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jeudi 13 septembre 2007

Les abeilles en voie de disparition

Photo : Ruchers en Gaspésie (Olivier Peyronnet, juillet 2006)

Alors que les populations d'abeilles déclinent un peu partout sur la planète, et que les médias généralistes s'en alarment de plus en plus, Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA à Avignon en France, prévient que certaines espèces d'abeilles pourraient disparaître complètement*.

Fruits d'une lente co-évolution avec les plantes à fleurs, les abeilles se nourrissent presque exclusivement de nectar et de pollen. Par conséquent, elles ne possèdent que très peu d'enzymes de détoxification, ce qui les rend particulièrement fragiles à l'ingestion de poisons (par exemple, les pesticides) et aux diverses infestations de parasites.

Alors qu'un virus a été très récemment suspecté d'être responsable de leur mystérieuse disparition aux États-Unis (Voir ci-dessous la nouvelle du 06.09.07), des apiculteurs américains accusent plutôt les conditions météorologiques particulièrement extrêmes cette année (sécheresses et chaleurs intenses, gels tardifs) d'avoir limité la floraison des plantes à fleurs. Les conditions météorologiques possiblement liées au réchauffement climatique en cours pourraient expliquer la diminution du nombre d'espèces de plantes à fleurs pollinisées par les abeilles.

En Europe, si de nombreux apiculteurs mettent en cause certains pesticides systémiques (qui diffusent dans les plantes au cours de leur croissance), les scientifiques restent prudents. Une récente étude montrait un déclin parallèle entre des abeilles sauvages et les plantes à fleurs pollinisées. Quoi qu'il en soit, les abeilles sont en voie de disparition et certaines activités humaines ne semblent pas y être complètement étrangères. Une combinaison de facteurs biotiques (virus, varroa, etc.) et abiotiques (pesticides, OGM, conditions météorologiques, etc.) est probablement à l'origine de cet inquiétant déclin.

Les abeilles sont pourtant l'un des plus importants pollinisateurs de la planète. En assurant, avec d'autres insectes, la pollinisation de 80 % des plantes à fleurs, elles seraient indirectement responsables de près de 35% de la production mondiale de nourriture (fruits, légumes, oléagineux, protéagineux, café, cacao, épices, etc.). Bien qu'elles restent difficiles à évaluer, les conséquences économiques et sociales d'une disparition complète des abeilles serait donc très certainement désastreuse pour l'humanité.

Pour en savoir plus :

jeudi 6 septembre 2007

Un virus soupçonné d'être responsable de la mystérieuse disparition des abeilles

Depuis 2006, de nombreux entomologistes et apiculteurs américains s'interrogent sur l'origine du Colony Collapse Disorder (CCD) ou "syndrome d'effondrement des colonies" qui est responsable de la disparition de 50 à 90 % des colonies d'abeilles mellifères aux États-Unis. Le CDD se manifeste par la disparition des ouvrières, sans que les réserves de la ruche ne soient touchées par un quelconque parasite, laissant une reine quasiment seule.

L'acarien varroa, le principal parasite des abeilles domestiques, n'est pas détecté dans les ruches atteintes. Par contre, des chercheurs viennent de découvrir qu'un virus, encore méconnu aux États-Unis, le virus de la paralysie aigu ou Israeli Acute Paralysis Virus (IAPV) était présent dans 96 % des ruches présentant le symptôme d'effondrement. C'est en étudiant le génome de l'abeille nouvellement séquencé en 2006 et, plus précisément, en comparant des séquences d'ADN d'abeilles saines et d'abeilles provenant de ruches malades que les chercheurs ont réussi à repérer ce nouveau virus. Identifié pour la première fois en Israël en 2004, ce virus appartient à la famille Dicistroviridae. L'IAPV a également été détecté dans des abeilles provenant de ruches australiennes, sans que celles-ci ne soient pourtant atteintes du CCD, et dans la gelée royale importée de Chine pour la consommation humaine.

Selon les chercheurs, l'IAPV est au moins l'un des facteurs responsables du CDD, mais il agirait très probablement en combinaison avec d'autres facteurs comme par exemple le varroa ou l'exposition aux pesticides, qui affaiblissent grandement les colonies. L'importation d'abeilles australiennes porteuses du virus en 2004, date à laquelle les premiers symptômes sont apparus aux États-Unis pourrait être à l'origine de cette dramatique épidémie. À suivre... (source : Sciences&Avenir.com)

Référence :
  • Cox-Foster DL, Conlan S et al., 2007. A Metagenomic Survey of Microbes in Honey Bee Colony Collapse Disorder. Science (publication électronique avancée du 6 septembre 2007) [Résumé en anglais sur PubMed]

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