jeudi 30 mars 2006

Le paludisme profite du réchauffement climatique

Le rôle des changements climatiques sur l'incidence des maladies transmises par les moustiques est un sujet très débattu dans la communauté scientifique. Selon une équipe de recherche dirigée par Mercedes Pascual (Université du Michigan), une petite hausse des températures pourrait expliquer en partie l’importante augmentation des cas de paludisme observée dans les hauts plateaux d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi) au cours des 50 dernières années. Les hauts plateaux africains dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0.5 C, enregistré sur 4 sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Cependant, les chercheurs précisent que les changements climatiques ne sont pas les seuls facteurs en cause mais qu'ils doivent être pris en compte aussi minimes soient-ils. Le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la perturbation des écosystèmes comme la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte. (OP)
> Réf. : Pascual M., Ahumada JA., Chaves LF., Rodó X., Bouma M., 2006. Malaria resurgence in the East African highlands: Temperature trends revisited. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 10.1073/pnas.0508929103 Édition électronique avançée du 29.03.06 [Résumé en anglais] [Article en accès libre, PDF]
> Lire la nouvelle : Quand le paudisme profite du réchauffement (Sciences et Avenir.com 212.03.06)
> Voir aussi : Des études menées en Amazonie tissent le lien entre paludisme et déforestation (PESTInfos 09.02.06)

Paludisme et réchauffement climatique

Le rôle des changements climatiques sur l'incidence des maladies infectieuses transmises par les moustiques est un sujet très débattu dans la communauté scientifique. Selon une récente étude dirigée par Mercedes Pascual (Université du Michigan), le paludisme profiterait du réchauffement climatique. Ainsi, selon la chercheuse, une petite hausse des températures pourrait expliquer, du moins en partie, l’importante augmentation des cas de paludisme observée dans les hauts plateaux d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi) au cours des 50 dernières années.

Les hauts plateaux africains, dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques, étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0,5 C, enregistré sur quatre sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Toutefois, d'autres facteurs comme le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte.

Référence :

lundi 13 mars 2006

Chikungunya : la démoustication gouvernementale serait elle inefficace ?

Alors que l'épidémie de Chikungunya qui sévit depuis plus d'un an à la Réunion a passé la semaine dernière le cap des 200 000 cas et qu'elle semble s'étendre dans plusieurs archipels de l'océan indien (Maurice, Mayotte, Comores, Seychelles), les opérations d'éradication du moustique tigré Aedes albopictus, son principal vecteur, ne font pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Dans un entretien qu'il a accordé à l'agence de presse Destination Santé, René Le Berre, entomologiste et fondateur de l'école française d'entomologie médicale de l'Institut de recherche en développement (IRD), dénonce les politiques "cosmétiques" de distribution de répulsifs anti-moustiques et soutient que les opérations de démoustication actuelles, lancées dans la précipitation par les autorités, sont vouées à l'échec. Dans un climat chaud et humide comme celui de la Réunion, les répulsifs sont en effet rapidement inefficaces. D'autre part, le "déluge d'insecticides chimiques", dont certains sont nocifs pour la santé et l'environnement (>Voir PESTInfos 27.02.06), ne peuvent parvenir à éradiquer complètement les moustiques adultes qui sont très résistants et qui par ailleurs restent très agressifs même lorsque leur densité de population est faible. L'entomologiste affirme même que les moustiques tigres sont contaminés par le virus du Chikungunya sur 5 générations ! Il existe pourtant d'autres solutions comme l'identification et la destruction des gîtes larvaires d'origine anthropique susceptibles de recueillir de l'eau (vieux pneus, canettes et bouteilles vides, récipients abandonnées, bâches de piscines, vases des cimetières, etc.) et que la femelle du Tigre asiatique affectionne particulièrement. A. albopictus qui s'est répandu depuis l'Asie jusqu'en Europe et en Amérique du Nord, suit en effet les déplacements de l'homme et s'adapte parfaitement bien aux gîtes que celui-ci lui procure en particulier les vieux pneus. La femelle albopictus est capable d'y déposer 3 à 4 pontes d'une centaine oeufs chacun au cours de sa courte existence (3 à 4 semaines maximum). À chaque ponte, elle doit nécessairement se nourrir d'un apport protéique en prélevant un "repas de sang" chez un animal à sang chaud. L'élimination de ces gîtes larvaires et leur traitement ciblé et répété au moyen de larvicides biologiques spécifiques comme le Bti (i.e. Bacillus thuringiensis variété israelensis) devrait cependant permettre de diminuer la densité de population des moustiques vecteurs et de réduire les risques de transmission à l'homme. Cependant, ce spécialiste qui a oeuvré pendant près de 15 ans dans la lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest, prévient que la lutte antivectorielle sera longue et qu'elle doit intégrer de nouvelles connaissances sur la biologie de ce moustique, qui peut aussi véhiculer la fièvre de Dengue, et de son écologie sur le terrain. L'implication des communautés et des populations locales dans la lutte antivectorielle sera aussi une composante essentielle à son succès. (OP)
> Chikungunya : le moustique a de l'avance (Destination santé, 13.03.06)
> Chikungunya : la démoustication serait inutile ? (Notre-planète.info, 10.03.06)
> La démoustication à la Réunion mise en cause (Destination Santé - 01.03.06) : vous pouvez y écouter l'interview de René Le Berre (format Quick Time Player)
> Le moustique Aedes albopictus: un étonnant voyageur qui circule en pneus (AFP, 28.03.06)
À propos de l'épidémie de Chikungunya :
> Infection par le virus Chikungunya à l’Ile de la Réunion. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n°hors série (31 janvier 2006) : document PDF à télécharger sur le site de l'Institut de veille sanitaire
> Chikungunya : le retour des arboviroses ? (Science Actualités 03.03.06)

