mardi 16 juin 2026

Le glyphosate associé à des perturbations hormonales pendant la grossesse

Le glyphosate est aujourd’hui l’herbicide le plus utilisé dans le monde. On le retrouve dans de nombreux agrosystèmes, mais aussi dans l’eau, les sols et certains aliments. Une nouvelle étude publiée en juin 2026 dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology apporte des éléments préoccupants concernant ses effets potentiels sur la grossesse.

Les chercheurs portoricains et américains ont suivi 752 femmes enceintes à Porto Rico dans le cadre de la cohorte PROTECT. Ils ont mesuré à plusieurs reprises les concentrations urinaires de glyphosate et de son principal produit de dégradation (métabolite), l'acide aminométhylphosphonique (AMPA), puis les ont comparées à différents marqueurs hormonaux maternels mesurés dans le sang: hormones stéroïdiennes sexuelles (estriol, progestérone, testostérone), hormones thyroïdiennes (T3, T4, fT4, TSH) et hormone liée au stress (CRH).

Les résultats montrent que le glyphosate et l'AMPA sont détectés chez 75 à 95 % des femmes enceintes testées et qu'ils sont associés à des perturbations de plusieurs voies hormonales maternelles pendant la grossesse. Ainsi une exposition plus élevée au glyphosate ou à l’AMPA est associée à une diminution des niveaux d’estriol, une hormone essentielle au bon déroulement de la grossesse et au développement du fœtus. Les chercheurs ont également observé des modifications de certaines hormones thyroïdiennes (T3) et de l’hormone du stress CRH, qui joue un rôle important dans le déclenchement de l’accouchement.

L’étude suggère aussi que ces effets pourraient être plus marqués lorsque le fœtus est de sexe féminin. Bien que les mécanismes exacts restent à préciser, ces observations renforcent l’hypothèse selon laquelle le glyphosate agit comme un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire une substance capable d’interférer avec le fonctionnement normal du système hormonal.

Les auteurs soulignent qu’il s’agit de la première étude humaine montrant un lien entre l’exposition au glyphosate pendant la grossesse et des altérations simultanées de plusieurs systèmes hormonaux maternels œstrogéniques, thyroïdiens et liés au stress. Ces perturbations pourraient contribuer à expliquer certaines associations déjà observées entre le glyphosate et des issues défavorables de la grossesse, comme la prématurité ou un développement fœtal altéré.

Même si cette étude ne permet pas de démontrer un lien de cause à effet, elle apporte des preuves supplémentaires en faveur d’une vigilance accrue concernant l’exposition des femmes enceintes aux pesticides à base de glyphosate. De nouvelles recherches seront nécessaires pour confirmer ces résultats et mieux comprendre leurs conséquences à long terme sur la santé des mères et des enfants.

Référence

 ➤ Valentín-Cortés, M.A., Cathey, A.L., Jenkins, H.M. et al. (2026). Glyphosate exposure and hormonal disruption in pregnancy: evidence from a birth cohort in Puerto Rico. J Expo Sci Environ Epidemiol (2026). https://doi.org/10.1038/s41370-026-00902-6

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