mercredi 26 septembre 2007

Les grenouilles victimes indirectes des engrais agricoles

En Amérique du Nord, le nombre de malformations observées chez les amphibiens (membres supplémentaires, manquants ou déformés) est en constante augmentation depuis les années 90. Une récente étude réalisée à l'Université du Colorado à Boulder révèle que l'eutrophisation des lacs et étangs est à l'origine du développement de ces malformations chez les grenouilles.

Les chercheurs américains ont mis en évidence une cascade d'évènements en réponse aux modifications environnementales qui conduisent à l'émergence d'un parasite responsable des malformations. En effet, l'apport de grandes quantités d'engrais azotés et phosphatés par les agriculteurs et les jardiniers nord-américains entraîne une eutrophisation accrue des écosystèmes aquatiques qui stimule la prolifération de cyanobactéries, Ces dernières favorisent à leur tour la présence d'escargots porteurs d'un parasite des grenouilles. L'augmentation de la densité des escargots infectés et du nombre de parasites par escargots conduit finalement à une élévation du taux d'infection chez les amphibiens. Le parasite est un vers trématode, Ribeiroia ondatrae, dont les larves forment des kystes dans les membres des têtards, provoquant de sévères malformations qui peuvent être létales.

D'une façon plus générale, cette étude permet de mieux comprendre la réponse des parasites aux perturbations des écosystèmes. Elle pourrait expliquer le déclin des batraciens dans le monde, mais aussi la prolifération de parasites impliqués dans des maladies humaines comme le choléra, le paludisme, le virus du Nil occidendal (VNO) ou dans la disparition des récifs coralliens. (Source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
  • Johnson PT, Chase JM, Dosch KL, Hartson RB, Gross JA, Larson DJ, Sutherland DR, Carpenter SR., 2007. Aquatic eutrophication promotes pathogenic infection in amphibians. Proc Natl Acad Sci U S A. 104(40):15781-6 [PubMed]

mercredi 19 septembre 2007

L'horreur du soja transgénique en Amérique du Sud

Cauchemar sanitaire en Argentine! La moitié des terres cultivables y est accaparées par le soja transgénique de Monsanto. 150 millions de litres de glyphosate, un puissant herbicide toxique (Round-Up de Monsanto), sont désormais répandus au lieu de un million de litres avant la culture du soja transgénique résistant au Round-Up. Les cultures vivrières sont abandonnées et détruites. Les animaux et les hommes deviennent malades. Face à l'horreur transgénique, un puissant mouvement populaire s'organise.

Un reportage d'Arte de M.-M. Robin, G. Martin, M. Duployer et F. Boulègue à voir!


L'Argentine n'est pas le seul pays d'Amérique du Sud à être victime du soja transgénique. Au Brésil, dans les états du Para et du Mata Groso, la déforestation de la forêt amazonienne s'intensifie pour laisser place à un désert transgénique...
Lire ''L'Amazonie asphyxiée par le soja transgénique'', un article de Hubert Prolongeau, avec Béatrice Marie (LeMonde.fr, 18.09.2007)

mardi 18 septembre 2007

Des pesticides ont provoqué un «désastre sanitaire» aux Antilles françaises

Selon un rapport préparé par le cancérologue Dominique Belpomme, l'utilisation massive de certains pesticides a provoqué un "désastre sanitaire" aux Antilles françaises. Le rapport vise en particulier le chlordécone, un insecticide organochloré utilisé pour lutter contre le charançon du bananier (Cosmopilites sordidus). Très toxique, très rémanent dans l'environnement et considéré comme cancérogène par les autorités sanitaires, l'insecticide a été interdit en France métropolitaine en 1990 et aux Antilles françaises en 1993. Toutefois, aux Antilles, le chlordécone a continué d'être utilisé clandestinement dans les bananeraies jusqu'en 2002.

Le chlordécone est à l'origine d'une pollution considérable en Guadeloupe et en Martinique où certaines nappes d'eaux souterraines en contiennent des taux 100 fois supérieurs à la norme. Pour le Pr Belpomme, ce produit est "l'arbre qui cache la forêt", et il prévient que c'est probablement l'ensemble des eaux, du sol et de l'alimentation qui sont pollués par une centaines de pesticides, dont le paraquat un herbicide encore bien plus toxique. Il souligne en outre qu'en Guadeloupe, c'est l'ensemble des femmes enceintes et des nouveaux nés qui sont contaminés au chlordécone et que les Antilles françaises sont au 2ème rang mondial pour les cancers de la prostate et que les taux de cancers du sein et de malformations congénitales y sont en nette augmentation.

Le cancérologue réclame des études épidémiologiques adaptées afin d'établir d'éventuels liens entre cette contamination et l'incidence des cancers dans la population antillaise. Il préconise aussi le développement rapide d'une agriculture sans pesticides, en particulier sur les terres qui ne sont pas encore polluées. Connu pour ses travaux sur les causes environnementales des cancers, le Pr Belpomme est le fondateur de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuses (ARTAC).

Pour en savoir plus :


L'étouffement, nouvelle arme de défense de masse des abeilles contre les frelons

En tuant les butineuses solitaires ou en s'attaquant directement aux ruches, les frelons sont une menace permanente pour les colonies d'abeilles domestiques. Pour s'en défendre, les abeilles ont élaboré différentes stratégies. Ainsi chez certaines espèces d'abeilles asiatiques, des masses d'ouvrières forment une boule compacte autour du frelon agresseur et produisent de la chaleur afin de provoquer un échauffement létal de sa température corporelle en quelques minutes.

Sur l'île méditerranéenne de Chypre, une équipe de recherche franco-grecque vient de découvrir que les abeilles locales, Apis mellifera cypria, combattent le frelon oriental, Vespa orientalis, en l'étouffant, une stratégie probablement mieux adaptée à leur environnement très chaud. La masse de 150 à 300 abeilles chypriotes entourent en effet le frelon de manière à bloquer ses mouvements et à obstruer toutes ses voies respiratoires.

Référence : 

lundi 17 septembre 2007

Certains pesticides provoquent de l'asthme chez les agriculteurs

Pour la première fois, une étude américaine à grande échelle montre que l'usage de certains insecticides, fongicides ou herbicides peut provoquer l'asthme, indépendamment des autres facteurs de risques. L'étude a été réalisée sur 20 180 agriculteurs états-uniens en Iowa et en Caroline du Nord.

Selon Jane Hoppin, du service d'épidémiologie au National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) à Bethesda, une seule exposition importante à des pesticides au cours de la vie peut suffire à doubler le risque d'asthme chez les hommes agriculteurs adultes. Bien qu'aucun lien n'ait été mis en évidence avec une classe particulière de pesticides ou un mode d'utilisation, 16 pesticides sur les 48 auxquels ont été exposés les 452 agriculteurs asthmatiques sont suspectés d'augmenter la prévalence de l'asthme chez les agriculteurs. Cette dernière a en effet été augmentée de 30 à 40 % par certains pesticides et a plus que doublé avec d'autres. Près de la moitié des pesticides incriminés sont encore commercialisés aujourd'hui à savoir le paraquat, le lindane, le parathion, le coumaphos, le diazinon et le captane.

Une étude semblable est en cours chez les femmes agricultrices. L'impact sur les populations urbaines, moins exposées aux pesticides agricoles mais à plus forte prévalence asthmatique, reste aussi à déterminer. (source : cyberpresse.ca)

Pour en savoir plus :  
  • Lire le communiqué de presse du 17e Congrès européen de pneumologie à Stockholm (en français) : [Fichier Word à télécharger]
  • Consulter la liste des travaux de Jane Hoppin sur l'incidence de l'usage des pesticides chez les agriculteurs (en anglais) : [PubMed-Hoppin JA]

jeudi 13 septembre 2007

Les abeilles en voie de disparition

Photo : Ruchers en Gaspésie (Olivier Peyronnet, juillet 2006)

Alors que les populations d'abeilles déclinent un peu partout sur la planète, et que les médias généralistes s'en alarment de plus en plus, Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA à Avignon en France, prévient que certaines espèces d'abeilles pourraient disparaître complètement*.

Fruits d'une lente co-évolution avec les plantes à fleurs, les abeilles se nourrissent presque exclusivement de nectar et de pollen. Par conséquent, elles ne possèdent que très peu d'enzymes de détoxification, ce qui les rend particulièrement fragiles à l'ingestion de poisons (par exemple, les pesticides) et aux diverses infestations de parasites.

Alors qu'un virus a été très récemment suspecté d'être responsable de leur mystérieuse disparition aux États-Unis (Voir ci-dessous la nouvelle du 06.09.07), des apiculteurs américains accusent plutôt les conditions météorologiques particulièrement extrêmes cette année (sécheresses et chaleurs intenses, gels tardifs) d'avoir limité la floraison des plantes à fleurs. Les conditions météorologiques possiblement liées au réchauffement climatique en cours pourraient expliquer la diminution du nombre d'espèces de plantes à fleurs pollinisées par les abeilles.

En Europe, si de nombreux apiculteurs mettent en cause certains pesticides systémiques (qui diffusent dans les plantes au cours de leur croissance), les scientifiques restent prudents. Une récente étude montrait un déclin parallèle entre des abeilles sauvages et les plantes à fleurs pollinisées. Quoi qu'il en soit, les abeilles sont en voie de disparition et certaines activités humaines ne semblent pas y être complètement étrangères. Une combinaison de facteurs biotiques (virus, varroa, etc.) et abiotiques (pesticides, OGM, conditions météorologiques, etc.) est probablement à l'origine de cet inquiétant déclin.

