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vendredi 15 mai 2026

Glyphosate et cocktails d’herbicides : des effets préoccupants sur l’intestin des rats

Une nouvelle étude toxicologique publiée dans Archives of Toxicology s’est penchée sur un sujet encore peu exploré : les effets combinés de plusieurs herbicides largement utilisés en agriculture intensive.

L’agriculture utilise massivement des herbicides à base de glyphosate. Mais avec l’apparition de mauvaises herbes (adventices) résistantes, de nouvelles cultures génétiquement modifiées (OGM) ont été développées pour tolérer plusieurs herbicides à la fois, notamment le glyphosate, le 2,4-D et le dicamba. Cette évolution augmente l’exposition des populations à des mélanges de pesticides, alors que leurs effets sanitaires restent encore mal connus.

Les chercheurs ont voulu comprendre si ces herbicides pouvaient perturber la structure de l’intestin,
la barrière intestinale, le microbiote, et certains mécanismes liés à l’inflammation et au stress oxydatif.

Pour cela, ils ont exposé des rates gestantes à différentes doses de glyphosate, seules ou en mélange avec le 2,4-D et le dicamba, via l’eau de boisson. Les petits ont ensuite continué à être exposés pendant 13 semaines après le sevrage. Les doses utilisées correspondaient à des seuils actuellement considérés comme "acceptables" par les autorités européennes.

Les résultats montrent que le glyphosate seul, et encore davantage le mélange des trois herbicides, ont provoqué plusieurs perturbations intestinales chez les rats :

  • Une inflammation accrue : les tissus intestinaux présentaient davantage de signes inflammatoires, particulièrement dans le gros intestin. L'analyse histologique a confirmé des modifications structurelles et des signes d’inflammation dans l’intestin grêle et le côlon.
  • Une barrière intestinale fragilisée : les chercheurs ont observé une augmentation de la perméabilité intestinale, i.e. l'intestin devenant plus "poreux". Cela signifie que l’intestin devient moins efficace pour empêcher certaines substances de traverser la paroi intestinale.
  • Un stress oxydatif plus important : les animaux exposés montraient également des marqueurs biologiques associés au stress oxydatif, un phénomène associé à une une production excessive de molécules capables d’endommager les cellules et impliqué dans de nombreuses maladies chroniques.
  • Un microbiote modifié : la composition des bactéries intestinales a été altérée, suggérant un déséquilibre du microbiote.

L’étude note également que les femelles semblaient plus sensibles aux effets des herbicides, même si les raisons exactes restent à éclaircir.

Le microbiote intestinal et l’intégrité de la barrière digestive jouent un rôle majeur dans la santé : digestion, immunité, inflammation chronique et même certaines maladies métaboliques ou neurologiques. Cette étude suggère que des expositions prolongées à certains herbicides, même à des doses considérées réglementairement comme « acceptables », pourraient perturber cet équilibre biologique.

Les auteurs insistent également sur un point de plus en plus souvent débattu en toxicologie : les réglementations évaluent généralement les pesticides un par un, alors que dans la réalité les populations sont exposées à des mélanges complexes.

Référence

➤ Mesnage, R., Ferguson, S., Nechalioti, PM. et al. (2026). Impact of glyphosate and its mixture with 2,4-D and dicamba on gut biochemical function, intestinal barrier integrity and microbiome composition in adult rats with prenatal commencement of exposure. Arch Toxicol (2026). https://doi.org/10.1007/s00204-026-04409-9

 

 

 

samedi 2 mai 2026

Loin du miracle promis par l'agroindustrie, les cultures d'OGM stagnent

Depuis leur expansion rapide dans les années 1990 et 2000, les cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) semblent aujourd’hui avoir atteint un plafond. Les surfaces progressent encore légèrement, mais cette croissance est devenue faible et irrégulière.

