jeudi 29 janvier 2026

Effets du dinotéfurane sur les abeilles mellifères : un nouveau mécanisme d’écotoxicité des néonicotinoïdes

Une équipe de chercheurs chinois a montré que l’insecticide néonicotinoïde dinotéfurane affecte profondément la physiologie, la thermorégulation et le comportement des abeilles mellifères (Apis mellifera), avec des conséquences potentiellement importantes pour la santé des colonies et des ruches.

Le dinotéfurane est un insecticide systémique de la famille des néonicotinoïdes. Il est largement utilisé pour lutter contre de nombreux ravageurs, tels que les pucerons, les aleurodes et les thrips en agriculture et en horticulture, notamment pour la gestion des gazons. Il est également employé contre les punaises de lit et les blattes dans les bâtiments d’habitation, ainsi que contre les puces et les tiques en médecine vétérinaire.

Élévation de la température corporelle des abeilles

Les chercheurs ont observé que l’exposition au dinotéfurane lors du butinage modifie les niveaux d’octopamine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’activité et de la thermorégulation chez les insectes. Cette perturbation entraîne une augmentation significative de la température corporelle des abeilles exposées.

Modification du comportement et retour accéléré à la ruche

Cette élévation de température est associée à l’activation de gènes liés au vol, notamment le gène flightin. En conséquence, les abeilles exposées au dinotéfurane reviennent plus rapidement à la ruche après le butinage. Autrement dit, elles transportent le nectar et les résidus de dinotéfurane qu’il contient vers la ruche plus vite qu’en temps normal.

Augmentation de l'exposition des colonies au dinotéfurane 

Cette modification du comportement de butinage entraîne une augmentation de la quantité de dinotéfurane introduite dans la ruche, ce qui peut accroître l’exposition de l’ensemble de la colonie au pesticide. Les auteurs suggèrent que ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi les néonicotinoïdes sont fréquemment détectés à des niveaux élevés dans les ruches, comparativement à d’autres classes de pesticides.

Risque écotoxicologique accru pour la santé des colonies

Au-delà des effets neurotoxiques des néonicotinoïdes déjà bien établis, cette étude met en évidence un mécanisme d’écotoxicité original : en modifiant la physiologie et le comportement des abeilles, ces insecticides peuvent faciliter leur propre propagation au sein de la colonie, en utilisant les abeilles comme vecteurs involontaires de contamination.

Ces résultats soulignent les risques majeurs associés à l’utilisation des néonicotinoïdes en agriculture et en horticulture, en particulier leur capacité à perturber le comportement naturel des abeilles pollinisatrices, avec des conséquences négatives à l’échelle de la ruche entière.


Référence

➤ Fu Zhang, Lixia Zou, Yongheng Zhang, Honghong Li, Dongyu Yang, Lichao Chen, Zhaojie Chen, Xuesheng Li. Neonicotinoid pesticides dinotefuran increase honeybee body temperature and accelerate honeybee (Apis mellifera) translocation of contaminants into hives to enhance ecotoxicity risk,
Environmental Chemistry and Ecotoxicology, Volume 8, 2026, Pages 631-641. https://doi.org/10.1016/j.enceco.2025.12.009

 

lundi 26 janvier 2026

Impact des mélanges de pesticides sur la santé des perdrix grises

Une étude récente menée par des chercheurs du Centre d’Études Biologiques de Chizé (CNRS / La Rochelle Université) et du Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive met en évidence, pour la première fois, qu’un mélange de pesticides, même à faibles doses comme ceux présents dans les agrosystèmes, altère significativement l’état de santé des perdrix grises (Perdix perdix). Cette espèce d'oiseau emblématique des plaines agricoles connaît un fort déclin depuis plusieurs décennies.

Les chercheurs ont mené des expérimentations en conditions semi-naturelles en nourrissant des perdrix avec des céréales issues de l’agriculture conventionnelle. Ces graines contenaient de nombreux résidus de pesticides, comparables à ceux rencontrés dans les agrosystèmes actuels. Des analyses sanguines ont ensuite été réalisées afin de rechercher jusqu’à 94 substances potentiellement polluantes, incluant herbicides, fongicides et insecticides.

Les résultats montrent que l’exposition chronique à des mélanges de pesticides provoque des altérations mesurables du comportement et de la physiologie, ainsi qu’une dégradation globale de leur état de santé. parmi les effets observés : 

  • une baisse significative de l’activité physique
  • une diminution de l’intensité des couleurs autour de l’œil, un indicateur clé de l’état physiologique et un signal sexuel important dans le choix des partenaires;
  • une réduction de la réactivité face au danger;
  • une baisse de l’activité neurologique, mise en évidence par la diminution de l’activité de l’enzyme acétylcholinestérase, révélatrice d’un impact sur le système nerveux.

Fait notable, certains pesticides détectés dans le sang des perdrix n’avaient pas été mesurés dans les graines distribuées. Ce résultat suggère l’existence d'autres voies d’exposition (air, sol, eau) ou le contact direct avec l’environnement, et pas uniquement l’ingestion alimentaire.

L’étude souligne également les limites des méthodes actuelles d’évaluation des risques liés aux pesticides. Celles-ci reposent principalement sur des tests de substances prises isolément, ce qui conduit probablement à une sous-estimation des effets combinés auxquels la faune sauvage est réellement exposée. Or, les mélanges de pesticides présents dans l’environnement peuvent affecter durablement la santé et le comportement des perdrix grises, contribuant ainsi au déclin des populations d’oiseaux en milieu agricole.

Plus largement, ces travaux montrent que l’exposition simultanée à de multiples pesticides, même à faibles doses, peut perturber des fonctions biologiques essentielles, réduire les capacités de survie et de reproduction, et accélérer le déclin de la biodiversité agricole. Ils soulèvent également des interrogations au-delà de la faune sauvage, notamment quant aux conséquences potentielles pour la santé humaine dans un contexte d’exposition diffuse et chronique à de nombreux pesticides dans l’environnement.

 

Références 

➤ CNRS, La Rochelle Université, 2026. Les mélanges de pesticides altèrent l’état de santé des perdrix grises: une première démonstration. Communiqué de presse, 20 janvier 2026. [PDF en ligne] [https://www.cnrs.fr/sites/default/files/press_info/2026-01/20260119%20Perdrix%20CEBC_vF.pdf]

➤ Dupont S.M., et al., 2026. First evidence of deleterious effect of pesticide mixture on health status in semi-captive grey partridges. Environmental Research, Volume 289, 15 January 2026. https://doi.org/10.1016/j.envres.2025.123332

lundi 19 janvier 2026

Le microbiote des plantes : vers une alternative naturelle aux pesticides?

Les plantes, tout comme les humains et les animaux cohabitent avec une multitude de micro-organismes (bactéries, champignons et autres microbes) qui constituent leur microbiote. Cette association étroite entre hôtes et microbiotes joue un rôle clé dans l’accès aux nutriments, la croissance, la résistance aux maladies et, plus généralement, la santé globale des plantes.

