurs, les résultats sont très prometteurs et pourraient mener à la mise au point d'une nouvelle génération de répulsifs et de leurres. Toutefois, il convient de rester prudent, car les moustiques femelles détectent aussi les odeurs et la chaleur dégagées par leurs proies. De plus, il reste à déterminer l'innocuité de ces molécules volatiles pour les humains et l'environnement.

Référence :

dimanche 29 mai 2011

Journée de l'abeille

Ce dimanche 29 mai a été décrété "Journée de l'abeille" au Canada. C'est l'occasion de rappeler l'importance cruciale des abeilles pour la production alimentaire et l'équilibre des écosystèmes en tant que principal pollinisateur des plantes à fleurs. Aujourd'hui, partout sur la planète, les populations d'abeille sont amoindries, victimes des maladies, du stress et des résidus de pesticides. Au Québec, près de la moitié des ruches exploitées par les apiculteurs pour produire le miel ont disparu au cours des dernières années.

La Fédération des apiculteurs du Québec rappellent en outre que les abeilles doivent aussi affronter l'hiver québécois qui occasionne une hécatombe annuelle dans les ruches. Les apiculteurs québécois profitent de cette "Journée de l'abeille" pour appeler les organismes publics, les compagnies agrochimiques et les agriculteurs à prendre en compte la situation inquiétante des abeilles dans leur lutte contre les insectes ravageurs.

samedi 18 décembre 2010

Abeilles et pollinisateurs : enjeux et menaces (Rapport PNUE)

Les indices d'une crise majeure de la biodiversité s'accumulent. On estime ainsi que la Terre perd entre 1 et 10 % de sa biodiversité tous les 10 ans. La destruction des habitats et la déforestation, la pollution, la propagation des espèces invasives et des parasites et la surexploitation des terres agricoles et des océans, qui sont liées aux activité humaines, en sont les principales causes. Les abeilles et les autres insectes pollinisateurs, comme les papillons ou les mouches, n'échappent malheureusement pas à cette crise de la biodiversité. Ces dernières années, plusieurs études ont montré un possible déclin des populations d'abeilles sauvages et domestiquées et des pollinisateurs à l'échelle de la planète, principalement en Amérique du Nord et en Europe.

La pollinisation est essentielle aux sociétés humaines. Beaucoup de plantes à fleurs, fruits et légumes en dépendent. L'Organisation mondiale pour l'agriculture (FAO) estime que près de 71 % des espèces végétales qui assurent 90 % de l'alimentation mondiale sont pollinisées par des insectes, principalement des abeilles. Au cours des 50 dernières années, les productions agricoles qui dépendent de la pollinisation ont été multipliées par 4. De fait, l'agriculture mondiale dépend de plus en plus de la pollinisation.

Dans un récent rapport, des experts du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE - UNEP) dressent le bilan de santé global des populations mondiales d'abeilles. Malgré des preuves de déclin dans plusieurs régions du monde, les experts onusiens hésitent à parler de «crise de la pollinisation» à l'échelle de la planète, car, selon eux, les données recueillies ne sont pas assez concluantes. Par contre, le rapport onusien énumère les nombreuses menaces auxquelles sont exposées les abeilles et les pollinisateurs :
  • Destruction et pollution des habitats conduisant à une diminution de la biodiversité des plantes à fleurs;
  • Épandages aériens d'insecticides et développement des insecticides systémiques (qui diffusent à travers toute la plante) et des semences enrobées qui sont toxiques pour les insectes non ciblés et les pollinisateurs;
  • Commercialisation, sélections, traitements antibiotiques et transports des abeilles domestiques qui amenuisent la santé des ruches;
  • Changements climatiques qui pourraient, entre autres, modifier les relations entre les insectes et les plantes à fleurs. 
Par ailleurs, le rapport onusien invite les gouvernements à prendre en compte ces menaces dans leurs politiques agricoles et à favoriser le développement des pollinisateurs sauvages et indigènes en complément aux colonies d'abeilles domestiques.