Dans les faits, les plantes transgéniques restent concentrées dans quelques pays (principalement, le Brésil, les États-Unis, l'Argentine et le Canada) et reposent presque exclusivement sur quatre grandes cultures : soja, maïs, coton et colza (canola). Elles s’appuient majoritairement sur deux caractéristiques principales : 

  • la tolérance aux herbicides, notamment au glyphosate (Roundup Ready), plus rarement au dicamba et glufosinate, 
  • et la production de toxines insecticides issus de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), ciblant certains ravageurs.

Le maïs Bt (Zea mays) et le coton Bt (Gossypium hirsutum) illustrent bien cette approche. Le maïs Bt est utilisé contre des ravageurs majeurs comme Ostrinia nubilalis, Spodoptera frugiperda ou Helicoverpa zea, et est largement cultivé en Amérique. Le coton Bt, lui, cible notamment Helicoverpa armigera et s’est fortement développé en Inde, en Chine et aux États-Unis. Dans les deux cas, ces cultures ont permis, au départ, de réduire significativement l’usage d’insecticides.

Cependant, ces bénéfices initiaux ont été partiellement remis en question. L’exemple de la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera) est emblématique : des variétés de maïs Bt avaient été conçues pour la contrôler efficacement, mais des populations résistantes aux toxines Bt sont rapidement apparues dans plusieurs régions (Gassmann, 2011Tabashnik et al., 2013). Plus largement, l’utilisation de ces plantes GM a favorisé l’émergence de ravageurs secondaires et de résistances, limitant leur efficacité à long terme.

Par ailleurs, un phénomène similaire est observé du côté des herbicides. Dans plusieurs régions agricoles intensives, notamment dans la Corn Belt, la généralisation des cultures tolérantes au glyphosate a conduit à l’apparition de mauvaises herbes résistantes, notamment des amarantes. Cette évolution biologique oblige les agriculteurs à recourir à des stratégies de désherbage plus complexes ou à de nouveaux mélanges d’herbicides, un phénomène largement documenté dans la littérature scientifique récente (Heap, 2023, Powles, 2008,  Duke et Powles, 2008).

Crée par Ian Heap, cette base de données scientifique recense les cas confirmés de mauvaises herbes résistantes aux herbicides à l’échelle mondiale. Ces données montrent une forte augmentation des résistances depuis la diffusion des cultures OGM tolérantes aux herbicides, notamment au glyphosate (Roundup Ready). L’usage répété d’un même herbicide sur de grandes surfaces a exercé une pression de sélection importante, favorisant l’apparition et la propagation de résistances chez plusieurs espèces de mauvaises herbes.

Face à ces défis, il apparaît essentiel de recourir à des stratégies de gestion intégrée : rotation des cultures, mise en place de zones refuges, diversification des méthodes de lutte et surveillance des populations. Par ailleurs, les nouvelles plantes GM, comme le riz Bt ou le soja Bt, restent encore marginales à l’échelle mondiale.

Plus largement, l’utilisation de ces plantes GM a également favorisé l’émergence de ravageurs secondaires et de résistances, limitant leur efficacité à long terme. Face à ces défis, les experts soulignent l’importance de stratégies de gestion intégrée : rotation des cultures, zones refuges, diversification des méthodes de lutte et surveillance des populations. Les nouvelles plantes GM, comme le riz Bt ou le soja Bt, restent par ailleurs marginales à l’échelle mondiale.

Ainsi, plutôt qu’une révolution agricole durable, les OGM actuels apparaissent comme une technologie arrivée à maturité, avec des bénéfices réels mais aussi des limites importantes. Leur expansion marque le pas, loin du miracle initialement promis.

 Ainsi, plutôt qu’une révolution agricole durable, les OGM actuels apparaissent comme une technologie arrivée à maturité, avec des bénéfices réels mais aussi des limites sociétales, écologiques et agronomiques de plus en plus visibles.