lundi 13 février 2006

L'agriculture durable favorise les rendements et les revenus des petits paysans


Photo : Cultures de maïs à Cuba, dans la région de Vinales (OP - juin 2000)

Malgré les récents progrès technologiques, la faim et la pauvreté continuent de se répandre dans le monde alors que l'agriculture productiviste, principalement basée sur les monocultures intensives, provoque de plus en plus d'effets néfastes sur l'environnement. L'agriculture durable repose sur le développement de technologies et pratiques culturales permettant d'améliorer la production des denrées agricoles sans affecter irréversiblement l'environnement. Une équipe internationale de chercheurs, dirigés par J. Pretty de l'université d'Essex a étudié 286 projets d'agriculture durable répartis dans 57 pays en voie de développement. Couvrant 37 M d'hectares (soit environ 3% de la surface cultivée des pays en voie de développement), ces projets ont impliqué 12.6 millions de paysan et leur famille. L'étude, publiée dans la revue Environmental Science and Technology, révèle que les rendements agricoles ont augmenté en moyenne de 79 % au cours des 10-15 dernières années.
Les techniques d'agriculture durable, basées sur une utilisation réduite de l'eau, une meilleure gestion des sols et des engrais, et une lutte phytosanitaire (contre les parasites et adventices) fondée sur la mise en valeur de la biodiversité de préférence aux pesticides chimiques, se sont révélées particulièrement profitables pour le maïs, le millet, les pommes de terre et les légumineuses dont les récoltes ont plus que doublé. En épargnant sur les pesticides et autres produits de synthèse, les paysans ont aussi vu leur revenu et leur moyen de subsistance augmentés. D'autre part, ces techniques de conservation permettent de capter et séquestrer plus de carbone de l'atmosphère, soit environ 0.35 t C ha-1 y-1, et donc de combattre le réchauffement climatique du à l'effet de serre. Selon les chercheurs, il n'est pas certain que l'agriculture durable puisse relever le défi de la faim dans le monde, mais sa propagation, qui nécessite la mise en place de nouvelles politiques et un support des institutions internationales, pourrait de toute évidence aider les paysans les plus pauvres de la planète. (OP) ; Sources : La Presse du 27.01.06, " L'agriculture durable, la solution ?", un article de Jean-Charles Côté disponible en ligne sur Cyberpresse.ca ; "Conservation agriculture boosts yields and incomes" (SciDev.Net 25.01.06) ; Réf. : Pretty J, Noble A D, Bossio D, Dixon J, Hine R E, Penning de Vries F W T and Morison J I L. 2006. Resource-conserving agriculture increases yields in developing countries. Environmental Science & Technology [Résumé en anglais]

