Une cinquantaine d'espèces de bourdons (genre Bombus) vivent en Europe. Ces "valeureux poilus" sont d'excellents pollinisateurs qui font le bonheur des jardiniers. Reconnaissables grâce à leur épaisse fourrure, leur grande résistance leur permet d'être toujours les premiers à butiner les fleurs avant les abeilles, en début de saison, le matin alors que la fraîcheur de la nuit paralyse encore la plupart des insectes, ou après un orage. La pollinisation de diverses plantes dont de nombreuses légumineuses dépendent essentiellement des bourdons, et quelques petits arbustes fruitiers comme les framboisiers ou les groseilliers sont surtout visités par eux. Comme les abeilles domestiques, les bourdons sont menacés par les transformations des paysages provoquées par les pratiques agricoles et l'urbanisation actuelles. Sensibles aux pesticides, ils se raréfient et quelques espèces ont déjà disparu. En Angleterre, des entomologistes professionnels et amateurs se sont rassemblés au sein d'un "office pour les bourdons et leur environnement" (The Bumblebee Conservation Trust) pour les étudier, les surveiller, les protéger et favoriser leur présence dans les jardins anglais. Une attention particulière est portée au Bourdon des clairières, Bombus distinguendus , une espèce en danger qui figure sur le logo du BBCT. (OP) ; Source : Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), Les Épingles de collection 2006
> site officiel de The Bumblebee Conservation Trust (BBCT)
> Lire aussi "Les bourdons, de valeureux poilus à aider au jardin", par l'association PONEMA rassemblant les passionnés des jardins naturels et sauvages
jeudi 1 juin 2006
mercredi 31 mai 2006
Des maringouins particulièrement nombreux et voraces cette année au Québec
Au Québec, l'hiver particulièrement doux et les conditions climatiques de ces dernières semaines (des jours pluvieux suivis de chaleur intense), ont favorisé la prolifération des mouches noires et des moustiques. Jusqu'à 3 fois plus nombreux ce printemps, les maringouins rendent parfois la vie insupportable aux amateurs de plein air et aux travailleurs. Jacques Boisvert, entomologiste et professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières prévoit leur abondance jusque vers la Saint-Jean (24 juin). Pour les irréductibles du plein air, la seule solution vraiment efficace est de porter des vêtements suffisament longs et amples pour couvrir le maximum du corps. Pour les zones exposées de la peau comme par exemple, les chevilles, les bras et l'arrière du cou, il reste l'utilisation d'insectifuges personnels ou "chasse-moustique" à base de N-N diméthyltoluamide (DEET), de diméthyl-phthalate (DMP), d'huile de citronnelle ou d'huile de lavande. Le DEET dont la concentation ne doit jamais dépasser 30% est relativement efficace mais peut être dangereux surtout pour les jeunes enfants. Plus "naturelles", les huiles essentielles ne sont cependant efficaces que pendant un temps très limité. Enfin, malgré tous les désagréments qu'ils apportent à l'homme et les maladies qu'il peuvent parfois véhiculer (comme le virus du Nil occidental), ces insectes piqueurs ont un rôle écologique fondamental en assurant une source abondante de nourriture pour de nombreux prédateurs, le recyclage d'une partie de la matière organique et la pollinisation des plantes à fleurs. (OP) ; Source : D'après une dépêche de Cyberpresse.ca [Lire la dépêche]
> Sur la Toile des insectes du Québec (Insectarium de Montréal), pour en savoir plus sur les maringouins et les mouches noires
> À (Re)Lire : "Le Moustique par solidarité écologique" de Jean-Pierre Bourassa (Les Éditions du Boréal, Montréal, 2000)
> Lire la nouvelle précédente : Les États-Unis prennent leurs distances avec l'insectifuge DEET (PESTInfos 02.05.06)
> Sur la Toile des insectes du Québec (Insectarium de Montréal), pour en savoir plus sur les maringouins et les mouches noires
> À (Re)Lire : "Le Moustique par solidarité écologique" de Jean-Pierre Bourassa (Les Éditions du Boréal, Montréal, 2000)
> Lire la nouvelle précédente : Les États-Unis prennent leurs distances avec l'insectifuge DEET (PESTInfos 02.05.06)
Les érables de Norvège envahissent le Mont Royal
Le parc du Mont-Royal est un patrimoine naturel et historique très cher au coeur des montréalais(es). Mais la biodiversité de ce riche milieu naturel est menacée de transformation au cours des prochaines années. À l'origine, la forêt qui couvrait le mont Royal était essentiellement composée d’érables à sucre, de caryers et de chênes rouges. Selon, les deniers relevés botaniques réalisés par Jacques Brisson, professeur à l’Institut de recherche en biologie végétale (Université de Montréal), l'érable de Norvège (Acer platanoides), introduit dans les années 60 et 70 pour reboiser certaines parties du parc, pourrait en effet remplacer l'érable à sucre (Acer saccharum) comme espèce dominante à la prochaine génération. Plus résistant à la pollution urbaine et plus prolifique que l'érable à sucre, l'érable de Norvège a aussi été souvent planté en bordure des rues de Montréal et de nombreuses villes du nord est de l'Amérique. En sous bois, il réduit la lumière nécessaire aux autres espèces d'arbres (frênes, érables à sucre, etc.) et à la flore typique d'une érablière (uvulaires, trilles, etc.), et s'étend très rapidement. Selon le botaniste, sa prolifération "pourrait également avoir des répercussions écologiques sur l’ensemble des espèces animales et végétales de la montagne". En Ontario et aux États-unis, l'érable de Norvège est déjà considéré comme une espèce envahissante. Pour préserver le caractère unique du mont Royal, Jacques Brisson recommande à la ville de Montréal de ralentir la progression de cet érable en éradiquant les jeunes pousses et en évitant d'en planter dans les rues voisines du mont Royal. [En savoir plus] (OP) ; Source : FORUM, l'hebdomadaire d'information de l'Université de Montréal ; Réf. : Baril Daniel, Forum Vol. 40 No 31, 29 mai 2006
> Résumé de la conférence de Jacques Brisson au 74ème Congrès de l'ACFAS
> Résumé de la conférence de Jacques Brisson au 74ème Congrès de l'ACFAS
lundi 29 mai 2006
Vers une démoustication de la Camargue