La plante comme holobionte 

Aujourd’hui, la plante n’est plus considérée comme un organisme isolé, mais de plus en plus comme un holobionte, c’est-à-dire un ensemble fonctionnel et évolutif formé par la plante hôte et l’ensemble de ses micro-organismes associés et symbiotiques (champignons, bactéries, virus). Le génome combiné de la plante et de ses symbiotes, appelé hologénome, conditionne de nombreux traits biologiques tels que la nutrition, l’immunité, l’adaptation aux stress environnementaux (sécheresse) et les mécanismes de défenses naturelles. 

Interactions et communications entre plantes et microbiotes

Les plantes hébergent des communautés microbiennes autour de leurs racines (rhizosphère), sur leurs feuilles et à l’intérieur même de leurs tissus. Ces relations sont fonctionnelles, dynamiques et évolutives : plantes et microbes échangent des signaux chimiques, des métabolites, mais aussi des molécules de régulation et du matériel génétique sous la forme de mini séquences appelées microARN.

Ces microARN jouent un rôle clé dans la communication entre les organismes. Ils peuvent réguler l’expression de gènes chez la plante ou chez les microbes associés, modulant ainsi l’immunité, la croissance ou la réponse au stress. Certaines bactéries et champignons peuvent influencer les microARN des plantes, et inversement, ce qui révèle un niveau de communication jusqu'alors insoupçonné. 

Note : Les microARN sont des petits ARN régulateurs non codants, d’environ 20–24 nucléotides, produits naturellement par les organismes (plantes, animaux, champignons). Ils assurent une modulation fine de l’expression des gènes, en inhibant ou dégradant les ARN messagers (ARNm). Ils différent des ARN interférents, issus le plus souvent d’ARN double brin (virus, éléments exogènes), provoquent une extinction ciblée des gènes par interférence ARN.

Nutrition et symbioses racinaires

Parmi les partenaires symbiotiques les plus connus figurent les champignons mycorhiziens. En augmentant considérablement la surface d’absorption des racines, ils facilitent l’acquisition de l’eau et de nutriments essentiels, notamment le phosphore. D’autres micro-organismes du sol, comme certaines bactéries associées aux racines, améliorent la disponibilité de l’azote (nitrates) ou d’oligo-éléments. Grâce à ces symbioses, les plantes tolèrent mieux les sols pauvres, la sécheresse et divers stress environnementaux.

Microbes protecteurs et défense naturelle des plantes

Le microbiote végétal joue également un rôle majeur dans la protection contre les agents phytopathogènes. Certaines bactéries antagonistes et champignons bénéfiques limitent le développement de maladies par compétition, par la production de substances antimicrobiennes (antibiose) ou par la stimulation des défenses naturelles de la plante. Les mycorhizes peuvent aussi renforcer les parois cellulaires (manchon mycélien autour des racines) et surtout activer une résistance systémique, rendant la plante moins sensible aux infections. Ces mécanismes naturels offrent des alternatives aux pesticides chimiques de synthèse.

Vers une nouvelle approche phytosanitaire

La prise en compte du microbiote végétal, des symbioses racinaires, des bactéries antagonistes et des mécanismes de communication comme les microARN bouleverse la vision traditionnelle de la protection des cultures. Elle ouvre la voie à des pratiques agricoles fondées sur des inoculants microbiens, une gestion écologique des sols et l’exploitation des interactions biologiques naturelles. 

 Cette approche favorise une agriculture plus durable, moins dépendante des intrants chimiques, notamment des pesticides de synthèse dont l’efficacité diminue face à l’apparition de résistances chez les ravageurs et agents phytopathogènes. En misant sur les associations naturelles entre plantes et micro-organismes plutôt que sur leur élimination systématique via des pesticides, il devient possible de repenser la protection des cultures et la lutte contre les ravageurs et les maladies des plantes. 

Mieux comprendre les interactions entre les plantes et leurs microbiotes pourrait ainsi renforcer la résistance des cultures aux maladies, réduire l’usage des intrants chimiques (pesticides, engrais) et contribuer à une agriculture plus résiliente, durable et respectueuse des écosystèmes.

 

Références

Monard, Cécile et Abdelhak El Amrani, 2026. « Les plantes aussi ont un microbiote – pourrait-on s’en servir pour se passer de phytosanitaires ? », The Conversation, 18 janvier 2026 [En ligne] https://theconversation.com/les-plantes-aussi-ont-un-microbiote-pourrait-on-sen-servir-pour-se-passer-de-phytosanitaires-266429

INRAE, 2025. « Plantes et leurs microbes : un duo clé pour une agriculture durable », 6 janvier 2025 [En ligne] https://www.inrae.fr/actualites/plantes-leurs-microbes-duo-cle-agriculture-durable

PestInfos, 2026. « Les mycorhizes : alliées invisibles mais essentielles des plantes », 25 novembre 2025 [En ligne]. https://pestinfos.blogspot.com/2026/01/les-mycorhizes-alliees-invisibles-mais.html


mercredi 14 janvier 2026

Plus de pesticides, moins d’oiseaux

Une récente étude scientifique menée en France métropolitaine, publiée dans Proceedings of the Royal Society B, montre que les oiseaux communs sont moins abondants dans les zones agricoles où les achats de pesticides sont les plus élevés. En s’appuyant sur des données à grande échelle, les chercheurs mettent en évidence une association négative entre l’intensité de l’usage des pesticides et l’abondance des oiseaux dans les cultures. Ces résultats soulignent le rôle clé des pratiques agricoles dans le déclin de la biodiversité ordinaire et renforcent l’intérêt de systèmes agricoles moins dépendants des pesticides et intrants chimiques.

 En d’autres mots, réduire l’usage des pesticides, c’est aussi protéger la biodiversité agricole!

« On a trouvé un signal assez fort puisqu’il y a 84,4% des espèces pour lesquelles il y a des corrélations négatives, c’est-à-dire que plus il y a de pesticides vendus, moins il y a d’oiseaux...Nous pouvons conclure dès maintenant qu'une réduction de l'utilisation des pesticides est nécessaire pour atténuer les pertes actuelles de biodiversité agricole.  »

Anne-Christine Monnet, co-autrice de l'étude et chercheuse au Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN)

(Propos recueillis par l'AFP via Sciences et Avenir)  

En 2021, le bilan de suivi temporel des oiseaux communs en France (STO) publié par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) et l'Office Français de la Biodiversité (OFB) montrait un déclin de nombreuses espèces d'oiseaux dans les campagnes et villes françaises (Hirondelle de fenêtres, Chardonneret élégant, Tourterelle des bois, etc.) : Près de 30 % d’oiseaux en moins en 30 ans

 

Références

➤ Monnet AC., Cairo M., Deguines N., Jiguet F., Vimont M., Fontaine C., Porcher E., 2026. Common birds have higher abundances in croplands with lower pesticide purchases. Proc Biol Sci 1 January 2026; 293 (2062): 20252370. DOI: 10.1098/rspb.2025.2370 https://royalsocietypublishing.org/rspb/article/293/2062/20252370/479156/Common-birds-have-higher-abundances-in-croplands

➤ Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC) : www.vigienature.fr/fr/suivi-des-oiseaux-communs-stoc

➤ BNV-D Traçabilité. Données sur les ventes de produits phytopharmaceutiques en France (Eaufrance):  https://ventes-produits-phytopharmaceutiques.eaufrance.fr/

➤ Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) : www.mnhn.fr/fr/actualites/

 

 


 


mardi 30 décembre 2025

Des plantes Bt aux ARN interférents : toujours plus d’innovation, toujours les mêmes résistances

Les plantes génétiquement modifiées (PGM / OGM) conçues pour produire des toxines issues de Bacillus thuringiensis (Bt) sont cultivées à grande échelle depuis les années 1990 afin de lutter contre les insectes ravageurs tout en réduisant l’usage d’insecticides chimiques. Elles concernent notamment le maïs Bt ou le coton Bt.  Cependant, l’apparition de résistances chez les ravageurs ciblés, de plus en plus fréquente, remet en question l’efficacité à long terme de cette technologie.