jeudi 9 février 2006

Lien entre paludisme et déforestation

Deux études récentes menées en Amazonie ont démontré un lien entre la déforestation et un risque accru de la transmission du paludisme.
Selon la première étude réalisée au Brésil (1), les importantes coupes forestières pratiquées en Amazonie à des fins agricoles et d'urbanisation entraînent la multiplication des sites d'eaux stagnantes qui sont autant de gîtes de ponte des moustiques vecteurs de la maladie.
La seconde étude (2), menée au Pérou, montre que le taux de piqûre du moustique, Anopheles darlingi, le principal vecteur de la malaria en Amazonie, est près de 300 fois supérieur dans les zones déboisées et le long des routes forestières que celui mesuré en forêt. Selon Jonathan Patz, co-auteur de l'étude péruvienne, les politiques de conservation et de protection des forêts doivent être prises en compte dans les stratégies de prévention du paludisme.
Source : SciDevNet

Références : 
  • (1) Caldas de Castro M., Monte-Mór RL., Sawyer DO, Singer BH., 2006. Malaria risk on the Amazon frontier. PNAS USA 2006 Feb; 10: 1073 [Résumé]
  • (2) Vittor AY, Gilman RH, Tielsch J, Glass G, Shields T, Lozano WS, Pinedo-Cancino V, Patz JA., 2006. The effect of deforestation on the human-biting rate of Anopheles darlingi, the primary vector of Falciparum malaria in the peruvian Amazon. Am J Trop Med Hyg. 2006 Jan;74(1):3-11 [Résumé]

lundi 23 janvier 2006

Un nouveau procédé de défoliation thermique pour lutter contre le syndrome du "coton collant"

L'Aleurode du tabac (Bemisia tabaci) et le Puceron du cotonnier (Aphis gossypii) sont deux hémiptères qui affectent depuis plusieurs années les plantations de coton du Sud-Ouest des États-Unis et sont responsables du syndrome de "coton collant". Leurs sécrétions de miellat sont si abondantes qu'elles rendent difficiles la récolte et le conditionnement mécaniques du coton en bloquant les mécanismes des machines agricoles.
Des chercheurs du Département de l'agriculture des États-Unis (USDA - ARS) et de l'université d'État du Nouveau Mexique ont mis au point une nouvelle méthode de défoliation thermique pouvant être utilisée un ou deux jours avant la récolte et par tout temps. De l'air chauffé à 193°C par la combustion de propane est propulsé à l'aide d'une machine sur les plants et permet d'éliminer leur feuillage sans altérer la qualité du coton.
Non toxique, ce procédé est compatible avec les règles de l'agriculture biologique. En outre, le propane est une source d'énergie relativement propre dont la combustion émet très peu de gaz à effet de serre et autres polluants atmosphériques. (OP)
Source : OPIE - Épingles 2006
Référence: "Researchers discover dramatic insect control with innovative thermal cotton defoliation technology " (Seedquest, 19 janvier 2006)

jeudi 19 janvier 2006

Des guêpes porteuses d'un virus mortel pour les ravageurs des cultures

Les virus entomopathogènes et les guêpes parasitoïdes sont utilisés depuis plusieurs années en lutte biologique pour contrôler des insectes ravageurs des cultures. Des chercheurs chinois de l'Institut de recherche sur les virus de Wuhan ont eu l'idée de combiner les deux agents de biocontrôle.
Des œufs parasités de ravageurs, dans lesquels des guêpes ont pondu, sont trempés dans une solution contenant un virus mortel pour les ravageurs et inoffensifs pour les guêpes. Après leur éclosion, les guêpes parasites adultes sont contaminées et disséminent le virus d'autant plus aisément que les guêpes visitent plusieurs centaines d’œufs avant d'en choisir un pour pondre.
Les chercheurs ont identifié une vingtaine de virus pouvant être ainsi utilisés pour contrôler autant de ravageurs, principalement des lépidoptères. Selon le directeur des recherches Peng Huiyinles, la nouvelle méthode développée depuis une quinzaine d'année est à la fois moins chère et plus respectueuse de l'environnement. Elle devrait être commercialisée d'ici un ou deux ans.
Source: SciDev "Wasps deliver deadly virus to crop pests"