Référence :

mardi 3 août 2010

L'histoire controversée du DDT

Le Dichloro-Diphényl-Trichloréthane ou DDT est l'un des tout premiers pesticides de synthèse. Synthétisé pour la première fois en 1874 par un chimiste strasbourgeois, Othmar Zeidler, les propriétés insecticides de cet organochloré ont été découvertes en 1939 par le chimiste suisse Paul Hermann Müller (1899-1965). Dès les années 1940, le DDT est utilisé pour combattre la propagation du typhus et de la malaria, deux maladies infectieuses graves transmises respectivement par les poux (Pediculus humanus) et les moustiques (Anopheles spp.). En 1948, Müller reçoit d'ailleurs le prix Nobel de médecine pour sa découverte. Le DDT est alors abondamment pulvérisé sur les marécages, dans les habitations et même sur les personnes afin de lutter contre les mouches, les puces, les poux et les moustiques et de protéger les populations contre plusieurs maladies infectieuses. Il contribue ainsi à l’éradication du paludisme en Europe et en Amérique du Nord. En raison de sa grande efficacité, le DDT est ensuite massivement employé en agriculture pour lutter contre les insectes ravageurs comme le doryphore de la pomme de terre.

Toutefois, très rapidement des phénomènes de résistance au DDT apparaissent chez plusieurs espèces d'insectes, ce qui diminue l'efficacité des traitement et augmentent les doses d'emploi. Le DDT se révèle aussi toxique pour de nombreuses espèces non ciblées comme les insectes pollinisateurs, les poissons et les oiseaux, et des phénomènes de bioaccumulation sont observés. Très rémanent et non biodégradable, le DDT s'accumule, via la chaîne alimentaire, dans les tissus adipeux des animaux, et des traces sont même détectées dans le lait maternel humain. À l'époque, le DDT est aussi suspecté d'être responsable du déclin des grands rapaces, comme le Pygargue à tête blanche, en perturbant leur reproduction et en amincissant la coquille de leurs oeufs. En 1962, Rachel Carson, une biologiste américaine, publie un livre, « The Silent Sping » («Le printemps silencieux» en français), qui révèle au grand public le danger des pesticides pour l'environnement et la santé humaine. Dans les années 1970, le DDT est interdit d'utilisation dans de nombreux pays industrialisés, dont les États-Unis, le Canada et la France. Dès lors, le DDT cesse d'être utilisé en agriculture et de nouvelles familles d'insecticides de synthèse (organophosphorés, carbamates, pyréthrinoïdes) sont développées pour le remplacer. Par la suite, plusieurs études suspectent le DDT et ses dérivés organochlorés d'être des perturbateurs du système endocrinien.

Malgré qu'il soit un polluant organique persistant (POP), le DDT est encore utilisé de nos jours dans plusieurs pays en développement pour lutter contre les moustiques vecteurs de la malaria, principalement en pulvérisation dans les habitations. En 2006, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande toujours son utilisation limitée à l'intérieur des habitations dans les pays les plus menacés, suscitant la controverse dans la communauté scientifiques et la colère de nombreux groupes de protection de l'environnement. En l'absence de méthodes alternatives efficaces et abordables, le DDT devrait donc continuer à être utilisé pendant encore plusieurs années.

lundi 28 janvier 2008

Le Cruiser, un nouvel insecticide neurotoxique systémique inquiète les apiculteurs français

Le ministère français de l'agriculture vient d'annoncer l'homologation sur son territoire d'une semence enrobée de maïs destinée à l'alimentation animale, traitée avec un nouvel insecticide neurotoxique systémique, le Cruiser. Destinée à l'alimentation animale. Le maïs destiné à l'alimentation animale (maïs ensilage) couvre l'essentiel des surfaces de maïs cultivées en France.

Produit par le groupe agrochimique suisse Syngenta, le Cruiser dont la molécule active est le thiamethoxam, un neurotoxique qui agit sur les récepteurs nicotiniques des insectes, devrait servir à lutter contre les taupins (Agriotes spp), des coléoptères souterrains qui s'attaquent aux racines du maïs. L'insecticide enrobe la semence de maïs et diffuse dans la plante tout ai long de sa croissance.

Ce type d'enrobage inquiète les apiculteurs français. D'une part, des études écotoxicologiques, réalisées par Luc Belzunces (INRA, Avignon), ont montré que le comportement de vol des abeilles, en particulier leur retour à la ruche, pouvait être perturbé par l'absorption de très faibles doses de thiamethoxam. D'autre part, l'an dernier, plusieurs apiculteurs italiens ont accusé le thiamethoxam d'être responsable de la disparition brutale d'un grand nombre de leurs abeilles. Selon eux, les abeilles auraient été contaminées par la dispersion de la molécule neurotoxique dans l'air lors des semis. Des analyses récentes ont d'ailleurs confirmé la présence de Thiamethoxam dans les abeilles italiennes retrouvées mortes.

