samedi 23 septembre 2006

3 tonnes de bioinsecticide Bti répandues en Camargue

Au printemps dernier, suite à la pression des résidents accablés par les agressions répétées des hordes de moustiques Aedes caspius, et face à la crainte générale d'une propagation de l'épidémie de Chikungunya, les collectivités locales se sont résignées à entreprendre la démoustication du parc naturel régional de Camargue. À l'époque, préconisant plutôt le drainage des eaux stagnantes, certains scientifiques avaient mis en doute l'efficacité d'un tel projet et souligné les risques éventuels d'effets sur les nombreuses espèces protégées du parc et surtout de développement de résistances chez les moustiques. Aujourd'hui, les opérations de démoustication, conduites par l'EID-Méditérannée, vont bon train, et 3 tonnes d'insecticides biologiques Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) ont été répandues au cours de l'été. Résultat, les moustiques semblent en effet beaucoup moins nombreux cette année, et les citadins qui résident à proximité du parc peuvent désormais dîner dehors ! Cependant, les effets éventuels de ces pulvérisations massives de Bti sur les populations d'oiseaux qui fréquentent cette vaste zone naturelle ne seront pas connus avant un an. Histoire à suivre ... Pierre DAUM, envoyé spécial du quotidien Libération relate la lutte engagée sur le terrain contre les moustiques camarguais. [Lire l'article de Pierre Daum]. À noter aussi que le Téméphos, "un insecticide de synthèse utilisé en France dans 75% des zones de démoustication", ne devrait plus être autorisé au sein de l'Union Européenne à partir du 1er septembre dernier. Cette directive de l'UE a provoqué la colère de certains opérateurs qui jugent le Bti comme trop coûteux et moins efficace que le Téméphos. En s'appuyant sur une récente étude de l'Afsset qui révélait les risques potentiels du Téméphos pour les organismes aquatiques, les oiseaux et les mammifères, le Ministère français de l'écologie a finalement refusé de demander un sursis supplémentaire à Bruxelles. (OP) ; Source : Libération du 23 septembre 2006
> À (re)-lire : Vers une démoustication de la Camargue (PESTInfos 29.05.06)
> Site de l'Entente interdépartementale pour une démoustication du littoral méditerranéen
> Site de l'Agence françaises de sécurité sanitaire et de l'environnement au travail (Afsset)

mardi 19 septembre 2006

Contrôler les fourmis en déclenchant une "guerre civile".

Pour combattre la fourmi d'Argentine, Linepithema humile, une espèce envahissante qui forme des colonies géantes, des chercheurs californiens veulent déclencher une guerre civile en leur sein. Originaire d'Argentine et du Brésil, L. humile a profité de l'essor du transport des marchandises au siècle dernier pour s'introduire en divers points du globe. Alors qu'en Amérique du Sud, la multiplication de l'espèce est limitée par les rudes batailles que se livrent plusieurs colonies, aux États-Unis et en Europe, la fourmi d'Argentine forme des colonies aux dimensions gigantesques, comprenant plusieurs nids, et son expansion au détriment des espèces indigènes menace aujourd'hui l'équilibre des écosystèmes. En l'absence de méthodes chimiques efficaces pour contrôler son expansion, les chercheurs ont identifiés les composés chimiques (phéromones), des polyssacharides spécifiques présents dans la cuticule, qui permettent aux individus d'une même colonie de se reconnaître. En manipulant légèrement ces composés cuticulaires et en enduisant certaines fourmis, les scientifiques américains ont réussi à briser leur coopération au sein de la colonie et à leur faire croire qu'elles sont en présence d'ennemis. Ils espèrent ainsi provoquer de véritables "guerres civiles" qui limiteront la progression de cette petite fourmi dévastatrice. (OP) ; Source : d'après une dépêche AFP ; Réf. : Brandt M., Torres CW, Lagrimas M., Sulc R., Shea KJ., Tsutsui ND., 2006. Narrowing the search for nestmate recognition cues in the Argentine ant Linepithema humile. The IUSSI 2006 Congress, Washington, DC, 31 juillet 2006 [Résumé en anglais]
> À lire : Les fourmis d'Argentine colonisent l'Europe ! (L'union internationale des insectes sociaux, 2002)
> Voir des photos de la fourmi Linepithema humile sur le site myrmecos.net

vendredi 15 septembre 2006

Des coléoptères cleptoparasites abusent les abeilles solitaires en utilisant un leurre chimique

Le méloïdé américain, Meloe fransiscanus, est un petit coléoptère vivant dans les dunes sableuses du Sud-Ouest des États-Unis. Ses larves sont des cleptoparasites qui vivent au dépend des réserves de nectar et de pollen accumulées par l'abeille solitaire Habropoda pallida. Après l’éclosion des œufs, les larves du coléoptère cleptoparasite quittent leur galerie souterraine et s'agglutinent au sommet des tiges des végétaux les plus proches en formant une masse dont la forme imite celle d'une abeille Habropoda femelle et attire les mâles de la même espèce. Les larves s'accrochent aux poils du mâle qui s'est laissé prendre et se font transporter jusqu'à une femelle qui les transportera à son tour jusqu'au nid. Le mâle s'accouplant avec plusieurs femelles, cette stratégie permet aux larves de méloïdés de se disperser et de s'introduire dans plusieurs nids d'abeilles. Des entomologistes californiens viennent de découvrir que les larves produisaient un leurre chimique, une substance volatile mimétique de la phéromone sexuelle de l'abeille Habropoda femelle, qui augmente l'attraction des abeilles mâles. Le leurre est en effet d'autant plus efficace que la concentration de la molécule chimique est élevée. Selon les chercheurs, le comportement coopératif de ces larves est probablement une adaptation à environnement désertique où la localisation de la nourriture est difficile. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Saul-Gershenz L., Millar J., 2006. Phoretic nest parasites use sexual deception to obtain transport to their host's nest. PNAS 103: 38, 14039-14044 [Résumé en anglais]
> Villemant C., 2001. Les coléoptères méloidés, cleptoparasites des nids d'abeilles solitaires. Insectes 121, 7-10 [Télécharger le document au format PDF]

mardi 12 septembre 2006

Du riz transgénique illégal dans les assiettes !

L'association écologiste Greenpeace vient de révéler qu'une variété de riz transgénique illégale, la variété LL Rice 601 en provenance des États-Unis, avait été retrouvée dans des produits alimentaires vendus par une chaîne de supermarchés allemande. Fabriquée par la société agrochimique Bayer, la variété LL Rice 601 a été modifiée génétiquement pour résister à un herbicide. Sa commercialisation n'a pas été encore autorisée aux États-Unis. Le 18 août dernier, les autorités américaines avaient informé l’Union Européenne (UE) que du riz LL Rice 601 avait été détecté dans leurs stocks de riz à grains longs. L'UE avait alors réagi en exigeant que le riz importé des Etats-Unis soit certifié sans OGM et une cargaison avait été ainsi bloquée à Rotterdam. Mais en l'absence de mesures immédiates de rappel des produits à base de riz américain, des cargaisons de riz contaminé avaient probablement atteind des pays de l'UE avant la mise en place de la certification et des produits alimentaires contenant du riz transgénique se sont donc retrouvés dans les rayons de magasins européens. Les experts de l'UE ont ainsi confirmé que 20% des échantillons qu'ils avaient testé contenait du riz transgénique illégal. Au Canada, le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures pour empêcher la contamination du riz vendu au Canada par le riz LL Rice 601. Cette nouvelle affaire survient après celle de la contamination par du riz transgénique chinois de produits alimentaires vendus en Europe, également soulevé par Greenpeace. En effet, il y a quelques jours, l'association écologiste révélait avoir découvert dans les rayons des magasins d’alimentation asiatiques d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de France, plusieurs produits alimentaires contaminés par du riz transgénique chinois illégal. Ce riz transgénique, dont la culture n'a jamais été autorisée pour la consommation humaine, contient des gènes de Bacillus thuringiensis conférant une résistance à certains insectes ravageurs et dont certaines protéines pourraient, selon Greenpeace, provoquer des allergies. Cette contamination pourrait être liée à la découverte l'an dernier de cultures illégales de riz OGM en Chine. (OP) ; Source : Greenpeace France : De plus en plus de riz transgénique illégal dans les assiettes des Européens. Après le riz OGM chinois, le riz OGM américain !
> Lire aussi : Dossier de Greenpeace Canada sur le riz contaminé
> Dossier OGM (PESTInfos)

dimanche 10 septembre 2006

"La tache goudronneuse" affecte les érables du Mont-Royal


Photo : Taches goudronneuses sur des feuilles d'érables, Parc du Mont-Royal, Montréal (Québec) - septembre 2006 (OP)

Depuis la mi-août, les citoyens de Montréal qui fréquentent le parc du Mont-Royal auront eu la surprise d'observer la chute prématurée des feuilles des érables. C'est le résultat de l'action d'un champignon microscopique, Rhytisma acerinum, responsable de la maladie foliaire de "la tache goudronneuse". Passant l'hiver dans le tapis de feuilles mortes, le champignon phytopathogène, qui s'attaque principalement à l'érable de Norvège, à l'érable rouge, à l'érable argenté et à l'érable à sucre, s'est développé et propagé à la faveur des conditions climatiques particulièrement humides cette année.
L'infestation se traduit par l'apparition au cours de l'été de taches goudronneuses noires (d'environ 1 cm de diamètre) sur les feuilles, provoquant une diminution de leur capacité photosynthétique puis leur chute précoce. Bien que les dommages soient rarement graves pour les arbres, des infestations répétées peuvent cependant les affaiblir et les rendre plus sensibles à d'autres maladies et aux attaques d'insectes.
Pour réduire l'infestation au printemps suivant, il est donc conseillé de ramasser les feuilles mortes et de les brûler ou d'en faire du compost à l'automne. (OP)