mardi 17 janvier 2006

Leucémie aigüe, l'incidence des pesticides pendant la grossesse

Selon des chercheurs français de l'INSERM, les femmes qui ont été exposées au cours de leur grossesse à des insecticides domestiques, dont les shampooings anti-poux, ont deux fois plus de risques de mettre au monde des enfants souffrant de leucémie aiguë. Les insecticides domestiques comme les shampoings anti-poux sont habituellement composés de pyréthrinoïdes, d'organochlorés (lindane) ou d’organophosphorés (malathion).
De 1995 à 1999, une vaste étude de cas témoin a été menée auprès de 280 mères d'enfants malades et de 288 mères d'enfants non leucémiques. Bien qu'aucun lien direct entre l'exposition aux insecticides et la leucémie n'ait été établit, les résultats montrent une association statistiquement significative.
Selon Florence Ménégaux, l'auteure de la récente publication, les résultats de cette étude "confirment l'hypothèse selon laquelle divers types d'exposition aux insecticides peuvent constituer des facteurs de risque pour la leucémie aiguë chez l'enfant".
Source : Radio-Canada

Référence: F. Menegaux, A. Baruchel, Y. Bertrand, B. Lescoeur, G. Leverger, B. Nelken, D. Sommelet, D. Hémon, J. Clavel, 2006. Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia. Occupational and Environmental Medicine 2006;63:131-13 [Résumé en anglais]

jeudi 12 janvier 2006

La croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005

Selon les statistiques publiées par l' International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa)*, la totalité des surfaces cultivées en OGM dans le monde en 2005 s'élève à 90 millions d'hectares répartis dans 21 pays. Alors qu'elle atteignait 20% en 2004 et 15% en 2003, la croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005 pour atteindre 11% (soit 9 Mha supplémentaires).
Avec 49.8 millions d'hectares, les États-Unis restent le principal producteur d'OGM dans le monde (55%) suivis de l'Argentine (19%), du Brésil (10%), du Canada (6%) et de la Chine (3%). Malgré les controverses scientifiques et l'opposition de nombreux citoyens, le Brésil a presque doublé sa superficie d'OGM en 2005 (9,4 millions d’hectares en 2005 comparativement avec 5 millions en 2004) et la France a réintroduit timidement le maïs-Bt (500 ha).

Les principales plantes transgéniques cultivées et commercialisées sont le soja (54.4 Mha, soit 60% de la surface mondiale cultivée avec des OGM) , le maïs (21.2 Mha, soit 24%), le coton (9,8 Mha, soit 11 %) et le colza (4,6 Mha, soit 5%). La majorité d'entre elles (71%) a pour caractère la tolérance à un herbicide. Les plantes-Bt, résistantes à certains insectes ravageurs, représentent 18% des plantes transgéniques cultivées dans le monde.
Alors que la Chine pourrait autoriser prochainement le riz-Bt, et ce malgré les controverses scientifiques (scepticisme sur le riz transgénique chinois, 17/10/2005), l'Iran l'a officiellement autorisé en 2004 et l'a cultivé en 2005 sur une surface de 4000 ha. Le riz est l'aliment de base de 1.3 milliards d'êtres humains. Selon l'Isaaa, l'ouverture de la Chine au riz transgénique devrait accélérer la culture et la commercialisation des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et favoriser leur acceptation mondiale.

Malgré le bilan élogieux dressé par l'Isaaa, les plantes transgéniques, en 10 ans de commercialisation, n'ont pas tenu leur promesse en terme de réduction de pesticides (Voir le rapport Benbrook) et n'ont joué aucun rôle dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Un récent rapport publié par les Amis de la Terre précise en outre que l'augmentation des surfaces cultivées en OGM dans un nombre limité de pays est surtout du à l'agressivité des compagnies agrochimiques et au contrôle de plus en plus grand qu'elles exercent dans l'accès aux semences.

Note: * L' Isaaa est une fondation nord-américaine favorable au développement des biotechnologies agricoles dans le monde. Financée par les principales multinationales agrochimiques productrices d'OGM (Monsanto, Sygenta, Bayer, etc.), elle publie chaque année un état mondial des cultures transgéniques

Pour en savoir plus:

mardi 10 janvier 2006

L'agriculture raisonnée des fourmis

Certaines fourmis d’Amérique latine cultive de véritables "champs" de champignon pour nourrir leur colonie. Comme tout cultivateur, ces fourmis doivent lutter contre les ravageurs qui menacent leur récolte. Le biologiste Cameron Currie (University of Wisconsin-Madison) et ses collègues ont découvert que les fourmis vivaient en symbiose avec une bactérie produisant un antibiotique pour lutter contre un parasite qui aime lui aussi se nourrir de champignon.
Source: Sciences et Avenir