Les abeilles sont pourtant l'un des plus importants pollinisateurs de la planète. En assurant, avec d'autres insectes, la pollinisation de 80 % des plantes à fleurs, elles seraient indirectement responsables de près de 35% de la production mondiale de nourriture (fruits, légumes, oléagineux, protéagineux, café, cacao, épices, etc.). Bien qu'elles restent difficiles à évaluer, les conséquences économiques et sociales d'une disparition complète des abeilles serait donc très certainement désastreuse pour l'humanité.

Pour en savoir plus :

jeudi 6 septembre 2007

Un virus soupçonné d'être responsable de la mystérieuse disparition des abeilles

Depuis 2006, de nombreux entomologistes et apiculteurs américains s'interrogent sur l'origine du Colony Collapse Disorder (CCD) ou "syndrome d'effondrement des colonies" qui est responsable de la disparition de 50 à 90 % des colonies d'abeilles mellifères aux États-Unis. Le CDD se manifeste par la disparition des ouvrières, sans que les réserves de la ruche ne soient touchées par un quelconque parasite, laissant une reine quasiment seule.

L'acarien varroa, le principal parasite des abeilles domestiques, n'est pas détecté dans les ruches atteintes. Par contre, des chercheurs viennent de découvrir qu'un virus, encore méconnu aux États-Unis, le virus de la paralysie aigu ou Israeli Acute Paralysis Virus (IAPV) était présent dans 96 % des ruches présentant le symptôme d'effondrement. C'est en étudiant le génome de l'abeille nouvellement séquencé en 2006 et, plus précisément, en comparant des séquences d'ADN d'abeilles saines et d'abeilles provenant de ruches malades que les chercheurs ont réussi à repérer ce nouveau virus. Identifié pour la première fois en Israël en 2004, ce virus appartient à la famille Dicistroviridae. L'IAPV a également été détecté dans des abeilles provenant de ruches australiennes, sans que celles-ci ne soient pourtant atteintes du CCD, et dans la gelée royale importée de Chine pour la consommation humaine.

Selon les chercheurs, l'IAPV est au moins l'un des facteurs responsables du CDD, mais il agirait très probablement en combinaison avec d'autres facteurs comme par exemple le varroa ou l'exposition aux pesticides, qui affaiblissent grandement les colonies. L'importation d'abeilles australiennes porteuses du virus en 2004, date à laquelle les premiers symptômes sont apparus aux États-Unis pourrait être à l'origine de cette dramatique épidémie. À suivre... (source : Sciences&Avenir.com)

Référence :
  • Cox-Foster DL, Conlan S et al., 2007. A Metagenomic Survey of Microbes in Honey Bee Colony Collapse Disorder. Science (publication électronique avancée du 6 septembre 2007) [Résumé en anglais sur PubMed]

jeudi 30 août 2007

Pesticides au Québec : des fruits et légumes contaminés et une consommation en hausse

Des analyses en laboratoire menées par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ)et par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) révèlent que les fruits et légumes cultivés au Québec ne sont pas moins contaminés par des pesticides que ceux importés des pays étrangers et du reste du Canada. En effet, 33 % des 500 échantillons de fruits et légumes (pommes, fraises, framboises, laitue romaine, poivrons verts, tomates et pommes de terre) testés par le MAPAQ en 2004-2005 contenaient des résidus de pesticides agricoles. Au total, 219 produits chimiques différents y ont été détectés, et dans 1,5% des cas, les concentrations étaient supérieures aux normes permises, soit un taux 6 fois plus élevé que dans le reste du Canada.

À titre de comparaison, les analyses effectuées par l'ACIA, avec des "critères sensiblement plus élevés qu'au Québec", n'ont détecté des traces de résidus que dans moins de 10 % des 11000 échantillons de fruits et légumes cultivés au Canada. Par ailleurs, les fruits et légumes importés de plusieurs pays, dont le Brésil, le Chili, le Costa-Rica, les États-Unis, le Guatemala ou la Thaïlande, se sont révélés moins contaminés que ceux cultivés au Québec. Selon le quotidien Le Devoir, "le Québec se compare même, en la matière, à des pays comme le Vietnam et Taiwan". Selon Mohamed Khelifi, professeur au département des sols et de génie agroalimentaire de l'Université Laval, interrogé par Le Devoir, la résistance des parasites aux pesticides est en cause et conduirait les agriculteurs québécois à opter de préférence pour l'action des pesticides, jugée plus efficace et plus rapide qu'une gestion saine des cultures.

Les plus récentes données dévoilées par le Ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP) indiquent en effet que les agriculteurs québécois ont légèrement augmenté leur consommation de produits agrochimiques au cours des dernières années. Entre 2002 et 2003, les ventes de pesticides agricoles (3/4 des pesticides vendus au Québec) ont en effet atteint un peu plus de 2700 tonnes, soit une hausse de 2,4% par rapport à l'année précédente, et ce alors même que la surface agricole a diminué de 1,6%. Ainsi, l'indice global de pression environnementale exercée par les pesticides sur les terres agricoles du Québec s'élevaient donc à 1,51 kg d'ingrédients actifs par hectare en 2003 contre 1,45 en 2002.

Malgré les efforts déployés par le gouvernement du Québec pour en réduire l'utilisation, le volume des ventes de pesticides à usage domestique a augmenté de près de 21 % entre 2002 et 2003. La hausse des ventes est particulièrement importante pour les insecticides à usage domestique et pour les herbicides destinés à l'entretien des pelouses et des espaces verts. Si la vente globale de pesticides a augmenté de 5,3 % entre 2002 et 2003, il faut toutefois préciser qu'elle a diminué de 9,3% depuis 1992. (Source : LeDevoir.com)

Pour en savoir plus :

jeudi 26 juillet 2007

Le réchauffement climatique augmente la biodiversité des pucerons

Les pucerons sont de minuscules insectes qui sucent la sève des plantes. Ils sont sont les principaux nuisibles agricoles dans les pays tempérés, en plus d'être une source importante de nourriture dans les écosystèmes. Des chercheurs de L'INRA, en collaboration avec leurs partenaires du réseau européen EXAMINE (EXploitation of Aphid Monitoring systems IN Europe), ont évalué l'impact du réchauffement climatique sur les populations de pucerons.

Les plus récentes études indiquent qu'au cours des 30 dernières années, le nombre d'espèces de pucerons a augmenté de près de 20 % et que leur période d'activité s'est allongée d'environ un jour par an en moyenne dans l'Ouest de la France et au Royaume-Uni.La cause? L'augmentation des températures liée au réchauffement climatique!
(source : INRA Presse-Info)


Pour en savoir plus :

vendredi 13 juillet 2007

Peristance et dissémination des gènes du Bt dans les milieux aquatiques

Au Québec, les insecticides à base de toxines de Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk) et le maïs transgénique Bt sont de plus en plus utilisés pour combattre les populations de lépidoptères ravageurs du maïs. Le gène bactérien qui code pour la toxine Cry1Ab, une protéine spécifiquement toxique pour les lépidoptères, a été introduit dans le maïs Bt à cet effet.

Des chercheurs d'Environnement Canada ont découvert que le gène Cry1Ab persistait dans les sols (sédiments) et les milieux aquatiques près des champs de maïs pendant 20 à 40 jours après les récoltes. Ils ont aussi détectés des gènes Cry1Ab dans la rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent, à plus de 80 km en aval des parcelles de cultures de maïs. Il semble donc que les transgènes Bt sont disséminés par les rivières qui drainent les régions agricoles. 

Référence :
  • Douville M, Gagné F, Blaise C, André C., 2007. Occurrence and persistence of Bacillus thuringiensis (Bt) and transgenic Bt corn cry1Ab gene from an aquatic environment. Ecotoxicol Environ Saf. 66(2):195-203. [PubMed]

dimanche 1 juillet 2007

L'exposition professionnelle aux pesticides agricoles augmenterait le risque de tumeur cérébrale

Dans le cadre d'un important programme sur les cancers professionnels, des chercheurs de l'Université de Bordeaux 2 ont étudié le lien entre l'exposition professionnelle aux pesticides et aux produits phytosanitaires et la survenue de tumeurs cérébrales. Les résultats de l’étude CEREPHY mettent en évidence que les risques de tumeurs cérébrales sont multipliés par deux pour les populations agricoles les plus exposées professionnellement à ces produits et par trois pour certains types de tumeurs du cerveau (gliomes). Une augmentation des risques moins significative a aussi été observée chez les personnes qui utilisent des pesticides pour entretenir leurs plantes d'intérieur. 