Publiée en 2023, une synthèse portant sur 25 ans de données mondiales montre que, parmi 24 espèces de ravageurs étudiées, 26 cas de résistance confirmée aux cultures Bt et 17 signaux précoces de baisse de susceptibilité ont été recensés, même si certaines espèces restent encore sensibles (Tabashnik et al., 2023). Les auteurs soulignent que des stratégies telles que la mise en place de refuges de plantes non-Bt ou le recours à de nouvelles approches, comme la combinaison des toxines Bt avec l’interférence par ARN (ARNi), pourraient ralentir l’évolution des résistances. Toutefois, de l’aveu même des chercheurs, ces technologies ARNi ne constituent pas une solution miracle et pourraient, à leur tour, induire des phénomènes de résistance chez les insectes (Meunier, 2024, Inf'OGM), notamment via des modifications de l’absorption de l’ARN ou de l’ARNi chez les insectes.

L’interférence par ARN (ARNi) est une technique qui repose sur l’utilisation de fragments d’ARN double brin capables de bloquer l’expression de gènes spécifiques chez un organisme cible. En protection des cultures, cette approche consiste à exposer les insectes ravageurs à des ARN conçus pour inhiber des gènes essentiels à leur survie ou à leur reproduction, soit via des plantes génétiquement modifiées, soit par application directe d’ARN sur les cultures. Présentée comme une alternative ou un complément aux toxines Bt, cette stratégie se distingue par un ciblage moléculaire très spécifique, mais soulève, comme les autres méthodes de lutte, des questions relatives à l’apparition de résistances, à la persistance environnementale et aux effets à long terme sur les organismes non ciblés.

Aux États-Unis, dans la Corn Belt, la généralisation du maïs Bt ciblant la chrysomèle des racines (Diabrotica virgifera virgifera) illustre concrètement ces limites. Des données accumulées sur plus d’une décennie montrent que les populations de ravageurs ont progressivement développé une résistance, réduisant l’efficacité des semences Bt et entraînant des pertes économiques significatives pour les agriculteurs. Les chercheurs avertissent qu’une gestion non durable de ces cultures pourrait conduire à une obsolescence rapide des traits transgéniques actuellement disponibles (Ye et al., 2025, ScienceFoucart, 2025, Le Monde). 

Parallèlement, les analyses économiques et de politiques publiques montrent que les défaillances de marché jouent un rôle clé dans l’accélération de la résistance aux pesticides. Les choix des agriculteurs, souvent guidés par les coûts immédiats plutôt que par la durabilité, favorisent l’émergence de populations résistantes. Cela suggère que des interventions réglementaires et des incitations économiques sont nécessaires pour préserver l’efficacité des outils de protection des cultures (Brown et Reisig, 2025, Science).

Si ces études documentent l’émergence de résistances chez les ravageurs, elles interrogent rarement le choix même des plantes transgéniques insecticides. La majorité des études se concentre sur l’optimisation technique des dispositifs (refuges, nouvelles toxines, ARNi), sans vraiment remettre en cause le modèle agricole fondé sur l’exposition continue et généralisée des insectes à des toxines produites par la plante elle-même. 

Comme le souligne Info’OGM (Meunier, 2024), cette approche tend à considérer la résistance comme un simple problème technique à corriger, alors qu’elle peut être interprétée comme une conséquence structurelle d’un système agricole intensif reposant sur des monocultures et une pression de sélection permanente.

Cette vision est également cohérente avec les constats faits aux États-Unis, où la généralisation du maïs Bt dans la Corn Belt a favorisé l’apparition de résistances chez la chrysomèle des racines et ce, malgré l’introduction régulière de nouvelles variétés de maïs Bt combinant plusieurs gènes de toxines et censées être plus efficaces. Ces résultats suggèrent donc que la résistance n’est pas une anomalie ponctuelle, mais un phénomène prévisible dans un système reposant sur l’usage massif et prolongé de plantes insecticides  (Ye et al., 2025, Science).

 

Références

Brown, Z. & Reisig, D. (2025). Assessing market failures driving pesticide resistance. Science, 387(6737), 930-932. https://www.science.org/doi/10.1126/science.adv4313

Tabashnik, B. E., Fabrick, J. A., & Carrière, Y. (2023). Global Patterns of Insect Resistance to Transgenic Bt Crops: The First 25 Years. Journal of Economic Entomology, 116(2), 297-309. https://academic.oup.com/jee/article/116/2/297/6968925

Foucart, S. (2025, 27 février). Aux États-Unis, l’usage généralisé de maïs OGM insecticides nourrit la résistance des ravageurs. Le Monde.

Meunier, E. (2024). 25 ans plus tard, les OGM insecticides face à la résistance des insectes. Inf'OGM. https://infogm.org/25-ans-plus-tard-les-ogm-insecticides-face-a-la-resistance-des-insectes/ 

Meunier, E. (2024). ARN interférents et OGM : une nouvelle fuite en avant face aux résistances des ravageurs ? Inf’OGM. 

Ye, X., et al. (2025). Assessing market failures driving pesticide resistance. Science, 387(6737), 930-932. https://doi.org/10.1126/science.adv4313

 

 

 

 

 

 

 

mardi 23 décembre 2025

Champignons phytopathogènes : un danger croissant pour l’agriculture

Les champignons ont récemment attiré l’attention grâce à la série télévisée à succès The Last of Us, dans laquelle un champignon du genre Ophiocordyceps, ayant subi une mutation, prend le contrôle du cerveau humain et transforme les individus en zombies. Si ce scénario relève clairement de la science-fiction, il illustre néanmoins une inquiétude bien réelle exprimée par la communauté scientifique. En 2023, Sarah Gurr, spécialiste de la sécurité alimentaire à l’Université d’Exeter, alertait sur le risque croissant que représentent les champignons phytopathogènes dans un contexte de changement climatique :

  « Les infections fongiques se propagent rapidement et deviennent de plus en plus résistantes dans un un monde qui se réchauffe. La menace n’est pas celle des “zombies”, mais celle d'une famine planétaire. »
Stukenbrock E., Gurr S.J. Address the growing urgency of fungal disease in crops. Nature, 2023 : https://www.nature.com/articles/d41586-023-01465-4

Chaque année, les champignons phytopathogènes sont responsables de pertes agricoles estimées entre 10 et 23 % des récoltes, malgré l’utilisation intensive de fongicides. À ces pertes s’ajoutent des pertes post-récolte de l’ordre de 10 à 20 % (Stukenbrock et Gurr, Nature, 2023). Dans certaines régions du monde, notamment en Afrique subsaharienne, les conséquences peuvent être encore plus sévères : des études rapportent des pertes de rendement allant de 30 à 70 % sur le blé ou le maïs, liées à des agents tels que Fusarium graminearum ou  ou Fusarium verticillioides (Benjamin et al., Discov Agric, 2024). La rouille du blé qui touche de nombreux pays peut détruire jusqu’à 100 % des récoltes dans certaines conditions. 