Référence 

➤ Noisette, Chrisophe.  Les surfaces mondiales d’OGM stagnent. Inf'OGM, 28/04/2026, [En ligne]. https://infogm.org/les-surfaces-mondiales-dogm-stagnent/

 

 

mardi 30 décembre 2025

Des plantes Bt aux ARN interférents : toujours plus d’innovation, toujours les mêmes résistances

Les plantes génétiquement modifiées (PGM / OGM) conçues pour produire des toxines issues de Bacillus thuringiensis (Bt) sont cultivées à grande échelle depuis les années 1990 afin de lutter contre les insectes ravageurs tout en réduisant l’usage d’insecticides chimiques. Elles concernent notamment le maïs Bt ou le coton Bt.  Cependant, l’apparition de résistances chez les ravageurs ciblés, de plus en plus fréquente, remet en question l’efficacité à long terme de cette technologie.

Publiée en 2023, une synthèse portant sur 25 ans de données mondiales montre que, parmi 24 espèces de ravageurs étudiées, 26 cas de résistance confirmée aux cultures Bt et 17 signaux précoces de baisse de susceptibilité ont été recensés, même si certaines espèces restent encore sensibles (Tabashnik et al., 2023). Les auteurs soulignent que des stratégies telles que la mise en place de refuges de plantes non-Bt ou le recours à de nouvelles approches, comme la combinaison des toxines Bt avec l’interférence par ARN (ARNi), pourraient ralentir l’évolution des résistances. Toutefois, de l’aveu même des chercheurs, ces technologies ARNi ne constituent pas une solution miracle et pourraient, à leur tour, induire des phénomènes de résistance chez les insectes (Meunier, 2024, Inf'OGM), notamment via des modifications de l’absorption de l’ARN ou de l’ARNi chez les insectes.

L’interférence par ARN (ARNi) est une technique qui repose sur l’utilisation de fragments d’ARN double brin capables de bloquer l’expression de gènes spécifiques chez un organisme cible. En protection des cultures, cette approche consiste à exposer les insectes ravageurs à des ARN conçus pour inhiber des gènes essentiels à leur survie ou à leur reproduction, soit via des plantes génétiquement modifiées, soit par application directe d’ARN sur les cultures. Présentée comme une alternative ou un complément aux toxines Bt, cette stratégie se distingue par un ciblage moléculaire très spécifique, mais soulève, comme les autres méthodes de lutte, des questions relatives à l’apparition de résistances, à la persistance environnementale et aux effets à long terme sur les organismes non ciblés.

Aux États-Unis, dans la Corn Belt, la généralisation du maïs Bt ciblant la chrysomèle des racines (Diabrotica virgifera virgifera) illustre concrètement ces limites. Des données accumulées sur plus d’une décennie montrent que les populations de ravageurs ont progressivement développé une résistance, réduisant l’efficacité des semences Bt et entraînant des pertes économiques significatives pour les agriculteurs. Les chercheurs avertissent qu’une gestion non durable de ces cultures pourrait conduire à une obsolescence rapide des traits transgéniques actuellement disponibles (Ye et al., 2025, ScienceFoucart, 2025, Le Monde). 

Parallèlement, les analyses économiques et de politiques publiques montrent que les défaillances de marché jouent un rôle clé dans l’accélération de la résistance aux pesticides. Les choix des agriculteurs, souvent guidés par les coûts immédiats plutôt que par la durabilité, favorisent l’émergence de populations résistantes. Cela suggère que des interventions réglementaires et des incitations économiques sont nécessaires pour préserver l’efficacité des outils de protection des cultures (Brown et Reisig, 2025, Science).

Si ces études documentent l’émergence de résistances chez les ravageurs, elles interrogent rarement le choix même des plantes transgéniques insecticides. La majorité des études se concentre sur l’optimisation technique des dispositifs (refuges, nouvelles toxines, ARNi), sans vraiment remettre en cause le modèle agricole fondé sur l’exposition continue et généralisée des insectes à des toxines produites par la plante elle-même. 