L'étude CEREPHY a été menée en Gironde, une région viticole du sud-ouest de la France particulièrement consommatrice de pesticides, sur un échantillon de 221 patients atteints de tumeurs cérébrales malignes ou bénignes entre 1999 et 2001 et de 442 personnes témoins indemnes. Compte tenu de l'échantillon limité, il est nécessaire de réaliser des études complémentaires à plus large échelle. Dans l'attente, les agriculteurs et les travailleurs agricoles devraient prendre des précautions pour diminuer le niveau d’exposition aux pesticides, par exemple en portant leur équipement de protection individuelle (masque, gants,...) ou en modifiant le mode d'épandage.
(OP - Article publié le 22/03/2006 d’après une dépêche de l'AFP, modifié le 30/06/2007)


mardi 12 juin 2007

Les pesticides ralentiraient la croissance des plantes

Selon une étude américaine menée sur le long terme, plusieurs substances présentes dans les produits phytosanitaires, dont les composés organochlorés, perturberaient la fixation de l'azote par les bactéries symbiotiques (Rhizobium) des plantes légumineuses comme le soja et la luzerne. Cette perturbation pourrait être en partie responsable des baisses de rendement observées sur certaines cultures de soja. Des études en plein champs sont présentement en cours afin de déterminer les molécules chimiques qui affectent les relations plantes-bactéries. (source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
  • Fox JE, Gulledge J, Engelhaupt E, Burow ME, McLachlan JA., 2007. Pesticides reduce symbiotic efficiency of nitrogen-fixing rhizobia and host plants. Proc Natl Acad Sci U S A., édition électronique avancée du 4 juin 2007 [Résumé en anglais]

mercredi 30 mai 2007

L'exposition aux pesticides, facteur aggravant pour la maladie de Parkinson

Selon une étude épidémiologique réalisée sur 959 patients, par une équipe de la faculté de médecine de l'Université d'Aberdeen (Écosse), l'exposition à des niveaux faibles et élevés de pesticides accroît de 9 à 39% le risque de contracter la maladie de Parkinson. La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative affectant les cellules nerveuses qui produisent un important neurotransmetteur, la dopamine et provoquant des troubles locomoteurs. Bien que la maladie de Parkinson ne soit pas causée directement par les pesticides, les chercheurs écossais ont établit un lien significatif entre les deux. Selon les spécialistes, la maladie de Parkinson serait causée par une combinaison de facteurs génétiques et de facteurs liés à l'environnement, dont l'exposition aux pesticides. (source : AFP, Londres)

Référence :

samedi 26 mai 2007

La chenille processionnaire du pin

La chenille processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa (Lép. Notodontidé), est un important insecte ravageur des forêts méditerranéennes. Ses chenilles défoliatrices se nourrissent des aiguilles de plusieurs espèces de pins et de cèdres. Elles provoquent ainsi un ralentissement de la croissance et un affaiblissement des arbres, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies et aux autres ravageurs forestiers. De plus, dès leur 3ème stade, les larves se recouvrent de poils très urticants. Projetés dans l'air, ces poils urticants sont la cause de divers problèmes de santé chez les hommes et les animaux comme des allergies, des démangeaisons cutanées, des problèmes respiratoires ou encore des crises d'asthme.

"Chenilles processionnaire ligne" by Lamiot — Travail personnel. Licensed under Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0-2.5-2.0-1.0 via Wikimedia Commons

Parmi l'ensemble des méthodes de lutte contre ce ravageur, les traitements à base de la bactérie entomopathogène Bacillus thuringiensis kurtaki (Btk) sont les plus utilisés actuellement. D'autres approches de luttes biologiques, comme par exemple la prédation par des mésanges ou la confusion sexuelle par des phéromones, sont présentement à l'étude. (Source : Futura-Sciences, Martin JC)

Pour en savoir plus :

samedi 27 janvier 2007

Les abeilles ne meurent pas toutes de la même façon

Un peu partout sur la planète, les populations d'abeilles diminuent. Dans une étude confidentielle, réalisée de 2002 à 2005 dans cinq ruchers répartis dans plusieurs départements (Eure, Gard, Gers, Indre et Yonne), l'Agence françaises de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a recensé les principaux facteurs qui causent la mort des colonies d'abeilles.

L'étude met en cause aussi bien les résidus d’insecticides agricoles (imidaclopride, fipronil, endosulfan, deltaméthrine, parathion-méthyl) qui contaminent le pollen, la cire et le miel que les mauvaises pratiques apicoles. L'Afssa dénonce, entre autres, des négligences dans l'état sanitaire des colonies et l'utilisation de produits acaricides non homologués pour lutter contre le parasite varroa (coumaphos). L'étude souligne aussi l'uniformisation du paysage agricole qui entraîne une forte diminution de la diversité des fleurs sauvages.

Obtenus par le quotidien Le Figaro, les résultats de cette étude confidentielle ont suscité la colère des apiculteurs français. Ces derniers accusent, entre autres, l'Afssa de complicité avec les industriels Bayer et BASF qui commercialisent l'imidaclopride et le fipronil, et de sous estimer le rôle de ces deux insecticides systémiques dans la crise écologique actuelle.

Pour en savoir plus et mieux comprendre les débats et enjeux :

jeudi 25 janvier 2007

100 millions d'hectares d'OGM cultivés en 2006

Le bilan annuel dressé en 2006 par l'Isaaa (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), une association financée à 40% par l'industrie semencière et agrochimique, fait état de 102 millions d'hectares de cultures transgéniques à travers le monde, soit une progression de 13% par rapport à 2005. Les cultures d'OGM sont limitées à seulement 4 plantes, soit le soja (57 %), le maïs (25 %), le coton (13 %) et le colza (5 %), et sont concentrées dans 6 pays, soit les États-Unis (53 %), l'Argentine (18 %), le Brésil (6 %), le Canada (6 %), l'Inde (4 %) et la Chine (3 %).

Du fait de l'adoption probable du riz transgénique par la Chine et du développement des plantes transgéniques destinées à produire des biocarburants, l'Isaaa estime que la superficie cultivée en OGM pourrait doubler d'ici 2015. En attendant la décision clé des autorités chinoises, l'association écologiste Friends of Earth (Les Amis de la Terre) a rendu public le 9 janvier dernier un document énumérant les manques de performance et les revers enregistrés par les OGM agricoles au cours de la dernière décennie : absence de rendements supérieurs aux semences conventionnelles, progression des résistances des insectes et des adventices aux propriétés pesticides des OGM, multiplication des cas de contaminations de la chaîne alimentaire, crise du soja en Amérique du Sud, refus de certains pays (Europe, Indonésie), etc.. 

L'association écologiste rappelle en outre que, malgré les promesses, les OGM n'ont apporté aucune solution contre la faim et la pauvreté en Afrique ou ailleurs et que l'essentiel des OGM cultivés aujourd'hui est destiné à l'alimentation du bétail pour satisfaire les besoins en viande des pays riches.

Pour en savoir plus :

mardi 2 janvier 2007

Une résine naturelle au secours des palmiers

Les palmiers du sud de la France qui sont actuellement ravagés par un lépidoptère originaire d'Argentine et d'Uruguay, Paysandisia archon (Castiniidae), pourraient être sauvé par une résine naturelle (glu). Ce papillon a été introduit accidentellement en 2002 lors d'importations de palmiers en provenance d'Amérique du Sud. Ses chenilles palmivores, de couleur blanchâtre, pouvant mesurer jusqu'à 8 cm de long (photo sur palmae.free.fr) et résistantes au froid, s'attaquent au cœur des palmiers à la base des feuilles. Le palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei), le palmier nain (Chamaerops humilis) et le palmier bleu du Mexique (Brahea armata) sont particulièrement appréciés par le ravageur, car ils ont un cœur tendre et leurs fibres facilitent la ponte de ses œufs.

Devant l'absence de prédateur naturel local et de traitements chimiques autorisés pour éradiquer cette chenille palmivore (certains traitements chimiques préconisés sont particulièrement nuisibles pour les sols), un biochimiste de l'INRA de Montpellier a récemment mis au point une résine naturelle, non toxique et très résistante, qui agit comme écran protecteur. Son application en haut du stipe (tronc) des palmiers empêche la ponte des femelles et l'entrée ou la sortie des papillons. Ce procédé a été testé avec succès l'été dernier dans la ville de Montpellier et pourrait être commercialisé dans le courant de 2007. (OP)
Source : LeFigaro.fr

Pour en savoir plus:

La fièvre jaune menace l'Asie.

Des épidémies de fièvre jaune, une maladie hémorragique virale transmise par le moustique Aedes aegypti, ont touché récemment les grandes métropoles de l'Afrique de l'Ouest comme Abidjan (Côte d'Ivoire), Dakar et Touba (Sénégal), et Conakry (Guinée). Cette maladie avait pourtant été éliminée de l'Ouest de l'Afrique dans les années 1930-1950 grâce à un programme de vaccination préventive systématique. L'importance des moussons en 2005, accompagnées de pluies diluviennes favorisant la propagation du moustique vecteur, pourrait être à l'origine de la recrudescence de ces épidémies urbaines.

Devant l'accroissement des échanges commerciaux avec la Chine, la fièvre jaune menace désormais de se propager dans tout le continent asiatique, d'autant plus que le moustique vecteur infeste déjà les grandes villes indiennes depuis les années 1970. Si aucune nouvelle mesure de prévention n'est adoptée rapidement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que d'ici 2050, de grandes épidémies urbaines de fièvre jaune pourraient tuer entre 1,5 et 2,7 millions d'humains. (OP)
Source : LeFigaro.fr

Pour en savoir plus: 

jeudi 26 octobre 2006

La surconsommation nuit à la biodiversité

Selon le dernier rapport "Planète Vivante 2006" publié par l'Organisation mondiale de la protection de l'environnement (WWF), les écosystèmes naturels de la planète se dégradent à un rythme sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Le WWF observe une perte régulière de la biodiversité au cours des 30 dernières années avec un déclin d'environ 30% des populations des espèces de vertébrés terrestres, marins et d'eau douce. Les activités de l'homme en sont la principale cause. L'empreinte écologique des humains dépasse en effet de 25% les capacités réelles de production de la biosphère et a plus que triplé depuis 1960.