Les conditions climatiques de l'été dernier en Camargue (une longue sécheresse suivie de fortes pluies) avaient favorisé la pullulation des "moustiques des champs", dont Aedes caspius, une espèce particulièrement agressive vis-à-vis de l'homme. Les marais et marécages de Camargue, jusqu'à présent préservés de tout traitement insecticide, sont un terrain fertile pour cette espèce qui pond lorsque les sols sont asséchés et dont les oeufs, très résistants, éclosent lorsque les sols sont mis en eau, mais aussi pour la quarantaine d'autres espèces de moustiques dont A. detritus et Culex pipiens. L'inconfort grandissant des citoyens des villes riveraines du parc naturel, et la crainte de propagation du virus du Chikungunya suscitée par la récente épidémie à la Réunion et l'apparition de son vecteur, A. albopictus, dans les Alpes Maritimes, ont conduit les autorités régionales à envisager pour la première fois une démoustication partielle et expérimentale de la Camargue. L'insecticide utilisé sera le populaire larvicide "biologique" Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) dont les toxines sont réputées être beaucoup moins nocives pour l'environnement que les organophosphorés. Un centre de recherche privé spécialisé dans la conservation et la restauration des zones humides méditerranéennes, la station biologique de la Tour du Valat, sera en outre chargée d'étudier les impacts à long terme des traitements larvicides sur ces écosystèmes et leur faune, particulièrement les populations d'insectes, d'oiseaux et de poissons. Le cœur de la réserve naturelle (soit environ 30 000 ha) en demeure toutefois exclue. Le maintien de zones non traitées est en effet nécessaire pour éviter ou retarder l'apparition des phénomènes de résistance des moustiques aux insecticides qui se multiplient à travers le monde. Un environnement naturel non traité constitue un réservoir de moustiques sensibles qui permet de "diluer" les souches devenues résistantes dans les zones traitées. Cependant, Mylène Weill, chercheuse à l'Institut des sciences de l'évolution de l'Université de Montpellier prévient que cette stratégie de "dilution de la résistance" n'est efficace que si les souches résistantes ont un coût métabolique plus élevé et des facultés reproductrices plus faibles que les souches sensibles. Or la multiplication des cas de résistance dans le monde, le plus souvent suite à de mauvaises pratiques, fait craindre l'apparition et la propagation de souches "super résistantes" avec de bonne capacités adaptatives. Ainsi, en Tunisie, une campagne de démoustication systématique et intensive de larges zones touristiques a conduit en seulement 2 ou 3 ans à l'apparition de moustiques totalement résistant aux toxines "bioinsecticides" issues de la bactérie Bacillus spahericus. Aux États-Unis même, où depuis 1999 des opérations "raisonnées" de contrôle des vecteurs du virus du Nil occidental sont menées chaque année, certaines populations de moustiques sont localement devenues résistantes au Bti. Les opérations de démoustication de la Camargue s'annoncent donc très délicates et devront être menées avec beaucoup de précautions d'autant plus que le réchauffement climatique pourrait favoriser la propagation de nouvelles espèces. Les spécialistes recommandent généralement une campagne de démoustication seulement en cas de menaces sérieuses d'épidémie et préconisent plutôt le drainage des eaux stagnantes et la restauration des écosystèmes naturels comme mesures préventives. (OP) ; Source : LeMonde.fr (29.05.06) [Lire l'article de Hervé Morin]
> Entente interdépartementale pour une démoustication du littoral méditerranéen
> Station biologique de la Tour du Valat
>Lire la nouvelle précédente : Des moustiques résistent au Bti (PESTInfos 09.12.05)
> Entente interdépartementale pour une démoustication du littoral méditerranéen
> Station biologique de la Tour du Valat
>Lire la nouvelle précédente : Des moustiques résistent au Bti (PESTInfos 09.12.05)
mercredi 24 mai 2006
La Lucilie cuivrée australienne prédisposée à résister aux organophosphorés
La Lucilie cuivrée australienne, Lucilia cuprina (Diptère : Calliphoridé), provoque une myase très grave chez les moutons, et affecte particulièrement les élevages en Australie et en Afrique du Sud. Attirée par les replis laineux malodorants et humides des moutons, cette mouche verte y pond des oeufs, puis ses larves creusent des tunnels dans la chair de l'animal provoquant d'importantes lésions et des infections bactériennes mortelles si elles ne sont pas traitées. Dans les années 50, les éleveurs australiens ont utilisé des insecticides organophosphorés comme le diazinon pour combattre ces diptères. Mais la mouche est devenue très résistante en quelques années seulement. Récemment, des chercheurs australiens (CSIRO) et néozélandais ont découvert sur des mouches préservées, collectées avant l'utilisation des pesticides chimiques, la présence d'allèles mutants du gène de l'estérase E3, identiques à ceux qui confèrent la résistance au malathion, un autre insecticide organophosphoré (la protéine enzymatique E3 modifiée dégrade spécifiquement le malathion). L'allèle résistant au diazinon est la forme de résistance aux organophosphorés la plus répandue en Australie mais est rare dans les régions où la pression insecticide est plus faible. La présence d'allèles résistants au malathion chez les mouches préservées expliquerait donc la rapidité de la flambée de résistance aux organophosphorés en Australasie. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : C. J. Hartley, R. D. Newcomb, R. J. Russell, C. G. Yong, J. R. Stevens, D. K. Yeates, J. La Salle, and J. G. Oakeshott, 2006. Amplification of DNA from preserved specimens shows blowflies were preadapted for the rapid evolution of insecticide resistance. PNAS Édition électronique avancée du 24 mai 2006 [Résumé en anglais]
> Voir des photos de la Lucilie cuivrée
> En savoir plus sur la lutte contre la Lucilie cuivrée en Australie : "La laine fétide" par Alain Fraval (Insectes No 137, 2005) [Document PDF]
> Voir des photos de la Lucilie cuivrée