Les champignons phytopathogènes constituent ainsi une menace majeure pour la sécurité alimentaire mondiale, particulièrement dans un contexte de croissance démographique et de réchauffement climatique. Pour des cultures vivrières essentielles comme le riz, le blé, le maïs, la pomme de terre ou le manioc, l’émergence ou l’intensification de maladies fongiques pourrait entraîner des pertes catastrophiques et fragiliser durablement les systèmes agricoles (Science Daily 2024). 

Comme la biodiversité fongique mondiale reste très largement méconnue, la menace fongique sur les productions alimentaires est probablement sous-estimée : de nouveaux pathogènes pourraient émerger, notamment sous l’effet du changement climatique, qui favorise leur dispersion et modifie leur aire de répartition. Pour l’agriculture, cela souligne l’urgence de diversifier les pratiques (variétés résistantes, rotation, agroécologie, surveillance, biocontrôle) plutôt que de compter uniquement sur les fongicides, d’autant que la résistance des champignons et oomycètes aux fongicides est un problème croissant




mercredi 17 décembre 2025

Comprendre les pesticides : définition, usages et enjeux

Les pesticides, également appelés produits phytopharmaceutiques en France ou produits antiparasitaires au Canada, regroupent un ensemble de substances destinées à prévenir, éliminer ou contrôler des organismes jugés nuisibles aux cultures, à la santé humaine ou aux biens matériels. Leur utilisation s’est fortement développée au cours du XXᵉ siècle avec l’essor de l’agriculture intensive et des systèmes de production à hauts rendements.

Aujourd’hui, les pesticides sont présents dans de nombreux compartiments de l’environnement, sols, eaux de surface, eaux souterraines, air, mais aussi dans les milieux domestiques et urbains. Cette diffusion soulève d’importantes questions scientifiques, environnementales et sociétales.

Impacts environnementaux et sanitaires

Si les pesticides peuvent contribuer à protéger les cultures et à limiter des pertes de rendement, un nombre croissant d'études scientifiques met en évidence les effets négatifs liés à leur usage intensif ou mal maîtrisé. Ces impacts concernent notamment la biodiversité (insectes pollinisateurs, organismes du sol, faune aquatique), la qualité des milieux naturels et les services écosystémiques (pollinisation, recyclage de la matière organique, contrôle naturel des ravageurs).

Sur le plan sanitaire, l’exposition aiguë ou chronique à certaines substances actives est associée à des risques pour la santé humaine. Ces risques font l’objet d’évaluations, de classifications et de débats scientifiques portés par des organismes internationaux tels que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). La présence de résidus de pesticides dans l’eau et les aliments fait l’objet de débats scientifiques et sociétaux et soulèvent de nombreuses préoccupations publiques.

Changements climatiques et résistance

Le réchauffement climatique modifie profondément les équilibres écologiques. Il favorise l’émergence ou l’expansion de ravageurs et d’agents phytopathogènes, ainsi que l’augmentation du nombre de cycles biologiques de certaines espèces nuisibles. Dans ce contexte, le recours accru aux pesticides peut accélérer l’apparition de phénomènes de résistance chez les insectes ravageurs, les champignons phytopathogènes et les plantes adventices. Ces résistances, aujourd’hui largement documentées, réduisent l’efficacité des substances disponibles et conduisent souvent à une escalade des traitements, renforçant la dépendance aux pesticides.

Réduire l'usage des pesticides 

Ces constats ont conduit à une remise en question progressive des modèles agricoles fortement dépendants des pesticides chimiques. De nombreuses instances scientifiques, institutionnelles et non gouvernementales soulignent la nécessité de réduire leur usage en privilégiant des stratégies alternatives :  lutte biologique, lutte intégrée, pratiques agroécologiques, diversification des systèmes de culture, sélection et culture de variétés résistantes. Ces approches visent à limiter le recours aux pesticides tout en maintenant une production agricole viable, et à renforcer la résilience des agroécosystèmes face aux changements climatiques, tout en réduisant les impacts environnementaux et sanitaires.

Une page de référence pour mieux comprendre les pesticides et les enjeux liés à leur utilisation

La nouvelle page « Pesticides : définition, types et usages » propose une synthèse structurée et documentée :

  • des classes fonctionnelles de pesticides selon les organismes ciblés,
  • des usages agricoles, sanitaires, domestiques et industriels,
  • des notions clés sur les formulations, l’homologation et les matières actives,
  • une présentation des origines chimiques, biologiques et microbiologiques,
  • ainsi qu’un éclairage sur la toxicité, les impacts environnementaux et les pesticides hautement dangereux (HHP).

 ➤ Pour approfondir le sujet, consultez la page : Pesticides : définition, types et usages 


 

 


mercredi 10 décembre 2025

Les pesticides « fluorés » : une catégorie non officielle, mais de plus en plus discutée

Une classe ou famille de pesticides désigne habituellement un ensemble de molécules partageant une structure chimique proche, un mode d’action similaire ou un spectre d’activité comparable. Les insecticides, par exemple, sont classés en familles telles que les organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes, néonicotinoïdes, etc., chacune définie par une architecture moléculaire ou un mode d’action commun.

Les pesticides fluorés, en revanche, ne forment pas une famille chimique au sens strict. Cette expression désigne simplement des molécules pesticides contenant un ou plusieurs atomes de fluor (F) dans leur structure. On trouve ainsi des pesticides fluorés dans plusieurs familles classiques : pyridines, triazines, benzamides, SDHI, néonicotinoïdes, sulfonylurées, etc. Les pesticides fluorés appartiennent donc à des familles chimiques très différentes et présentent des modes d’action biologiques multiples. 

Parmi les pesticides fluorés, on trouve des herbicides (fluroxypyr, flumioxazine, fluazifop-P-butyl), des insecticides (fipronil, flupyradifurone, fluvalinate) et des fongicides (fluopyram, fludioxonil, fluxapyroxad, fluazinam). Par exemple, le fipronil est un insecticide phénylpyrazole contenant deux groupements –CF₃, le fluvalinate, un pyréthrinoïde acaricide contenant trois atomes de fluor, le fluroxypyr, un herbicide auxinique, dérivé pyridine-carboxylique, contenant un groupe –CF₃. 

Pourquoi ajouter du fluor ?

En chimie organique, l’introduction d’atomes de fluor modifie profondément les propriétés des molécules. Elle peut :

  • augmenter la stabilité chimique et métabolique,
  • accroître la lipophilicité ou la sélectivité,
  • améliorer la diffusion dans les tissus,
  • renforcer l’efficacité biologique.