Compte tenu des capacités de régénération des ressources naturelles, si la tendance devait se maintenir, l'humanité devrait consommer l'équivalent biologique de deux planètes Terre en 2050. En particulier, les États-unis et l'Europe consomment à l'excès les ressources naturelles qu'ils n'ont pas, en hypothéquant sur les générations futures. Selon les calculs du WWF, alors qu'un indien utilise seulement 0,8 ha de "superficie disponible biologiquement productive", un américain en requiert près de 12 fois plus, soit 9,6 ha.

L'agriculture intensive, forte consommatrice d'eau, d'énergie, d'engrais et de produits chimiques (pesticides), conduit à un appauvrissement des sols et de la biodiversité à tel point que les rendements agricoles pourraient diminuer. Au risque d'assister à l'effondrement à grande échelle des écosystèmes naturels, et à l'épuisement des ressources biologiques de la planète, il devient urgent de changer radicalement de mode de développement économique et de trouver un équilibre entre consommation et biodiversité. (OP)
Source : WWF France [Télécharger le rapport au format PDF]

mercredi 25 octobre 2006

L'importance des pollinisateurs sur la production des cultures

Une synthèse bibliographique réalisée par un groupe international de chercheurs (Allemagne, France, Australie, États-Unis) sur 115 cultures vivrières dans plus de 200 pays souligne le rôle essentiel des pollinisateurs dans les productions agricoles et notre alimentation. Selon cette étude, 3/4 des cultures vivrières, soit la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses, protéagineuses, et près de 35% de la production mondiale de nourriture dépendent des pollinisateurs, pour la plupart des abeilles.

Alors que les cultures de céréales (blé, maïs, riz, etc.) ne dépendent pas des pollinisateurs, certaines cultures comme le cacao, la vanille, les courges, les pastèques en sont totalement dépendantes, et la majorité des cultures montre un accroissement important de leur production en leur présence. Certaines données montrent en outre que les pratiques agricoles actuelles et les perturbations anthropiques de l'environnement menacent la survie des populations des abeilles sauvages de sorte qu'elles deviennent souvent trop rares pour assurer une pollinisation efficace des cultures essentielles à l'homme.
Au niveau de l'évolution et de la biodiversité, l'activité pollinisatrice des abeilles a aussi contribué de manière importante à l'expansion et à la diversification des plantes à fleurs, qui représentent aujourd'hui près de 80% des végétaux sur Terre. (OP) (Source: INRA Presse Info 24.10.06)

Références:
  • Klein AM., Vaissière BE., Steffan-Dewenter I., Cunningham SA., Claire K., Tscharntke T. Importance of pollinators in changing landscapes for world crops. Proc. R. Soc. B. 2007 [Résumé en anglais et article PDF à télécharger]
  • Module Déclin des Pollinisateurs du programme intégré européen 2004-2008 ALARM

lundi 23 octobre 2006

Identification du vecteur de la fièvre catharrale en Europe du Nord

Des experts italiens mandatés par l'Organisation mondiale de la santé animale (Oie) ont identifié le vecteur de la récente épidémie de fièvre catharrale qui a touché cet été plusieurs élevages de bovins et de moutons des Pays-Bas, de Belgique, d'Allemagne et de France. Il ne s'agit pas du vecteur habituel, Culicoides imicola, une espèce de moucheron originaire d'Afrique et du Moyen-orient dont la progression à la fin des années 90 avait propagé l'épizootie en Europe méridionale (Grèce, Corse, Sardaigne, Baléares, Croatie, Serbie, etc.), mais d'une espèce voisine européenne, Culicoides dewulfi. Il était déjà établit que le sérotype viral responsable de l'épidémie actuelle était d'origine subsaharienne et n'avait encore jamais été rencontré en Europe. Mais ce nouveau vecteur étant plus adapté au climat européen et aux températures froides que son homologue africain, l'épizootie pourrait donc s'établir en Europe du Nord et même s'étendre à d'autres pays. Devant les risques d'extension de la maladie, particulièrement au cours du prochain printemps lorsque l'activité du vecteur sera plus élevée, l'Oie va renforcer et étendre son système de surveillance en Europe du Nord, d'autant qu'il n'existe aucun traitement efficace et qu'elle est généralement mortelle pour les ruminants. C'est la première fois que cette maladie dénommée aussi la maladie de la langue bleue est identifiée à une telle latitude en Europe. Le réchauffement progressif du climat et la mondialisation des échanges pourraient favoriser ce genre d'épizooties. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Lire le communiqué de l'Oie du 23.10.06 (en anglais)
> (Re)Lire la nouvelle précédente : Progression de la maladie de la langue bleue vers le nord (PESTInfos 29.08.06)

mercredi 18 octobre 2006

L'exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson

Alors que plusieurs études montrent un accroissement du risque chez les agriculteurs, la Mutuelle sociale agricole, en collaboration avec 'Inserm et l'institut de veille sanitaire, a décidé de lancer une vaste enquête épidémiologique sur le rôle de l'exposition professionnelle aux pesticides dans la maladie de Parkinson. Cette décision survient quelque temps après qu'un salarié agricole atteint de la maladie de Parkinson ait été reconnu par un tribunal administratif français comme souffrant d'une maladie professionnelle. Une précédente étude menée de 1999 à 2001 par la MSA et l'Inserm avait montré que le risque de développer la maladie de Parkinson était multiplié par 1.9 chez les personnes exposées aux pesticides agricoles pendant plus de 15 ans, un facteur de risque équivalent à celui de développer un cancer du poumon chez les fumeurs passifs. Depuis, le possible lien entre utilisation de pesticides et maladie de Parkinson s'est vu renforcer par plusieurs études. Ainsi, une étude épidémiologique américaine réalisée sur plus de 140 000 personnes, publiée cet été par des chercheurs de l'école de santé publique de Harvard à Boston, concluait que l'exposition aux pesticides augmentait le risque de Parkinson de 70%. La nouvelle étude tentera d'évaluer l'ampleur de l'exposition aux pesticides et de préciser, parmi le grand nombre de molécules utilisées, lesquelles sont spécifiquement en cause. Celle-ci s'annonce difficile d'autant plus que la maladie de Parkinson est une pathologie complexe liée à des facteurs génétiques modulés par l'environnement. Les résultats ne seront pas connus avant plusieurs années. (OP) ; Source : LeMonde.fr ; Réf. : Ascherio A, Chen H, Weisskopf MG, O'Reilly E, McCullough ML, Calle EE, Schwarzschild MA, Thun MJ., 2006. Pesticide exposure and risk for Parkinson's disease. Ann Neurol. 60(2), 197-203 [Résumé
en anglais
]
> À lire : Parkinson : le rôle des pesticides reconnu (LeFigaro 27.09.06)



lundi 16 octobre 2006

Les pesticides périmés menacent l'Afrique d'une catastrophe sanitaire

La récente catastrophe écologique ivoirienne vient rappeler les risques sanitaires posés en Afrique par le déficit d’infrastructures pour l’élimination des pesticides chimiques accumulés au cours des dernières décennies. Dans un article publié en septembre dernier par le quotidien Jeune Afrique (www.jeuneafrique.com), Mark Davis, le coordinateur du programme de nettoyage des pesticides périmés à la FAO, affirmait en effet que les pesticides périmés menacent l’Afrique d’une catastrophe sanitaire tout aussi importante que celle que vit Abidjan aujourd’hui. La situation est particulièrement inquiétante d'autant plus que le phénomène, peu médiatisé et mal géré par les gouvernements, est le plus souvent inconnu des populations directement menacées. Il n'existe en effet pratiquement aucune informations destinées aux populations concernées sur les précautions à prendre pour éviter des contaminations. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les stocks de vieux pesticides causeraient 20.000 morts par an dans l'ensemble des pays en développement et auraient des conséquences sérieuses sur la santé de 3 millions de personnes (cancers, malformations à la naissance, etc.). En Afrique, ce n'est pas moins de 50 000 tonnes de ces produits pesticides qui menaceraient actuellement la santé de plusieurs milliers de personnes. Mark Davis estime qu’il y en a probablement en réalité presque 100.000 tonnes en Afrique ! Des pesticides obsolètes et dangereux comme la dieldrine, le DDT et le chlordane se retrouvent le plus souvent stockés dans des conteneurs dont l'étanchéité a été endommagée par le temps ou les guerres civiles, et laissés à l'abandon dans des décharges publiques qui se retrouvent aujourd'hui à proximité des bidonvilles. Ces pesticides oubliés affectent non seulement la santé des personnes mais aussi celle du bétail et contaminent l'air, l'eau et le sol. Des infiltrations peuvent ainsi contaminer de vastes zones et les rendre impropre à l'agriculture. La situation est particulièrement alarmante en Afrique subsaharienne. Depuis plus d'une décennie, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le programme des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE) tentent de sensibiliser le monde à cette situation critique de plus en plus grave et d'aider les gouvernements africains à éliminer ces pesticides périmés ou à en améliorer le stockage. Un programme 'Africa Stockpiles Programme' (ASP), dont le coût est évalué à près de 250 millions de dollars, a été récemment mis en place et vise à éliminer tous les pesticides périmés et déchets contaminés en Afrique au cours des 10-15 prochaines années et à promouvoir des mesures de prévention. Mais les procédés d'élimination des pesticides sont fort coûteux et dangereux, et en l'absence de financements adéquats particulièrement de la part des industriels, les efforts de nettoyage demeurent très lents et le risques d'une nouvelle catastrophe sanitaire et écologique plane sur l'Afrique. (OP) ; Source : Infos de la Planète - Un danger qui vient de l’intérieur - Jeune Afrique - 2006-09-17
> Lien à consulter : Africa Stockpiles Programme (en anglais)
> À lire : La Menace des pesticides en Afrique. Afrique Relance - ONU Vol.15 (1-2), page 42 (juin 2002)

jeudi 5 octobre 2006

Une infestation due au dendroctone du pin à l'échelle du Canada ?