Pour en savoir plus:
  • Cameron R. Currie, Michael Poulsen, John Mendenhall, Jacobus J. Boomsma, Johan Billen, Coevolved Crypts and Exocrine Glands Support Mutualistic Bacteria in Fungus-Growing Ants. Science 6 January 2006: Vol. 311. no. 5757, pp. 81 - 83 [Résumé en anglais]
  • Cafaro MJ, Currie CR.. 2005. Phylogenetic analysis of mutualistic filamentous bacteria associated with fungus-growing ants. Can J Microbiol. 2005 Jun;51(6):441-6 [Résumé en anglais]

lundi 9 janvier 2006

L'Agrile du frêne s'étend en Ontario

Détecté pour la première fois en 2002, dans la région de Detroit (Michigan) et Windsor (Ontario), l'agrile du frêne ne cesse de s'étendre dans le sud-ouest de l'Ontario et cela malgré les efforts concertés des autorités américaines et canadiennes pour tenter d'en limiter l'expansion.
Coléoptère d'origine asiatique orientale, l'agrile du frêne (Agrilus planipennis) est extrêmement dévastateur pour toutes les essences de frêne (Fraxinus spp.). En parasitant les tissus internes des arbres, ses larves causent le dépérissement des arbres en 2 ou 3 ans. À ce jour, les biologistes n'ont noté aucun signe de résistance naturelle du frêne et espèrent toujours trouver un prédateur indigène capable de contrôler sa prolifération.
En 3 ans, plus de 15 millions d'arbres au Michigan et plus d'un million en Ontario sont morts ou dépérissent suite aux attaques du ravageur. Malgré l’abattage de milliers de frênes et la création d'une zone tampon sans frênes, les autorités phytosanitaires canadiennes n'ont pu freiner son expansion vers d'autres sites dans le sud-ouest de l'Ontario et l'épidémie s'étend désormais au delà des foyers d'infestation dans le comté de Lambton.
Malgré les capacités de vol de plusieurs kilomètres de l'insecte, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) met surtout en cause les déplacements illicites ou accidentels de bois au delà des zones de quarantaine. (OP)
Source : Agence Science-Presse

Pour en savoir plus:

jeudi 5 janvier 2006

Protéger les pollinisateurs

Selon le Département des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), 70% des espèces végétales assurant l'essentiel de l'approvisionnement alimentaire mondial sont pollinisés par les abeilles, principalement des abeilles sauvages. Plusieurs autres espèces d'insectes comme les thrips, les guêpes, les mouches, les coléoptères, les phalènes, mais aussi des oiseaux comme les colibris et des mammifères comme les chauve-souris contribuent à la pollinisation des plantes cultivées et au maintien de leur diversité génétique.
La présence des pollinisateurs naturels est essentielle au rendement et à la qualité des productions vivrières. Elle contribue ainsi aux moyens d'existence de nombreux agriculteurs dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement. Par exemple, des recherches récentes menées dans les plantations de café du Costa Rica ont montré que la pollinisation par les abeilles sauvages permettait une augmentation de 20% des rendements des caféiers.
Cependant, depuis plusieurs années, on constate une diminution importante et inquiétante des populations de pollinisateurs dans le monde entier, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. L'intensification de l'agriculture, la destruction des habitats naturels et l'utilisation massive de pesticides menacent la survie des colonies d'abeilles sauvages, de nombreuses espèces de papillons et de plusieurs espèces de chauve-souris et de colibris.
Face à cette "crise de la pollinisation", la FAO met en place un projet d'initiative internationale pour la conservation et l'utilisation durable des pollinisateurs visant à élaborer de nouvelles pratiques agricoles par une "approche d'écosystèmes". Selon Linda Collette, experte de biodiversité des cultures de la FAO,  le projet vise à réaliser "un ensemble d'outils, de méthodologies, de stratégies et de meilleures pratiques pouvant être appliquées aux efforts de conservation des pollinisateurs dans le monde entier. Ceci, à son tour, contribuera à atteindre un objectif de plus grande envergure: améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens d'existence des communautés rurales."
Source: FAO Agriculture 21

Pour en savoir plus:

lundi 19 décembre 2005

Pesticides, agriculture et environnement : changer de modèle agricole pour une "production intégrée" (INRA-Cemagref)

En assurant depuis plus de 60 ans de hauts rendements agricoles, les pesticides chimiques ont permis le développement d'une agriculture intensive et productiviste. Le système agro-industriel français, tourné vers la productivité, est le 3ème consommateur mondial de pesticides.

