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vendredi 9 mai 2025

Pyréthrinoïdes : alerte sur de nouveaux risques pour la santé

Suite à l’analyse des nouvelles données de l’expertise collective de l’Inserm (mise à jour en 2021) sur les liens entre exposition aux pesticides et santé humaine, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur les risques associés aux insecticides pyréthrinoïdes et organophosphorés. Ces substances sont mises en cause pour leurs effets potentiels sur le neurodéveloppement, la reproduction et certaines formes de cancer.

L’Anses identifie trois principaux risques, en particulier pour les insecticides pyréthrinoïdes, encore largement utilisés en agriculture (produits phytopharmaceutiques), mais aussi dans des biocides domestiques (aérosols insecticides, traitements anti-poux ou certains médicaments vétérinaires). vétérinaires, etc.).  

  • Troubles du comportement de type internalisé (anxiété, dépressions, phobies, etc.) chez des enfants dont la mère a été exposée pendant la grossesse (par exemple : anxiété). 
  • Effets sur la fertilité masculine avec des atteintes spermatiques observées dans la population générale, bien que le niveau de présomption soit plus faible.. 
  • Augmentation du risque de certains cancers, notamment la leucémie lymphoïde chronique / lymphome lymphocytaire, associée à l’exposition professionnelle à la deltaméthrine (niveau de présomption moyen).

L’agence souligne également une étude épidémiologique récente (Qi et al, 2022) confirmant que l’exposition aux pyréthrinoïdes pendant la grossesse peut affecter le neurodéveloppement des très jeunes enfants.

Pour limiter les risques, l’Anses recommande :

  • une mise à jour régulière des évaluations des pesticides;
  • l’identification précise des sources d’exposition (agricole, biocide, vétérinaire, domestique) afin de mieux cibler les actions de prévention, notamment pour les femmes enceintes et les enfants;
  • une meilleure transparence et traçabilité des données d’usage, actuelles et passées;
  • une réduction des usages de pesticides au strict nécessaire, en agriculture mais aussi dans le cadre domestique.

Source : Anses (20/04/2025). Analyse des résultats de l’expertise collective de l’Inserm sur les effets des pesticides sur la santé 

 

lundi 17 juillet 2017

Chlorfénapyr et résistance aux pyréthrinoïdes

Le chlorfénapyr est un insecticide synthétique, dérivé trifluoré du pyrrole (famille arylpyrrole), un composé produit par voie microbienne. Il agit sur les insectes et les acariens, par contact et par ingestion, en perturbant la production d'ATP dans les mitochondries, et par conséquent la respiration cellulaire (phosphorylation oxydative). Il doit être métabolisé in vivo par des enzymes de détoxification pour être actif, ce qui retarde son activité insecticide.

Le chlorfénapyr est utilisé contre divers insectes et acariens ravageurs agricoles dans les cultures de coton, de soja et d'arbres fruitiers, mais aussi en lutte antiparasitaire contre les fourmis et les punaises de lit. Grâce à son mode d'action, il est particulièrement efficace contre les insectes résistants aux insecticides neurotoxiques conventionnels comme les pyréthrinoïdes, les carbamates et les organophosphorés. De ce fait, il est très utilisé dans les programmes de gestion de la résistance.

Cet insecticide s'est aussi avéré efficace contre les moustiques anophèles vecteurs de la malaria, particulièrement ceux qui sont résistants aux pyréthrinoïdes (N'Guessan R et al, Acta Trop 2007). Pour contrer cette résistance aux pyréthrinoïdes qui s’accroit en Afrique, de nouvelles moustiquaires imprégnées au chlorfénapyr (Interceptor® G2, BASF) sont en cours d'évaluation (N'Guessan R, et al, PLOS 2016; Malone D., IVCC 2017). Toutefois, le chlorfénapyr pourrait aussi induire des résistances chez les insectes comme le montre une récente étude réalisée aux États-Unis sur les punaises de lit (Ashbrook AR, Journal of Economic Entomology, 2017).