Le dendroctone du pin ponderosa, Dendroctonus ponderosae, un petit coléoptère xylophage indigène, perturbe régulièrement les forêts de pins tordus latifoliés (Pinus contorda var. latifolia) de l'Ouest de l'Amérique du Nord. Habituellement les hivers froids et les feux de forêts permettaient de garder sous contrôle ses populations. Depuis plusieurs années, des hivers plus cléments et la diminution des feux de forêts ont favorisé sa prolifération et son expansion en Colombie-Britannique.

Le scolyte a déjà ravagé près de 8,7 millions d'hectare de pins, et selon les experts, 80 % des pins matures de la province pourraient être infestés d'ici 2013. C'est l'une des plus graves infestations observées à ce jour en Amérique du Nord. Bien qu'elle soit d'une ampleur exceptionnelle, cette infestation s'inscrit dans des cycles de perturbations naturelles des forêts et elle pourrait permettreune régénération de la forêt britanno-colombienne.

Pour détruire les larves hivernantes et réduire les infestations, il faudrait des hivers précoces et rigoureux avec au moins 3 semaines en dessous de -40°C. Cependant à cause du réchauffement progressif des températures du à l'effet de serre, les experts craignent que l'infestation perdure plusieurs années et surtout qu'elle se propage à l'ensemble du Canada d'autant plus que de nouveaux foyers ont été découverts à l'ouest des Rocheuses en Saskatchewan et aux États-Unis et que le ravageur s'attaque désormais à d'autres essences comme les pin gris (Pinus banksiana) de la forêt boréale nordique. Les conséquences d'une telle épidémie à l'échelle du Canada seraient désastreuses pour les écosystèmes forestiers et l'industrie forestière, mais aussi pour la vie de certaines nations autochtones.
(Source de l'information : Dépêche de la Presse Canadienne (PC) du 25.09.06)

Pour en savoir plus : 

L'agriculture responsable de la déforestation au Brésil

Une récente étude montre qu'au cours des dernières années, l'agriculture mécanisée est devenue la principale cause de déforestation en Amazonie, devant l'élevage. À l'aide d'images satellites, les chercheurs ont en effet révélé que, durant la période 2001-2004, les surfaces déboisées à des fins agricoles se sont accrues de 3.6 millions d'hectares au dépend de la forêt amazonienne, dont 540 000 ha dans le seul état du Mato Grosso. Elles sont en moyenne 2 fois supérieures à celles consacrées pour l'élevage et le pâturage, et les chercheurs ont montré qu'elles étaient directement corrélées au prix moyen du soja. Cette étude réfute donc la thèse selon laquelle la culture intensive de soja se ferait principalement sur des terres préalablement déboisées pour élever du bétail. (OP) ; Source : SciDev.net (en anglais) ; Réf. : Douglas C. Morton DC., DeFries RS., Shimabukuro YE., Anderson LO., Arai E., del Bon Espirito-Santo F., Freitas R., Morisette J., 2006. Cropland expansion changes deforestation dynamics in the southern Brazilian Amazon.PNAS 2006 103: 14637-14641 [Résumé en anglais]

mardi 3 octobre 2006

Controverse autour de la recommandation de L'OMS d'utiliser le DDT pour lutter contre le paludisme

Alors que le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) fait toujours parti des 12 substances chimiques devant être graduellement supprimées dans le monde conformément à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) signée en mai 2002, l'organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande aujourd'hui son utilisation à l'intérieur des maisons pour lutter contre le paludisme. Selon l'OMS, la pulvérisation résiduelle de DDT à l'intérieur des habitations et des abris pour animaux, si elle est bien gérée, est un des outils les plus efficaces pour lutter contre les moustiques vecteurs, et est sans danger pour la santé humaine et animale et pour l'environnement.

Ce radical et surprenant changement de politique de l'OMS a suscité une controverse au sein de la communauté scientifique, et a soulevé les protestations de nombreuses organisations écologistes, sociales et humanitaires. Pour ces derniers, le DDT reste un produit dangereux, interdit aux États-Unis depuis 1972, qui est toujours classé par plusieurs agences gouvernementales comme un agent persistant pouvant perturber le système endocrinien et provoquer des cancers ou des lésions nerveuses chez les hommes et les animaux.

Après avoir connu un certain succès dans la lutte contre la malaria dans les années 50, les populations de moustiques vecteurs sont devenues résistantes, réduisant de ce fait son efficacité, et le DDT s'est rapidement avéré dangereux pour la faune et l'environnement, principalement en s'accumulant et en persistant dans les chaînes alimentaires. Les adversaires de ce vieux pesticide chimique accusent aussi l'OMS de céder aux pressions économiques et politiques de l'industrie chimique, et de certains gouvernements étrangers, dont ceux des États-Unis, du Canada et du Japon, qui souhaiteraient saper la législation internationale sur les produits chimiques.

Pour les adversaires du DDT, le paludisme dont près de 90% des victimes sont africaines, est lié à la pauvreté et au sous développement, et la solution chimique ne doit pas être la composante majeure des stratégies de lutte contre cette maladie. Pour réduire l'incidence du paludisme, ils préconisent plutôt une approche basée sur la communauté comprenant diverses mesures comme le nettoyage des gîtes de reproduction des moustiques, la distribution de médicaments et de moustiquaires, la mise en place de mesures d'hygiène publique et de projets locaux d'éducation à la santé, un traitement rapide et un recours modéré au contrôle chimique.

Actuellement 14 pays pratiquent la pulvérisation résiduelle intérieure, c'est à dire le traitement des habitations par des insecticides à effet lent et action longue, et dix d'entre eux, dont l'Afrique du Sud, utilisent le très controversé DDT. Financée en partie par les États-unis, l'utilisation du DDT devrait maintenant s'étendre à une quarantaine de nouveaux pays au risque de créer de nouveaux dommages collatéraux aux générations futures. (OP)

Pour en savoir plus:

Controverse sur l'utilisation du DDT pour lutter contre le paludisme

Alors que le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) fait toujours parti des 12 substances chimiques devant être graduellement supprimées dans le monde conformément à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) signée en mai 2002, l'organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande aujourd'hui son utilisation à l'intérieur des maisons pour lutter contre le paludisme. Selon l'OMS, la pulvérisation résiduelle de DDT à l'intérieur des habitations et des abris pour animaux, si elle est bien gérée, est un des outils les plus efficaces pour lutter contre les moustiques vecteurs, et est sans danger pour la santé humaine et animale et pour l'environnement.

Ce radical et surprenant changement de politique de l'OMS a suscité une controverse au sein de la communauté scientifique, et a soulevé les protestations de nombreuses organisations écologistes, sociales et humanitaires. Pour ces derniers, le DDT reste un produit dangereux, interdit aux États-Unis depuis 1972, qui est toujours classé par plusieurs agences gouvernementales comme un agent persistant pouvant perturber le système endocrinien et provoquer des cancers ou des lésions nerveuses chez les hommes et les animaux. Après avoir connu un certain succès dans la lutte contre la malaria dans les années 50, les populations de moustiques vecteurs sont devenues résistantes, réduisant de ce fait son efficacité, et le DDT s'est rapidement avéré dangereux pour la faune et l'environnement, principalement en s'accumulant et en persistant dans les chaînes alimentaires. Les adversaires de ce vieux pesticide chimique accusent aussi l'OMS de céder aux pressions économiques et politiques de l'industrie chimique, et de certains gouvernements étrangers, dont ceux des États-Unis, du Canada et du Japon, qui souhaiteraient saper la législation internationale sur les produits chimiques.

Pour les adversaires du DDT, le paludisme dont près de 90% des victimes sont africaines, est lié à la pauvreté et au sous développement, et la solution chimique ne doit pas être la composante majeure des stratégies de lutte contre cette maladie. Pour réduire l'incidence du paludisme, ils préconisent plutôt une approche basée sur la communauté comprenant diverses mesures comme le nettoyage des gîtes de reproduction des moustiques, la distribution de médicaments et de moustiquaires, la mise en place de mesures d'hygiène publique et de projets locaux d'éducation à la santé, un traitement rapide et un recours modéré au contrôle chimique.

Actuellement 14 pays pratiquent la pulvérisation résiduelle intérieure, c'est à dire le traitement des habitations par des insecticides à effet lent et action longue, et dix d'entre eux, dont l'Afrique du Sud, utilisent le très controversé DDT. Financée en partie par les États-unis, l'utilisation du DDT devrait maintenant s'étendre à une quarantaine de nouveaux pays au risque de créer de nouveaux dommages collatéraux aux générations futures.