L'utilisation sur le maïs de deux autres insecticides neurotoxiques systémiques, le Gaucho et le Fipronil, suspectés d'être à l'origine de l'affaiblissement des colonies d'abeilles, est interdite en France depuis 2004. Histoire à suivre... (source : LeMonde.fr)

mercredi 9 janvier 2008

Risques de propagation de la dengue aux États-Unis

Dans un éditorial publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), daté du 9 janvier, des responsables de l'Institut national américain des allergies et maladies infectieuses (National Institute of Allergy and Infectious Diseases, NIAID) s'inquiètent d'une éventuelle "multiplication à grande échelle des cas de dengue aux États-Unis". Ils préviennent que les risques de propagation de la dengue, une maladie virale transmise par les moustiques du genre Aedes, sont réels et doivent être pris au sérieux. À ce jour, plusieurs cas sporadiques ont en effet déjà été signalés dans le Sud des États-Unis, particulièrement au Texas, près de la frontière mexicaine.

Selon les experts, le réchauffement climatique en cours pourrait favoriser et accélérer la propagation de la maladie infectieuse vers le Nord du continent américain, d'autant plus, que les moyens pour combattre l'épidémie sont jugés nettement insuffisants.

La dengue connaît présentement une nouvelle recrudescence à l'échelle de la planète et menace près du tiers de la population mondiale. Chaque année, entre 50 à 100 millions de personnes la contractent, dont 22 000 en meurent. Or, actuellement, il n'existe pas de vaccins ou de traitements spécifiques contre la dengue. La lutte contre les moustiques vecteurs reste donc l'un des moyens privilégiés pour endiguer les épidémies de dengue. Pour les experts américains, il devient donc urgent d'accroître les traitements antivectoriels, principalement dans le Sud des États-Unis, et de développer des traitements médicaux et des vaccins efficaces contre la dengue
 

Références :

Pour en savoir plus sur la dengue :

vendredi 28 décembre 2007

Termites et champignons symbiotiques : des relations très complexes!

Les termites sont des insectes sociaux organisés en castes relativement complexes. Parmi les 2 000 espèces de termites recensées à ce jour, les espèces champignonnistes, qui appartiennent à la sous famille des Macrotermitinae, ont la particularité d'établir une relation de symbiose (c'est à dire, bénéfique aux deux organismes) avec un champignon supérieur appelé Termitomyce.
Contrairement aux autres espèces de termites, les espèces de termites champignonnistes sont incapables de digérer la cellulose et la lignine des végétaux. Ainsi, elles cultivent dans leur termitière des termitomyces sur un tapis végétal grossièrement mâchés. Les champignons pré-digèrent alors les végétaux en substances plus facilement assimilables par les termites.

Des études récentes, menées à l'Institut de recherches en développement (IRD), ont montré que chaque espèce de termite champignonniste est capable de cultiver diverses espèces de champignons. Cette découverte est d'autant plus importante que les termites champignonnistes sont responsables de nombreux dégâts dans les cultures agricoles en Afrique, particulièrement dans les champs de canne à sucre ou dans les cultures vivrières de mil et de sorgo, qui sont à la base du régime alimentaire des populations locales. Par exemple, les termites du genre Odontotermes peuvent occasionner des chutes de près de 25 % de rendement dans les champs de canne à sucre.

Pour lutter contre ces ravageurs agricoles, de nouvelles stratégies ciblent maintenant les champignons symbiotiques, car les fongicides utilisés sont généralement moins toxiques pour les humains et l'environnement que les insecticides. La capacité des termites à cultiver plusieurs espèces de champignons pourrait néanmoins leur permettre de déjouer cette nouvelle stratégie.

Pour en savoir plus (IRD) :

samedi 22 décembre 2007

Plongeon mortel (Vidéo à voir)

Nepenthes rafflesiana est une plante carninore qui pousse dans les forêts tropicales humides d'Asie. En utilisant des caméras très rapides, deux chercheurs français du CNRS ont filmé la capture de mouches et de fourmis dans les urnes d'une de ces plantes.