> En savoir plus sur la lutte contre la Lucilie cuivrée en Australie : "La laine fétide" par Alain Fraval (Insectes No 137, 2005) [Document PDF]
mardi 23 mai 2006
La microévolution du virus du Chikungunya
L'importante flambée épidémique de Chikungunya qui sévit dans l'océan Indien et plus particulièrement sur l'île de la Réunion depuis le début de l'année 2005 a surpris bon nombre de spécialistes. Pourtant réputé pour être faiblement virulent, le virus du Chikungunya a infecté près d'1/3 de la population de l'Île, soit environ 258 000 personnes (Institut de veille sanitaire, 18.05.06). Alors qu'à ce jour aucune forme grave ou mortalité associée à ce virus n'avait été décrite dans la littérature médicale, plusieurs formes neurologiques et hépatiques sévères, provoquant dans certains cas des décès, y ont été aussi confirmées. Il est malheureusement vrai que le Chikungunya, qui sévit essentiellement en Afrique, a été très peu étudié par la communauté scientifique internationale. Devant l'ampleur de l'épidémie actuelle, des équipes de virologues de l'institut Pasteur de Paris et de Lyon (centre national de référence des arbovirus) se sont enfin intéressées à ce mystérieux virus dont le principal vecteur à la Réunion est le moustique tigré asiatique (Aedes albopictus), et ont commencé à retracer son histoire et son évolution. Leurs premiers résultats sont publiés cette semaine dans la revue scientifique libre d'accès PLOS Medecine. Grâce au séquençage complet du génome (constitué d'ARN) de plusieurs souches virales isolées chez des patients infectés à la Réunion et aux Seychelles, Ils ont établit que les souches étaient apparentées à celles identifiées en Afrique où le virus a été isolé pour la première fois en 1952 en Tanzanie. D'autre part, ils ont aussi découvert des modifications de l'ARN viral au cours de l'épidémie qui suggèrent une évolution adaptative des souches virales réunionnaises. En particulier, le séquençage partiel de la protéine d'enveloppe virale E1 (une "signature moléculaire" du virus) chez 127 patients de la Réunion et des îles voisines (Madagascar, Seychelles, île Maurice, Mayotte) a montré que cette protéine, impliquée dans l'attachement du virus aux membranes cellulaires du moustique et dans sa multiplication, avait aussi mutée au cours de l'épidémie. Cette mutation est devenue prédominante au début de la flambée épidémique en septembre 2005, et pourrait être à l'origine d'une adaptation du virus au moustique A. albopictus, qui n'était pas connu jusque là pour en être un vecteur majeur. Selon les chercheurs, le Chikungunya pourrait donc se propager à d'autres régions du monde, en particulier aux Caraïbes, aux Amériques et en Europe, où le tigré asiatique est présent. (OP) ; Source : Institut Pasteur [Lire le communiqué] [Dossier de presse] ; Réf. : Isabelle Schuffenecker, Isabelle Iteman, Alain Michault, Séverine Murri, Lionel Frangeul, Marie-Christine Vaney, Rachel Lavenir, Nathalie Pardigon, Jean-Marc Reynes, François Pettinelli, Leon Biscornet, Laure Diancourt, Stéphanie Michel, Stéphane Duquerroy, Ghislaine Guigon, Marie-Pascale Frenkiel, Anne-Claire Bréhin, Nadège Cubito, Philippe Desprès, Frank Kunst, Félix A. Rey, Hervé Zeller, Sylvain Brisse, 2006. Genome Microevolution of Chikungunya Viruses Causing the Indian Ocean Outbreak. PLOS Medecine 3 (7), juillet 2006, édition électronique avancée [Lire l'article en anglais] [Lire le résumé de l'éditeur en anglais]
>Lire aussi : Le chikungunya suivi à la trace grâce à son génome (LeMonde.fr, 23.05.06) et L'Institut Pasteur souligne le risque de propagation du virus du chikungunya (LeMonde.fr, 23.05.06)
> Dossier Chikungunya (PESTInfos)
>Lire aussi : Le chikungunya suivi à la trace grâce à son génome (LeMonde.fr, 23.05.06) et L'Institut Pasteur souligne le risque de propagation du virus du chikungunya (LeMonde.fr, 23.05.06)
> Dossier Chikungunya (PESTInfos)
mardi 16 mai 2006
Menaces sur les insectes pollinisateurs
Partout sur la planète, on assiste à une véritable crise de la pollinisation qui touche l'ensemble des insectes pollinisateurs (abeilles domestiques et sauvages, bourdons, papillons, mouches, moustiques et divers coléoptères). Les nouveaux insecticides systémiques comme le Gaucho et le Régent dont les doses sublétales perturbent les abeilles domestiques ne sont pas les seuls responsables de cette inquiétante hécatombe. Selon Bernard Vaissière, chercheur spécialiste des pollinisateurs à l'INRA d'Avignon, la perte de la biodiversité végétale suite aux pratiques agricoles intensives et à l'urbanisation (démembrement, arrachage des haies, utilisation systématique d'herbicides contre les "mauvaises herbes", etc.) a un rôle majeur en privant les insectes de nourriture. La perte de nombreuses espèces de fleurs sauvages, sources de nectar et de pollen indispensables aux insectes, pourrait être responsable de l'affaiblissement généralisé des colonies d'abeilles. Pour tenter de sauver les abeilles, des programmes de jachères fleuries sont actuellement en cours d'expérimentation dans plusieurs régions françaises. (OP) ; Source : Le Figaro.fr [Lire l'article de Yves Misery]
> Lire aussi : Protéger les pollinisateurs (PESTInfos, 05.01.06)
>Dossier Abeilles et insectes pollinisateurs
> Lire aussi : Protéger les pollinisateurs (PESTInfos, 05.01.06)
>Dossier Abeilles et insectes pollinisateurs
vendredi 12 mai 2006
Protection des cultures, préservation de la biodiversité, respect de l’environnement
"Pour assurer une production alimentaire adaptée aux besoins des populations, en termes de quantité, de qualité, et de sûreté sanitaire dans le respect des principes d’un développement durable de la planète, la protection des cultures, aujourd’hui encore principalement agrochimique, doit connaître une véritable évolution, sous peine d’aggraver un bilan économique et écologique préoccupant". Suite aux succès mitigés du concept de protection intégrée et face au risque transgénique d'accroître les phénomènes de résistance des insectes, Jean-Philippe Deguine (CIRAD) et Pierre Ferron (INRA) plaident pour une nouvelle stratégie agroécologique de gestion préventive des populations d'insectes nuisibles et bénéfiques en fonction des peuplements végétaux qui constituent leurs habitats. La diversification et la rotation des cultures ou la mise en place de corridors biologiques (chemins, haies, bosquets, vergers etc.) sont autant de pratiques favorables à la régulation naturelle des ravageurs par les prédateurs indigènes et généralistes. Les chercheurs préviennent en outre que la mise en pratique de cette nouvelle stratégie préventive implique une "réelle rupture avec les techniques traditionnelles" de l'agriculture intensive et "une évolution marquée des mentalités" des agronomes et des phytiatres. (OP)