Ces optimisations expliquent pourquoi l’industrie agrochimique utilise le fluor depuis longtemps, et de plus en plus depuis les années 2000. Plus de la moitié des pesticides récents contiennent désormais au moins un atome de fluor. Toutefois, ces mêmes propriétés rendent souvent les molécules plus persistantes et moins biodégradables, ce qui soulève des inquiétudes environnementales, pour les écosystèmes et les organismes non ciblées, mais aussi des inquiétudes pour la santé humaine..

Liens avec les PFAS : source, précurseurs ou contaminants

Plusieurs pesticides fluorés présentent un autre enjeu majeur : leur relation avec les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées). Cette relation intervient à différents niveaux :

  1. Certaines matières actives sont elles-mêmes des PFAS, car elles possèdent une chaîne perfluorée (–CF₃, –CF₂–).
  2. D'autres pesticides fluorés peuvent se dégrader en composés fluorés persistants, comme le trifluoroacétate (TFA) ou d’autres acides perfluorés.
  3. Des PFAS peuvent aussi être présents dans les formulations commerciales : solvants, surfactants, agents mouillants, stabilisants, adjuvants, ou encore revêtements d’enrobage des semences.

La liaison carbone–fluor (C–F), extrêmement stable, explique la persistance environnementale de ces substances PFAS et leur surnom de « polluants éternels ».

La classification d’un pesticide fluoré comme PFAS dépend de la définition utilisée : certaines conventions et réglementations (OCDE 2021) incluent toutes les substances contenant des motifs –CF₂– ou –CF₃, tandis que d’autres définitions plus strictes (EPA, UE) ne retiennent que les composés perfluoroalkylés (CF₃–(CF₂)ₙ–) qui sont encore beaucoup plus stable et persistants. Ainsi, le statut PFAS peut varier selon les auteurs et les cadres réglementaires.

Les pesticides fluorés, qu’ils soient perfluoroalkylés (comme le fipronil ou le fluazinam) ou polyfluoroalkylés (comme le flumioxazine ou le fluazifop-P-butyl), ainsi que leurs résidus, sont souvent considérés comme des PFAS selon certaines définitions. Très stables et persistants, des traces peuvent être détectées dans les sols, l’eau potable et les aliments.

Pourquoi en parle-t-on davantage ?

Même s’ils ne constituent pas une famille reconnue, les pesticides fluorés sont regroupés de plus en plus souvent dans la littérature scientifique et dans les médias en raison de :

  • leur présence croissante dans les nouvelles générations de pesticides,
  • leur potentiel de persistance et de bioaccumulation,
  • leur rôle possible comme source ou précurseurs de PFAS,
  • et leur risque accru pour les écosystèmes et parfois pour la santé humaine.

En conclusion, les pesticides fluorés ne sont pas une classe chimique homogène, mais une catégorie transversale regroupant tous les pesticides contenant du fluor. Leur développement croissant, leur potentiel de persistance et leurs liens directs ou indirects avec les PFAS expliquent l’intérêt scientifique et médiatique grandissant qu’ils suscitent.


Références pour en savoir plus :

Alexandrino, D. A. M., et al. (2022). Revisiting pesticide pollution: The case of fluorinated pesticides. Environmental Pollution, 292, Part A https://doi.org/10.1016/j.envpol.2021.118315

Donley, N., Cox, C., Bennett, K., Temkin, A. M., Andrews, D. Q., & Naidenko, O. V. (2024). Forever pesticides: A growing source of PFAS contamination in the environment. Environmental Health Perspectives, 132(7) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39046250/


lundi 8 décembre 2025

PestInfos sur Bluessky @pestinfos.bsky.social

Fil de presse : Actualités, infos et veille scientifique sur les pesticides, leurs effets sur la santé et l’environnement, les alternatives biologiques, la lutte contre les organismes nuisibles en agriculture et en santé : Environnement, Agriculture, Biodiversité, Science, Écologie politique et sociale. 

La revue d'actualités de PestInfos est disponible : 

 Sur Bluesky depuis janvier 2025 : @pestinfos.bsky.social

 ➡️ https://bsky.app/profile/pestinfos.bsky.social

 Sur X (anciennement Twitter) de mai 2014 à janvier 2015 :

 ➡️ https://x.com/pestinfos

 En savoir plus sur PestInfos :

 ➡️À Propos

 

jeudi 4 décembre 2025

Glyphosate : l’étude phare de 2000 rétractée après 25 ans de controverse

L’étude de Williams et al. (2000), qui affirmait depuis 25 ans que le glyphosate, ingrédient actif de l’herbicide Roundup, était « sans danger », a été officiellement « retirée ou révoquée (retracted) » de la revue scientifique Regulatory Toxicology and Pharmacology. Les éditeurs évoquent de graves problèmes éthiques, ainsi qu’un manque d’indépendance et de transparence dans la rédaction de l’article. Il apparaît que l’étude avait en réalité été largement rédigée (« ghostwriting ») par le fabricant lui-même, l’entreprise Monsanto, sans que cela soit déclaré.

Publié en 2000, l’article de Williams et al., Safety Evaluation and Risk Assessment of the Herbicide Roundup and Its Active Ingredient Glyphosate, for Humans, passait en revue les rapports des agences de réglementation et concluait que le glyphosate ne présentait aucun risque sérieux pour la santé humaine : ni cancer, ni effets nocifs sur la reproduction, ni perturbation du système endocrinien. Pendant plusieurs décennies, cette étude a servi de référence mondiale pour affirmer que le glyphosate et le Roundup étaient sans danger.

Ce qui était censé être une étude scientifique indépendante et rigoureuse s’avère donc avoir été fortement influencée par Monsanto, remettant en cause la validité de ses conclusions. Cette rétractation rappelle l’importance de la transparence scientifique, surtout sur des sujets touchant à la santé publique.

Communiqué de l'éditeur (en anglais) : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0273230099913715?via%3Dihub

 

En juin 2025, une autre étude internationale publiée dans la revue scientifique Environmental Health a apporté de nouvelles conclusions plus préoccupantes quant à la dangerosité du glyphosate. Menée sur plus de 1 000 rats suivis pendant 2 ans, elle montrait que le glyphosate, même à des doses jugées sûres par les normes européennes, provoquait une hausse marquée de tumeurs bénignes et malignes dans de nombreux organes et tissus : sang (leucémies), peau, foie, thyroïde, système nerveux, gonades, rein, vessie, os, pancréas. Les auteurs estiment que ces résultats constituent une preuve solide que le glyphosate et ses formulations commerciales peuvent être cancérogènes chez l’animal, y compris à des doses considérées comme sûres pour l’humain.

