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dimanche 28 novembre 2021

Mauvaises herbes : ennemies ou alliées?

Les mauvaises herbes, ou adventices, sont souvent perçues comme de simples nuisibles dans les champs, jardins, pelouses ou espaces urbains. Mais elles jouent un rôle complexe dans les écosystèmes. Si certaines peuvent nuire aux cultures en concurrençant les plantes pour l’eau, la lumière et les nutriments, elles offrent aussi des avantages écologiques insoupçonnés : elles attirent les pollinisateurs, améliorent la structure du sol, nourrissent la faune sauvage et sont utilisées en phytothérapie traditionnelle. Leur « mauvais » statut est donc avant tout subjectif, dépendant du contexte humain. (agriculture, jardinage, espaces urbains)

Infestation de liseron des haies (Calystegia sepium, Convolvulaceae) dans un champs de maïs
Crédit photo:  Ohio State Weed Lab , The Ohio State University, Bugwood.org 

  On peut classer les mauvaises herbes en grandes catégories

  • Adventices des cultures agricoles qui concurrencent les plantes cultivées pour l’eau, la lumière, les nutriments et l'espace
  • Plantes parasites qui prélèvent la sève d’autres espèces de plantes
  • Plantes rudérales qui colonisent les zones anthropisées (espaces urbains, et perturbés par les humains)
  • Plantes exotiques envahissantes ou invasives qui menacent les écosystèmes et la biodiversité locale
  • Plantes toxiques ou allergènes pour les animaux et les êtres humains. 

On les distingue aussi par cycle de vie : annuelles, bisannuelles ou vivaces, ce qui influence leur mode de reproduction et leur gestion en agriculture.

Enfin, la lutte contre ces plantes peut être coûteuse et a des impacts écologiques importants. Au‑delà des herbicides, il existe des méthodes plus respectueuses de l’environnement : 

PestInfos propose une nouvelle page complète et documentée sur les mauvaises herbes et explore leurs effets positifs et négatifs sur les agrosystèmes et les écosystèmes, ainsi que leur gestion dans différents contextes. 

 La page aborde aussi des aspects pratiques :

  • la biologie des adventices (annuelles, bisannuelles, vivaces) et leurs modes de reproduction;
  • des exemples de plantes communes et leurs particularités;
  • le rôle des mauvaises herbes en tant que plantes bioindicatrices, révélant la qualité et les caractéristiques du sol;
  • des stratégies de gestion, allant des méthodes physiques (désherbage mécanique, paillage) à des approches plus écologiques et respectueuses de l'environnement. 

 Pour mieux connaître ces plantes souvent mal aimées : 

 ➤ https://pestinfos.blogspot.com/p/mauvaises-herbes.html

  

Chardon des champs (Cirsium arvense, Asteraceae) commun en Europe dans les champs et prairies, considéré comme invasif au Canada et aux états-Unis. Déclarée comme nuisible aux cultures, cette plante est recherchée par les pollinisateurs (abeilles, papillons, etc.). Crédit photo: Ohio State Weed Lab , The Ohio State University, Bugwood.org 



dimanche 15 mai 2016

Plantes parasites

Il existe environ 4000 plantes qui sont parasites d’autres plantes. Celles-ci sont munies de suçoirs qui se fixent aux racines (épirhizes) ou aux parties aériennes (épiphytes) des plantes hôtes; ces suçoirs détournent la sève ou l’eau de la plante hôte à leur profit, ce qui l’affaiblit et la rend plus sensible aux attaques des ravageurs ou des maladies. On distingue deux grands types de plantes parasites soit les holoparasites et les hémiparasites.

Plantes holoparasites

Dépourvues de chlorophylle, les plantes holoparasites sont incapables de photosynthèse. De fait, elles détournent la sève élaborée (riche en sucres produits par photosynthèse). Parmi les plantes herbacées holoparasites les plus communes dans les régions tempérées, on trouve les cuscutes (Cuscuta spp., Cuscutaceae) et les orobranches (Orobranchaceae).