>un article de Jean-Philippe Deguine et Pierre Ferron publié dans les Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures, Volume 15, Numéro 3, 307-11, Mai-Juin 2006 [Résumé] ; l' article est accessible gratuitement après inscription sur le site www.jle.com
>Lire aussi : "Protection des cultures et développement durable : bilan et perspectives", par Jean-Philippe Deguine et Pierre Ferron, Le Courrier de l'environnement de l'INRA, No 52, septembre 2004 [Article en PDF]
>un article de Jean-Philippe Deguine et Pierre Ferron publié dans les Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures, Volume 15, Numéro 3, 307-11, Mai-Juin 2006 [Résumé] ; l' article est accessible gratuitement après inscription sur le site www.jle.com
>Lire aussi : "Protection des cultures et développement durable : bilan et perspectives", par Jean-Philippe Deguine et Pierre Ferron, Le Courrier de l'environnement de l'INRA, No 52, septembre 2004 [Article en PDF]
jeudi 11 mai 2006
Les coccinelles utilisées comme pesticides naturels
Depuis le début du printemps, plusieurs commerces français spécialisés dans le jardinage proposent à leur clientèle des coccinelles comme pesticides naturels pour combattre les pucerons qui dévastent rosiers, tomates, concombres, fraisiers et arbres fruitiers. Très voraces, les coccinelles sont de grands prédateurs de pucerons et les larves peuvent en consommer de 60 à 100 par jour. Les jardiniers Bio ont le choix entre une espèce indigène arboricole, Adalia bipunctata, et une souche non volante de l'espèce d'origine asiatique, Harmonia axyridis. Après avoir été abondamment introduite aux États-Unis et en Europe à des fins de lutte biologique, la coccinelles asiatique a proliféré et concurrence aujourd'hui les espèces locales. Des chercheurs de l'INRA d'Antibes ont alors isolé une souche naturelle aptère, incapable de voler et de se disséminer. Cette initiative commerciale devrait aider à protéger l'environnement en réduisant l'utilisation d'insecticides chimiques, mais certains écologistes demeurent toutefois prudents face à une utilisation à grande échelle de ces biopesticides. Ils privilégient plutôt la culture de plantes sauvages et la plantation de haies qui favorisent la présence de prédateurs naturels. (OP) ; Source : Le Monde.fr [Lire l'article de Florence Amalou dans Le Monde.fr]
> Pour en savoir plus sur la production et la commercialisation d'insectes auxilliaires pour la protection des plantes, consulter le site de l'entreprise Biotop (Valbonne, France) : www.biotop.fr
> Pour en savoir plus sur le jardinage biologique, consulter le site de l'Association Terre vivante : www.terrevivante.org
> Pour en savoir plus sur la production et la commercialisation d'insectes auxilliaires pour la protection des plantes, consulter le site de l'entreprise Biotop (Valbonne, France) : www.biotop.fr
> Pour en savoir plus sur le jardinage biologique, consulter le site de l'Association Terre vivante : www.terrevivante.org
lundi 8 mai 2006
Les maladies des plantes et des animaux, une menace croissante pour l'Afrique
Une importante étude pilotée par le gouvernement britannique prévient que les maladies affectant les plantes agricoles et les animaux pourraient menacer de plus en plus la subsistance des populations africaines au cours des 25 prochaines années. Le rapport publié le 26 avril dernier souligne que la majorité des maladies humaines émergentes est liée aux maladies des animaux d'élevage ou de la faune sauvage, et s'inquiète de la présence en Afrique de 12 des 15 maladies animales les plus importantes. L'intensification de l'agriculture et des échanges commerciaux pourrait aussi favoriser l'apparition ou la propagation de nouvelles maladies ou d'insectes dévastant les cultures agricoles. Les ravages des parasites phytopathogènes sont accentués par le manque de moyen actuel pour les dépister et les contrôler et la pauvreté rurale qui sévit sur tout le continent africain. Ainsi, selon les chercheurs, les maladies des plantes menacent gravement la stabilité économique de l'Afrique d'autant plus que la majorité des populations rurales ne doit sa survie qu'à la culture que de 1 ou 2 plantes vivrières. (OP) ; Source : SciDev.net
> Consulter le rapport britannique en ligne (en anglais) : Foresight, The Detection and Identification of Infectious Diseases
> Consulter le rapport britannique en ligne (en anglais) : Foresight, The Detection and Identification of Infectious Diseases
vendredi 28 avril 2006
La résistance naturelle des moustiques au paludisme
Des chercheurs américains (University of Minnesota) et maliens (Université de Bamako) ont découvert qu'une grande partie de la population de moustique Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria en Afrique, présentait une résistance naturelle à l'agent infectieux Plamodium. Les moustiques génétiquement résistants sont ainsi capables de détruire le parasite et ne le transmettent donc pas aux humains qu'ils piquent. Les chercheurs ont localisé un "îlot" génomique de résistance dans une petite région du chromosome 2L et identifié le gène APL1 (pour Anopheles Plasmodium-responsive leucine-rich repeat 1) comme le principal facteur de résistance au Plasmodium. Le gène APL1 code pour une protéine très riche en leucine qui est similaire aux molécules impliquées dans les mécanismes de défense naturelle des plantes et des mammifères contre les pathogènes. Lorsque le gène APL1 est désactivé, les moustiques deviennent alors sensibles à l'infection par le parasite et peuvent le transmettre aux humains. Ces résultats suggèrent donc que les moustiques infectés pourraient présenter une défaillance de leur système immunitaire. Dans la région du Mali où les recherches ont été menées, les scientifiques ont aussi observé que les moustiques génétiquement résistants étaient très présents dans la nature, et même parfois en plus grand nombre que ceux qui sont infectés par le Plasmodium. Selon Kenneth Vernick de l'Université du Minnesota, il serait donc préférable d'éliminer les moustiques infectés plutôt que d'introduire des moustiques résistants transgéniques comme cela est envisagé par plusieurs autres spécialistes. (OP)