Référence 

Panzacchi, S., Tibaldi, E., De Angelis, L. et al. Carcinogenic effects of long-term exposure from prenatal life to glyphosate and glyphosate-based herbicides in Sprague–Dawley rats. Environ Health 24, 36 (2025). https://doi.org/10.1186/s12940-025-01187-2

 

 

mardi 25 novembre 2025

Les mycorhizes : alliées invisibles mais précieuses des plantes

Discrètes mais puissantes, les mycorhizes sont des partenaires essentiels du monde végétal. Présentes chez la grande majorité des plantes, elles jouent un rôle clé dans leur croissance et leur santé. En améliorant l’absorption des nutriments et de l’eau, elles renforcent la nutrition des plantes tout en stimulant leurs défenses naturelles face aux ravageurs, aux parasites et aux agents phytopathogènes. Véritables alliées du vivant, les mycorhizes contribuent ainsi à la fertilité des sols et à une productivité durable des écosystèmes.

 ➤ En savoir plus sur les Mycorhizes : https://pestinfos.blogspot.com/p/mycorhizes.html

 

vendredi 9 mai 2025

Pyréthrinoïdes : alerte sur de nouveaux risques pour la santé

Suite à l’analyse des nouvelles données de l’expertise collective de l’Inserm (mise à jour en 2021) sur les liens entre exposition aux pesticides et santé humaine, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur les risques associés aux insecticides pyréthrinoïdes et organophosphorés. Ces substances sont mises en cause pour leurs effets potentiels sur le neurodéveloppement, la reproduction et certaines formes de cancer.

L’Anses identifie trois principaux risques, en particulier pour les insecticides pyréthrinoïdes, encore largement utilisés en agriculture (produits phytopharmaceutiques), mais aussi dans des biocides domestiques (aérosols insecticides, traitements anti-poux ou certains médicaments vétérinaires). vétérinaires, etc.).  

  • Troubles du comportement de type internalisé (anxiété, dépressions, phobies, etc.) chez des enfants dont la mère a été exposée pendant la grossesse (par exemple : anxiété). 
  • Effets sur la fertilité masculine avec des atteintes spermatiques observées dans la population générale, bien que le niveau de présomption soit plus faible.. 
  • Augmentation du risque de certains cancers, notamment la leucémie lymphoïde chronique / lymphome lymphocytaire, associée à l’exposition professionnelle à la deltaméthrine (niveau de présomption moyen).

L’agence souligne également une étude épidémiologique récente (Qi et al, 2022) confirmant que l’exposition aux pyréthrinoïdes pendant la grossesse peut affecter le neurodéveloppement des très jeunes enfants.

Pour limiter les risques, l’Anses recommande :

  • une mise à jour régulière des évaluations des pesticides;
  • l’identification précise des sources d’exposition (agricole, biocide, vétérinaire, domestique) afin de mieux cibler les actions de prévention, notamment pour les femmes enceintes et les enfants;
  • une meilleure transparence et traçabilité des données d’usage, actuelles et passées;
  • une réduction des usages de pesticides au strict nécessaire, en agriculture mais aussi dans le cadre domestique.

Source : Anses (20/04/2025). Analyse des résultats de l’expertise collective de l’Inserm sur les effets des pesticides sur la santé 

 

dimanche 28 novembre 2021

Mauvaises herbes : ennemies ou alliées?

Les mauvaises herbes, ou adventices, sont souvent perçues comme de simples nuisibles dans les champs, jardins, pelouses ou espaces urbains. Mais elles jouent un rôle complexe dans les écosystèmes. Si certaines peuvent nuire aux cultures en concurrençant les plantes pour l’eau, la lumière et les nutriments, elles offrent aussi des avantages écologiques insoupçonnés : elles attirent les pollinisateurs, améliorent la structure du sol, nourrissent la faune sauvage et sont utilisées en phytothérapie traditionnelle. Leur « mauvais » statut est donc avant tout subjectif, dépendant du contexte humain. (agriculture, jardinage, espaces urbains)

Infestation de liseron des haies (Calystegia sepium, Convolvulaceae) dans un champs de maïs
Crédit photo:  Ohio State Weed Lab , The Ohio State University, Bugwood.org 

  On peut classer les mauvaises herbes en grandes catégories

  • Adventices des cultures agricoles qui concurrencent les plantes cultivées pour l’eau, la lumière, les nutriments et l'espace
  • Plantes parasites qui prélèvent la sève d’autres espèces de plantes
  • Plantes rudérales qui colonisent les zones anthropisées (espaces urbains, et perturbés par les humains)
  • Plantes exotiques envahissantes ou invasives qui menacent les écosystèmes et la biodiversité locale
  • Plantes toxiques ou allergènes pour les animaux et les êtres humains. 

On les distingue aussi par cycle de vie : annuelles, bisannuelles ou vivaces, ce qui influence leur mode de reproduction et leur gestion en agriculture.

Enfin, la lutte contre ces plantes peut être coûteuse et a des impacts écologiques importants. Au‑delà des herbicides, il existe des méthodes plus respectueuses de l’environnement : 

PestInfos propose une nouvelle page complète et documentée sur les mauvaises herbes et explore leurs effets positifs et négatifs sur les agrosystèmes et les écosystèmes, ainsi que leur gestion dans différents contextes. 

 La page aborde aussi des aspects pratiques :

  • la biologie des adventices (annuelles, bisannuelles, vivaces) et leurs modes de reproduction;
  • des exemples de plantes communes et leurs particularités;
  • le rôle des mauvaises herbes en tant que plantes bioindicatrices, révélant la qualité et les caractéristiques du sol;
  • des stratégies de gestion, allant des méthodes physiques (désherbage mécanique, paillage) à des approches plus écologiques et respectueuses de l'environnement. 

 Pour mieux connaître ces plantes souvent mal aimées : 

 ➤ https://pestinfos.blogspot.com/p/mauvaises-herbes.html

  

Chardon des champs (Cirsium arvense, Asteraceae) commun en Europe dans les champs et prairies, considéré comme invasif au Canada et aux états-Unis. Déclarée comme nuisible aux cultures, cette plante est recherchée par les pollinisateurs (abeilles, papillons, etc.). Crédit photo: Ohio State Weed Lab , The Ohio State University, Bugwood.org 



jeudi 11 février 2021

Herbicides : Des Composés Controversés pour l'Agriculture et l'Environnement

Glyphosate, paraquat, dicamba… Les herbicides de synthèse ne cessent de susciter les controverses en raison de leur nocivité pour la santé humaine et l'environnement. Si leur efficacité à contrôler les mauvaises herbes dans les cultures est indéniable, notamment dans les premières années suivant leur mise sur le marché, leur impact à long terme soulève de nombreuses questions. Parmi les préoccupations majeures : la résistance croissante des adventices, les effets délétères sur la flore sauvage, la contamination des sols et des milieux aquatiques, ainsi que les risques pour les écosystèmes et la santé humaine.

 Crédit photo : John D. Byrd, Mississippi State University, Bugwood.org, licence CC BY 3.0

Pour mieux comprendre ces enjeux, notre page dédiée aux herbicides offre un aperçu complet de ces produits chimiques largement utilisés en agriculture. Nous y détaillons les principaux types d'herbicides, leurs modes d'action, leurs usages spécifiques, mais aussi leurs effets indésirables et les défis liés à leur emploi. Chaque famille d'herbicides est présentée avec des exemples documentés, allant des herbicides de synthèse classiques aux alternatives comme les herbicides minéraux et biologiques.