Pour en savoir plus: 

jeudi 7 septembre 2006

En Corse, un premier cas de paludisme non importé depuis 1972

La Direction générale de la santé de Corse a confirmé hier le "premier cas de paludisme autochtone diagnostiqué en France depuis 1972". Selon l'hypothèse la plus probable, le patient aurait contracté une forme bénigne de la maladie dans la région de Porto en Corse-du-Sud. Les risques que d'autres cas apparaissent étant "quasi nul", aucune alerte sanitaire n'a été déclenchée sur l'île de Beauté. Bien qu'il ne sévisse plus en France métropolitaine depuis plus d'un siècle, le paludisme autochtone a longtemps sévit en Corse qui est restée infestée par le moustique vecteur jusqu'à la seconde guerre mondiale. Depuis 1973 aucun cas de paludisme autochtone n'y avait été signalé. Une étude réalisée en 1996 par l'Institut de recherches en développement (IRD) soulignait cependant le risque de réintroduction sur l'île d'un des parasites responsable de la maladie, Plasmodium vivax, du fait de la présence importante d'un de ses vecteurs potentiels, l'Anopheles labranchiaee. (OP) ; Source : dépêche AFP (06.09.2006 17:09)
> Ministère français de la Santé et des Solidarités
> Institut de veille sanitaire
> Surveillance du paludisme en Corse 1999-2002 [Rapport PDF]

Progression de la maladie de la langue bleue vers le nord

Pour la première fois, la fièvre catarrhale du mouton, une épizootie virale transmise par des diptères nématocères du genre Culicoides spp. (famille des Cératopogonidés) s'est manifesté en Europe du Nord, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. La fièvre plus connue sous le nom de la maladie de la langue bleue en raison d'une cyanose de la langue qu'elle provoque parfois est due à un virus du groupe des réoviridés du genre Orbivirus qui affecte presque tous les ruminants domestiques et sauvages. Originaire d'Afrique sub-saharienne, fréquente en Turquie, dans les pays tropicaux et sub-tropicaux, la fièvre catarrhale est présente en Europe depuis 1998 où elle a infesté les élevages ovins et bovins dans les îles grecques, avant de progresser vers les autres pays du bassin méditerranéen et de toucher la Corse en 2000. Cette année un premier cas a été signalé le 14 août dans une ferme de la province de Limbourg aux Pays-Bas puis la maladie s'est rapidement étendue à plusieurs élevages frontaliers en Belgique et en Allemagne. Ce premier foyer en Hollande représente la localisation la plus nordique qui n'ait jamais été signalée pour cette maladie émergente. Selon certains scientifiques, cette progression de la maladie serait liée aux changements climatiques qui favorisent l'extension géographique de son vecteur. Une étude publiée l'an dernier par l'équipe de Bethan Purse, de l’Institut britannique pour la santé animale de Pirbright, suggérait en effet que la récente émergence de la fièvre catarrhale en Europe méridionale soit due à la progression vers le nord de son principal vecteur d'origine afro-asiatique, Culicoides imicola, suite à l'augmentation des températures. Les températures élevées et les fortes pluies enregistrées cet été pourraient être à l'origine de cette nouvelle épizootie en Hollande. À ce jour, C. imicola n'a cependant toujours pas été identifié en Hollande, et d'autres espèces européennes de Culicoides comme C. obsoletus et C. pulicaris pourraient aussi jouer le rôle de vecteur. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Pour en savoir plus sur la fièvre catarrhale du mouton (Office internationale des épizooties / Organisation mondiale pour la santé animale)
> Réf. : Baldet T., Mathieu B., Delécolle J.C., 2003. Émergence de la fièvre catarrhale ovine et surveillance entomologique en France. Insectes n°131 (INRA-OPIE) [Télécharger l'article au format PDF]
> Réf. : Purse BV, Mellor PS, Rogers DJ, Samuel AR, Mertens PP, Baylis M., 2005. Climate change and the recent emergence of bluetongue in Europe. Nat Rev Microbiol. 3(2):171-8, février 2005 [Résumé en anglais]

mardi 11 juillet 2006

La septoriose du blé résiste aux fongicides

La septoriose foliaire est une maladie fongique du blé qui sévit dans en Europe, particulièrement dans les pays de l'Ouest où le climat océanique favorise sa dissémination. Caractérisée par des taches foliaires brunes et une baisse importante des rendements, elle est provoquée par un champignon parasite Septoria tritici qui s'attaque aux feuilles de blé. Des fongicides de la famille des strobilurines et des triazoles sont utilisés courramment depuis plusieurs années pour combattre la septoriose. Cependant, leur emploi excessif a conduit à l'apparition de souches résistantes et n'a pas permis de contrôler efficacement la maladie. Des études menées au sein de l'Unité de Phytopharmacie de l'INRA à Versailles révèle que le champignon est particulièrement résistant aux strobilurines, une classe de fongicides synthétiques introduits il y a une dizaine d'année. Dans le Nord de la France, la résistance est si forte que les strobilurines n'apportent plus aucune efficacité contre la septoriose. Au niveau moléculaire, la résistance aux strobilurines correspond à une mutation d'un gène mitochondrial codant pour le cytochrome b, leur principale cible. Les travaux se poursuivent aussi afin de diversifier les moyens de lutte. De meilleures pratiques culturales (utilisation de variétés de blé peu sensibles, allongement des rotations, optimisation de la fertilisation) pourraient en effet réduire le développement de la septoriose. (OP)
>Source : INRA Presse Info

mercredi 5 juillet 2006

Des coléoptères amateurs de tamaris

Plantes originaires des régions méditerranéennes, les tamaris (genre Tamarix) ont été introduits aux États-Unis d'Amérique au 19ème siècle. 2 des 8 espèces introduites, Tamarix parviflora et Tamarix ramosissma, ont proliféré à la faveur du développement agricole et de l'irrigation, et sont devenues envahissantes dans plusieurs états du Sud-Ouest (Colorado, Utah, Kansas, Texas, Nouveau Mexique, Wyoming, Arizona) où elles forment de vastes et denses colonies. Leur grande tolérance aux conditions climatiques les plus variées (chaleur, froid, sécheresse, inondations, salinité, etc.) et un profond système racinaire leur ont permis de coloniser plus particulièrement les bords des rivières, éliminant les saules et les peupliers indigènes. Accusée d'accroître la fréquence des feux et l'incidence des inondations, leur prolifération contribue aussi à épuiser les sources d'eau et à accentuer la salinité des sols (d'où leur nom de salt cedar en anglais). Pour réduire ces populations envahissantes, des méthodes de contrôle mécanique et des traitements chimiques au moyen d'herbicides tels que l'Imazapyr sont couramment utilisés. Depuis plusieurs années, les biologistes expérimentent aussi une méthode de contrôle biologique en faisant appel à une espèce exotique de chrysomèle, Diorhabda elongata (photo), dont les larves et adultes sont très friands de feuilles de tamaris. En fonction de la lattitude de leur origine géographique, plusieurs souches de D. elongata provenant de Chine, d'Europe (Grèce, Crête, etc.) ou du Moyen-Orient ont été testées avec plus ou moins de succès afin de déterminer celles qui sont les plus susceptibles de s'adapter aux conditions climatiques des différents états du Sud-Ouest. Des chercheurs du Texas Agricultural Experiment Station expérimentent actuellement une souche originaire de l'Ouzbékistan, probablement mieux adaptée aux conditions climatiques du Texas. Les chercheurs espèrent que les coléoptères ouzbeks seront de meilleurs prédateurs que ceux provenant de Grèce, qui après une bonne acclimatation se sont montrés nettement moins prolifiques. Espérons aussi que ce prédateur exotique ne devienne pas à son tour une espèce envahissante ! L'éradication des tamaris est toutefois contestée car ces petits arbres sont devenus, après la disparition des saules et des peupliers, les sites privilégiés de nidification du Willow flycatcher (Empidonax traillii extimus), une espèce d'oiseau actuellement menacée. (OP) ; Source : EurekaAlert! [Article en anglais]
> Galerie de photos du Texas Agricultural Experiment Station
> En savoir plus sur l'invasion des tamaris dans le Sud-Ouest des États-Unis (en anglais)

mardi 4 juillet 2006

Les maladies prolifèrent avec les tiques

Les tiques sont des acariens ectoparasites hématophages dont certaines espèces peuvent véhiculer différentes maladies infectieuses humaines (des borrélioses dont la maldie de Lyme, des arboviroses dont la fièvre de Congo-Crimée et la fièvre de la vallée du Rift, etc.). En Afrique de l'Ouest, la tique Ornithodoros sonrai peut transmettre à l'homme, à l'occasion de piqûre, la bactérie Borrelia crociduraeai responsable d'une fièvre récurrente dont les symptômes sont similaires au paludisme. Relativement méconnue, cette borréliose est généralement sous-estimée dans les pays où elle sévit. Selon des chercheurs de l'Institut de recherches en développement à Dakar (Sénégal), son incidence est pourtant très élevée et en augmentation depuis ces dernières années. Dans une petite région rurale du Sénégal où ils ont suivi son évolution de 1990 à 2003, l'infection bactérienne transmise par les tiques a touché en moyenne chaque année près de 11% de la population. Leur étude révèle en outre une importante progression géographique de la tique de 2002 à 2005. Suite à la sécheresse, la tique s'est en effet propagée hors du Sahel à la plupart des villages du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Vial L, Diatta G, Tall A, Hadj Ba E, Bouganali H, Durand P, Sokhna C, Rogier C, Renaud F, Trape JF, 2006. Incidence of tick-borne relapsing fever in west Africa: longitudinal study. The Lancet 368 (9529):37-43 [L'article et son résumé en anglais sont accessibles gratuitement après inscription sur le site TheLancet.com]

samedi 1 juillet 2006

Des airs d'automne en juin

Dans plusieurs régions de l'est du Québec, certains arbres ont pris en ce début d'été une parure bien automnale. Dépouillés de leur feuillage, les trembles, les peupliers et les bouleaux sont en effet victimes d'une petite chenille défoliatrice, la tordeuse du tremble (Choristoneura conflictana). Présent d'un océan à l'autre, principalement dans l'est canadien, ce ravageur boréal voit périodiquement sa population augmenter pendant 2 à 3 ans avant de disparaître. Les récents étés secs et chauds ont favorisé sa progression du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, où sa dernière observation remonte à 2003, aux régions du Bas-Saint-Laurent et de Québec. Selon les spécialistes, bien qu'elle soit spectaculaire, la défoliation n'est pas dangereuse si l'arbre est en bonne santé. En effet, elle survient généralement assez tôt en saison ce qui permet une nouvelle feuillaison au cours de l'été. Toute lutte contre cet insecte est normalement inutile puisque les infestations sont généralement de courtes durées et qu'il existe de nombreux prédateurs et parasites naturels indigènes (fourmis, guêpes parasitoïdes, carabes, oiseaux tels que pics, mésanges et viréo, etc.) assurant un contrôle efficace de leur population. (OP) ; Source : Cyberpresse.ca (article paru dans le quotidien Le Soleil, le 1er juillet 2006)
> En savoir plus sur la Tordeuse du tremble (Service canadien des forêts)
> Voir des photos de la Tordeuse du tremble