> Source : Sciences et Avenir.com
> Réf. : Michelle M. Riehle, Kyriacos Markianos, Oumou Niaré, Jiannong Xu, Jun Li, Abdoulaye M. Touré, Belco Podiougou, Frederick Oduol, Sory Diawara, Mouctar Diallo, Boubacar Coulibaly, Ahmed Ouatara, Leonid Kruglyak, Sékou F. Traoré, Kenneth D. Vernick, 2006. Natural Malaria Infection in Anopheles gambiae Is Regulated by a Single Genomic Control Region. Science Vol. 312. no. 5773, pp. 577 - 579 [Résumé en anglais]
> Source : Sciences et Avenir.com
> Réf. : Michelle M. Riehle, Kyriacos Markianos, Oumou Niaré, Jiannong Xu, Jun Li, Abdoulaye M. Touré, Belco Podiougou, Frederick Oduol, Sory Diawara, Mouctar Diallo, Boubacar Coulibaly, Ahmed Ouatara, Leonid Kruglyak, Sékou F. Traoré, Kenneth D. Vernick, 2006. Natural Malaria Infection in Anopheles gambiae Is Regulated by a Single Genomic Control Region. Science Vol. 312. no. 5773, pp. 577 - 579 [Résumé en anglais]
La résistance naturelle des moustiques au paludisme
Des chercheurs américains (University of Minnesota) et maliens (Université de Bamako) ont découvert qu'une grande partie de la population de moustique Anopheles gambiae, le principal vecteur de la malaria en Afrique, présentait une résistance naturelle à l'agent infectieux Plasmodium. Les moustiques génétiquement résistants sont capables de détruire le parasite et ne le transmettent donc pas aux humains qu'ils les piquent.
Les chercheurs ont localisé un "îlot" génomique de résistance dans une petite région du chromosome 2L et identifié le gène APL1 (pour Anopheles Plasmodium-responsive leucine-rich repeat 1) comme le principal facteur de résistance au Plasmodium. Le gène APL1 code pour une protéine très riche en leucine qui est similaire aux molécules impliquées dans les mécanismes de défense naturelle des plantes et des mammifères contre les pathogènes. Lorsque le gène APL1 est désactivé, les moustiques deviennent alors sensibles à l'infection par le parasite et peuvent le transmettre aux humains. Ces résultats suggèrent donc que les moustiques infectés pourraient présenter une défaillance de leur système immunitaire.
Dans la région du Mali où les recherches ont été menées, les scientifiques ont aussi observé que les moustiques génétiquement résistants étaient très présents dans la nature, et même parfois en plus grand nombre que ceux qui sont infectés par le Plasmodium. Selon Kenneth Vernick de l'Université du Minnesota, il serait donc préférable d'éliminer les moustiques infectés plutôt que d'introduire des moustiques résistants transgéniques comme cela est envisagé par plusieurs autres spécialistes.
Référence
Les chercheurs ont localisé un "îlot" génomique de résistance dans une petite région du chromosome 2L et identifié le gène APL1 (pour Anopheles Plasmodium-responsive leucine-rich repeat 1) comme le principal facteur de résistance au Plasmodium. Le gène APL1 code pour une protéine très riche en leucine qui est similaire aux molécules impliquées dans les mécanismes de défense naturelle des plantes et des mammifères contre les pathogènes. Lorsque le gène APL1 est désactivé, les moustiques deviennent alors sensibles à l'infection par le parasite et peuvent le transmettre aux humains. Ces résultats suggèrent donc que les moustiques infectés pourraient présenter une défaillance de leur système immunitaire.
Dans la région du Mali où les recherches ont été menées, les scientifiques ont aussi observé que les moustiques génétiquement résistants étaient très présents dans la nature, et même parfois en plus grand nombre que ceux qui sont infectés par le Plasmodium. Selon Kenneth Vernick de l'Université du Minnesota, il serait donc préférable d'éliminer les moustiques infectés plutôt que d'introduire des moustiques résistants transgéniques comme cela est envisagé par plusieurs autres spécialistes.
Référence
- Michelle M. Riehle, Kyriacos Markianos, Oumou Niaré, Jiannong Xu, Jun Li, Abdoulaye M. Touré, Belco Podiougou, Frederick Oduol, Sory Diawara, Mouctar Diallo, Boubacar Coulibaly, Ahmed Ouatara, Leonid Kruglyak, Sékou F. Traoré, Kenneth D. Vernick, 2006. Natural Malaria Infection in Anopheles gambiae Is Regulated by a Single Genomic Control Region. Science Vol. 312. no. 5773, pp. 577 - 579 [Résumé en anglais]
Libellés :
Malaria,
Moustiques,
Vecteurs de maladies
mercredi 26 avril 2006
Les herbicides pourraient favoriser la résistance des moustiques aux insecticides
L'atrazine est un puissant désherbant systémique, principal polluant des eaux et interdit d'utilisation en France depuis 2003. Des chercheurs du laboratoire d'écologie alpine de Grenoble (Université Joseph Fournier) ont étudié les interactions possibles entre cet herbicide persistant et la sensibilité des larves de moustiques aux insecticides. Leurs récents travaux, publiés dans la revue Chemosphere, montre qu'un contact de deux jours des larves de moustiques Aedes aegypti avec l'Atrazine conduit à une diminution significative de leur mortalité lorsqu'elles sont traitées avec le larvicide biologique Bti (Bacillus thuringiensis var. israelensis).
L'Atrazine pourrait donc favoriser indirectement la résistance des moustiques vecteurs à certains insecticides comme le Bti et ainsi diminuer l'efficacité des traitements. Ces résultats sont d'autant plus intéressantes que les terres humides où s'accumulent les résidus d'herbicides chimiques sont aussi les écosystèmes privilégiés par les moustiques vecteurs pour se reproduire. Les campagnes de démoustication et de lutte antivectorielle devront donc prendre en compte ces nouvelles données écotoxicologiques pour assurer un contrôle efficace des invasions de moustiques.