Pour en savoir plus :

lundi 2 octobre 2006

New Delhi à la veille d'une nouvelle épidémie de dengue

À New Delhi et dans 2 états frontaliers de la capitale fédérale indienne, plus de 300 personnes ont contracté la dengue ou grippe tropicale pendant la saison des moussons, de juin à septembre. 11 personnes en sont mortes et une centaine de nouveaux cas ont été répertoriés au cours de la dernière semaine. Jugeant la situation très alarmante, les autorités de New Delhi s'apprêtent à déclarer l'épidémie. Déjà en 1996, une épidémie de dengue avait touché New Delhi en infectant plus de 10 000 personnes et en causant le décès d'environ 400. Transmise à l'homme par les moustiques du genre Aedes, la dengue est une fièvre virale (due à un arbovirus) qui infecte annuellement 60 à 100 millions de personnes et dont la forme hémorragique est actuellement en recrudescence dans le monde. Le développement urbain non contrôlé, la croissance démographique, la pauvreté et les catastrophes naturelles sont les principaux facteurs de cette recrudescence. Présentement, il n'existe aucun traitement ni vaccin et le seul moyen pour contrôler l'épidémie est la lutte contre les moustiques vecteurs. (OP) ; Source : Dépêche AFP du 26.09.2006
> En savoir plus sur la Dengue : Institut Pasteur et Organisation Mondiale de la Santé

vendredi 29 septembre 2006

Les plantes parasites guidées par un signal chimique des plantes hôtes

Dépourvue de chlorophylle, la cuscute des champs, Cuscuta pentagona, est une plante parasite épiphyte dont la tige forme des filaments qui s'enroulent autour de diverses plantes hôtes (tomate, aubergine, carotte, luzerne, etc.) en y enfonçant des suçoirs pénétrant jusqu'au système conducteur. Après germination des graines, la tige de la cuscute s'allonge sur le sol et explore les environs à la recherche d'une plante hôte.

Des chercheurs américains viennent de découvrir que la cuscute utilise les signaux chimiques volatils émis par la plante hôte pour la localiser et orienter la croissance de sa tige parasite. À proximité d'un plant de tomate, 80% des germinations de cuscute s'orientent vers celui-ci. Des plants de blé ou d'impatiente peuvent aussi déclencher une croissance dirigée des pousses de cuscute, mais en présence d'un plant de tomate, les tiges parasites s'orientent préférentiellement vers ce dernier. À partir d'extraits de plants de tomate et de blé, les chercheurs ont réussi à isoler certains composés volatils qu'ils ont testé sur la croissance des tiges de cuscute. Plusieurs d'entre eux déclenchent une réponse positive, mais un composé volatil du blé agit plutôt comme repoussoir. Les mécanismes physiologiques et moléculaires qui permettent aux plantes parasites de détecter ces signaux chimiques demeurent encore très mystérieux. Néanmoins, ces études démontrent que les composés volatils jouent un rôle important dans la communication et les interactions entre les plantes. Elles pourraient également permettre l'élaboration de nouvelles méthodes pour lutter contre ces "mauvaises herbes". (Source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
  • Runyon JB., Mescher MC., De Moraes CM., 2006. Volatile Chemical Cues Guide Host Location and Host Selection by Parasitic Palnts. Science Vol. 313 no. 5795, pp. 1964-1967 [Science]
Pour en savoir plus :

mercredi 27 septembre 2006

L'insecticide biologique Bt n'agit pas seul

La bactérie Bacillus thuringiensis ou Bacille de Thuringe, plus communément appelé Bt, est l'insecticide biologique le plus utilisé au monde, en agriculture biologique, en foresterie et dans la lutte contre les insectes vecteurs de maladies. Au Canada, il est très utilisé en foresterie pour lutter contre les épidémies de spongieuses (Lymantria dispar) et de tordeuses du bourgeon de l'épinette (TBE - Choristoneura fumiferana) et en santé humaine pour contrôler les insectes piqueurs, dont certains véhiculent le virus du Nil occidental (VNO). Ces dernières années, le Bt est aussi devenu une source importante de gènes pour créer de nouvelles plantes transgéniques tolérantes à certains insectes ravageurs. Utilisé depuis près de 50 ans, son mode d'action cellulaire et moléculaire fait toujours l'objet de recherches. Le Bt agit sur les insectes par l'intermédiaire de protéines toxiques produites sous forme d'un cristal, les toxines Cry. Après s'être fixées sur des récepteurs spécifiques, ces dernières perforent la paroi intestinale en y formant des pores ioniques et provoquent d'importantes perturbations physiologiques. En particulier, l'acidification du milieu intestinal qui en résulte favorise la germination des spores de Bt et la prolifération des bactéries intestinales endogènes dans l'hémolymphe, entraînant la mort des larves par septicémie. Les récents travaux de Nichole Broderick de l'Universté du Wisconsin montrent que les bactéries intestinales endogènes sont indispensables à l'action larvicide du Bt. En effet, après avoir détruit les bactéries intestinales de larves de spongieuse en leur administrant des antibiotiques oraux, elle a observé que les chenilles résistent à des doses très élevées de Bt. La réintroduction des différentes espèces d'entérobactéries (Enterobacter spp.) endogènes dans l'intestin des larves restaure l'activité larvicide du Bt. Contrairement au Bt qui est rapidement détruit dans l'hémolymphe, les bactéries E. coli génétiquement modifiées pour produire des toxines de Bt y prolifèrent et tuent les larves par septicémie y compris en l'absence d'entérobactéries. Par contre, si elles sont inactivées par la chaleur, les E. coli modifiées ne peuvent tuer les larves en l'absence des bactéries endogènes. Certains insectes, dont la spongieuse, sont en effet connus pour régénérer assez rapidement leur muqueuse intestinale. (OP)
Réf. : Broderick NA, Raffa KF, Handelsman J., 2006. Midgut bacteria required for Bacillus thuringiensis insecticidal activity. Proc Natl Acad Sci USA, Édition électronique avancée du 27 septembre 2006 [Résumé en anglais]

mardi 26 septembre 2006

Un appât sucré pour lutter contre les moustiques

Bien qu'elles soient hématophages, les femelles des moustiques qui véhiculent des maladies comme le paludisme, se nourrissent aussi du nectar des fleurs dont elles assurent également la pollinisation. Le précieux liquide sucré leur procure en effet une source d'énergie indispensable pour voler. Pour lutter contre ces moustiques vecteurs, des entomologistes israéliens ont eu l'idée d'empoisonner une solution sucrée avec du Spinosad, un insecticide naturel neurotoxique issu de la fermentation de la bactérie Saccharopolyspora spinosa, et de le pulvériser sur une petite oasis d'acacias. Selon les chercheurs, la plantation d'arbres ou d'arbustes et leur traitement par un insecticide oral comme le Spinosad pourrait constituer une nouvelle méthode facile et peu coûteuses pour contrôler les moustiques vecteurs et enrayer la malaria. Ce nouveau procédé est particulièrement bien adapté aux milieux arides pauvres en végétation comme les déserts et les savanes, et pourrait s'avérer très utile en Afrique sub-saharienne (Sahel) où la malaria progresse rapidement. L'efficacité de cette nouvelle méthode reste cependant à confirmer, en particulier dans des milieux non isolés et en présence d'une plus grande variété de plantes à fleurs. D'autre part une étude menée l'an dernier révélait que l'insecticide Spinosad, autorisé en agriculture biologique et considéré comme respectueux pour l'environnement, pouvait perturber le comportement du bourdon, un important pollinisateur. (OP) ; Sources : Les épingles 2006 de l'OPIE "Leur bec sucré les perdra", d'après BBC News "Mosquitoes' sweet tooth targeted" ; Réf. : Müller G., Schlein Y., 2006. Sugar questing mosquitoes in arid areas gather on scarce blossoms that can be used for control. International Journal for Parasitology 36(10-11) 1077-1080 [Résumé en anglais]
> À (re)-lire : "Le vol du bourdon affecté par l'insecticide naturel Spinosad" (PESTInfos, 09.05.05)

samedi 23 septembre 2006

3 tonnes de bioinsecticide Bti répandues en Camargue

Au printemps dernier, suite à la pression des résidents accablés par les agressions répétées des hordes de moustiques Aedes caspius, et face à la crainte générale d'une propagation de l'épidémie de Chikungunya, les collectivités locales se sont résignées à entreprendre la démoustication du parc naturel régional de Camargue. À l'époque, préconisant plutôt le drainage des eaux stagnantes, certains scientifiques avaient mis en doute l'efficacité d'un tel projet et souligné les risques éventuels d'effets sur les nombreuses espèces protégées du parc et surtout de développement de résistances chez les moustiques. Aujourd'hui, les opérations de démoustication, conduites par l'EID-Méditérannée, vont bon train, et 3 tonnes d'insecticides biologiques Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) ont été répandues au cours de l'été. Résultat, les moustiques semblent en effet beaucoup moins nombreux cette année, et les citadins qui résident à proximité du parc peuvent désormais dîner dehors ! Cependant, les effets éventuels de ces pulvérisations massives de Bti sur les populations d'oiseaux qui fréquentent cette vaste zone naturelle ne seront pas connus avant un an. Histoire à suivre ... Pierre DAUM, envoyé spécial du quotidien Libération relate la lutte engagée sur le terrain contre les moustiques camarguais. [Lire l'article de Pierre Daum]. À noter aussi que le Téméphos, "un insecticide de synthèse utilisé en France dans 75% des zones de démoustication", ne devrait plus être autorisé au sein de l'Union Européenne à partir du 1er septembre dernier. Cette directive de l'UE a provoqué la colère de certains opérateurs qui jugent le Bti comme trop coûteux et moins efficace que le Téméphos. En s'appuyant sur une récente étude de l'Afsset qui révélait les risques potentiels du Téméphos pour les organismes aquatiques, les oiseaux et les mammifères, le Ministère français de l'écologie a finalement refusé de demander un sursis supplémentaire à Bruxelles. (OP) ; Source : Libération du 23 septembre 2006
> À (re)-lire : Vers une démoustication de la Camargue (PESTInfos 29.05.06)
> Site de l'Entente interdépartementale pour une démoustication du littoral méditerranéen
> Site de l'Agence françaises de sécurité sanitaire et de l'environnement au travail (Afsset)

mardi 19 septembre 2006

Contrôler les fourmis en déclenchant une "guerre civile".