mercredi 21 juin 2006

L'hystérie de la spongieuse à Mississauga

Dopées par les derniers étés chauds et secs et attirées par alléchantes plantations de chênes, les larves de spongieuses (Lymantria dispar) ont envahit les forêts de Mississauga, une importante ville d'Ontario située au sud-ouest de Toronto. Le niveau d'infestation est tellement élevé cette année que les autorités municipales ont du procéder à des épandages aériens d'insecticides biologiques (à base de Bacille de Thuringe) sur les zones infestées. Originaire d'Eurasie, ce petit papillon a été accidentellement introduit dans la région de Boston dans les années 1870 et est devenu au fil du temps un des ravageurs les forestiers les plus destructeurs en Amérique du Nord. Ses larves abondamment poilues (photo) s'attaquent aux feuillages de plus de 300 essences de feuillus et d'arbrisseaux et affectionnent particulièrement les chênes, les ormes et les érables. La spongieuse doit son nom aux petites masses d’œufs qui ressemblent à de petites éponges et qui peuvent contenir de 200 à 1000 oeufs. Des employés municipaux ont découvert sur certains arbres jusqu'à 800 de ces petites masses spongieuses. Durant les 7 semaines du développement larvaire (4 à 5 stades) qui culmine au mois de juin, des centaines de milliers de larves affamées dépouillent les arbres de leurs feuilles les rendant ainsi incapables de se nourrir et plus vulnérables aux maladies et aux attaques d'autres parasites. Les citoyens de la ville ontarienne sont maintenant au prise avec les quantités importantes de déjections que les larves abandonnent dans les jardins, les pelouses et les piscines. Ils doivent aussi porter une attention particulière aux poils urticants des chenilles qui peuvent causer des réactions allergiques, particulièrement chez les jeunes enfants. Source : Toronto Life "Moth Hysteria Mississauga's very hungry caterpillars" par Flannery Dean [Lire l'article en anglais]
> En savoir plus sur la spongieuse (Service canadien des forêts)

mardi 20 juin 2006

Le Roseau commun, une plante envahissante au Québec ?

Le Roseau commun, ou phragmite commun (Phragmites australis), est une plante familière du réseau autoroutier du Québec. Ses "grandes tiges surmontées d'un plumeau" bordent en effet les autoroutes du Sud-Ouest de la province. Leur présence peut être perçue comme bénéfique, aussi bien au niveau de la sécurité routière (captation de la neige et de la poudrerie, diminution de l'éblouissement des phares des automobiles circulant en sens inverses, etc.) qu'au niveau écologique puisqu'il joue un rôle important dans la purification des eaux de drainage. Cependant, leur prolifération non maîtrisée peut aussi conduire à des nuisances, et à une surcharge de nettoyage et d'entretien des fossés de bords de route. En effet, les colonies de roseau peuvent constituer des haies de plusieurs kilomètres et obstruer l'écoulement des eaux et la vision des automobilistes.

Dans le Nord-Est de l'Amérique du Nord, le roseau est considéré est considéré comme une plante envahissante qui perturbe les milieux humides. Aux États-Unis, des colonies denses ont en effet envahi les marais, marécages et tourbières, menaçant la diversité végétale et offrant des habitats de mauvaise qualité pour la faune.

Des études ont montré que la prolifération des colonies de roseau était étroitement liée à l'expansion du réseau autoroutier Nord-américain. Les autoroutes québécoises, qui traversent de nombreux milieux humides, pourraient donc devenir "la première étape d'une invasion à grande échelle des milieux sensibles".

Plus récemment des études de caractérisation moléculaire ont démontré que l'invasion des marais américains résultait essentiellement de la multiplication d'un génotype européen au détriment du génotype indigène, suite à des perturbations anthropiques. L'analyse génétique de roseaux récoltés en bordures des autoroutes du Québec en 2004 révèle que la presque totalité (soit 99 %) est d'origine exotique. Pour remédier à cet envahissement et pour éviter que la biodiversité des milieux humides sensibles du Québec ne soit menacée, le Ministère du Transport du Québec et l'Université Laval ont mis en place un projet de recherche baptisé Phragmites. (Source : Agri-Réseau / Phytoprotection / Mauvaises herbes)

Pour en savoir plus :


Colonie de roseau commun sur l'Île des Sœurs, boisée Saint-Paul, Montréal (Québec). Olivier Peyronnet (04.2005). La prolifération de ces "grandes tiges beiges surmontées d'un plumeau se laissant bercer par le vent" menacerait les milieux humides et les écosystèmes sensibles du Québec

lundi 12 juin 2006

Allègement de la lutte contre le virus du Nil occidental au Québec

Les moyens préventifs visant à contrôler le virus du Nil occidental (VNO) seront moins importants cette année au Québec. En particulier, il n'y aura pas de pulvérisation sélective d'insecticides à grande échelle, ni de collecte d'oiseaux morts comme cela était le cas depuis 2002. L'épidémie s'avère en effet moins grave que prévue et, selon la Direction de la santé publique du Québec (DSPQ), ces mesures ne seraient pas indispensables ni significativement efficaces. L'an dernier, seulement 5 cas d'infection au VNO, dont un décès, ont été officiellement recensés au Québec (pour un total de 46 personnes infectées et 5 décès au cours des 4 dernières années). Le nombre de québécois ayant contracté le VNO est certainement beaucoup plus grand mais la plupart ne développe pas de symptômes. D'ailleurs, selon Héma-Québec, 0.2% des donneurs de sang seraient porteurs du VNO sans le savoir. La vigilance demeure toutefois de mise, particulièrement pour les personnes âgées et les malades. Pour s'en protéger, les autorités sanitaires recommandent le port de vêtement longs et clairs et l'emploi d'insectifuge (ou "chasse-moustique") à base de DEET ou d'eucalyptus, surtout en juillet et en août, période pendant laquelle les maringouins sont les plus susceptibles d'être porteurs du VNO. D'autre part, elles invitent la population à éliminer autour de leur résidence toutes les sources d'eau stagnante qui constituent d'excellents gîtes de reproduction pour les moustiques. (OP) ; Source : les nouvelles de la radio de Radio-Canada
> Pour en savoir plus sur le VNO au Québec, consulter le site du Ministère de la santé et des services sociaux : virusdunil.info
>Lire les nouvelles précédentes : Des maringouins particulièrement nombreux et voraces cette année au Québec (PESTInfos 31.05.06) et Kahnawake dit non au BTi (PESTInfos 10.04.06)
> Suivre toutes les actualités du VNO sur PESTInfos >>>

jeudi 8 juin 2006

Le pesticide « Merit » est risqué pour la santé et l'environnement (CAP-Québec)

Dans un communiqué émis le 15 mai 2006, la Coalition pour une alternative aux pesticides (CAP) met en garde la population québécoise contre les risques pour la santé et l'environnement du pesticide "Merit". Cet insecticide, dont l'ingrédient actif est l'imidaclopride, est soupçonné d'avoir des effets néfastes pour les abeilles dans diverses régions d'Europe. Il est commercialisé au Québec pour lutter contre les vers blancs, à savoir les larves du hanneton commun (Phyllophaga anxia), du hanneton européen (Amphimallon majalis) ou du scarabée japonais (Popillia japonica), qui affectent les pelouses.

Malgré le nouveau Code de gestion des pesticides du Québec, qui 'en fait pas mention, le Merit est souvent utilisé abusivement comme "solution miracle et sécuritaire" par les entreprises professionnelles d'entretien des pelouses. Alors qu' il est vivement recommandé sur l'étiquette commerciale de ne pas cultiver de plantes comestibles dans l'année suivant l'application du Merit, la CAP dénonce l'absence d'avertissements pour les enfants qui jouent sur les pelouses traitées et les risques auxquels ils sont exposés.

L'imidaclopride est un insecticide néonicotinoïde (agoniste de la nicotine) systémique qui pénètre dans les plantes et est véhiculé dans la sève. L'insecticide et ses résidus toxiques peuvent persister jusqu'à 3 mois dans les gazons, plus d'une année dans les sols, mais aussi dans certains cas contaminer les nappes phréatiques. De plus, peu spécifique, il est aussi toxique pour les vers blancs que pour les auxiliaires de la lutte biologique (nématodes, guêpes parasitoïdes, etc.) qui aident à les contrôler, les abeilles pollinisatrices, mais aussi les oiseaux qui en consomment en grand nombre.

L'utilisation de cet insecticide est d'autant plus inutile qu' il est presque impossible d'éradiquer complètement les vers blancs. Il est donc préférable d'adopter des méthodes culturales préventives pour en limiter le nombre. Sur son site, la CAP propose aux adeptes inconditionnels des pelouses vertes d'autres solutions moins toxiques pour entretenir des "pelouses écologiques", et pour prévenir ou contrôler les insectes et maladies qui les ravagent. Enfin, il est important de souligner que l'abondance des surfaces gazonnées dans les banlieues et la campagne du Québec n'est pas favorable à la biodiversité, et que leur fertilisation abusive contribue à l'eutrophisation de nombreux lacs ! (OP) [Lire le communiqué de la CAP en format PDF]

lundi 5 juin 2006

La formation d'une armée de Criquets

La formation des grands essaims de Criquets pelerin (Schistocerca gregaria) fait peser une menace permanente sur les cultures et les pâturages des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Maghreb. Les ravages et destructions des récoltes qu'ils causent peuvent entraîner des répercussions importantes sur la sécurité alimentaire et l'économie des pays touchés. La prévision et la détection précoce de la formation d'essaims sont donc d'une importance primordiale pour les populations exposées, d'autant plus que les moyens actuels de lutte antiacridienne sont souvent coûteux et inefficaces. Une nouvelle étude menée à l'Université d'Oxford montre que le comportement grégaire de ces criquets dépends de la densité de leur population. Dans un espace limité, s'ils sont peu nombreux, les jeunes criquets évoluent indépendamment des autres de façon désordonnée. Par contre, lorsque leur population augmente et qu'elle atteint une densité critique d'environ 50 individus au mètre carré, ils adoptent rapidement un comportement grégaire et des mouvements collectifs coordonnés, donnant naissance à un essaim De petites augmentations de leur densité peuvent ainsi conduire à des changements importants et rapides des mouvements des essaims. Les chercheurs ont aussi observé une certaine instabilité des mouvements des essaims naturels, au sein desquels des groupes peuvent rapidement changer de direction sans perturbations externes. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Buhl J, Sumpter DJ, Couzin ID, Hale JJ, Despland E, Miller ER, Simpson SJ, 2006. From disorder to order in marching locusts. Science 312 (5778):1402-6 [Résumé en anglais] [Science magazine]
> Voir une vidéo de la marche des criquets dans une aréna ciculaire (SciDev.net) [Fichier AVI, 3358K]
> L'Observatoire acridien de la FAO
> Pour en savoir plus sur les acridiens de l'Afrique de l'Ouest : AcridAfrica