Les urnes de la plante carnivore contiennent un liquide visqueux et gluant qui assure à la fois la digestion des insectes et un rôle crucial dans leur capture. Le liquide secrété par N. rafflenasiae possède, en effet, des propriétés viscoélastiques qui lui permettent d'immobiliser rapidement la proie, en produisant des filaments de forte rétention. L'insecte est ainsi immédiatement recouvert du liquide visqueux et ne peut plus se dégager du piège gluant. Même lorsqu'il est dilué à 90 % par les eaux de pluies, ce qui arrive fréquemment dans les forêts tropicales humides, le liquide viscoélastique des plantes carnivores continue d'exercer sa mortelle emprise sur les insectes. Au contraire, dans l'eau, une mouche est capable de se dégager rapidement et de ainsi de reprendre son envol. Ce liquide, dont la consistance est semblable à celle des mucus ou salives secrétés par certains batraciens et reptiles, pourrait servir au développement de nouveaux bioinsecticides. (source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
 

"Nepenthes rafflesiana ant". Licensed under Creative Commons Attribution 2.5 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nepenthes_rafflesiana_ant.jpg#mediaviewer/Fichier:Nepenthes_rafflesiana_ant.jpg.

 

 

vendredi 21 décembre 2007

Le régne facsinant des coléoptères

Les Coléoptères sont un ordre d'insectes très diversifié et abondant. À ce jour, environ 350 000 espèces de coléoptères ont été recensées aux quatre coins de la planète. De fait, cet ordre fascinant regroupe près du quart de tous les êtres vivants connus de la planète!

En comparant le patrimoine génétique de plusieurs espèces de coléoptères, des entomologistes britanniques ont récemment établi un nouvel arbre généalogique des Coléoptères qui remonte aux alentours de 300 millions d'années avant notre ère. Leur étude révèle en outre que leur incroyable diversité biologique est principalement liée à de grandes facultés d'adaptation qui leur a permis d'occuper de nombreuses niches écologiques. 

Les Coléoptères sont caractérisés par une paire d'ailes antérieures coriaces (les élytres) qui forme une carapace recouvrant l'abdomen. Leur deux ailes postérieures, membraneuses, sont repliées sous la carapace et se déploient lorsque le coléoptère s'envole. Ils possèdent aussi de puissantes pièces buccales broyeuses. 35 % d'entre eux sont des phytophages, dont de nombreux ravageurs agricoles et forestiers (charançons, chrysomèles, ténébrions, scolytes). On trouve aussi des détritivores et des carnassiers, prédateurs d'insectes. Certains d'entre eux, comme les coccinelles qui se nourrissent de pucerons, sont très utilisées en lutte biologique.


 Pour en savoir plus :

mercredi 21 novembre 2007

Des OGM ciblant le génome des insectes?

Au cours des prochaines années, de nouvelles plantes transgéniques capables de cibler le génome d'insectes ravageurs pourraient voir le jour dans les laboratoires. Le 4 novembre dernier, la revue Nature Biotechnology publiait deux études qui décrivent ce à quoi pourraient bien ressembler les OGM du futur.

Ainsi, ces nouveaux OGM utiliseraient l'ARN Interférence (acides ribonucléiques doubles brins), un mécanisme qui permet de réguler l'expression de certains gènes et de réduire spécifiquement la production de protéines. Au laboratoire, ce phénomène d'interférence est aujourd'hui couramment utilisé pour inactiver certains gènes ciblés. Il pourrait l'être à des fins thérapeutiques mais aussi agricoles.

Une équipe de l'Institut des sciences biologiques de Shanghaï (Chine) a réussi à rendre les chenilles de la noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera, sensibles au gossypol. Ce lépidoptère, qui ravage aussi le coton, a développé une résistance au gossypol, une molécule produite naturellement par le coton et toxique pour les insectes. Après avoir identifié le gène conférant cette résistance, les chercheurs chinois ont fait exprimer l'ARN correspondant dans des plantes transgéniques, ce qui a inactivé le gène de résistance des chenilles qui se se nourrissaient sur ces végétaux.