Herbicides

Autres pages liées: 

Pesticides

Mauvaises herbes

 

samedi 14 novembre 2020

Alternatives aux pesticides de synthèse : les extraits végétaux

Divers extraits bruts de plantes telles que l’ail, le thym, la consoude, la sauge, les orties, les tagètes (œillets) les fougères et les prêles sont utilisées empiriquement pour leurs propriétés insecticides, insectifuges, acaricides, fongicides, herbicides ou nématicides, selon les cas. Obtenus artisanalement par broyage, fermentation, décoction, macération ou infusion des feuilles, des tiges ou des fleurs, ces extraits peuvent être employés comme pesticide à l'échelle d'un jardin ou d'un potager. Classés comme « préparations naturelles peu préoccupantes » ou « biostimulants », ils bénéficient généralement de procédures allégées pour leur mise en marché.

Bien qu'ils soient généralement moins efficaces que les extraits purifiés ou les principes actifs isolés, les extraits végétaux bruts présentent plusieurs avantages.

  • Ils sont riches en oligoéléments et, de ce fait, peuvent servir à enrichir et activer le compost et à stimuler la microflore bénéfique du sol.
  • Ils peuvent stimuler la croissance des plantes traitées et leurs défenses naturelles contre les maladies, les parasites et les ravageurs.
  • Leurs effets pesticides multiples et leurs modes d'action diversifiés limitent les risques de développement des résistances chez les populations visées.

Il existe un très grand nombre de recettes maisons pour les préparer. Toutefois, il est à noter que les effets pesticides de certaines recettes maisons ne sont pas toujours corroborés par les études scientifiques.

 

Liste des principaux extraits végétaux utilisés comme pesticides en horticulture

Ce tableau présente à titre informatif une liste non exhaustive d’extraits végétaux qui ont des activités fongicides, insecticides ou répulsives. Ils sont principalement destinés à un usage domestique. Leur efficacité peut varier selon les modes de préparation, d’application et d’entreposage, les doses d’emploi et les conditions environnementales. Par ailleurs, même s’ils sont naturels, ils peuvent être toxiques pour les humains, la flore ou la faune. Aussi, il faut rester prudent lorsqu’on les prépare ou qu’on les applique sur les plantes ou sur le sol. 


Plante

Propriétées

Mode de préparation et d’utilisation*

Absinthe

Artemisia absinthium

Insecticide (piéride, ver de la pomme), fongicide (rouille du groseillier), répulsif (limaces)

Infusion, décoction et extrait fermenté (tiges et feuilles), pulvérisation au sol

Ail

Allium sativum

Insecticide (pucerons, charançons, doryphore) et acaricide, fongicide (fonte de semis, moisissure grise, cloque du pêcher), répulsif (chevreuil)

Décoction ou macération huileuse (gousses hachées), arrosage au sol contre les champignons ou pulvérisation foliaire contre les insectes

Bardane

Arctium

Fongicide (mildiou), fertilisant

Macération, engrais au sol et foliaire, paillis (plantes entières avec racines)

Capucine

Tropaeolum majus

Insecticide (aleurodes), fongicide (mildiou, chancres des arbres fruitiers)

Infusion ou macération (feuilles fraîches)

Consoude Symphitum officinalis

Renforçateur des défenses naturelles, fertilisant riche en potassium et bore, activateur de compost

Décoction, extrait fermenté, jus concentré (feuilles fraîches)

Arrosage ou pulvérisation foliaire

Note : les feuilles feuilles fraîches peuvent être appliquées en paillis.

Ortie

Urtica dioica

Répulsif insectifuge (puceron, carpocapse), insecticide (pucerons) et acaricide, renforçateur des défenses naturelles, fertilisant, fongicide (maladies des racines), activateur de compost

Infusion, décoction, macération ou extrait fermenté (plantes entières avant floraison avec racines

Arrosage ou pulvérisation foliaire

Note : les préparations peuvent aussi servir à protéger les racines lors de la plantation.

Prêle des champs

Equisetum arvense

Renforçateur des défenses naturelles,

fongicide préventif (oïdium, mildiou, rouille, botrytis), répulsif insecticide

Décoction ou macération (feuilles fraîches ou sèches)

Pyrèthre

Tanacetum cinerariifolium ou Chrysanthemum cinerariifolium

Insecticide (pucerons, aleurodes, mouches) et acaricide

Infusion ou macération (fleurs épanouies fraîches ou sèches)

Pulvérisation sur les feuilles

Note : attention, l’extrait contient des pyréthrines qui sont toxiques pour les pollinisateurs

Raifort

Armoracia rusticana

Fongicide à large spectre

Infusion, macération et extrait fermenté (plantes entières avec racines)

Rhubarbe

Rheum rhaponticum

Répulsif insectifuge (pucerons, chenilles, plusieurs larves), limaces et rongeurs

Macération ou extrait fermenté (feuilles)

Pulvérisation, épandage des feuilles séchées et broyées au sol

Note : attention certains principes actifs peuvent être toxiques.

Sauge officinale

Salvia officinalis

Répulsif insectifuge

Fongicide (mildiou)

Infusion, décoction ou extrait fermenté (tiges et feuilles)

Note : ne pas utiliser sur semis (ralentissement de la germination)

 *Les modes de préparation et d’utilisation peuvent varier selon les auteurs.

  • Infusion : extraction des principes actifs par l’eau bouillante (surtout pour pour les tissus tendres);  
  • Décoction : extraction par trempage dans l’eau (24 heures), puis à l’eau bouillante et court trempage (20 à 30 minutes) dans l’eau frémissante (surtout utilisé pour les tissus coriaces); 
  • Macération : extraction par trempage simple (24 heures) dans l’eau froide ou de l’huile (lin, paraffine); 
  • Extrait fermenté ou purin : extraction par trempage prolongé dans l’eau froide (entre 5 et 30 jours) et fermentation.

Les extraits doivent être refroidis et filtrés avant de traiter. Certaines préparations peuvent être stockées au besoin pendant quelques jours à l’abri de la lumière et à température fraîche.

Autre préparation artisanale d'intérêt en permaculture, le thé de compost est obtenu par infusion d'un compost en le laissant tremper dans de l'eau oxygénée. En plus de stimuler la flore microbienne du sol, le thé de compost améliore la santé des plantes d'intérieur ou du jardin et renforcent leur défenses naturelles contre les maladies fongiques (Rustica, 2023). 

Article mis à jour en décembre 2025 

 

 

samedi 7 novembre 2020

Plantes messicoles : adventices habitantes des moissons

Les plantes messicoles sont des adventices inféodées aux moissons, en particulier aux cultures de céréales d'hiver (blé, orge, avoine, seigle). Elles incluent principalement des annuelles (bleuet, coquelicot, matricaires, adonis d'été, nielle des blés) et quelques vivaces (glaïeul des moissons, tulipa sp.). 