jeudi 1 juin 2006

Les Bourdons, de "valeureux poilus" menacés

Une cinquantaine d'espèces de bourdons (genre Bombus) vivent en Europe. Ces "valeureux poilus" sont d'excellents pollinisateurs qui font le bonheur des jardiniers. Reconnaissables grâce à leur épaisse fourrure, leur grande résistance leur permet d'être toujours les premiers à butiner les fleurs avant les abeilles, en début de saison, le matin alors que la fraîcheur de la nuit paralyse encore la plupart des insectes, ou après un orage. La pollinisation de diverses plantes dont de nombreuses légumineuses dépendent essentiellement des bourdons, et quelques petits arbustes fruitiers comme les framboisiers ou les groseilliers sont surtout visités par eux. Comme les abeilles domestiques, les bourdons sont menacés par les transformations des paysages provoquées par les pratiques agricoles et l'urbanisation actuelles. Sensibles aux pesticides, ils se raréfient et quelques espèces ont déjà disparu. En Angleterre, des entomologistes professionnels et amateurs se sont rassemblés au sein d'un "office pour les bourdons et leur environnement" (The Bumblebee Conservation Trust) pour les étudier, les surveiller, les protéger et favoriser leur présence dans les jardins anglais. Une attention particulière est portée au Bourdon des clairières, Bombus distinguendus , une espèce en danger qui figure sur le logo du BBCT. (OP) ; Source : Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), Les Épingles de collection 2006
> site officiel de The Bumblebee Conservation Trust (BBCT)
> Lire aussi "Les bourdons, de valeureux poilus à aider au jardin", par l'association PONEMA rassemblant les passionnés des jardins naturels et sauvages

mercredi 31 mai 2006

Des maringouins particulièrement nombreux et voraces cette année au Québec

Au Québec, l'hiver particulièrement doux et les conditions climatiques de ces dernières semaines (des jours pluvieux suivis de chaleur intense), ont favorisé la prolifération des mouches noires et des moustiques. Jusqu'à 3 fois plus nombreux ce printemps, les maringouins rendent parfois la vie insupportable aux amateurs de plein air et aux travailleurs. Jacques Boisvert, entomologiste et professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières prévoit leur abondance jusque vers la Saint-Jean (24 juin). Pour les irréductibles du plein air, la seule solution vraiment efficace est de porter des vêtements suffisament longs et amples pour couvrir le maximum du corps. Pour les zones exposées de la peau comme par exemple, les chevilles, les bras et l'arrière du cou, il reste l'utilisation d'insectifuges personnels ou "chasse-moustique" à base de N-N diméthyltoluamide (DEET), de diméthyl-phthalate (DMP), d'huile de citronnelle ou d'huile de lavande. Le DEET dont la concentation ne doit jamais dépasser 30% est relativement efficace mais peut être dangereux surtout pour les jeunes enfants. Plus "naturelles", les huiles essentielles ne sont cependant efficaces que pendant un temps très limité. Enfin, malgré tous les désagréments qu'ils apportent à l'homme et les maladies qu'il peuvent parfois véhiculer (comme le virus du Nil occidental), ces insectes piqueurs ont un rôle écologique fondamental en assurant une source abondante de nourriture pour de nombreux prédateurs, le recyclage d'une partie de la matière organique et la pollinisation des plantes à fleurs. (OP) ; Source : D'après une dépêche de Cyberpresse.ca [Lire la dépêche]
> Sur la Toile des insectes du Québec (Insectarium de Montréal), pour en savoir plus sur les maringouins et les mouches noires
> À (Re)Lire : "Le Moustique par solidarité écologique" de Jean-Pierre Bourassa (Les Éditions du Boréal, Montréal, 2000)
> Lire la nouvelle précédente : Les États-Unis prennent leurs distances avec l'insectifuge DEET (PESTInfos 02.05.06)

Les érables de Norvège envahissent le Mont Royal

Le parc du Mont-Royal est un patrimoine naturel et historique très cher au coeur des montréalais(es). Mais la biodiversité de ce riche milieu naturel est menacée de transformation au cours des prochaines années. À l'origine, la forêt qui couvrait le mont Royal était essentiellement composée d’érables à sucre, de caryers et de chênes rouges. Selon, les deniers relevés botaniques réalisés par Jacques Brisson, professeur à l’Institut de recherche en biologie végétale (Université de Montréal), l'érable de Norvège (Acer platanoides), introduit dans les années 60 et 70 pour reboiser certaines parties du parc, pourrait en effet remplacer l'érable à sucre (Acer saccharum) comme espèce dominante à la prochaine génération. Plus résistant à la pollution urbaine et plus prolifique que l'érable à sucre, l'érable de Norvège a aussi été souvent planté en bordure des rues de Montréal et de nombreuses villes du nord est de l'Amérique. En sous bois, il réduit la lumière nécessaire aux autres espèces d'arbres (frênes, érables à sucre, etc.) et à la flore typique d'une érablière (uvulaires, trilles, etc.), et s'étend très rapidement. Selon le botaniste, sa prolifération "pourrait également avoir des répercussions écologiques sur l’ensemble des espèces animales et végétales de la montagne". En Ontario et aux États-unis, l'érable de Norvège est déjà considéré comme une espèce envahissante. Pour préserver le caractère unique du mont Royal, Jacques Brisson recommande à la ville de Montréal de ralentir la progression de cet érable en éradiquant les jeunes pousses et en évitant d'en planter dans les rues voisines du mont Royal. [En savoir plus] (OP) ; Source : FORUM, l'hebdomadaire d'information de l'Université de Montréal ; Réf. : Baril Daniel, Forum Vol. 40 No 31, 29 mai 2006
> Résumé de la conférence de Jacques Brisson au 74ème Congrès de l'ACFAS

lundi 29 mai 2006

Vers une démoustication de la Camargue

Les conditions climatiques de l'été dernier en Camargue (une longue sécheresse suivie de fortes pluies) avaient favorisé la pullulation des "moustiques des champs", dont Aedes caspius, une espèce particulièrement agressive vis-à-vis de l'homme. Les marais et marécages de Camargue, jusqu'à présent préservés de tout traitement insecticide, sont un terrain fertile pour cette espèce qui pond lorsque les sols sont asséchés et dont les oeufs, très résistants, éclosent lorsque les sols sont mis en eau, mais aussi pour la quarantaine d'autres espèces de moustiques dont A. detritus et Culex pipiens. L'inconfort grandissant des citoyens des villes riveraines du parc naturel, et la crainte de propagation du virus du Chikungunya suscitée par la récente épidémie à la Réunion et l'apparition de son vecteur, A. albopictus, dans les Alpes Maritimes, ont conduit les autorités régionales à envisager pour la première fois une démoustication partielle et expérimentale de la Camargue. L'insecticide utilisé sera le populaire larvicide "biologique" Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) dont les toxines sont réputées être beaucoup moins nocives pour l'environnement que les organophosphorés. Un centre de recherche privé spécialisé dans la conservation et la restauration des zones humides méditerranéennes, la station biologique de la Tour du Valat, sera en outre chargée d'étudier les impacts à long terme des traitements larvicides sur ces écosystèmes et leur faune, particulièrement les populations d'insectes, d'oiseaux et de poissons. Le cœur de la réserve naturelle (soit environ 30 000 ha) en demeure toutefois exclue. Le maintien de zones non traitées est en effet nécessaire pour éviter ou retarder l'apparition des phénomènes de résistance des moustiques aux insecticides qui se multiplient à travers le monde. Un environnement naturel non traité constitue un réservoir de moustiques sensibles qui permet de "diluer" les souches devenues résistantes dans les zones traitées. Cependant, Mylène Weill, chercheuse à l'Institut des sciences de l'évolution de l'Université de Montpellier prévient que cette stratégie de "dilution de la résistance" n'est efficace que si les souches résistantes ont un coût métabolique plus élevé et des facultés reproductrices plus faibles que les souches sensibles. Or la multiplication des cas de résistance dans le monde, le plus souvent suite à de mauvaises pratiques, fait craindre l'apparition et la propagation de souches "super résistantes" avec de bonne capacités adaptatives. Ainsi, en Tunisie, une campagne de démoustication systématique et intensive de larges zones touristiques a conduit en seulement 2 ou 3 ans à l'apparition de moustiques totalement résistant aux toxines "bioinsecticides" issues de la bactérie Bacillus spahericus. Aux États-Unis même, où depuis 1999 des opérations "raisonnées" de contrôle des vecteurs du virus du Nil occidental sont menées chaque année, certaines populations de moustiques sont localement devenues résistantes au Bti. Les opérations de démoustication de la Camargue s'annoncent donc très délicates et devront être menées avec beaucoup de précautions d'autant plus que le réchauffement climatique pourrait favoriser la propagation de nouvelles espèces. Les spécialistes recommandent généralement une campagne de démoustication seulement en cas de menaces sérieuses d'épidémie et préconisent plutôt le drainage des eaux stagnantes et la restauration des écosystèmes naturels comme mesures préventives. (OP) ; Source : LeMonde.fr (29.05.06) [Lire l'article de Hervé Morin]
> Entente interdépartementale pour une démoustication du littoral méditerranéen
> Station biologique de la Tour du Valat
>Lire la nouvelle précédente : Des moustiques résistent au Bti (PESTInfos 09.12.05)