Selon les données de l'UIPP publiées en 2004:
  • Vente de pesticides en France en 2004 : 75120 tonnes de pesticides
    • dont 57300 tonnes de pesticides chimiques (environ 76%)
  • soit environ 5kg/hectare cultivé/an

Cependant l'utilisation intensive de pesticides n'est pas sans conséquences néfastes sur l'environnement. Toxiques et persistants, ils sont devenus aujourd'hui une source importante de perturbation des écosystèmes et leurs résidus dans l'eau et les aliments menacent aussi la santé humaine. Leur emploi répété sur de grandes surfaces conduit aussi rapidement au développement de populations de bio-agresseurs (adventices, insectes ravageurs, champignons phytopathogènes) résistantes qu'il devient de plus en plus difficile de contrôler d'autant plus que l'agriculture intensive accroît les risques phytosanitaires. La réduction des pesticides et de leurs impacts environnementaux devient donc une nécessité d'autant plus que le contexte réglementaire européen devient de plus en plus exigeant.

Dans ce cadre, une expertise scientifique a été menée conjointement par l'INRA et l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref). Ses résultats ont été rendus public jeudi dernier, le 15 décembre, lors d'un colloque qui s'est tenu à Paris. Les auteurs de cette étude font trois constats:
  1. Une utilisation "raisonnée" des pesticides avec le maintien du système productif actuel est difficilement tenable à long terme. 
  2. Les méthodes alternatives de contrôle biologique ont montré leurs limites quant à leur efficacité ou leur facilité d'emploi. 
  3. La réduction de pesticides promise par les OGM n'a toujours pas été démontrée. 
Face à cette situation, les experts préconisent de changer le modèle agricole actuel en mettant en place un système de "production intégrée" visant à prévenir les risques phytosanitaires. Leur étude montre par exemple que l'utilisation de variétés de blé "rustiques", au rendement plus faible, permet de réduire les risques phytosanitaires et les consommations de pesticides tout en étant aussi rentables que les variétés plus productives.

La mise à profit de cette biodiversité variétale, la revalorisation de la rotation des cultures, une plus grande adaptation aux terroirs locaux combinées à une politique volontariste et incitative de réduction des pesticides à l'instar de celle menée au Danemark, sont des pistes à suivre ... (OP)
Source: INRA Presse Info (communiqué de presse)

Référence: Aubertot J.N., Barbier J.M., Carpentier A., Gril J.J., Guichard L., Lucas P., Savary S., Savini M., Voltz M. (eds), 2005, Pesticides, agriculture et environnement: réduire l'utilisation des pesticides et limiter leurs impacts environnementaux, synthèse du rapport d'expertise, 68 p. [PDF] ; Résumé de l'expertise, 8 p. [PDF]

vendredi 9 décembre 2005

Des moustiques résistants au Bt

Depuis quelques années, les autorités sanitaires des grandes métropoles nord-américaines s'efforcent de contrôler les populations de moustiques urbains comme Culex pipiens qui sont les principaux vecteurs du virus du Nil occidental. Aux États-Unis, dans l'État de New-York, quatre insecticides sont utilisés couramment :
- le methoprène, un régulateur de croissance;
- la phénothrine, un pyréthrinoïde de synthèse;
- et deux bioinsecticides bactériens, soit le Bacillus sphaericus (Bs) et le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). 

Des chercheurs de l'Université de Cornell, à Ithaca, ont étudié la résistance à ces quatre insecticides dans deux populations de C. pipiens provenant d'Albany et de Syracuse (État de New-York). Leurs travaux révèlent de très hauts niveaux de résistance au Bti dans la population de C. pipiens de Syracuse. Toutefois, selon les auteurs, les moustiques ne se mélangent pas rapidement, ce qui conduit à des résistances très localisées. 

Référence : 
  • Paul A, Harrington LC, Zhang L, Scott JG., Insecticide resistance in Culex pipiens from New York, J Am Mosq Control Assoc. 2005 Sep;21(3):305-9 [Résumé en anglais]

lundi 28 novembre 2005

Agriculture et changements climatiques

Montréal 2005 - Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques.