Dicotylédone originaire d'Amérique du Nord et naturalisée en Europe, le cuscute champêtre (Cuscuta campestris) est une plante grimpante épiphite qui parasite les légumineuses (Fabaceae), notamment la luzerne et le trèfle. Sa tige fine et filamenteuse, de couleur jaune orangé, s'enroule autour des tiges de la plante hôte formant une «chevelure» caractéristique, d'où son nom populaire de «cheveux du diable».
Crédit photo : Christian Fischer, licence Domaine public CC BY-SA 3.0

En Europe centrale et méridionale et en Asie centrale, l'orobranche du chanvre (Phelipanche ramosa, anciennement Orobranche ramosa) est une plante herbacée holoparasite qui menace entre autres les cultures de Solanacées (tomates, pommes de terre, aubergines), de fèves, de chanvre, de tournesols et de colza.
Crédit photo : Javier Martin, Licence Domaine Public via Wikimedia Commons

Plantes hémiparasites

Conservant leur capacité de photosynthèse, les plantes hémiparasites ne prélèvent que la sève brute (eau et éléments minéraux) des plantes hôtes. Les plus connues sont le gui (Viscum album, Viscaceae), une plante ligneuse épiphite qui parasite les arbres feuillus, notamment les pommiers et les peupliers, et les strigas (Striga spp., Scrophulariaceae), des plantes herbacées épirhizes qui parasitent principalement des graminées (Poceae).

En Afrique de l’Ouest et subsaharienne, Striga hermonthica , qui est connue sous le nom d'«herbe des sorcières», est un véritable fléau qui dévaste les cultures de sorgho, de riz, de maïs, de canne à sucre et de millets, menaçant ainsi l’autosuffisance alimentaire des populations locales. À noter que des mycoherbicides à base de souches de Fusarium peuvent être utilisées pour lutter contre S. hermonthica dans les cultures de Sorgho.
Crédit photo : USDA APHIS PPQ - Oxford, North Carolina , USDA APHIS PPQ, Bugwood.org, Licence CC BY 3.0 US Creative Commons Attribution 3.0 

vendredi 29 septembre 2006

Les plantes parasites guidées par un signal chimique des plantes hôtes

Dépourvue de chlorophylle, la cuscute des champs, Cuscuta pentagona, est une plante parasite épiphyte dont la tige forme des filaments qui s'enroulent autour de diverses plantes hôtes (tomate, aubergine, carotte, luzerne, etc.) en y enfonçant des suçoirs pénétrant jusqu'au système conducteur. Après germination des graines, la tige de la cuscute s'allonge sur le sol et explore les environs à la recherche d'une plante hôte.

Des chercheurs américains viennent de découvrir que la cuscute utilise les signaux chimiques volatils émis par la plante hôte pour la localiser et orienter la croissance de sa tige parasite. À proximité d'un plant de tomate, 80% des germinations de cuscute s'orientent vers celui-ci. Des plants de blé ou d'impatiente peuvent aussi déclencher une croissance dirigée des pousses de cuscute, mais en présence d'un plant de tomate, les tiges parasites s'orientent préférentiellement vers ce dernier. À partir d'extraits de plants de tomate et de blé, les chercheurs ont réussi à isoler certains composés volatils qu'ils ont testé sur la croissance des tiges de cuscute. Plusieurs d'entre eux déclenchent une réponse positive, mais un composé volatil du blé agit plutôt comme repoussoir. Les mécanismes physiologiques et moléculaires qui permettent aux plantes parasites de détecter ces signaux chimiques demeurent encore très mystérieux. Néanmoins, ces études démontrent que les composés volatils jouent un rôle important dans la communication et les interactions entre les plantes. Elles pourraient également permettre l'élaboration de nouvelles méthodes pour lutter contre ces "mauvaises herbes". (Source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
  • Runyon JB., Mescher MC., De Moraes CM., 2006. Volatile Chemical Cues Guide Host Location and Host Selection by Parasitic Palnts. Science Vol. 313 no. 5795, pp. 1964-1967 [Science]
Pour en savoir plus :

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