mercredi 24 mai 2006

La Lucilie cuivrée australienne prédisposée à résister aux organophosphorés

La Lucilie cuivrée australienne, Lucilia cuprina (Diptère : Calliphoridé), provoque une myase très grave chez les moutons, et affecte particulièrement les élevages en Australie et en Afrique du Sud. Attirée par les replis laineux malodorants et humides des moutons, cette mouche verte y pond des oeufs, puis ses larves creusent des tunnels dans la chair de l'animal provoquant d'importantes lésions et des infections bactériennes mortelles si elles ne sont pas traitées. Dans les années 50, les éleveurs australiens ont utilisé des insecticides organophosphorés comme le diazinon pour combattre ces diptères. Mais la mouche est devenue très résistante en quelques années seulement. Récemment, des chercheurs australiens (CSIRO) et néozélandais ont découvert sur des mouches préservées, collectées avant l'utilisation des pesticides chimiques, la présence d'allèles mutants du gène de l'estérase E3, identiques à ceux qui confèrent la résistance au malathion, un autre insecticide organophosphoré (la protéine enzymatique E3 modifiée dégrade spécifiquement le malathion). L'allèle résistant au diazinon est la forme de résistance aux organophosphorés la plus répandue en Australie mais est rare dans les régions où la pression insecticide est plus faible. La présence d'allèles résistants au malathion chez les mouches préservées expliquerait donc la rapidité de la flambée de résistance aux organophosphorés en Australasie. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : C. J. Hartley, R. D. Newcomb, R. J. Russell, C. G. Yong, J. R. Stevens, D. K. Yeates, J. La Salle, and J. G. Oakeshott, 2006. Amplification of DNA from preserved specimens shows blowflies were preadapted for the rapid evolution of insecticide resistance. PNAS Édition électronique avancée du 24 mai 2006 [Résumé en anglais]
> Voir des photos de la Lucilie cuivrée
> En savoir plus sur la lutte contre la Lucilie cuivrée en Australie : "La laine fétide" par Alain Fraval (Insectes No 137, 2005) [Document PDF]

mardi 23 mai 2006

La microévolution du virus du Chikungunya

L'importante flambée épidémique de Chikungunya qui sévit dans l'océan Indien et plus particulièrement sur l'île de la Réunion depuis le début de l'année 2005 a surpris bon nombre de spécialistes. Pourtant réputé pour être faiblement virulent, le virus du Chikungunya a infecté près d'1/3 de la population de l'Île, soit environ 258 000 personnes (Institut de veille sanitaire, 18.05.06). Alors qu'à ce jour aucune forme grave ou mortalité associée à ce virus n'avait été décrite dans la littérature médicale, plusieurs formes neurologiques et hépatiques sévères, provoquant dans certains cas des décès, y ont été aussi confirmées. Il est malheureusement vrai que le Chikungunya, qui sévit essentiellement en Afrique, a été très peu étudié par la communauté scientifique internationale. Devant l'ampleur de l'épidémie actuelle, des équipes de virologues de l'institut Pasteur de Paris et de Lyon (centre national de référence des arbovirus) se sont enfin intéressées à ce mystérieux virus dont le principal vecteur à la Réunion est le moustique tigré asiatique (Aedes albopictus), et ont commencé à retracer son histoire et son évolution. Leurs premiers résultats sont publiés cette semaine dans la revue scientifique libre d'accès PLOS Medecine. Grâce au séquençage complet du génome (constitué d'ARN) de plusieurs souches virales isolées chez des patients infectés à la Réunion et aux Seychelles, Ils ont établit que les souches étaient apparentées à celles identifiées en Afrique où le virus a été isolé pour la première fois en 1952 en Tanzanie. D'autre part, ils ont aussi découvert des modifications de l'ARN viral au cours de l'épidémie qui suggèrent une évolution adaptative des souches virales réunionnaises. En particulier, le séquençage partiel de la protéine d'enveloppe virale E1 (une "signature moléculaire" du virus) chez 127 patients de la Réunion et des îles voisines (Madagascar, Seychelles, île Maurice, Mayotte) a montré que cette protéine, impliquée dans l'attachement du virus aux membranes cellulaires du moustique et dans sa multiplication, avait aussi mutée au cours de l'épidémie. Cette mutation est devenue prédominante au début de la flambée épidémique en septembre 2005, et pourrait être à l'origine d'une adaptation du virus au moustique A. albopictus, qui n'était pas connu jusque là pour en être un vecteur majeur. Selon les chercheurs, le Chikungunya pourrait donc se propager à d'autres régions du monde, en particulier aux Caraïbes, aux Amériques et en Europe, où le tigré asiatique est présent. (OP) ; Source : Institut Pasteur [Lire le communiqué] [Dossier de presse] ; Réf. : Isabelle Schuffenecker, Isabelle Iteman, Alain Michault, Séverine Murri, Lionel Frangeul, Marie-Christine Vaney, Rachel Lavenir, Nathalie Pardigon, Jean-Marc Reynes, François Pettinelli, Leon Biscornet, Laure Diancourt, Stéphanie Michel, Stéphane Duquerroy, Ghislaine Guigon, Marie-Pascale Frenkiel, Anne-Claire Bréhin, Nadège Cubito, Philippe Desprès, Frank Kunst, Félix A. Rey, Hervé Zeller, Sylvain Brisse, 2006. Genome Microevolution of Chikungunya Viruses Causing the Indian Ocean Outbreak. PLOS Medecine 3 (7), juillet 2006, édition électronique avancée [Lire l'article en anglais] [Lire le résumé de l'éditeur en anglais]
>Lire aussi : Le chikungunya suivi à la trace grâce à son génome (LeMonde.fr, 23.05.06) et L'Institut Pasteur souligne le risque de propagation du virus du chikungunya (LeMonde.fr, 23.05.06)
> Dossier Chikungunya (PESTInfos)

mardi 16 mai 2006

Menaces sur les insectes pollinisateurs

Partout sur la planète, on assiste à une véritable crise de la pollinisation qui touche l'ensemble des insectes pollinisateurs (abeilles domestiques et sauvages, bourdons, papillons, mouches, moustiques et divers coléoptères). Les nouveaux insecticides systémiques comme le Gaucho et le Régent dont les doses sublétales perturbent les abeilles domestiques ne sont pas les seuls responsables de cette inquiétante hécatombe. Selon Bernard Vaissière, chercheur spécialiste des pollinisateurs à l'INRA d'Avignon, la perte de la biodiversité végétale suite aux pratiques agricoles intensives et à l'urbanisation (démembrement, arrachage des haies, utilisation systématique d'herbicides contre les "mauvaises herbes", etc.) a un rôle majeur en privant les insectes de nourriture. La perte de nombreuses espèces de fleurs sauvages, sources de nectar et de pollen indispensables aux insectes, pourrait être responsable de l'affaiblissement généralisé des colonies d'abeilles. Pour tenter de sauver les abeilles, des programmes de jachères fleuries sont actuellement en cours d'expérimentation dans plusieurs régions françaises. (OP) ; Source : Le Figaro.fr [Lire l'article de Yves Misery]
> Lire aussi : Protéger les pollinisateurs (PESTInfos, 05.01.06)
>Dossier Abeilles et insectes pollinisateurs

vendredi 12 mai 2006

Protection des cultures, préservation de la biodiversité, respect de l’environnement

"Pour assurer une production alimentaire adaptée aux besoins des populations, en termes de quantité, de qualité, et de sûreté sanitaire dans le respect des principes d’un développement durable de la planète, la protection des cultures, aujourd’hui encore principalement agrochimique, doit connaître une véritable évolution, sous peine d’aggraver un bilan économique et écologique préoccupant". Suite aux succès mitigés du concept de protection intégrée et face au risque transgénique d'accroître les phénomènes de résistance des insectes, Jean-Philippe Deguine (CIRAD) et Pierre Ferron (INRA) plaident pour une nouvelle stratégie agroécologique de gestion préventive des populations d'insectes nuisibles et bénéfiques en fonction des peuplements végétaux qui constituent leurs habitats. La diversification et la rotation des cultures ou la mise en place de corridors biologiques (chemins, haies, bosquets, vergers etc.) sont autant de pratiques favorables à la régulation naturelle des ravageurs par les prédateurs indigènes et généralistes. Les chercheurs préviennent en outre que la mise en pratique de cette nouvelle stratégie préventive implique une "réelle rupture avec les techniques traditionnelles" de l'agriculture intensive et "une évolution marquée des mentalités" des agronomes et des phytiatres. (OP)
>un article de Jean-Philippe Deguine et Pierre Ferron publié dans les Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures, Volume 15, Numéro 3, 307-11, Mai-Juin 2006 [Résumé] ; l' article est accessible gratuitement après inscription sur le site www.jle.com
>Lire aussi : "Protection des cultures et développement durable : bilan et perspectives", par Jean-Philippe Deguine et Pierre Ferron, Le Courrier de l'environnement de l'INRA, No 52, septembre 2004 [Article en PDF]

jeudi 11 mai 2006

Les coccinelles utilisées comme pesticides naturels

Depuis le début du printemps, plusieurs commerces français spécialisés dans le jardinage proposent à leur clientèle des coccinelles comme pesticides naturels pour combattre les pucerons qui dévastent rosiers, tomates, concombres, fraisiers et arbres fruitiers. Très voraces, les coccinelles sont de grands prédateurs de pucerons et les larves peuvent en consommer de 60 à 100 par jour. Les jardiniers Bio ont le choix entre une espèce indigène arboricole, Adalia bipunctata, et une souche non volante de l'espèce d'origine asiatique, Harmonia axyridis. Après avoir été abondamment introduite aux États-Unis et en Europe à des fins de lutte biologique, la coccinelles asiatique a proliféré et concurrence aujourd'hui les espèces locales. Des chercheurs de l'INRA d'Antibes ont alors isolé une souche naturelle aptère, incapable de voler et de se disséminer. Cette initiative commerciale devrait aider à protéger l'environnement en réduisant l'utilisation d'insecticides chimiques, mais certains écologistes demeurent toutefois prudents face à une utilisation à grande échelle de ces biopesticides. Ils privilégient plutôt la culture de plantes sauvages et la plantation de haies qui favorisent la présence de prédateurs naturels. (OP) ; Source : Le Monde.fr [Lire l'article de Florence Amalou dans Le Monde.fr]
> Pour en savoir plus sur la production et la commercialisation d'insectes auxilliaires pour la protection des plantes, consulter le site de l'entreprise Biotop (Valbonne, France) : www.biotop.fr
> Pour en savoir plus sur le jardinage biologique, consulter le site de l'Association Terre vivante : www.terrevivante.org