Comme le souligne Info’OGM (Meunier, 2024), cette approche tend à considérer la résistance comme un simple problème technique à corriger, alors qu’elle peut être interprétée comme une conséquence structurelle d’un système agricole intensif reposant sur des monocultures et une pression de sélection permanente.

Cette vision est également cohérente avec les constats faits aux États-Unis, où la généralisation du maïs Bt dans la Corn Belt a favorisé l’apparition de résistances chez la chrysomèle des racines et ce, malgré l’introduction régulière de nouvelles variétés de maïs Bt combinant plusieurs gènes de toxines et censées être plus efficaces. Ces résultats suggèrent donc que la résistance n’est pas une anomalie ponctuelle, mais un phénomène prévisible dans un système reposant sur l’usage massif et prolongé de plantes insecticides  (Ye et al., 2025, Science).

 

Références

Brown, Z. & Reisig, D. (2025). Assessing market failures driving pesticide resistance. Science, 387(6737), 930-932. https://www.science.org/doi/10.1126/science.adv4313

Tabashnik, B. E., Fabrick, J. A., & Carrière, Y. (2023). Global Patterns of Insect Resistance to Transgenic Bt Crops: The First 25 Years. Journal of Economic Entomology, 116(2), 297-309. https://academic.oup.com/jee/article/116/2/297/6968925

Foucart, S. (2025, 27 février). Aux États-Unis, l’usage généralisé de maïs OGM insecticides nourrit la résistance des ravageurs. Le Monde.

Meunier, E. (2024). 25 ans plus tard, les OGM insecticides face à la résistance des insectes. Inf'OGM. https://infogm.org/25-ans-plus-tard-les-ogm-insecticides-face-a-la-resistance-des-insectes/ 

Meunier, E. (2024). ARN interférents et OGM : une nouvelle fuite en avant face aux résistances des ravageurs ? Inf’OGM. 

Ye, X., et al. (2025). Assessing market failures driving pesticide resistance. Science, 387(6737), 930-932. https://doi.org/10.1126/science.adv4313

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 21 novembre 2007

Des OGM ciblant le génome des insectes?

Au cours des prochaines années, de nouvelles plantes transgéniques capables de cibler le génome d'insectes ravageurs pourraient voir le jour dans les laboratoires. Le 4 novembre dernier, la revue Nature Biotechnology publiait deux études qui décrivent ce à quoi pourraient bien ressembler les OGM du futur.

Ainsi, ces nouveaux OGM utiliseraient l'ARN Interférence (acides ribonucléiques doubles brins), un mécanisme qui permet de réguler l'expression de certains gènes et de réduire spécifiquement la production de protéines. Au laboratoire, ce phénomène d'interférence est aujourd'hui couramment utilisé pour inactiver certains gènes ciblés. Il pourrait l'être à des fins thérapeutiques mais aussi agricoles.

Une équipe de l'Institut des sciences biologiques de Shanghaï (Chine) a réussi à rendre les chenilles de la noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera, sensibles au gossypol. Ce lépidoptère, qui ravage aussi le coton, a développé une résistance au gossypol, une molécule produite naturellement par le coton et toxique pour les insectes. Après avoir identifié le gène conférant cette résistance, les chercheurs chinois ont fait exprimer l'ARN correspondant dans des plantes transgéniques, ce qui a inactivé le gène de résistance des chenilles qui se se nourrissaient sur ces végétaux.

Dans une autre étude, des chercheurs de la multinationale agrochimique Monsanto ont produit des plants de maïs transgéniques capables d'exprimer certains ARN correspondant à des gènes assurant des fonctions physiologiques essentielles à la chrysomèle des racines du maïs, Diabrotica virgifera, un de ses plus coriaces ravageurs. La production de ces ARN par les plants transgéniques ont permis ainsi de réduire les dégâts engendrés par les chenilles de chrysomèle sur les racines.