Depuis la domestication des céréales au néolithique, ces plantes anciennes originaires du moyen-orient ont migré et coévolué avec elles. Ce sont donc des espèces spécialistes qui ont des cycles de vie comparables à celles des céréales (entre le semis et la moisson) et sont dépendantes de certaines pratiques culturales ancestrales (labours superficiels à l'automne, semis clairs). En plus de leur importance patrimoniale et esthétique au niveau des paysages agricoles, les plantes messicoles favorisent la pollinisation des espèces cultivées et le contrôle biologique des ravageurs par les auxiliaires. 

En Europe, l'intensification des pratiques agricoles modernes (usage des pesticides, fertilisation azotée, labours profonds, remembrement, tri des semences) a conduit à la raréfaction, voire la disparition locale des plusieurs espèces messicoles. La mise en place de bandes fleuries en bordure des champs permet de favoriser leur présence et d'augmenter la biodiversité des agrosystèmes. 


 

Pour en savoir plus:

 

 

mardi 1 septembre 2020

Principes de botanique

La botanique est la science qui étudie les végétaux ou plantes. Elle recouvre différentes disciplines scientifiques qui trouvent des applications en agriculture, en horticulture, en sylviculture, mais aussi en pharmacie, en agrochimie et en biotechnologies. 

  • Systématique et taxonomie : familles botaniques, identification et classification, inventaire des flores locales
  • Morphologie végétale : feuilles, tiges, racines, fleurs,fruits
  • Anatomie et histologie végétales : tissus de soutien, vaisseaux conducteurs, etc.
  • Physiologie végétale : nutrition, croissance et développement, transpiration, respiration, photosynthèse, hormones végétales, reproduction végétative (asexuée) et sexuée
  • Génétique végétale : hérédité et gènes, amélioration et sélection des plantes 
  • Écologie végétale : populations et communautés végétales, relations des plantes avec leur milieu (écosystèmes), répartition des plantes à la surface de la planète (biomes)
  • Pathologie végétale ou phytopathologie : maladies des plantes (agents phytopathogènes), ravageurs
  • Chimie végétale ou phytochimie : métabolisme et fonction des molécules végétales

Les principes de la botanique sont à la base de toute production végétale, qu’elle soit agricole ou horticole. Ainsi, tout bon horticulteur ou toute bonne horticultrice doit les comprendre et les maîtriser. Ils permettent notamment de mieux comprendre le fonctionnement des plantes, leurs besoins, leur croissance et leur reproduction.

Ces principes aident également à choisir les bonnes plantes au bon endroit, c’est-à-dire des espèces adaptées au climat et au sol, à prévenir les maladies et les ravageurs, et à appliquer correctement les techniques culturales (semis, arrosage, fertilisation, taille, etc.) ainsi que les méthodes de multiplication (bouturage, greffage, marcottage).

 Grâce aux principes de la botanique, l’horticulteur ou l’horticultrice peut cultiver et entretenir des plantes, ou concevoir des jardins et des cultures, de manière plus écologique et responsable, en respectant la biodiversité et en limitant l’usage des intrants chimiques (engrais et pesticides).

 Maîtriser la botanique, c’est passer d'un jardinage amateur à une horticulture plus professionnelle et durable.

Le guide d'apprentissage Principes de botanique est destiné aux étudiants en formation professionnelle en horticulture et jardinerie au Québec. Il expose les grands principes de botanique en lien avec la morphologie, la physiologie, la génétique, la classification et l'écologie des plantes.

CEMEQ. Principes de botanique, Horticulture et jardinerie (5288), Compétence 2, Sherbrooke (Québec), août 2020, 208p.
Auteur / rédacteur : Olivier Peyronnet, Ph.D 
Éditeur : Centre d'étude et des moyens d'enseignement du Québec (Cemeq)
➤ Pour en savoir plus : https://www.cemeq.qc.ca/liste-produits/secteur/2/collection/5288/produit/2283/principes-de-botanique/ 

La prévention des maladies des plantes et des ravageurs fait l'objet d'un second guide d'apprentissage intitulé "Problèmes phytosanitaires". Celui-ci est en cours d'édition. 



 

 

 

 

 

mercredi 22 novembre 2017

Le chlorothalonil, un fongicide en cause dans le déclin des bourdons

Composé organochloré dérivé du benzène (famille des chloronitriles), le chlorothalonil est un fongicide de contact multisite qui est utilisé en agriculture (arachides, pommes de terre, vigne, cultures maraichères), dans les terrains de golf et dans les peintures antisalissures (antifouling). Très toxique pour les poissons et les invertébrés aquatiques, il serait aussi néfaste pour les insectes pollinisateurs, notamment les bourdons.

En étudiant les facteurs qui menacent les populations d'insectes pollinisateurs sur 284 sites aux États-Unis, des chercheurs américains ont mis en évidence le rôle du chlorothalonil dans le déclin de quatre espèces de bourdon (Bompus spp). Ce fongicide rend en effet les bourdons plus sensibles à un parasite intestinal intracellulaire, Nosema bombi (Microsporidia, Fungi), qui peut être mortel. Les auteurs de l'étude s'inquiètent en outre de l'action synergiste du fongicide avec les insecticides systémiques sur les populations d'insectes pollinisateurs.

Ces résultats confirment une étude réalisée en 2013 qui montrait une augmentation de l'infection par un autre parasite intestinal, Nosema ceranae, chez les populations d'abeille dont le pollen était fortement contaminé par des fongicides. 

Références:

samedi 18 novembre 2017

Le paraquat un herbicide hautement toxique continue d'empoisonner les agriculteurs dans les pays en développement

Le paraquat (dichlorure de 1,1’-Diméthyl-4,4’-bipyridinium) est un herbicide de contact non sélectif qui est très utilisé dans le monde depuis les années 1960. Hautement toxique par ingestion, même à très faible dose, il est particulièrement dangereux pour les agriculteurs et les travailleurs qui peuvent s'empoisonner accidentellement lors de sa manipulation. Sans antidote connu à ce jour, le paraquat est aussi une des substances les plus utilisées dans le monde par les agriculteurs pour se suicider, notamment en Asie. Par ailleurs, des études ont établi un lien entre l’exposition chronique au paraquat et des lésions dégénératives semblables à celles causées par la maladie de Parkinson.

Interdit dans les pays européens depuis 2007, à usage restreint en Amérique du Nord, l'herbicide reste cependant très utilisé dans les pays en développement où les travailleurs des plantations (café, cacao, canne à sucre, huile de palme, caoutchouc, soja) et les paysans l'utilisent, souvent sans aucune formation ni protection adéquate, pour préparer le sol au semi direct sans labourage.

La multinationale agrochimique suisse Sygenta est l'un des plus gros producteur de paraquat, sous le nom commercial de Gramoxone. Une organisation non gouvernementale suisse Public Eye (Déclaration de Berne) accuse Sygenta d'être directement responsable de la mort des milliers de travailleurs et fermiers empoisonnés par le paraquat. L'ONG s'est rendu dans un petit village isolé des Philippines, au milieu d'une plantation de palmiers à huile, à la rencontre de ces agriculteurs intoxiqués à leur insu.


En association avec Pest Action Network UK (PAN UK), Public Eye a publié la bibliographie la plus complète à ce jour sur les conséquences sanitaires de l’emploi du paraquat. Plus de 200 publications y sont recensées.



Pour en savoir plus:



LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...