lundi 8 mai 2006

Les maladies des plantes et des animaux, une menace croissante pour l'Afrique

Une importante étude pilotée par le gouvernement britannique prévient que les maladies affectant les plantes agricoles et les animaux pourraient menacer de plus en plus la subsistance des populations africaines au cours des 25 prochaines années. Le rapport publié le 26 avril dernier souligne que la majorité des maladies humaines émergentes est liée aux maladies des animaux d'élevage ou de la faune sauvage, et s'inquiète de la présence en Afrique de 12 des 15 maladies animales les plus importantes. L'intensification de l'agriculture et des échanges commerciaux pourrait aussi favoriser l'apparition ou la propagation de nouvelles maladies ou d'insectes dévastant les cultures agricoles. Les ravages des parasites phytopathogènes sont accentués par le manque de moyen actuel pour les dépister et les contrôler et la pauvreté rurale qui sévit sur tout le continent africain. Ainsi, selon les chercheurs, les maladies des plantes menacent gravement la stabilité économique de l'Afrique d'autant plus que la majorité des populations rurales ne doit sa survie qu'à la culture que de 1 ou 2 plantes vivrières. (OP) ; Source : SciDev.net
> Consulter le rapport britannique en ligne (en anglais) : Foresight, The Detection and Identification of Infectious Diseases

vendredi 28 avril 2006

La résistance naturelle des moustiques au paludisme

Des chercheurs américains (University of Minnesota) et maliens (Université de Bamako) ont découvert qu'une grande partie de la population de moustique Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria en Afrique, présentait une résistance naturelle à l'agent infectieux Plamodium. Les moustiques génétiquement résistants sont ainsi capables de détruire le parasite et ne le transmettent donc pas aux humains qu'ils piquent. Les chercheurs ont localisé un "îlot" génomique de résistance dans une petite région du chromosome 2L et identifié le gène APL1 (pour Anopheles Plasmodium-responsive leucine-rich repeat 1) comme le principal facteur de résistance au Plasmodium. Le gène APL1 code pour une protéine très riche en leucine qui est similaire aux molécules impliquées dans les mécanismes de défense naturelle des plantes et des mammifères contre les pathogènes. Lorsque le gène APL1 est désactivé, les moustiques deviennent alors sensibles à l'infection par le parasite et peuvent le transmettre aux humains. Ces résultats suggèrent donc que les moustiques infectés pourraient présenter une défaillance de leur système immunitaire. Dans la région du Mali où les recherches ont été menées, les scientifiques ont aussi observé que les moustiques génétiquement résistants étaient très présents dans la nature, et même parfois en plus grand nombre que ceux qui sont infectés par le Plasmodium. Selon Kenneth Vernick de l'Université du Minnesota, il serait donc préférable d'éliminer les moustiques infectés plutôt que d'introduire des moustiques résistants transgéniques comme cela est envisagé par plusieurs autres spécialistes. (OP)
> Source : Sciences et Avenir.com
> Réf. : Michelle M. Riehle, Kyriacos Markianos, Oumou Niaré, Jiannong Xu, Jun Li, Abdoulaye M. Touré, Belco Podiougou, Frederick Oduol, Sory Diawara, Mouctar Diallo, Boubacar Coulibaly, Ahmed Ouatara, Leonid Kruglyak, Sékou F. Traoré, Kenneth D. Vernick, 2006. Natural Malaria Infection in Anopheles gambiae Is Regulated by a Single Genomic Control Region. Science Vol. 312. no. 5773, pp. 577 - 579 [Résumé en anglais]

La résistance naturelle des moustiques au paludisme

Des chercheurs américains (University of Minnesota) et maliens (Université de Bamako) ont découvert qu'une grande partie de la population de moustique Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria en Afrique, présentait une résistance naturelle à l'agent infectieux Plasmodium. Les moustiques génétiquement résistants sont capables de détruire le parasite et ne le transmettent donc pas aux humains qu'ils les piquent.

Les chercheurs ont localisé un "îlot" génomique de résistance dans une petite région du chromosome 2L et identifié le gène APL1 (pour Anopheles Plasmodium-responsive leucine-rich repeat 1) comme le principal facteur de résistance au Plasmodium. Le gène APL1 code pour une protéine très riche en leucine qui est similaire aux molécules impliquées dans les mécanismes de défense naturelle des plantes et des mammifères contre les pathogènes. Lorsque le gène APL1 est désactivé, les moustiques deviennent alors sensibles à l'infection par le parasite et peuvent le transmettre aux humains. Ces résultats suggèrent donc que les moustiques infectés pourraient présenter une défaillance de leur système immunitaire.

Dans la région du Mali où les recherches ont été menées, les scientifiques ont aussi observé que les moustiques génétiquement résistants étaient très présents dans la nature, et même parfois en plus grand nombre que ceux qui sont infectés par le Plasmodium. Selon Kenneth Vernick de l'Université du Minnesota, il serait donc préférable d'éliminer les moustiques infectés plutôt que d'introduire des moustiques résistants transgéniques comme cela est envisagé par plusieurs autres spécialistes.

Référence
  • Michelle M. Riehle, Kyriacos Markianos, Oumou Niaré, Jiannong Xu, Jun Li, Abdoulaye M. Touré, Belco Podiougou, Frederick Oduol, Sory Diawara, Mouctar Diallo, Boubacar Coulibaly, Ahmed Ouatara, Leonid Kruglyak, Sékou F. Traoré, Kenneth D. Vernick, 2006. Natural Malaria Infection in Anopheles gambiae Is Regulated by a Single Genomic Control Region. Science Vol. 312. no. 5773, pp. 577 - 579 [Résumé en anglais]

mercredi 26 avril 2006

Les herbicides pourraient favoriser la résistance des moustiques aux insecticides

L'atrazine est un puissant désherbant systémique, principal polluant des eaux et interdit d'utilisation en France depuis 2003. Des chercheurs du laboratoire d'écologie alpine de Grenoble (Université Joseph Fournier) ont étudié les interactions possibles entre cet herbicide persistant et la sensibilité des larves de moustiques aux insecticides. Leurs récents travaux, publiés dans la revue Chemosphere, montre qu'un contact de deux jours des larves de moustiques Aedes aegypti avec l'Atrazine conduit à une diminution significative de leur mortalité lorsqu'elles sont traitées avec le larvicide biologique Bti (Bacillus thuringiensis var. israelensis).

L'Atrazine pourrait donc favoriser indirectement la résistance des moustiques vecteurs à certains insecticides comme le Bti et ainsi diminuer l'efficacité des traitements. Ces résultats sont d'autant plus intéressantes que les terres humides où s'accumulent les résidus d'herbicides chimiques sont aussi les écosystèmes privilégiés par les moustiques vecteurs pour se reproduire. Les campagnes de démoustication et de lutte antivectorielle devront donc prendre en compte ces nouvelles données écotoxicologiques pour assurer un contrôle efficace des invasions de moustiques.

Référence :
  • Boyer S, Serandour J, Lemperiere G, Raveton M, Ravanel P., 2006. Do herbicide treatments reduce the sensitivity of mosquito larvae to insecticides? Chemosphere, édition électronique avancée du 27 mars 2006 (courte communication sous presse) [Résumé en anglais sur PubMed]

mardi 18 avril 2006

Forêts et acériculture menacées par le retour des pluies acides au Québec

Alors qu'on pensait que le problème des pluies acides étaient désormais chose du passé, une série de documents inédits d'Environnement Canada, obtenue par le quotidien montréalais Le Devoir, révèle que de nouvelles sources d'émissions d'oxydes de souffre et d'azote provenant principalement de l'extraction des sables bitumineux de l'Alberta et de la production gazière des provinces maritimes, renforcent l'acidité des précipitations et menacent aujourd'hui l'ensemble du territoire canadien y compris l'ouest canadien épargné jusque alors. À cause du faible "pouvoir tampon" (de neutralisation) de leur mince couche de matière organique, les sols nordiques de l'est du Canada sont particulièrement menacés et accusent déjà un excès d'acidité de 21%. Les dépôts acides réduisent la vitalité biologique des sols, y compris les sols agricoles, des lacs et des rivières et risquent de provoquer à terme un déclin des écosystèmes forestiers et aquatiques. Selon ce bilan fédéral inédit, près de 75% de l'est canadien sont ainsi menacés par l'accumulation lente mais progressives des pluies acides et auraient de graves conséquences pour la santé humaine, le tourisme, l'industrie forestière et la fabrication du sirop d'érable. (OP) ; Source : Le Devoir, édition du samedi 15 et du dimanche 16 avril 2006, "Le retour des pluies acides" par Louis-Gilles Francoeur
> Lire aussi : Les pluies acides s'attaquent à l'Ouest du Canada (Notre-planete.info, 18.04.2006)
> En savoir plus sur ls pluies acides (Environnement Canada)

lundi 10 avril 2006

Kahnawake dit non au BTi

Alors que la saison des maringouins approche au Québec, les municipalités de plusieurs villes de la banlieue montréalaise s'appretent à reprendre les épandages aériens de Bti dans le cadre de leur lutte péventive contre la propagation du VNO (virus du Nil occidental) transmis par les moustiques. Depuis 2003, des pulvérisations préventives de cet insecticide biologique sont en effet opérés dans les zones péri-urbaines les plus susceptibles de favoriser une transmission rapide du VNO (milieux humides comme les forêts, marais et autres plans d'eau stagnante, etc.). Mais, cette année, le conseil de bande de Kahnawake vient de remettre en cause la finalité de ces pratiques en refusant d'autoriser à nouveau les traitements de Bti sur l'ensemble de son territoire. Le conseil de bande a en effet découvert que l'objectif principal de ces pulvérisations préventives n'étaient plus la lutte contre la propagation du VNO, mais visaient plutôt à assurer le confort des citoyens de la ville voisine de Châteauguay. Selon les groupes environnementaux du territoire Mohawk, les maringouins et leurs larves, aussi dérangeants soient-ils, ont une "raison d'exister" car ils constituent la diète de nombreux animaux (oiseaux, poissons, batraciens, chauves-souris) et assurent la pollinisation de nombreuses plantes. Considérant que les effets à long terme de ces traitements sur la chaîne alimentaire et les écosystèmes ne sont pas encore bien connus, ces groupes souhaitent limiter le plus possible les interventions humaines afin de préserver la biodiversité de la forêt et des marais de Kahnawake. Ils préconisent plutôt la plantation de végétaux qui repoussent les maringouins comme la citronnelle ou d'autres qui attirent leurs prédateurs. (OP) ; Source : Le Soleil du Samedi (Châteauguay), "La Ville perd un allié dans sa lutte contre les maringouins" (01.04.2006)
> Pour en savoir plus sur le rôle des moustiques dans la biosphère : Le Moustique par solidarité écologique de Jean-Pierre Bourassa, Boréal, 2000, 239p. >>>

jeudi 30 mars 2006

Le paludisme profite du réchauffement climatique

Le rôle des changements climatiques sur l'incidence des maladies transmises par les moustiques est un sujet très débattu dans la communauté scientifique. Selon une équipe de recherche dirigée par Mercedes Pascual (Université du Michigan), une petite hausse des températures pourrait expliquer en partie l’importante augmentation des cas de paludisme observée dans les hauts plateaux d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi) au cours des 50 dernières années. Les hauts plateaux africains dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0.5 C, enregistré sur 4 sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Cependant, les chercheurs précisent que les changements climatiques ne sont pas les seuls facteurs en cause mais qu'ils doivent être pris en compte aussi minimes soient-ils. Le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la perturbation des écosystèmes comme la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte. (OP)
> Réf. : Pascual M., Ahumada JA., Chaves LF., Rodó X., Bouma M., 2006. Malaria resurgence in the East African highlands: Temperature trends revisited. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 10.1073/pnas.0508929103 Édition électronique avançée du 29.03.06 [Résumé en anglais] [Article en accès libre, PDF]
> Lire la nouvelle : Quand le paudisme profite du réchauffement (Sciences et Avenir.com 212.03.06)
> Voir aussi : Des études menées en Amazonie tissent le lien entre paludisme et déforestation (PESTInfos 09.02.06)