En utilisant cette nouvelle stratégie d'administration orale d'ARN interférence, les chercheurs tentent d'anticiper et de contrecarrer l'apparition inévitable de la résistance des ravageurs au protéines insecticides Bt (i.e. toxines de Bacillus thuringiensis) produites par certaines plantes transgéniques. Bien qu'elle puisse apparaître comme prometteuse, cette nouvelle approche biomoléculaire présente deux inconvénients. D'une part, certains insectes, comme le charançon du coton, Anthonomus grandis, sont déjà résistants à cette stratégie. D'autre part, celle-ci n'apporte aucune solution au problème de la dissémination éventuelle des transgènes dans la nature; elle pourrait même s'avérer néfaste pour les insectes non ciblés et les organismes herbivores qui les consomment.

Pour en savoir plus :
  • Lire l'article de Hervé Morin (LeMonde.fr, 21.11.2007)
  • Référence : Mao YB., Cai WJ., Wang JW., Hong GJ., Tao XY, Wang L J., Huang YP., Chen XY., 2007. Silencing a cotton bollworm P450 monooxygenase gene by plant-mediated RNAi impairs larval tolerance of gossypol. Nat. Biotechnol. 25(11):1307-13 [Lire le résumé en anglais]
  • Référence : Baum JA., Bogaert T., Clinton W., Heck GR., Feldmann P., Ilagan O., Johnson S., Plaetinck G., Munyikwa T., Pleau M., Vaughn T., Roberts J., 2007. Control of coleopteran insect pests through RNA interference. Nat. Biotechnol 25(11):1322-6 [Lire le résumé en anglais]

mercredi 19 septembre 2007

L'horreur du soja transgénique en Amérique du Sud

Cauchemar sanitaire en Argentine! La moitié des terres cultivables y est accaparées par le soja transgénique de Monsanto. 150 millions de litres de glyphosate, un puissant herbicide toxique (Round-Up de Monsanto), sont désormais répandus au lieu de un million de litres avant la culture du soja transgénique résistant au Round-Up. Les cultures vivrières sont abandonnées et détruites. Les animaux et les hommes deviennent malades. Face à l'horreur transgénique, un puissant mouvement populaire s'organise.

Un reportage d'Arte de M.-M. Robin, G. Martin, M. Duployer et F. Boulègue à voir!


L'Argentine n'est pas le seul pays d'Amérique du Sud à être victime du soja transgénique. Au Brésil, dans les états du Para et du Mata Groso, la déforestation de la forêt amazonienne s'intensifie pour laisser place à un désert transgénique...
Lire ''L'Amazonie asphyxiée par le soja transgénique'', un article de Hubert Prolongeau, avec Béatrice Marie (LeMonde.fr, 18.09.2007)

vendredi 13 juillet 2007

Peristance et dissémination des gènes du Bt dans les milieux aquatiques

Au Québec, les insecticides à base de toxines de Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk) et le maïs transgénique Bt sont de plus en plus utilisés pour combattre les populations de lépidoptères ravageurs du maïs. Le gène bactérien qui code pour la toxine Cry1Ab, une protéine spécifiquement toxique pour les lépidoptères, a été introduit dans le maïs Bt à cet effet.

Des chercheurs d'Environnement Canada ont découvert que le gène Cry1Ab persistait dans les sols (sédiments) et les milieux aquatiques près des champs de maïs pendant 20 à 40 jours après les récoltes. Ils ont aussi détectés des gènes Cry1Ab dans la rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent, à plus de 80 km en aval des parcelles de cultures de maïs. Il semble donc que les transgènes Bt sont disséminés par les rivières qui drainent les régions agricoles. 