Référence :
L'Atrazine pourrait donc favoriser indirectement la résistance des moustiques vecteurs à certains insecticides comme le Bti et ainsi diminuer l'efficacité des traitements. Ces résultats sont d'autant plus intéressantes que les terres humides où s'accumulent les résidus d'herbicides chimiques sont aussi les écosystèmes privilégiés par les moustiques vecteurs pour se reproduire. Les campagnes de démoustication et de lutte antivectorielle devront donc prendre en compte ces nouvelles données écotoxicologiques pour assurer un contrôle efficace des invasions de moustiques.
Référence :
- Boyer S, Serandour J, Lemperiere G, Raveton M, Ravanel P., 2006. Do herbicide treatments reduce the sensitivity of mosquito larvae to insecticides? Chemosphere, édition électronique avancée du 27 mars 2006 (courte communication sous presse) [Résumé en anglais sur PubMed]
Libellés :
Atrazine,
Biopesticides,
Bt,
Herbicides,
Insecticides,
Moustiques,
Résistance
mardi 18 avril 2006
Forêts et acériculture menacées par le retour des pluies acides au Québec
Alors qu'on pensait que le problème des pluies acides étaient désormais chose du passé, une série de documents inédits d'Environnement Canada, obtenue par le quotidien montréalais Le Devoir, révèle que de nouvelles sources d'émissions d'oxydes de souffre et d'azote provenant principalement de l'extraction des sables bitumineux de l'Alberta et de la production gazière des provinces maritimes, renforcent l'acidité des précipitations et menacent aujourd'hui l'ensemble du territoire canadien y compris l'ouest canadien épargné jusque alors. À cause du faible "pouvoir tampon" (de neutralisation) de leur mince couche de matière organique, les sols nordiques de l'est du Canada sont particulièrement menacés et accusent déjà un excès d'acidité de 21%. Les dépôts acides réduisent la vitalité biologique des sols, y compris les sols agricoles, des lacs et des rivières et risquent de provoquer à terme un déclin des écosystèmes forestiers et aquatiques. Selon ce bilan fédéral inédit, près de 75% de l'est canadien sont ainsi menacés par l'accumulation lente mais progressives des pluies acides et auraient de graves conséquences pour la santé humaine, le tourisme, l'industrie forestière et la fabrication du sirop d'érable. (OP) ; Source : Le Devoir, édition du samedi 15 et du dimanche 16 avril 2006, "Le retour des pluies acides" par Louis-Gilles Francoeur
> Lire aussi : Les pluies acides s'attaquent à l'Ouest du Canada (Notre-planete.info, 18.04.2006)
> En savoir plus sur ls pluies acides (Environnement Canada)
> Lire aussi : Les pluies acides s'attaquent à l'Ouest du Canada (Notre-planete.info, 18.04.2006)
> En savoir plus sur ls pluies acides (Environnement Canada)
lundi 10 avril 2006
Kahnawake dit non au BTi
Alors que la saison des maringouins approche au Québec, les municipalités de plusieurs villes de la banlieue montréalaise s'appretent à reprendre les épandages aériens de Bti dans le cadre de leur lutte péventive contre la propagation du VNO (virus du Nil occidental) transmis par les moustiques. Depuis 2003, des pulvérisations préventives de cet insecticide biologique sont en effet opérés dans les zones péri-urbaines les plus susceptibles de favoriser une transmission rapide du VNO (milieux humides comme les forêts, marais et autres plans d'eau stagnante, etc.). Mais, cette année, le conseil de bande de Kahnawake vient de remettre en cause la finalité de ces pratiques en refusant d'autoriser à nouveau les traitements de Bti sur l'ensemble de son territoire. Le conseil de bande a en effet découvert que l'objectif principal de ces pulvérisations préventives n'étaient plus la lutte contre la propagation du VNO, mais visaient plutôt à assurer le confort des citoyens de la ville voisine de Châteauguay. Selon les groupes environnementaux du territoire Mohawk, les maringouins et leurs larves, aussi dérangeants soient-ils, ont une "raison d'exister" car ils constituent la diète de nombreux animaux (oiseaux, poissons, batraciens, chauves-souris) et assurent la pollinisation de nombreuses plantes. Considérant que les effets à long terme de ces traitements sur la chaîne alimentaire et les écosystèmes ne sont pas encore bien connus, ces groupes souhaitent limiter le plus possible les interventions humaines afin de préserver la biodiversité de la forêt et des marais de Kahnawake. Ils préconisent plutôt la plantation de végétaux qui repoussent les maringouins comme la citronnelle ou d'autres qui attirent leurs prédateurs. (OP) ; Source : Le Soleil du Samedi (Châteauguay), "La Ville perd un allié dans sa lutte contre les maringouins" (01.04.2006)
> Pour en savoir plus sur le rôle des moustiques dans la biosphère : Le Moustique par solidarité écologique de Jean-Pierre Bourassa, Boréal, 2000, 239p. >>>
> Pour en savoir plus sur le rôle des moustiques dans la biosphère : Le Moustique par solidarité écologique de Jean-Pierre Bourassa, Boréal, 2000, 239p. >>>
jeudi 30 mars 2006
Le paludisme profite du réchauffement climatique
Le rôle des changements climatiques sur l'incidence des maladies transmises par les moustiques est un sujet très débattu dans la communauté scientifique. Selon une équipe de recherche dirigée par Mercedes Pascual (Université du Michigan), une petite hausse des températures pourrait expliquer en partie l’importante augmentation des cas de paludisme observée dans les hauts plateaux d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi) au cours des 50 dernières années. Les hauts plateaux africains dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0.5 C, enregistré sur 4 sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Cependant, les chercheurs précisent que les changements climatiques ne sont pas les seuls facteurs en cause mais qu'ils doivent être pris en compte aussi minimes soient-ils. Le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la perturbation des écosystèmes comme la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte. (OP)
> Réf. : Pascual M., Ahumada JA., Chaves LF., Rodó X., Bouma M., 2006. Malaria resurgence in the East African highlands: Temperature trends revisited. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 10.1073/pnas.0508929103 Édition électronique avançée du 29.03.06 [Résumé en anglais] [Article en accès libre, PDF]
> Lire la nouvelle : Quand le paudisme profite du réchauffement (Sciences et Avenir.com 212.03.06)
> Voir aussi : Des études menées en Amazonie tissent le lien entre paludisme et déforestation (PESTInfos 09.02.06)
> Réf. : Pascual M., Ahumada JA., Chaves LF., Rodó X., Bouma M., 2006. Malaria resurgence in the East African highlands: Temperature trends revisited. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 10.1073/pnas.0508929103 Édition électronique avançée du 29.03.06 [Résumé en anglais] [Article en accès libre, PDF]
> Lire la nouvelle : Quand le paudisme profite du réchauffement (Sciences et Avenir.com 212.03.06)
> Voir aussi : Des études menées en Amazonie tissent le lien entre paludisme et déforestation (PESTInfos 09.02.06)
Paludisme et réchauffement climatique
Le rôle des changements climatiques sur l'incidence des maladies infectieuses transmises par les moustiques est un sujet très débattu dans la communauté scientifique. Selon une récente étude dirigée par Mercedes Pascual (Université du Michigan), le paludisme profiterait du réchauffement climatique. Ainsi, selon la chercheuse, une petite hausse des températures pourrait expliquer, du moins en partie, l’importante augmentation des cas de paludisme observée dans les hauts plateaux d'Afrique orientale (Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi) au cours des 50 dernières années.