Paludisme et réchauffement climatique

Le rôle des changements climatiques sur l'incidence des maladies infectieuses transmises par les moustiques est un sujet très débattu dans la communauté scientifique. Selon une récente étude dirigée par Mercedes Pascual (Université du Michigan), le paludisme profiterait du réchauffement climatique. Ainsi, selon la chercheuse, une petite hausse des températures pourrait expliquer, du moins en partie, l’importante augmentation des cas de paludisme observée dans les hauts plateaux d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi) au cours des 50 dernières années.

Les hauts plateaux africains, dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques, étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0,5 C, enregistré sur quatre sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Toutefois, d'autres facteurs comme le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte.

Référence :

lundi 13 mars 2006

Chikungunya : la démoustication gouvernementale serait elle inefficace ?

Alors que l'épidémie de Chikungunya qui sévit depuis plus d'un an à la Réunion a passé la semaine dernière le cap des 200 000 cas et qu'elle semble s'étendre dans plusieurs archipels de l'océan indien (Maurice, Mayotte, Comores, Seychelles), les opérations d'éradication du moustique tigré Aedes albopictus, son principal vecteur, ne font pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Dans un entretien qu'il a accordé à l'agence de presse Destination Santé, René Le Berre, entomologiste et fondateur de l'école française d'entomologie médicale de l'Institut de recherche en développement (IRD), dénonce les politiques "cosmétiques" de distribution de répulsifs anti-moustiques et soutient que les opérations de démoustication actuelles, lancées dans la précipitation par les autorités, sont vouées à l'échec. Dans un climat chaud et humide comme celui de la Réunion, les répulsifs sont en effet rapidement inefficaces. D'autre part, le "déluge d'insecticides chimiques", dont certains sont nocifs pour la santé et l'environnement (>Voir PESTInfos 27.02.06), ne peuvent parvenir à éradiquer complètement les moustiques adultes qui sont très résistants et qui par ailleurs restent très agressifs même lorsque leur densité de population est faible. L'entomologiste affirme même que les moustiques tigres sont contaminés par le virus du Chikungunya sur 5 générations ! Il existe pourtant d'autres solutions comme l'identification et la destruction des gîtes larvaires d'origine anthropique susceptibles de recueillir de l'eau (vieux pneus, canettes et bouteilles vides, récipients abandonnées, bâches de piscines, vases des cimetières, etc.) et que la femelle du Tigre asiatique affectionne particulièrement. A. albopictus qui s'est répandu depuis l'Asie jusqu'en Europe et en Amérique du Nord, suit en effet les déplacements de l'homme et s'adapte parfaitement bien aux gîtes que celui-ci lui procure en particulier les vieux pneus. La femelle albopictus est capable d'y déposer 3 à 4 pontes d'une centaine oeufs chacun au cours de sa courte existence (3 à 4 semaines maximum). À chaque ponte, elle doit nécessairement se nourrir d'un apport protéique en prélevant un "repas de sang" chez un animal à sang chaud. L'élimination de ces gîtes larvaires et leur traitement ciblé et répété au moyen de larvicides biologiques spécifiques comme le Bti (i.e. Bacillus thuringiensis variété israelensis) devrait cependant permettre de diminuer la densité de population des moustiques vecteurs et de réduire les risques de transmission à l'homme. Cependant, ce spécialiste qui a oeuvré pendant près de 15 ans dans la lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest, prévient que la lutte antivectorielle sera longue et qu'elle doit intégrer de nouvelles connaissances sur la biologie de ce moustique, qui peut aussi véhiculer la fièvre de Dengue, et de son écologie sur le terrain. L'implication des communautés et des populations locales dans la lutte antivectorielle sera aussi une composante essentielle à son succès. (OP)
> Chikungunya : le moustique a de l'avance (Destination santé, 13.03.06)
> Chikungunya : la démoustication serait inutile ? (Notre-planète.info, 10.03.06)
> La démoustication à la Réunion mise en cause (Destination Santé - 01.03.06) : vous pouvez y écouter l'interview de René Le Berre (format Quick Time Player)
> Le moustique Aedes albopictus: un étonnant voyageur qui circule en pneus (AFP, 28.03.06)
À propos de l'épidémie de Chikungunya :
> Infection par le virus Chikungunya à l’Ile de la Réunion. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n°hors série (31 janvier 2006) : document PDF à télécharger sur le site de l'Institut de veille sanitaire
> Chikungunya : le retour des arboviroses ? (Science Actualités 03.03.06)

lundi 13 février 2006

L'agriculture durable favorise les rendements et les revenus des petits paysans


Photo : Cultures de maïs à Cuba, dans la région de Vinales (OP - juin 2000)

Malgré les récents progrès technologiques, la faim et la pauvreté continuent de se répandre dans le monde alors que l'agriculture productiviste, principalement basée sur les monocultures intensives, provoque de plus en plus d'effets néfastes sur l'environnement. L'agriculture durable repose sur le développement de technologies et pratiques culturales permettant d'améliorer la production des denrées agricoles sans affecter irréversiblement l'environnement. Une équipe internationale de chercheurs, dirigés par J. Pretty de l'université d'Essex a étudié 286 projets d'agriculture durable répartis dans 57 pays en voie de développement. Couvrant 37 M d'hectares (soit environ 3% de la surface cultivée des pays en voie de développement), ces projets ont impliqué 12.6 millions de paysan et leur famille. L'étude, publiée dans la revue Environmental Science and Technology, révèle que les rendements agricoles ont augmenté en moyenne de 79 % au cours des 10-15 dernières années.
Les techniques d'agriculture durable, basées sur une utilisation réduite de l'eau, une meilleure gestion des sols et des engrais, et une lutte phytosanitaire (contre les parasites et adventices) fondée sur la mise en valeur de la biodiversité de préférence aux pesticides chimiques, se sont révélées particulièrement profitables pour le maïs, le millet, les pommes de terre et les légumineuses dont les récoltes ont plus que doublé. En épargnant sur les pesticides et autres produits de synthèse, les paysans ont aussi vu leur revenu et leur moyen de subsistance augmentés. D'autre part, ces techniques de conservation permettent de capter et séquestrer plus de carbone de l'atmosphère, soit environ 0.35 t C ha-1 y-1, et donc de combattre le réchauffement climatique du à l'effet de serre. Selon les chercheurs, il n'est pas certain que l'agriculture durable puisse relever le défi de la faim dans le monde, mais sa propagation, qui nécessite la mise en place de nouvelles politiques et un support des institutions internationales, pourrait de toute évidence aider les paysans les plus pauvres de la planète. (OP) ; Sources : La Presse du 27.01.06, " L'agriculture durable, la solution ?", un article de Jean-Charles Côté disponible en ligne sur Cyberpresse.ca ; "Conservation agriculture boosts yields and incomes" (SciDev.Net 25.01.06) ; Réf. : Pretty J, Noble A D, Bossio D, Dixon J, Hine R E, Penning de Vries F W T and Morison J I L. 2006. Resource-conserving agriculture increases yields in developing countries. Environmental Science & Technology [Résumé en anglais]

jeudi 9 février 2006

Lien entre paludisme et déforestation

Deux études récentes menées en Amazonie ont démontré un lien entre la déforestation et un risque accru de la transmission du paludisme.
Selon la première étude réalisée au Brésil (1), les importantes coupes forestières pratiquées en Amazonie à des fins agricoles et d'urbanisation entraînent la multiplication des sites d'eaux stagnantes qui sont autant de gîtes de ponte des moustiques vecteurs de la maladie.
La seconde étude (2), menée au Pérou, montre que le taux de piqûre du moustique, Anopheles darlingi, le principal vecteur de la malaria en Amazonie, est près de 300 fois supérieur dans les zones déboisées et le long des routes forestières que celui mesuré en forêt. Selon Jonathan Patz, co-auteur de l'étude péruvienne, les politiques de conservation et de protection des forêts doivent être prises en compte dans les stratégies de prévention du paludisme.
Source : SciDevNet

Références : 
  • (1) Caldas de Castro M., Monte-Mór RL., Sawyer DO, Singer BH., 2006. Malaria risk on the Amazon frontier. PNAS USA 2006 Feb; 10: 1073 [Résumé]
  • (2) Vittor AY, Gilman RH, Tielsch J, Glass G, Shields T, Lozano WS, Pinedo-Cancino V, Patz JA., 2006. The effect of deforestation on the human-biting rate of Anopheles darlingi, the primary vector of Falciparum malaria in the peruvian Amazon. Am J Trop Med Hyg. 2006 Jan;74(1):3-11 [Résumé]

lundi 23 janvier 2006

Un nouveau procédé de défoliation thermique pour lutter contre le syndrome du "coton collant"