Dans une autre étude, des chercheurs de la multinationale agrochimique Monsanto ont produit des plants de maïs transgéniques capables d'exprimer certains ARN correspondant à des gènes assurant des fonctions physiologiques essentielles à la chrysomèle des racines du maïs, Diabrotica virgifera, un de ses plus coriaces ravageurs. La production de ces ARN par les plants transgéniques ont permis ainsi de réduire les dégâts engendrés par les chenilles de chrysomèle sur les racines.

En utilisant cette nouvelle stratégie d'administration orale d'ARN interférence, les chercheurs tentent d'anticiper et de contrecarrer l'apparition inévitable de la résistance des ravageurs au protéines insecticides Bt (i.e. toxines de Bacillus thuringiensis) produites par certaines plantes transgéniques. Bien qu'elle puisse apparaître comme prometteuse, cette nouvelle approche biomoléculaire présente deux inconvénients. D'une part, certains insectes, comme le charançon du coton, Anthonomus grandis, sont déjà résistants à cette stratégie. D'autre part, celle-ci n'apporte aucune solution au problème de la dissémination éventuelle des transgènes dans la nature; elle pourrait même s'avérer néfaste pour les insectes non ciblés et les organismes herbivores qui les consomment.

Pour en savoir plus :
  • Lire l'article de Hervé Morin (LeMonde.fr, 21.11.2007)
  • Référence : Mao YB., Cai WJ., Wang JW., Hong GJ., Tao XY, Wang L J., Huang YP., Chen XY., 2007. Silencing a cotton bollworm P450 monooxygenase gene by plant-mediated RNAi impairs larval tolerance of gossypol. Nat. Biotechnol. 25(11):1307-13 [Lire le résumé en anglais]
  • Référence : Baum JA., Bogaert T., Clinton W., Heck GR., Feldmann P., Ilagan O., Johnson S., Plaetinck G., Munyikwa T., Pleau M., Vaughn T., Roberts J., 2007. Control of coleopteran insect pests through RNA interference. Nat. Biotechnol 25(11):1322-6 [Lire le résumé en anglais]

vendredi 16 novembre 2007

Après les abeilles, les bourdons sont aussi menacés

Alors que les indications d'un déclin généralisé des abeilles se multiplient à l'échelle de la planète, des entomologistes s'intéressent aussi au sort d'une autre espèce d'insecte pollinisateur, le bourdon (Bombus sp). Ainsi, Robbin Thorp, professeur d'entomologie à l'Université de Californie à Davis, s'alarme du rapide déclin du Bourdon de Franklin (Bombus franklini) sur la côte Ouest américaine. Cette espèce endémique du Nord-ouest de la Californie et du Sud-ouest de l'Oregon y était encore largement répandue il y a 5 ans. Aujourd'hui, elle pourrait disparaître complètement, avant même d'avoir été inscrite sur la liste des espèces menacées.

D'autres espèces plus communes aux États-Unis, Bombus occidendalis dans l'Ouest et Bombus impatiens dans l'Est, se font également plus rares. Contrairement aux abeilles qui ont été importées par les colons européens au 17e siècle, les bourdons sont des hyménoptères indigènes du continent nord-américain. Ils sont des pollinisateurs naturels pour de nombreuses plantes sauvages. Bien qu'ils ne produisent que très peu de miel, ils rendent aussi de grands services à l'agriculture, en pollinisant près de 15% des cultures américaines, particulièrement les cultures maraîchères sous abris (tomates, poivrons, pastèques, courges, concombres, fraises, etc.) et les petits fruits (bleuets ou myrtilles, canneberges ou airelles, framboises).

Le déclin des bourdons inquiètent donc de plus en plus d'agriculteurs et d'entomologistes, d'autant plus qu'il se produit alors même que les populations d'abeilles sont au plus mauvais point. Certains scientifiques s'inquiètent même d'un possible déclin généralisé des insectes pollinisateurs. Comme pour les abeilles, les causes sont multiples et restent encore mal connues : pesticides, maladies parasitaires, pollution, malnutrition et destruction des habitats par le développement urbain et l'agriculture intensive. Toutefois, l'utilisation accrue de ruches commerciales de bourdons dans les serres et les champs pourrait être en partie responsable du déclin en facilitant la diffusion de maladies parasitaires. Selon le professeur Thorp, l'importation de bourdons d'élevage en provenance d'Europe serait en effet responsable de la propagation d'une maladie due à une microsporidie du genre Nosema. Il a d'ailleurs constaté que les populations de bourdons sauvages ont commencé à s'amenuiser dans les années 1990, alors que des bourdons d'élevage étaient importés en grand nombre d'Europe pour polliniser les serres américaines. (Source : Jeff Barnard, Associated Press, Grants Pass Oregon)