Plus de 10 000 délégués en provenance de 190 pays discuteront à Montréal (Québec) jusqu'au 9 décembre, de la lutte aux changements climatiques et de la suite à donner au Protocole de Kyoto. L'occasion de rappeler que 10 à 30% des émissions de gaz à effets de serre (GES) sont dues aux activités agricoles : utilisation d'engrais azotés et de pesticides chimiques, élevages extensifs, déforestation, transformation agroalimentaire, etc. Si l'agriculture ne génère que très peu de gaz carbonique (CO2) par rapport aux autres secteurs économiques comme le transport ou l'industrie, elle produit entre 50% et 80% du protoxyde d'azote (N2O) et du méthane (CH4) provenant des activités humaines.

L'agriculture devra donc modifier considérablement ses pratiques, en particulier de gestion du sol, de l'eau et d'élevage d'autant plus que les changements climatiques pourraient avoir un effet dévastateur sur elle. Avec les prévisions de réchauffement climatique, les experts s'attendent à une augmentation importante de la sévérité et la fréquence des attaques d'insectes ravageurs et des maladies phytopathogènes aggravant les risques de perte des récolte. L'impact des changements climatiques sur les populations d'insectes sont aussi une source d'inquiétude en santé humaine et animale. Les modèles actuels prévoient en effet une recrudescence des maladies à parasitoses transmises par les insectes et les acariens hématophages (malaria, encéphalites, etc.) dans les pays tropicaux, mais aussi leur expansion dans les pays tempérés et nordiques. (OP)

Pour en savoir plus:

"Pas de Pays Sans Paysans", un film de Ève Lamont

L'agriculture industrielle pratiquée à l'échelle de la planète est actuellement en crise, y compris au Canada et au Québec :
  • utilisation massive d'intrants chimiques (engrais, pesticides de synthèse) qui menacent la santé humaine et l'environnement;
  • prolifération des plantes transgéniques sans véritable contrôle;
  • élevages industriels et méga porcheries;
  • destruction des écosystèmes et perte de la biodiversité;
  • disparition des fermes familiales;
  • etc.
"Pas de Pays Sans Paysans", le documentaire engagé de la réalisatrice québécoise Ève Lamont, dresse un sombre tableau de l'agriculture et dénonce son industrialisation, sous la pression des multinationales de l'agrochimie, au détriment de l'environnement et de la qualité de ses aliments. À travers la rencontre de différents agriculteurs et citoyens dans les campagnes du Québec, de l'Ouest canadien et de la France, Ève Lamont montre qu'il est possible et urgent de produire et de cultiver autrement. "Pas de Pays Sans Paysans'' propose une autre vision de l'agriculture, celle d'une agriculture paysanne et biologique qui respecte l'environnement, la santé et l'autonomie des paysans.

Pour en savoir plus:

mercredi 23 novembre 2005

Les mélèzes du Queyras

Les randonneurs qui se sont promenés cet été dans le Queyras (Alpes françaises) auront pu s'inquiéter de constater qu'une grande partie des mélèzes étaient bruns et perdaient leurs aiguilles. En fait, périodiquement, les forêts de mélèze du Queyras prennent cette étrange couleur brune. C'est le résultat de l'action d'un petit papillon dont les chenilles dévorent les aiguilles.

La tordeuse du Mélèze (Zeiraphera diniana Gn.) revient en moyenne tous les 8 à 10 ans et pullule pendant 2 à 3 ans. Leur présence témoigne d'un bon équilibre biologique entre l'arbre et l'insecte car la défoliation des mélèzes ne provoque pas leur mort.

En savoir plus sur la Tordeuse du mélèze (site externe)


Forêt de mélèze dans le Parc naturel régional du Queyras. Crédit: Olivier Peyronnet - juillet 2005
Essence de lumière, le mélèze (Larix decidua) est très résistant au froid et affectionne l'air sec et la lumière de haute montagne. Essence pionnière, il colonise les éboulis et les cones de déjections et d'avalanches jusqu'à une altitude de 2500m. Conifère au feuillage aérien, le mélèze est le seul conifère dont les aiguilles jaunissent et tombent en automne. D'une longévité remarquable, il peut vivre entre 300 et 500 ans


mardi 22 novembre 2005

Les dessous chimiques de la maladie hollandaise de l'orme

Le champignon responsable de la disparition des ormes joue un rôle actif dans la propagation de la maladie en attirant des insectes. En fait, lorsqu'il envahit les vaisseaux de l'arbre, le champignon Ophiostoma novo-ulmi déclenche la production de composés chimiques, soit un monoterpène et de trois sesquiterpènes, des phéromones qui attirent spécifiquement une espèce de coléoptère xylophage, le scolyte de l'orme, Hylurgopinus rufipes.