Les hauts plateaux africains, dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques, étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0,5 C, enregistré sur quatre sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Toutefois, d'autres facteurs comme le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte.
Référence :
Les hauts plateaux africains, dont les conditions climatiques sont peu propices au développement des moustiques, étaient jusque là relativement épargnés par la malaria. En revisitant les données climatiques à l'aide de nouveaux modèles statistiques, les chercheurs ont montré que le réchauffement local de 0,5 C, enregistré sur quatre sites témoins depuis la fin des années 70, pourrait théoriquement conduire à une augmentation de 30 à 100% de la population de moustique vecteurs. Toutefois, d'autres facteurs comme le développement de la résistance aux traitements antipaludiques, le déplacement des populations humaines vers ces régions, leurs difficultés pour accéder aux services de santé et la déforestation sont aussi des facteurs à prendre en compte.
Référence :
- Pascual M., Ahumada JA., Chaves LF., Rodó X., Bouma M., 2006. Malaria resurgence in the East African highlands: Temperature trends revisited. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 10.1073/pnas.0508929103 Édition électronique avançée du 29.03.06 [Résumé] [Article en PDF]
- «Quand le paludisme profite du réchauffement» (Sciences et Avenir.com 21.03.06)
Libellés :
Changements climatiques,
Malaria,
Moustiques,
Vecteurs de maladies
lundi 13 mars 2006
Chikungunya : la démoustication gouvernementale serait elle inefficace ?
Alors que l'épidémie de Chikungunya qui sévit depuis plus d'un an à la Réunion a passé la semaine dernière le cap des 200 000 cas et qu'elle semble s'étendre dans plusieurs archipels de l'océan indien (Maurice, Mayotte, Comores, Seychelles), les opérations d'éradication du moustique tigré Aedes albopictus, son principal vecteur, ne font pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Dans un entretien qu'il a accordé à l'agence de presse Destination Santé, René Le Berre, entomologiste et fondateur de l'école française d'entomologie médicale de l'Institut de recherche en développement (IRD), dénonce les politiques "cosmétiques" de distribution de répulsifs anti-moustiques et soutient que les opérations de démoustication actuelles, lancées dans la précipitation par les autorités, sont vouées à l'échec. Dans un climat chaud et humide comme celui de la Réunion, les répulsifs sont en effet rapidement inefficaces. D'autre part, le "déluge d'insecticides chimiques", dont certains sont nocifs pour la santé et l'environnement (>Voir PESTInfos 27.02.06), ne peuvent parvenir à éradiquer complètement les moustiques adultes qui sont très résistants et qui par ailleurs restent très agressifs même lorsque leur densité de population est faible. L'entomologiste affirme même que les moustiques tigres sont contaminés par le virus du Chikungunya sur 5 générations ! Il existe pourtant d'autres solutions comme l'identification et la destruction des gîtes larvaires d'origine anthropique susceptibles de recueillir de l'eau (vieux pneus, canettes et bouteilles vides, récipients abandonnées, bâches de piscines, vases des cimetières, etc.) et que la femelle du Tigre asiatique affectionne particulièrement. A. albopictus qui s'est répandu depuis l'Asie jusqu'en Europe et en Amérique du Nord, suit en effet les déplacements de l'homme et s'adapte parfaitement bien aux gîtes que celui-ci lui procure en particulier les vieux pneus. La femelle albopictus est capable d'y déposer 3 à 4 pontes d'une centaine oeufs chacun au cours de sa courte existence (3 à 4 semaines maximum). À chaque ponte, elle doit nécessairement se nourrir d'un apport protéique en prélevant un "repas de sang" chez un animal à sang chaud. L'élimination de ces gîtes larvaires et leur traitement ciblé et répété au moyen de larvicides biologiques spécifiques comme le Bti (i.e. Bacillus thuringiensis variété israelensis) devrait cependant permettre de diminuer la densité de population des moustiques vecteurs et de réduire les risques de transmission à l'homme. Cependant, ce spécialiste qui a oeuvré pendant près de 15 ans dans la lutte contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest, prévient que la lutte antivectorielle sera longue et qu'elle doit intégrer de nouvelles connaissances sur la biologie de ce moustique, qui peut aussi véhiculer la fièvre de Dengue, et de son écologie sur le terrain. L'implication des communautés et des populations locales dans la lutte antivectorielle sera aussi une composante essentielle à son succès. (OP)
> Chikungunya : le moustique a de l'avance (Destination santé, 13.03.06)
> Chikungunya : la démoustication serait inutile ? (Notre-planète.info, 10.03.06)
> La démoustication à la Réunion mise en cause (Destination Santé - 01.03.06) : vous pouvez y écouter l'interview de René Le Berre (format Quick Time Player)
> Le moustique Aedes albopictus: un étonnant voyageur qui circule en pneus (AFP, 28.03.06)
À propos de l'épidémie de Chikungunya :
> Infection par le virus Chikungunya à l’Ile de la Réunion. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n°hors série (31 janvier 2006) : document PDF à télécharger sur le site de l'Institut de veille sanitaire
> Chikungunya : le retour des arboviroses ? (Science Actualités 03.03.06)
> Chikungunya : le moustique a de l'avance (Destination santé, 13.03.06)
> Chikungunya : la démoustication serait inutile ? (Notre-planète.info, 10.03.06)