Pour en savoir plus :

lundi 5 novembre 2007

Les coccinelles asiatiques à la conquête de la France

Après l'Amérique du Nord, la Grande-Bretagne, et la Belgique, c'est au tour de la France, particulièrement son quart Nord-Est, de connaître les invasions de la coccinelle asiatique Harmonia axyridis. Introduite en raison de sa très grande voracité dans le cadre de programmes de lutte biologique contre les pucerons, cette espèce originaire du Sud-est asiatique est en effet rapidement devenue invasive. Son expansion s'accompagne d'une disparition des espèces de coccinelles indigènes, avec lesquelles elle entre en compétition et dont elle peut aussi dévorer les larves quand la nourriture vient à lui manquer.

À l'approche de l'automne, les adultes ailés en quête d'un abris pour l'hiver se rassemblent en grand nombre (d'une centaine à plusieurs milliers) dans les habitations et les édifices. Bien que les coccinelles asiatiques ne posent pas de problèmes de santé publique, la cohabitation avec l'homme est difficile. Ainsi, ces dernières semaines, avant l'arrivée des premiers froids, les invasions de domicile se sont multipliés en Alsace, dans le Nord Pas de Calais, dans l'Est du Bassin parisien et en Champagne Ardennes. Enfin, elles peuvent aussi occasionner quelques problèmes en viticulture, lors des vendanges tardives si elles se retrouvent écrasées avec les raisins dans les pressoirs.

Si la situation actuelle n'est pas inédite, les chercheurs tentent encore de mieux comprendre le caractère invasif de la coccinelle asiatique et l'origine de son succès envahissant. Introduite par lâchers successifs dans les années 1970 aux États-Unis, elle a commencé à coloniser le territoire américain à la fin des années 1980 avant de se répandre sur l'ensemble du continent (1994 au Canada, 2001 en Argentine, etc.). Après avoir été introduite en France par l'INRA en 1982 pour des expérimentations, elle a été largement commercialisée comme biopesticide en horticulture et jardinage par la société Biotop entre 1995 et 2000. Pour éviter sa dissémination, Biotop a récemment commercialisé une souche sélectionnée incapable de voler (Voir nouvelle du 11.05.06 : "Les coccinelles, des pesticides naturels"). Mais en raison du caractère récessif de cette mutation, les croisements éventuels avec la souche sauvage n'empêcheront pas une partie de leur descendance de voler et de proliférer.

Le naturaliste Vincent Ternois, coordonnateur de l'Observatoire pour le suivi de la coccinelle asiatique en France, croît d'ailleurs qu'il est trop tard et que plus rien ne pourra arrêter l'expansion de la coccinelle asiatique. Toutefois,  en Amérique du Nord, où elle n'avait aucun ennemi naturel à son arrivée, certains insectes parasitoïdes, comme la larve du Diptère Strongygaster triangulifera, commencent à profiter de sa présence et pourrait donc contribuer à réguler sa population. (Source : AFP)


Panoplie de couleur des coccinelles asiatiques ( Harmonia axyridis)
Attribution: ©entomart, source: http://www.entomart.be/INS-0038.html
La coccinelle asiatique Harmonia axyridis présente une très grande variabilité de couleur entre individus d'où son nom anglais "Multicolored asian lady beetle". Aux États-Unis, elle porte aussi le nom de "Halloween lady beetle" à cause de ses couleurs élytrales et parce qu'elle est abondante dans les habitations en cette période de l'année.