Référence :
  • Douville M, Gagné F, Blaise C, André C., 2007. Occurrence and persistence of Bacillus thuringiensis (Bt) and transgenic Bt corn cry1Ab gene from an aquatic environment. Ecotoxicol Environ Saf. 66(2):195-203. [PubMed]

jeudi 25 janvier 2007

100 millions d'hectares d'OGM cultivés en 2006

Le bilan annuel dressé en 2006 par l'Isaaa (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), une association financée à 40% par l'industrie semencière et agrochimique, fait état de 102 millions d'hectares de cultures transgéniques à travers le monde, soit une progression de 13% par rapport à 2005. Les cultures d'OGM sont limitées à seulement 4 plantes, soit le soja (57 %), le maïs (25 %), le coton (13 %) et le colza (5 %), et sont concentrées dans 6 pays, soit les États-Unis (53 %), l'Argentine (18 %), le Brésil (6 %), le Canada (6 %), l'Inde (4 %) et la Chine (3 %).

Du fait de l'adoption probable du riz transgénique par la Chine et du développement des plantes transgéniques destinées à produire des biocarburants, l'Isaaa estime que la superficie cultivée en OGM pourrait doubler d'ici 2015. En attendant la décision clé des autorités chinoises, l'association écologiste Friends of Earth (Les Amis de la Terre) a rendu public le 9 janvier dernier un document énumérant les manques de performance et les revers enregistrés par les OGM agricoles au cours de la dernière décennie : absence de rendements supérieurs aux semences conventionnelles, progression des résistances des insectes et des adventices aux propriétés pesticides des OGM, multiplication des cas de contaminations de la chaîne alimentaire, crise du soja en Amérique du Sud, refus de certains pays (Europe, Indonésie), etc.. 

L'association écologiste rappelle en outre que, malgré les promesses, les OGM n'ont apporté aucune solution contre la faim et la pauvreté en Afrique ou ailleurs et que l'essentiel des OGM cultivés aujourd'hui est destiné à l'alimentation du bétail pour satisfaire les besoins en viande des pays riches.

Pour en savoir plus :

mardi 12 septembre 2006

Du riz transgénique illégal dans les assiettes !

L'association écologiste Greenpeace vient de révéler qu'une variété de riz transgénique illégale, la variété LL Rice 601 en provenance des États-Unis, avait été retrouvée dans des produits alimentaires vendus par une chaîne de supermarchés allemande. Fabriquée par la société agrochimique Bayer, la variété LL Rice 601 a été modifiée génétiquement pour résister à un herbicide. Sa commercialisation n'a pas été encore autorisée aux États-Unis. Le 18 août dernier, les autorités américaines avaient informé l’Union Européenne (UE) que du riz LL Rice 601 avait été détecté dans leurs stocks de riz à grains longs. L'UE avait alors réagi en exigeant que le riz importé des Etats-Unis soit certifié sans OGM et une cargaison avait été ainsi bloquée à Rotterdam. Mais en l'absence de mesures immédiates de rappel des produits à base de riz américain, des cargaisons de riz contaminé avaient probablement atteind des pays de l'UE avant la mise en place de la certification et des produits alimentaires contenant du riz transgénique se sont donc retrouvés dans les rayons de magasins européens. Les experts de l'UE ont ainsi confirmé que 20% des échantillons qu'ils avaient testé contenait du riz transgénique illégal. Au Canada, le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures pour empêcher la contamination du riz vendu au Canada par le riz LL Rice 601. Cette nouvelle affaire survient après celle de la contamination par du riz transgénique chinois de produits alimentaires vendus en Europe, également soulevé par Greenpeace. En effet, il y a quelques jours, l'association écologiste révélait avoir découvert dans les rayons des magasins d’alimentation asiatiques d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de France, plusieurs produits alimentaires contaminés par du riz transgénique chinois illégal. Ce riz transgénique, dont la culture n'a jamais été autorisée pour la consommation humaine, contient des gènes de Bacillus thuringiensis conférant une résistance à certains insectes ravageurs et dont certaines protéines pourraient, selon Greenpeace, provoquer des allergies. Cette contamination pourrait être liée à la découverte l'an dernier de cultures illégales de riz OGM en Chine. (OP) ; Source : Greenpeace France : De plus en plus de riz transgénique illégal dans les assiettes des Européens. Après le riz OGM chinois, le riz OGM américain !
> Lire aussi : Dossier de Greenpeace Canada sur le riz contaminé
> Dossier OGM (PESTInfos)