> La démoustication à la Réunion mise en cause (Destination Santé - 01.03.06) : vous pouvez y écouter l'interview de René Le Berre (format Quick Time Player)
> Le moustique Aedes albopictus: un étonnant voyageur qui circule en pneus (AFP, 28.03.06)
À propos de l'épidémie de Chikungunya :
> Infection par le virus Chikungunya à l’Ile de la Réunion. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n°hors série (31 janvier 2006) : document PDF à télécharger sur le site de l'Institut de veille sanitaire
> Chikungunya : le retour des arboviroses ? (Science Actualités 03.03.06)
lundi 13 février 2006
L'agriculture durable favorise les rendements et les revenus des petits paysans
Photo : Cultures de maïs à Cuba, dans la région de Vinales (OP - juin 2000)
Malgré les récents progrès technologiques, la faim et la pauvreté continuent de se répandre dans le monde alors que l'agriculture productiviste, principalement basée sur les monocultures intensives, provoque de plus en plus d'effets néfastes sur l'environnement. L'agriculture durable repose sur le développement de technologies et pratiques culturales permettant d'améliorer la production des denrées agricoles sans affecter irréversiblement l'environnement. Une équipe internationale de chercheurs, dirigés par J. Pretty de l'université d'Essex a étudié 286 projets d'agriculture durable répartis dans 57 pays en voie de développement. Couvrant 37 M d'hectares (soit environ 3% de la surface cultivée des pays en voie de développement), ces projets ont impliqué 12.6 millions de paysan et leur famille. L'étude, publiée dans la revue Environmental Science and Technology, révèle que les rendements agricoles ont augmenté en moyenne de 79 % au cours des 10-15 dernières années.
Les techniques d'agriculture durable, basées sur une utilisation réduite de l'eau, une meilleure gestion des sols et des engrais, et une lutte phytosanitaire (contre les parasites et adventices) fondée sur la mise en valeur de la biodiversité de préférence aux pesticides chimiques, se sont révélées particulièrement profitables pour le maïs, le millet, les pommes de terre et les légumineuses dont les récoltes ont plus que doublé. En épargnant sur les pesticides et autres produits de synthèse, les paysans ont aussi vu leur revenu et leur moyen de subsistance augmentés. D'autre part, ces techniques de conservation permettent de capter et séquestrer plus de carbone de l'atmosphère, soit environ 0.35 t C ha-1 y-1, et donc de combattre le réchauffement climatique du à l'effet de serre. Selon les chercheurs, il n'est pas certain que l'agriculture durable puisse relever le défi de la faim dans le monde, mais sa propagation, qui nécessite la mise en place de nouvelles politiques et un support des institutions internationales, pourrait de toute évidence aider les paysans les plus pauvres de la planète. (OP) ; Sources : La Presse du 27.01.06, " L'agriculture durable, la solution ?", un article de Jean-Charles Côté disponible en ligne sur Cyberpresse.ca ; "Conservation agriculture boosts yields and incomes" (SciDev.Net 25.01.06) ; Réf. : Pretty J, Noble A D, Bossio D, Dixon J, Hine R E, Penning de Vries F W T and Morison J I L. 2006. Resource-conserving agriculture increases yields in developing countries. Environmental Science & Technology [Résumé en anglais]
jeudi 9 février 2006
Lien entre paludisme et déforestation
Deux études récentes menées en Amazonie ont démontré un lien entre la déforestation et un risque accru de la transmission du paludisme.
Selon la première étude réalisée au Brésil (1), les importantes coupes forestières pratiquées en Amazonie à des fins agricoles et d'urbanisation entraînent la multiplication des sites d'eaux stagnantes qui sont autant de gîtes de ponte des moustiques vecteurs de la maladie.
La seconde étude (2), menée au Pérou, montre que le taux de piqûre du moustique, Anopheles darlingi, le principal vecteur de la malaria en Amazonie, est près de 300 fois supérieur dans les zones déboisées et le long des routes forestières que celui mesuré en forêt. Selon Jonathan Patz, co-auteur de l'étude péruvienne, les politiques de conservation et de protection des forêts doivent être prises en compte dans les stratégies de prévention du paludisme.
Source : SciDevNet
Références :
Selon la première étude réalisée au Brésil (1), les importantes coupes forestières pratiquées en Amazonie à des fins agricoles et d'urbanisation entraînent la multiplication des sites d'eaux stagnantes qui sont autant de gîtes de ponte des moustiques vecteurs de la maladie.
La seconde étude (2), menée au Pérou, montre que le taux de piqûre du moustique, Anopheles darlingi, le principal vecteur de la malaria en Amazonie, est près de 300 fois supérieur dans les zones déboisées et le long des routes forestières que celui mesuré en forêt. Selon Jonathan Patz, co-auteur de l'étude péruvienne, les politiques de conservation et de protection des forêts doivent être prises en compte dans les stratégies de prévention du paludisme.
Source : SciDevNet
Références :
- (1) Caldas de Castro M., Monte-Mór RL., Sawyer DO, Singer BH., 2006. Malaria risk on the Amazon frontier. PNAS USA 2006 Feb; 10: 1073 [Résumé]
- (2) Vittor AY, Gilman RH, Tielsch J, Glass G, Shields T, Lozano WS, Pinedo-Cancino V, Patz JA., 2006. The effect of deforestation on the human-biting rate of Anopheles darlingi, the primary vector of Falciparum malaria in the peruvian Amazon. Am J Trop Med Hyg. 2006 Jan;74(1):3-11 [Résumé]
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