Pour en savoir plus :

jeudi 1 novembre 2007

Premier bioinsecticide viral au Canada

Le Carpocapse des pommes (Cydia pomonella) est un papillon dont les chenilles frugivores s'attaquent non seulement aux pommes, mais aussi aux poires, pêches, prunes, noisettes et noix de Grenoble. De fait, c'est un redoutable ravageur des cultures fruitières au Québec. Il y a une dizaine d'années, l'entomologiste Charles Vincent et son équipe du Centre de recherche en horticulture de Saint-Jean sur Richelieu (Agriculture et Agroalimentaire Canada) identifiait dans les vergers du Québec un virus entomopathogène spécifique du Carpocapse des pommes. Ce virus à granulose, dénomé CpGV (pour Cydia pomonella Granulovirus), est un baculovirus qui infecte uniquement les chenilles du Carpocapse tout en étant totalement inoffensif pour les insectes bénéfiques et les humains. Il possède en outre une durée de vie très courte, ce qui limite considérablement sa prolifération dans l'environnement.

"Cydia pomonella (Falter)". Licensed under Public domain via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cydia_pomonella_(Falter).jpg#mediaviewer/Fichier:Cydia_pomonella_(Falter).jpg.
Grâce à un nouveau procédé de production plus performant permettant de sélectionner les souches de CpGV les plus efficaces et sans modifications génétiques, la société gaspésienne BioTepp a développé quelques années plus tard un insecticide biologique à base de ce granulovirus indigène, le Virosoft Cp4. Premier insecticide viral à être homologué contre un insecte ravageur agricole au Canada, le Virosoft Cp4 connaît un certains succès aux États-unis, où il est utilisé à grande échelle dans les plantations fruitières des états de Washington et du Michigan. Au Canada, dans la vallée de l'Okanagan, une région de Colombie-Britannique réputée pour ses vergers et ses cultures fruitières, les producteurs ont plutôt choisi, avec l'aide du gouvernement fédéral, la stérilisation des mâles comme procédé pour combattre le carpocapse. Néanmoins, parfaitement adapté aux conditions nord-américaines, ce bioinsecticide viral devrait s'avérer très utile dans les vergers biologiques du Québec et de l'Ontario, où les pesticides chimiques sont bannis.

D'autres bioinsectides à base de baculovirus naturels sont en cours de développement pour contrôler divers ravageurs horticoles et agricoles comme la tordeuse à bande oblique (Choristoneura rosaceana) ou la fausse arpenteuse du chou (Trichoplusia ni). En foresterie, des insecticides viraux sont aussi utilisés contre la spongieuse (Lymnantria dispar), mais ceux-ci sont généralement préparés à partir de virus modifiés génétiquement.


Pour en savoir plus :
  • Lire l'article de Gervais T. dans Québec Science : "Haro sur les parasites de la pomme", Québec Science 46 (2) p. 8-9, octobre 2007.
  • Consulter le site de BioTepp : http://www.biotepp.com/

dimanche 28 octobre 2007

Rapport GEO4 de l'ONU : les problèmes les plus graves de la planète persistent

Le denier bilan chiffré publié par l'ONU sur l'état de santé de la planète confirme le déclin généralisé des principaux écosystèmes de la biosphère et en attribue la cause aux activités humaines. Selon le rapport onusien, le rythme de disparition des espèces s'est considérablement accentué et la planète serait entré dans la "6ème extinction". Outre les grand animaux charismatiques menacés, des milliers d'espèces d'oiseaux, d'amphibiens, de poissons, de plantes, d'insectes, mais aussi de bactéries et de microorganismes divers, dont la plupart sont encore inconnus et sont souvent à la base des chaînes alimentaires, pourraient disparaître au cours des prochaines années.Les introductions d'espèces exotiques constituent un problème croissant et contribuent à la disparition de nombreuses espèces indigènes.

Les grands biomes de la planète, en particulier les forêts tropicales sèches, les savanes, les récifs coralliens et les milieux humides à l'intérieur des terres, ont vu aussi leur surface se réduire radicalement depuis les années 1950. Le changement climatique, bientôt irréversible si la communauté internationale ne réagit pas avec plus de force, devrait accélérer la perte de la biodiversité et la désertification des écosystèmes.