jeudi 12 janvier 2006

La croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005

Selon les statistiques publiées par l' International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa)*, la totalité des surfaces cultivées en OGM dans le monde en 2005 s'élève à 90 millions d'hectares répartis dans 21 pays. Alors qu'elle atteignait 20% en 2004 et 15% en 2003, la croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005 pour atteindre 11% (soit 9 Mha supplémentaires).
Avec 49.8 millions d'hectares, les États-Unis restent le principal producteur d'OGM dans le monde (55%) suivis de l'Argentine (19%), du Brésil (10%), du Canada (6%) et de la Chine (3%). Malgré les controverses scientifiques et l'opposition de nombreux citoyens, le Brésil a presque doublé sa superficie d'OGM en 2005 (9,4 millions d’hectares en 2005 comparativement avec 5 millions en 2004) et la France a réintroduit timidement le maïs-Bt (500 ha).

Les principales plantes transgéniques cultivées et commercialisées sont le soja (54.4 Mha, soit 60% de la surface mondiale cultivée avec des OGM) , le maïs (21.2 Mha, soit 24%), le coton (9,8 Mha, soit 11 %) et le colza (4,6 Mha, soit 5%). La majorité d'entre elles (71%) a pour caractère la tolérance à un herbicide. Les plantes-Bt, résistantes à certains insectes ravageurs, représentent 18% des plantes transgéniques cultivées dans le monde.
Alors que la Chine pourrait autoriser prochainement le riz-Bt, et ce malgré les controverses scientifiques (scepticisme sur le riz transgénique chinois, 17/10/2005), l'Iran l'a officiellement autorisé en 2004 et l'a cultivé en 2005 sur une surface de 4000 ha. Le riz est l'aliment de base de 1.3 milliards d'êtres humains. Selon l'Isaaa, l'ouverture de la Chine au riz transgénique devrait accélérer la culture et la commercialisation des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et favoriser leur acceptation mondiale.

Malgré le bilan élogieux dressé par l'Isaaa, les plantes transgéniques, en 10 ans de commercialisation, n'ont pas tenu leur promesse en terme de réduction de pesticides (Voir le rapport Benbrook) et n'ont joué aucun rôle dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Un récent rapport publié par les Amis de la Terre précise en outre que l'augmentation des surfaces cultivées en OGM dans un nombre limité de pays est surtout du à l'agressivité des compagnies agrochimiques et au contrôle de plus en plus grand qu'elles exercent dans l'accès aux semences.

Note: * L' Isaaa est une fondation nord-américaine favorable au développement des biotechnologies agricoles dans le monde. Financée par les principales multinationales agrochimiques productrices d'OGM (Monsanto, Sygenta, Bayer, etc.), elle publie chaque année un état mondial des cultures transgéniques

Pour en savoir plus:

vendredi 28 octobre 2005

OGM: Une plante sauvage devenue résistante aux herbicides

Les experts pro OGM prétendaient qu'une hybridation entre une plante transgénique et une plante sauvage était impossible. Pourtant, The Guardian, rapporte qu'une telle hybridation se serait produite dans des essais menés au Royaume-Uni. Selon le quotidien britannique qui cite des chercheurs du Centre d'écologie et d'hydrologie de Dorset, des gènes d'une version génétiquement modifiée du colza se seraient en effet mêlés à une plante sauvage voisine pour créer une nouvelle plante hybride résistante aux herbicides.
Source : Agence Science-Presse

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