Pour combattre la fourmi d'Argentine, Linepithema humile, une espèce envahissante qui forme des colonies géantes, des chercheurs californiens veulent déclencher une guerre civile en leur sein. Originaire d'Argentine et du Brésil, L. humile a profité de l'essor du transport des marchandises au siècle dernier pour s'introduire en divers points du globe. Alors qu'en Amérique du Sud, la multiplication de l'espèce est limitée par les rudes batailles que se livrent plusieurs colonies, aux États-Unis et en Europe, la fourmi d'Argentine forme des colonies aux dimensions gigantesques, comprenant plusieurs nids, et son expansion au détriment des espèces indigènes menace aujourd'hui l'équilibre des écosystèmes. En l'absence de méthodes chimiques efficaces pour contrôler son expansion, les chercheurs ont identifiés les composés chimiques (phéromones), des polyssacharides spécifiques présents dans la cuticule, qui permettent aux individus d'une même colonie de se reconnaître. En manipulant légèrement ces composés cuticulaires et en enduisant certaines fourmis, les scientifiques américains ont réussi à briser leur coopération au sein de la colonie et à leur faire croire qu'elles sont en présence d'ennemis. Ils espèrent ainsi provoquer de véritables "guerres civiles" qui limiteront la progression de cette petite fourmi dévastatrice. (OP) ; Source : d'après une dépêche AFP ; Réf. : Brandt M., Torres CW, Lagrimas M., Sulc R., Shea KJ., Tsutsui ND., 2006. Narrowing the search for nestmate recognition cues in the Argentine ant Linepithema humile. The IUSSI 2006 Congress, Washington, DC, 31 juillet 2006 [Résumé en anglais]
> À lire : Les fourmis d'Argentine colonisent l'Europe ! (L'union internationale des insectes sociaux, 2002)
> Voir des photos de la fourmi Linepithema humile sur le site myrmecos.net

vendredi 15 septembre 2006

Des coléoptères cleptoparasites abusent les abeilles solitaires en utilisant un leurre chimique

Le méloïdé américain, Meloe fransiscanus, est un petit coléoptère vivant dans les dunes sableuses du Sud-Ouest des États-Unis. Ses larves sont des cleptoparasites qui vivent au dépend des réserves de nectar et de pollen accumulées par l'abeille solitaire Habropoda pallida. Après l’éclosion des œufs, les larves du coléoptère cleptoparasite quittent leur galerie souterraine et s'agglutinent au sommet des tiges des végétaux les plus proches en formant une masse dont la forme imite celle d'une abeille Habropoda femelle et attire les mâles de la même espèce. Les larves s'accrochent aux poils du mâle qui s'est laissé prendre et se font transporter jusqu'à une femelle qui les transportera à son tour jusqu'au nid. Le mâle s'accouplant avec plusieurs femelles, cette stratégie permet aux larves de méloïdés de se disperser et de s'introduire dans plusieurs nids d'abeilles. Des entomologistes californiens viennent de découvrir que les larves produisaient un leurre chimique, une substance volatile mimétique de la phéromone sexuelle de l'abeille Habropoda femelle, qui augmente l'attraction des abeilles mâles. Le leurre est en effet d'autant plus efficace que la concentration de la molécule chimique est élevée. Selon les chercheurs, le comportement coopératif de ces larves est probablement une adaptation à environnement désertique où la localisation de la nourriture est difficile. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Saul-Gershenz L., Millar J., 2006. Phoretic nest parasites use sexual deception to obtain transport to their host's nest. PNAS 103: 38, 14039-14044 [Résumé en anglais]
> Villemant C., 2001. Les coléoptères méloidés, cleptoparasites des nids d'abeilles solitaires. Insectes 121, 7-10 [Télécharger le document au format PDF]

mardi 12 septembre 2006

Du riz transgénique illégal dans les assiettes !

L'association écologiste Greenpeace vient de révéler qu'une variété de riz transgénique illégale, la variété LL Rice 601 en provenance des États-Unis, avait été retrouvée dans des produits alimentaires vendus par une chaîne de supermarchés allemande. Fabriquée par la société agrochimique Bayer, la variété LL Rice 601 a été modifiée génétiquement pour résister à un herbicide. Sa commercialisation n'a pas été encore autorisée aux États-Unis. Le 18 août dernier, les autorités américaines avaient informé l’Union Européenne (UE) que du riz LL Rice 601 avait été détecté dans leurs stocks de riz à grains longs. L'UE avait alors réagi en exigeant que le riz importé des Etats-Unis soit certifié sans OGM et une cargaison avait été ainsi bloquée à Rotterdam. Mais en l'absence de mesures immédiates de rappel des produits à base de riz américain, des cargaisons de riz contaminé avaient probablement atteind des pays de l'UE avant la mise en place de la certification et des produits alimentaires contenant du riz transgénique se sont donc retrouvés dans les rayons de magasins européens. Les experts de l'UE ont ainsi confirmé que 20% des échantillons qu'ils avaient testé contenait du riz transgénique illégal. Au Canada, le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures pour empêcher la contamination du riz vendu au Canada par le riz LL Rice 601. Cette nouvelle affaire survient après celle de la contamination par du riz transgénique chinois de produits alimentaires vendus en Europe, également soulevé par Greenpeace. En effet, il y a quelques jours, l'association écologiste révélait avoir découvert dans les rayons des magasins d’alimentation asiatiques d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de France, plusieurs produits alimentaires contaminés par du riz transgénique chinois illégal. Ce riz transgénique, dont la culture n'a jamais été autorisée pour la consommation humaine, contient des gènes de Bacillus thuringiensis conférant une résistance à certains insectes ravageurs et dont certaines protéines pourraient, selon Greenpeace, provoquer des allergies. Cette contamination pourrait être liée à la découverte l'an dernier de cultures illégales de riz OGM en Chine. (OP) ; Source : Greenpeace France : De plus en plus de riz transgénique illégal dans les assiettes des Européens. Après le riz OGM chinois, le riz OGM américain !
> Lire aussi : Dossier de Greenpeace Canada sur le riz contaminé
> Dossier OGM (PESTInfos)

dimanche 10 septembre 2006

"La tache goudronneuse" affecte les érables du Mont-Royal


Photo : Taches goudronneuses sur des feuilles d'érables, Parc du Mont-Royal, Montréal (Québec) - septembre 2006 (OP)

Depuis la mi-août, les citoyens de Montréal qui fréquentent le parc du Mont-Royal auront eu la surprise d'observer la chute prématurée des feuilles des érables. C'est le résultat de l'action d'un champignon microscopique, Rhytisma acerinum, responsable de la maladie foliaire de "la tache goudronneuse". Passant l'hiver dans le tapis de feuilles mortes, le champignon phytopathogène, qui s'attaque principalement à l'érable de Norvège, à l'érable rouge, à l'érable argenté et à l'érable à sucre, s'est développé et propagé à la faveur des conditions climatiques particulièrement humides cette année.
L'infestation se traduit par l'apparition au cours de l'été de taches goudronneuses noires (d'environ 1 cm de diamètre) sur les feuilles, provoquant une diminution de leur capacité photosynthétique puis leur chute précoce. Bien que les dommages soient rarement graves pour les arbres, des infestations répétées peuvent cependant les affaiblir et les rendre plus sensibles à d'autres maladies et aux attaques d'insectes.
Pour réduire l'infestation au printemps suivant, il est donc conseillé de ramasser les feuilles mortes et de les brûler ou d'en faire du compost à l'automne. (OP)

Pour en savoir plus: 

jeudi 7 septembre 2006

En Corse, un premier cas de paludisme non importé depuis 1972

La Direction générale de la santé de Corse a confirmé hier le "premier cas de paludisme autochtone diagnostiqué en France depuis 1972". Selon l'hypothèse la plus probable, le patient aurait contracté une forme bénigne de la maladie dans la région de Porto en Corse-du-Sud. Les risques que d'autres cas apparaissent étant "quasi nul", aucune alerte sanitaire n'a été déclenchée sur l'île de Beauté. Bien qu'il ne sévisse plus en France métropolitaine depuis plus d'un siècle, le paludisme autochtone a longtemps sévit en Corse qui est restée infestée par le moustique vecteur jusqu'à la seconde guerre mondiale. Depuis 1973 aucun cas de paludisme autochtone n'y avait été signalé. Une étude réalisée en 1996 par l'Institut de recherches en développement (IRD) soulignait cependant le risque de réintroduction sur l'île d'un des parasites responsable de la maladie, Plasmodium vivax, du fait de la présence importante d'un de ses vecteurs potentiels, l'Anopheles labranchiaee. (OP) ; Source : dépêche AFP (06.09.2006 17:09)
> Ministère français de la Santé et des Solidarités
> Institut de veille sanitaire
> Surveillance du paludisme en Corse 1999-2002 [Rapport PDF]