À cause de l'uniformisation des pratiques agricoles et de la destruction des milieux naturels, le stock de gènes des plantes alimentaires et médicinales s'est aussi considérablement réduit au point de menacer l'existence même de l'espèce humaine. Avec les besoins croissants en énergie, l'agriculture intensive est en effet considérée comme une des principales causes de la dégradation de l'état de la planète. Ainsi, de 1990 à aujourd'hui près de 6 milliards de forêts tropicales ont été converties chaque année en pâturages et en cultures agricoles. En Europe, 90 % des terres agricoles souffrent d'excès de phosphates et de nitrates entraînant l'eutrophisation généralisée des cours d'eau et des lacs. En Asie et en Afrique, l'irrigation des cultures est responsable de 60 à 70 % des prélèvements d'eau entraînant de graves crises d'approvisionnement des populations en eau douce.L'appauvrissement des sols en carbone du à leur utilisation intensive est responsable d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, la demande croissante en biocarburants devrait convertir une partie importante des terres agricoles en monocultures au détriment des plantes alimentaires et de la diversité biologique.

Curieusement le rapport demeure relativement silencieux sur les plantes transgéniques dont l'utilisation est très controversée. En conclusion, les experts onusiens établissent un lien entre la perte des écosystèmes et de la biodiversité et la disparition des cultures et des langues. Ils invitent la communauté internationale à agir rapidement avant qu'il ne soit trop tard et les pays riches à s'engager dans la voie de la décroissance avant que la surconsommation ne détruise tous les services biologiques de la planète.
 
Pour en savoir plus :

samedi 27 octobre 2007

Sa Majesté les Mouches (Le Devoir)

Il existe environ 100 000 espèces de mouches, soit 1/10e de la diversité animale. À l'exception de la drosophile (Drosophila melanogaster), qui est un modèle d'étude en génétique et en biologie moléculaire, les Muscidés, comme la mouche domestique Musca domestica et ses cousines, intéressent peu les chercheurs. Au Québec, l'entomologiste Jade Savage, de l'Université Bishop à Sherbrooke, consacre ses recherches à leur biodiversité et à leur phylogénie (arbre généalogique). Depuis peu, elle s'intéresse aussi aux impacts des changements climatiques sur les Muscidés nordiques et alpines. Le quotidien Le Devoir dresse le portrait de cette experte en Muscidés.

» Lire l'article dans le Devoir

vendredi 26 octobre 2007

Les bienfaits de l'agriculture biologique sur la qualité des sols

Interface et zone d'échange entre la lithosphère, l'atmosphère et la biosphère, le sol est un milieu vivant complexe, composé de matières organiques et minérales. Son rôle en agriculture est fondamental. Il abrite en effet une multitude de microorganismes et d'invertébrés détritivores (bactéries, champignons, vers de terre, insectes, etc.) qui transforment la matière organique en matière minérale et fournissent aux plantes les nutriments nécessaires à leur croissance.

Des chercheurs suisses ont comparé, sur plus de 20 ans, des parcelles biologiques et traditionnelles alternant différentes cultures (pommes de terre, orge, blé d’hiver, betteraves et trèfle). Leur étude comparative montre que l'usage intensif de pesticides et d'engrais diminuent considérablement la qualité des sols en les appauvrissant en microorganismes et en matières organiques. Dans les parcelles traditionnelles, cet  appauvrissement des sols est tel qu'il faut multiplier les apports en phosphates et en nitrates. Par contre, dans les parcelles biologiques, le développement de la microfaune permet d'enrichir naturellement le sol en nutriments dont les plantes ont besoin.

Les chercheurs ont aussi constaté que les insectes auxiliaires, parasitoïdes et prédateurs de parasites, étaient beaucoup plus nombreux dans les parcelles biologiques. La présence de ces insectes auxiliaires assure une protection naturelle des cultures contre les ravageurs, et évite l'épandage d'insecticides. Malgré des baisses de rendement de l'ordre de 20 % observées dans les cultures biologiques, celles ci demeurent économiquement rentables à long terme, car elles permettent d'éviter les dépenses coûteuses associées à l'utilisation des produits chimiques (engrais, pesticides, etc.).
(Source : e-meddiat, M. Jahnich, 05.09.07)

Référence :
  • Fliessbach A., et al. ,2006. Soil organic matter and biological soil quality indicators after 21 years of organic and conventional farming. Agriculture, Ecosystems and Environment 118: 273-28 [Résumé en anglais]

dimanche 14 octobre 2007

Un monde sans fruits et légumes?

Selon Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), les abeilles pourraient disparaître de la planète. Dans un article publié dans le quotidien Le Monde, il décrit les bouleversements alimentaires qui en résulteraient.

» Lire l'entrevue de Bernard Vaissière (LeMonde.fr 13.10.2017)

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