L'Aleurode du tabac (Bemisia tabaci) et le Puceron du cotonnier (Aphis gossypii) sont deux hémiptères qui affectent depuis plusieurs années les plantations de coton du Sud-Ouest des États-Unis et sont responsables du syndrome de "coton collant". Leurs sécrétions de miellat sont si abondantes qu'elles rendent difficiles la récolte et le conditionnement mécaniques du coton en bloquant les mécanismes des machines agricoles.
Des chercheurs du Département de l'agriculture des États-Unis (USDA - ARS) et de l'université d'État du Nouveau Mexique ont mis au point une nouvelle méthode de défoliation thermique pouvant être utilisée un ou deux jours avant la récolte et par tout temps. De l'air chauffé à 193°C par la combustion de propane est propulsé à l'aide d'une machine sur les plants et permet d'éliminer leur feuillage sans altérer la qualité du coton.
Non toxique, ce procédé est compatible avec les règles de l'agriculture biologique. En outre, le propane est une source d'énergie relativement propre dont la combustion émet très peu de gaz à effet de serre et autres polluants atmosphériques. (OP)
Source : OPIE - Épingles 2006
Référence: "Researchers discover dramatic insect control with innovative thermal cotton defoliation technology " (Seedquest, 19 janvier 2006)

jeudi 19 janvier 2006

Des guêpes porteuses d'un virus mortel pour les ravageurs des cultures

Les virus entomopathogènes et les guêpes parasitoïdes sont utilisés depuis plusieurs années en lutte biologique pour contrôler des insectes ravageurs des cultures. Des chercheurs chinois de l'Institut de recherche sur les virus de Wuhan ont eu l'idée de combiner les deux agents de biocontrôle.
Des œufs parasités de ravageurs, dans lesquels des guêpes ont pondu, sont trempés dans une solution contenant un virus mortel pour les ravageurs et inoffensifs pour les guêpes. Après leur éclosion, les guêpes parasites adultes sont contaminées et disséminent le virus d'autant plus aisément que les guêpes visitent plusieurs centaines d’œufs avant d'en choisir un pour pondre.
Les chercheurs ont identifié une vingtaine de virus pouvant être ainsi utilisés pour contrôler autant de ravageurs, principalement des lépidoptères. Selon le directeur des recherches Peng Huiyinles, la nouvelle méthode développée depuis une quinzaine d'année est à la fois moins chère et plus respectueuse de l'environnement. Elle devrait être commercialisée d'ici un ou deux ans.
Source: SciDev "Wasps deliver deadly virus to crop pests"

mardi 17 janvier 2006

Leucémie aigüe, l'incidence des pesticides pendant la grossesse

Selon des chercheurs français de l'INSERM, les femmes qui ont été exposées au cours de leur grossesse à des insecticides domestiques, dont les shampooings anti-poux, ont deux fois plus de risques de mettre au monde des enfants souffrant de leucémie aiguë. Les insecticides domestiques comme les shampoings anti-poux sont habituellement composés de pyréthrinoïdes, d'organochlorés (lindane) ou d’organophosphorés (malathion).
De 1995 à 1999, une vaste étude de cas témoin a été menée auprès de 280 mères d'enfants malades et de 288 mères d'enfants non leucémiques. Bien qu'aucun lien direct entre l'exposition aux insecticides et la leucémie n'ait été établit, les résultats montrent une association statistiquement significative.
Selon Florence Ménégaux, l'auteure de la récente publication, les résultats de cette étude "confirment l'hypothèse selon laquelle divers types d'exposition aux insecticides peuvent constituer des facteurs de risque pour la leucémie aiguë chez l'enfant".
Source : Radio-Canada

Référence: F. Menegaux, A. Baruchel, Y. Bertrand, B. Lescoeur, G. Leverger, B. Nelken, D. Sommelet, D. Hémon, J. Clavel, 2006. Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia. Occupational and Environmental Medicine 2006;63:131-13 [Résumé en anglais]

jeudi 12 janvier 2006

La croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005

Selon les statistiques publiées par l' International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa)*, la totalité des surfaces cultivées en OGM dans le monde en 2005 s'élève à 90 millions d'hectares répartis dans 21 pays. Alors qu'elle atteignait 20% en 2004 et 15% en 2003, la croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005 pour atteindre 11% (soit 9 Mha supplémentaires).
Avec 49.8 millions d'hectares, les États-Unis restent le principal producteur d'OGM dans le monde (55%) suivis de l'Argentine (19%), du Brésil (10%), du Canada (6%) et de la Chine (3%). Malgré les controverses scientifiques et l'opposition de nombreux citoyens, le Brésil a presque doublé sa superficie d'OGM en 2005 (9,4 millions d’hectares en 2005 comparativement avec 5 millions en 2004) et la France a réintroduit timidement le maïs-Bt (500 ha).

Les principales plantes transgéniques cultivées et commercialisées sont le soja (54.4 Mha, soit 60% de la surface mondiale cultivée avec des OGM) , le maïs (21.2 Mha, soit 24%), le coton (9,8 Mha, soit 11 %) et le colza (4,6 Mha, soit 5%). La majorité d'entre elles (71%) a pour caractère la tolérance à un herbicide. Les plantes-Bt, résistantes à certains insectes ravageurs, représentent 18% des plantes transgéniques cultivées dans le monde.
Alors que la Chine pourrait autoriser prochainement le riz-Bt, et ce malgré les controverses scientifiques (scepticisme sur le riz transgénique chinois, 17/10/2005), l'Iran l'a officiellement autorisé en 2004 et l'a cultivé en 2005 sur une surface de 4000 ha. Le riz est l'aliment de base de 1.3 milliards d'êtres humains. Selon l'Isaaa, l'ouverture de la Chine au riz transgénique devrait accélérer la culture et la commercialisation des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et favoriser leur acceptation mondiale.

Malgré le bilan élogieux dressé par l'Isaaa, les plantes transgéniques, en 10 ans de commercialisation, n'ont pas tenu leur promesse en terme de réduction de pesticides (Voir le rapport Benbrook) et n'ont joué aucun rôle dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Un récent rapport publié par les Amis de la Terre précise en outre que l'augmentation des surfaces cultivées en OGM dans un nombre limité de pays est surtout du à l'agressivité des compagnies agrochimiques et au contrôle de plus en plus grand qu'elles exercent dans l'accès aux semences.

Note: * L' Isaaa est une fondation nord-américaine favorable au développement des biotechnologies agricoles dans le monde. Financée par les principales multinationales agrochimiques productrices d'OGM (Monsanto, Sygenta, Bayer, etc.), elle publie chaque année un état mondial des cultures transgéniques

Pour en savoir plus:

mardi 10 janvier 2006

L'agriculture raisonnée des fourmis

Certaines fourmis d’Amérique latine cultive de véritables "champs" de champignon pour nourrir leur colonie. Comme tout cultivateur, ces fourmis doivent lutter contre les ravageurs qui menacent leur récolte. Le biologiste Cameron Currie (University of Wisconsin-Madison) et ses collègues ont découvert que les fourmis vivaient en symbiose avec une bactérie produisant un antibiotique pour lutter contre un parasite qui aime lui aussi se nourrir de champignon.
Source: Sciences et Avenir

Pour en savoir plus:
  • Cameron R. Currie, Michael Poulsen, John Mendenhall, Jacobus J. Boomsma, Johan Billen, Coevolved Crypts and Exocrine Glands Support Mutualistic Bacteria in Fungus-Growing Ants. Science 6 January 2006: Vol. 311. no. 5757, pp. 81 - 83 [Résumé en anglais]
  • Cafaro MJ, Currie CR.. 2005. Phylogenetic analysis of mutualistic filamentous bacteria associated with fungus-growing ants. Can J Microbiol. 2005 Jun;51(6):441-6 [Résumé en anglais]

lundi 9 janvier 2006

L'Agrile du frêne s'étend en Ontario

Détecté pour la première fois en 2002, dans la région de Detroit (Michigan) et Windsor (Ontario), l'agrile du frêne ne cesse de s'étendre dans le sud-ouest de l'Ontario et cela malgré les efforts concertés des autorités américaines et canadiennes pour tenter d'en limiter l'expansion.
Coléoptère d'origine asiatique orientale, l'agrile du frêne (Agrilus planipennis) est extrêmement dévastateur pour toutes les essences de frêne (Fraxinus spp.). En parasitant les tissus internes des arbres, ses larves causent le dépérissement des arbres en 2 ou 3 ans. À ce jour, les biologistes n'ont noté aucun signe de résistance naturelle du frêne et espèrent toujours trouver un prédateur indigène capable de contrôler sa prolifération.
En 3 ans, plus de 15 millions d'arbres au Michigan et plus d'un million en Ontario sont morts ou dépérissent suite aux attaques du ravageur. Malgré l’abattage de milliers de frênes et la création d'une zone tampon sans frênes, les autorités phytosanitaires canadiennes n'ont pu freiner son expansion vers d'autres sites dans le sud-ouest de l'Ontario et l'épidémie s'étend désormais au delà des foyers d'infestation dans le comté de Lambton.
Malgré les capacités de vol de plusieurs kilomètres de l'insecte, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) met surtout en cause les déplacements illicites ou accidentels de bois au delà des zones de quarantaine. (OP)
Source : Agence Science-Presse

Pour en savoir plus:

jeudi 5 janvier 2006

Protéger les pollinisateurs

Selon le Département des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), 70% des espèces végétales assurant l'essentiel de l'approvisionnement alimentaire mondial sont pollinisés par les abeilles, principalement des abeilles sauvages. Plusieurs autres espèces d'insectes comme les thrips, les guêpes, les mouches, les coléoptères, les phalènes, mais aussi des oiseaux comme les colibris et des mammifères comme les chauve-souris contribuent à la pollinisation des plantes cultivées et au maintien de leur diversité génétique.
La présence des pollinisateurs naturels est essentielle au rendement et à la qualité des productions vivrières. Elle contribue ainsi aux moyens d'existence de nombreux agriculteurs dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement. Par exemple, des recherches récentes menées dans les plantations de café du Costa Rica ont montré que la pollinisation par les abeilles sauvages permettait une augmentation de 20% des rendements des caféiers.
Cependant, depuis plusieurs années, on constate une diminution importante et inquiétante des populations de pollinisateurs dans le monde entier, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. L'intensification de l'agriculture, la destruction des habitats naturels et l'utilisation massive de pesticides menacent la survie des colonies d'abeilles sauvages, de nombreuses espèces de papillons et de plusieurs espèces de chauve-souris et de colibris.
Face à cette "crise de la pollinisation", la FAO met en place un projet d'initiative internationale pour la conservation et l'utilisation durable des pollinisateurs visant à élaborer de nouvelles pratiques agricoles par une "approche d'écosystèmes". Selon Linda Collette, experte de biodiversité des cultures de la FAO,  le projet vise à réaliser "un ensemble d'outils, de méthodologies, de stratégies et de meilleures pratiques pouvant être appliquées aux efforts de conservation des pollinisateurs dans le monde entier. Ceci, à son tour, contribuera à atteindre un objectif de plus grande envergure: améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens d'existence des communautés rurales."
Source: FAO Agriculture 21

Pour en savoir plus:

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