Le chlorfénapyr est moins toxique pour les poissons et la faune aquatique que les pyréthrinoïdes, mais est néanmoins toxique pour les oiseaux.

samedi 26 juillet 2014

Lien entre autisme et exposition prénatale aux insecticides

L'autisme est une maladie complexe du développement neurologique des humains, qui se manifeste par des troubles de la communication verbale ou non verbale, une altération des interactions sociales et des comportements ou mouvements répétitifs. Elle se détecte habituellement au cours des trois premières années de vie de l'enfant. Au cours des dernières années, une forte augmentation de l'incidence des troubles autistiques a été constatée dans de nombreux pays. Par exemple, aux États-Unis, l'autisme touchait un enfant sur 68 en 2012 contre un enfant sur 150 en 2000. Des facteurs environnementaux, dont les expositions prénatales aux pesticides, sont suspectés d'être en partie responsables de cette forte augmentation. 

Confirmant des études antérieures, une nouvelle étude, menée par des chercheurs américains de l'Université de Davis en Californie, montre un lien entre l'exposition prénatale à divers types d'insecticides agricoles (organophosphorés, pyréthrinoïdes, carbamates et organochlorés) et des retards du développement neurologique chez l'enfant, en particulier l'autisme. Selon cette étude, une femme enceinte qui vit à proximité d'une exploitation agricole qui utilise des pesticides, a un risque plus élevé d'avoir un enfant autiste. Le risque est particulièrement élevé (60 %) lorsque les femmes sont exposées à des insecticides organophosphorés, comme le chlorpyrifos, l'acéphate ou le diazinon, au cours du deuxième et du troisième trimestre de grossesse. Des risques d'autisme sont aussi plus élevés lorsque les mères sont exposées à divers pyréthrinoïdes (esfenvalerate, perméthrine, cyperméthrine) dans les trois mois avant d'être enceinte ou au cours du troisième trimestre de la grossesse. Enfin, l'exposition prénatale à des carbamates, comme le méthomyl et le carbaryl, est associée à des risques plus élevés de troubles du développement de l'enfant. Cette étude confirme

Menée en Californie, dans le cadre du projet CHARGE (CHildhood Autism Risks from Genetics and the Environment), l'étude statistique a porté sur une population test de 1 600 mères d'enfant autiste ou ayant  un retard neurologique. Les chercheurs ont constaté que près d'un tiers des mères participantes à l'étude avaient vécu, au cours de leur grossesse, à proximité (dans un rayon de 1,5 km) d'exploitations agricoles où des insecticides étaient couramment utilisés.

Bien que l'étude n'établit pas une relation de cause à effet, les chercheurs suspectent ces insecticides neurotoxiques d'avoir un effet sur le développement du cerveau du fœtus. De fait, ils recommandent au femmes enceintes d'éviter toute exposition avec des pesticides agricoles.

Référence :
  • Janie F. Shelton, Estella M. Geraghty, Daniel J. Tancredi, Lora D. Delwiche, Rebecca J. Schmidt, Beate Ritz, Robin L. Hansen, and Irva Hertz-Picciotto. Neurodevelopmental Disorders and Prenatal Residential Proximity to Agricultural Pesticides: The CHARGE Study. Environ Health Perspect 2014 (Advanced pblication) [Résumé]
Pour en savoir plus :


mardi 17 janvier 2006

Leucémie aigüe, l'incidence des pesticides pendant la grossesse

Selon des chercheurs français de l'INSERM, les femmes qui ont été exposées au cours de leur grossesse à des insecticides domestiques, dont les shampooings anti-poux, ont deux fois plus de risques de mettre au monde des enfants souffrant de leucémie aiguë. Les insecticides domestiques comme les shampoings anti-poux sont habituellement composés de pyréthrinoïdes, d'organochlorés (lindane) ou d’organophosphorés (malathion).
De 1995 à 1999, une vaste étude de cas témoin a été menée auprès de 280 mères d'enfants malades et de 288 mères d'enfants non leucémiques. Bien qu'aucun lien direct entre l'exposition aux insecticides et la leucémie n'ait été établit, les résultats montrent une association statistiquement significative.
Selon Florence Ménégaux, l'auteure de la récente publication, les résultats de cette étude "confirment l'hypothèse selon laquelle divers types d'exposition aux insecticides peuvent constituer des facteurs de risque pour la leucémie aiguë chez l'enfant".
Source : Radio-Canada

Référence: F. Menegaux, A. Baruchel, Y. Bertrand, B. Lescoeur, G. Leverger, B. Nelken, D. Sommelet, D. Hémon, J. Clavel, 2006. Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia. Occupational and Environmental Medicine 2006;63:131-13 [Résumé en anglais]

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