Les scolytes sont de petits coléoptères qui vivent sous l'écorce des arbres et dont les larves se nourrissent du bois en creusant des galeries, affaiblissant gravement les ormes déjà infectés par le champignon. Très mobiles, les scolytes adultes, qui se chargent de spores sur leur carapace, vont alors disséminer le champignon sur les arbres sains. Le champignon "manipule" donc son hôte pour attirer les scolytes, une stratégie qui lui permet d'augmenter la probabilité d'être transporté sur de nouveaux hôtes.
  

La maladie hollandaise de l'orme, connue aussi sous le nom de graphiose est responsable de la quasi-disparition des ormes de l'hémisphère Nord. D'origine asiatique, la maladie hollandaise de l'orme est apparue en 1919 pour la première fois aux Pays-Bas, d'où son nom. Puis, elle s'est développée dans nord de la France et dans toute l'Europe. Son introduction en Amérique du Nord en 1928 a provoqué de très graves dégâts sur l'orme d'Amérique (Ulmus americana L.). Dans la vallée du Saint-Laurent, seuls quelques spécimens d'orme indigènes ont survécu.

Pour en savoir plus:

vendredi 28 octobre 2005

OGM: Une plante sauvage devenue résistante aux herbicides

Les experts pro OGM prétendaient qu'une hybridation entre une plante transgénique et une plante sauvage était impossible. Pourtant, The Guardian, rapporte qu'une telle hybridation se serait produite dans des essais menés au Royaume-Uni. Selon le quotidien britannique qui cite des chercheurs du Centre d'écologie et d'hydrologie de Dorset, des gènes d'une version génétiquement modifiée du colza se seraient en effet mêlés à une plante sauvage voisine pour créer une nouvelle plante hybride résistante aux herbicides.
Source : Agence Science-Presse

Les effets de la terre de diatomées et les extraits de pois sur les insectes de denrées stockées

Les insectes des denrées stockées posent de nombreux problèmes dans les silos à grains, les moulins à farine et les usines de transformation alimentaire. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), 5 à 10% des céréales sont perdus au cours de leur entreposage.
La protection des grains et des denrées stockées se fait par des moyens physiques comme l'aération de silos, et par l'utilisation de nombreux insecticides de synthèse dont certains sont dangereux pour la santé humaine. La résistance des insectes des denrée stockées aux insecticides et la contamination des aliments par des résidus d'insecticides ont poussé les chercheurs à s'intéresser à d'autres types d'insecticides moins toxiques.
Au cours du congrès de la Société d'entomologie du Québec (SEQ), qui s'est tenu cette année à Orford (Cantons de l'Est), Paul Fields du Centre de recherche sur les céréales à Saskatoon (Agriculture et Agroalimentaire Canada) a présenté deux alternatives aux insecticides de synthèse prometteuses:
  1. Constituée des coques de silice d'algues unicellulaires, la terre de diatomées est une poudre très fine qui absorbe la cire de la cuticule des insectes provoquant leur déshydratation;
  2. Les extraits de farine de pois contiennent de petits peptides, des saponines et des lysolecithines qui ont des effets toxiques et antiappétents pour les insectes de denrée stockées sans affecter leurs parasites. 
Pour en savoir plus:

  • Société d'entomologie du Québec, Paul Fields, Wes Taylor et Xingwei Hou. Travail dans la noirceur : Les effets de la terre de diatomées et les extraits de pois sur les insectes de denrées stockées. 132ème réunion annuelle de la Société d'entomologie du Québec, Orford (Québec), 28 octobre 2005 [Résumé]


  • Enhancement of protein-rich pea flour against stored-product insects and its affect on the insect midgut (ARDI, Agri-Food Research and Development Initiative, Manitoba)
  • LinkWithin

    Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...