Progression de la maladie de la langue bleue vers le nord

Pour la première fois, la fièvre catarrhale du mouton, une épizootie virale transmise par des diptères nématocères du genre Culicoides spp. (famille des Cératopogonidés) s'est manifesté en Europe du Nord, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. La fièvre plus connue sous le nom de la maladie de la langue bleue en raison d'une cyanose de la langue qu'elle provoque parfois est due à un virus du groupe des réoviridés du genre Orbivirus qui affecte presque tous les ruminants domestiques et sauvages. Originaire d'Afrique sub-saharienne, fréquente en Turquie, dans les pays tropicaux et sub-tropicaux, la fièvre catarrhale est présente en Europe depuis 1998 où elle a infesté les élevages ovins et bovins dans les îles grecques, avant de progresser vers les autres pays du bassin méditerranéen et de toucher la Corse en 2000. Cette année un premier cas a été signalé le 14 août dans une ferme de la province de Limbourg aux Pays-Bas puis la maladie s'est rapidement étendue à plusieurs élevages frontaliers en Belgique et en Allemagne. Ce premier foyer en Hollande représente la localisation la plus nordique qui n'ait jamais été signalée pour cette maladie émergente. Selon certains scientifiques, cette progression de la maladie serait liée aux changements climatiques qui favorisent l'extension géographique de son vecteur. Une étude publiée l'an dernier par l'équipe de Bethan Purse, de l’Institut britannique pour la santé animale de Pirbright, suggérait en effet que la récente émergence de la fièvre catarrhale en Europe méridionale soit due à la progression vers le nord de son principal vecteur d'origine afro-asiatique, Culicoides imicola, suite à l'augmentation des températures. Les températures élevées et les fortes pluies enregistrées cet été pourraient être à l'origine de cette nouvelle épizootie en Hollande. À ce jour, C. imicola n'a cependant toujours pas été identifié en Hollande, et d'autres espèces européennes de Culicoides comme C. obsoletus et C. pulicaris pourraient aussi jouer le rôle de vecteur. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Pour en savoir plus sur la fièvre catarrhale du mouton (Office internationale des épizooties / Organisation mondiale pour la santé animale)
> Réf. : Baldet T., Mathieu B., Delécolle J.C., 2003. Émergence de la fièvre catarrhale ovine et surveillance entomologique en France. Insectes n°131 (INRA-OPIE) [Télécharger l'article au format PDF]
> Réf. : Purse BV, Mellor PS, Rogers DJ, Samuel AR, Mertens PP, Baylis M., 2005. Climate change and the recent emergence of bluetongue in Europe. Nat Rev Microbiol. 3(2):171-8, février 2005 [Résumé en anglais]

mardi 11 juillet 2006

La septoriose du blé résiste aux fongicides

La septoriose foliaire est une maladie fongique du blé qui sévit dans en Europe, particulièrement dans les pays de l'Ouest où le climat océanique favorise sa dissémination. Caractérisée par des taches foliaires brunes et une baisse importante des rendements, elle est provoquée par un champignon parasite Septoria tritici qui s'attaque aux feuilles de blé. Des fongicides de la famille des strobilurines et des triazoles sont utilisés courramment depuis plusieurs années pour combattre la septoriose. Cependant, leur emploi excessif a conduit à l'apparition de souches résistantes et n'a pas permis de contrôler efficacement la maladie. Des études menées au sein de l'Unité de Phytopharmacie de l'INRA à Versailles révèle que le champignon est particulièrement résistant aux strobilurines, une classe de fongicides synthétiques introduits il y a une dizaine d'année. Dans le Nord de la France, la résistance est si forte que les strobilurines n'apportent plus aucune efficacité contre la septoriose. Au niveau moléculaire, la résistance aux strobilurines correspond à une mutation d'un gène mitochondrial codant pour le cytochrome b, leur principale cible. Les travaux se poursuivent aussi afin de diversifier les moyens de lutte. De meilleures pratiques culturales (utilisation de variétés de blé peu sensibles, allongement des rotations, optimisation de la fertilisation) pourraient en effet réduire le développement de la septoriose. (OP)
>Source : INRA Presse Info

mercredi 5 juillet 2006

Des coléoptères amateurs de tamaris

Plantes originaires des régions méditerranéennes, les tamaris (genre Tamarix) ont été introduits aux États-Unis d'Amérique au 19ème siècle. 2 des 8 espèces introduites, Tamarix parviflora et Tamarix ramosissma, ont proliféré à la faveur du développement agricole et de l'irrigation, et sont devenues envahissantes dans plusieurs états du Sud-Ouest (Colorado, Utah, Kansas, Texas, Nouveau Mexique, Wyoming, Arizona) où elles forment de vastes et denses colonies. Leur grande tolérance aux conditions climatiques les plus variées (chaleur, froid, sécheresse, inondations, salinité, etc.) et un profond système racinaire leur ont permis de coloniser plus particulièrement les bords des rivières, éliminant les saules et les peupliers indigènes. Accusée d'accroître la fréquence des feux et l'incidence des inondations, leur prolifération contribue aussi à épuiser les sources d'eau et à accentuer la salinité des sols (d'où leur nom de salt cedar en anglais). Pour réduire ces populations envahissantes, des méthodes de contrôle mécanique et des traitements chimiques au moyen d'herbicides tels que l'Imazapyr sont couramment utilisés. Depuis plusieurs années, les biologistes expérimentent aussi une méthode de contrôle biologique en faisant appel à une espèce exotique de chrysomèle, Diorhabda elongata (photo), dont les larves et adultes sont très friands de feuilles de tamaris. En fonction de la lattitude de leur origine géographique, plusieurs souches de D. elongata provenant de Chine, d'Europe (Grèce, Crête, etc.) ou du Moyen-Orient ont été testées avec plus ou moins de succès afin de déterminer celles qui sont les plus susceptibles de s'adapter aux conditions climatiques des différents états du Sud-Ouest. Des chercheurs du Texas Agricultural Experiment Station expérimentent actuellement une souche originaire de l'Ouzbékistan, probablement mieux adaptée aux conditions climatiques du Texas. Les chercheurs espèrent que les coléoptères ouzbeks seront de meilleurs prédateurs que ceux provenant de Grèce, qui après une bonne acclimatation se sont montrés nettement moins prolifiques. Espérons aussi que ce prédateur exotique ne devienne pas à son tour une espèce envahissante ! L'éradication des tamaris est toutefois contestée car ces petits arbres sont devenus, après la disparition des saules et des peupliers, les sites privilégiés de nidification du Willow flycatcher (Empidonax traillii extimus), une espèce d'oiseau actuellement menacée. (OP) ; Source : EurekaAlert! [Article en anglais]
> Galerie de photos du Texas Agricultural Experiment Station
> En savoir plus sur l'invasion des tamaris dans le Sud-Ouest des États-Unis (en anglais)

mardi 4 juillet 2006

Les maladies prolifèrent avec les tiques

Les tiques sont des acariens ectoparasites hématophages dont certaines espèces peuvent véhiculer différentes maladies infectieuses humaines (des borrélioses dont la maldie de Lyme, des arboviroses dont la fièvre de Congo-Crimée et la fièvre de la vallée du Rift, etc.). En Afrique de l'Ouest, la tique Ornithodoros sonrai peut transmettre à l'homme, à l'occasion de piqûre, la bactérie Borrelia crociduraeai responsable d'une fièvre récurrente dont les symptômes sont similaires au paludisme. Relativement méconnue, cette borréliose est généralement sous-estimée dans les pays où elle sévit. Selon des chercheurs de l'Institut de recherches en développement à Dakar (Sénégal), son incidence est pourtant très élevée et en augmentation depuis ces dernières années. Dans une petite région rurale du Sénégal où ils ont suivi son évolution de 1990 à 2003, l'infection bactérienne transmise par les tiques a touché en moyenne chaque année près de 11% de la population. Leur étude révèle en outre une importante progression géographique de la tique de 2002 à 2005. Suite à la sécheresse, la tique s'est en effet propagée hors du Sahel à la plupart des villages du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Vial L, Diatta G, Tall A, Hadj Ba E, Bouganali H, Durand P, Sokhna C, Rogier C, Renaud F, Trape JF, 2006. Incidence of tick-borne relapsing fever in west Africa: longitudinal study. The Lancet 368 (9529):37-43 [L'article et son résumé en anglais sont accessibles gratuitement après inscription sur le site TheLancet.com]

samedi 1 juillet 2006

Des airs d'automne en juin

Dans plusieurs régions de l'est du Québec, certains arbres ont pris en ce début d'été une parure bien automnale. Dépouillés de leur feuillage, les trembles, les peupliers et les bouleaux sont en effet victimes d'une petite chenille défoliatrice, la tordeuse du tremble (Choristoneura conflictana). Présent d'un océan à l'autre, principalement dans l'est canadien, ce ravageur boréal voit périodiquement sa population augmenter pendant 2 à 3 ans avant de disparaître. Les récents étés secs et chauds ont favorisé sa progression du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, où sa dernière observation remonte à 2003, aux régions du Bas-Saint-Laurent et de Québec. Selon les spécialistes, bien qu'elle soit spectaculaire, la défoliation n'est pas dangereuse si l'arbre est en bonne santé. En effet, elle survient généralement assez tôt en saison ce qui permet une nouvelle feuillaison au cours de l'été. Toute lutte contre cet insecte est normalement inutile puisque les infestations sont généralement de courtes durées et qu'il existe de nombreux prédateurs et parasites naturels indigènes (fourmis, guêpes parasitoïdes, carabes, oiseaux tels que pics, mésanges et viréo, etc.) assurant un contrôle efficace de leur population. (OP) ; Source : Cyberpresse.ca (article paru dans le quotidien Le Soleil, le 1er juillet 2006)
> En savoir plus sur la Tordeuse du tremble (Service canadien des forêts)
> Voir des photos de la Tordeuse du tremble

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