vendredi 29 septembre 2006

Les plantes parasites guidées par un signal chimique des plantes hôtes

Dépourvue de chlorophylle, la cuscute des champs, Cuscuta pentagona, est une plante parasite épiphyte dont la tige forme des filaments qui s'enroulent autour de diverses plantes hôtes (tomate, aubergine, carotte, luzerne, etc.) en y enfonçant des suçoirs pénétrant jusqu'au système conducteur. Après germination des graines, la tige de la cuscute s'allonge sur le sol et explore les environs à la recherche d'une plante hôte.

Des chercheurs américains viennent de découvrir que la cuscute utilise les signaux chimiques volatils émis par la plante hôte pour la localiser et orienter la croissance de sa tige parasite. À proximité d'un plant de tomate, 80% des germinations de cuscute s'orientent vers celui-ci. Des plants de blé ou d'impatiente peuvent aussi déclencher une croissance dirigée des pousses de cuscute, mais en présence d'un plant de tomate, les tiges parasites s'orientent préférentiellement vers ce dernier. À partir d'extraits de plants de tomate et de blé, les chercheurs ont réussi à isoler certains composés volatils qu'ils ont testé sur la croissance des tiges de cuscute. Plusieurs d'entre eux déclenchent une réponse positive, mais un composé volatil du blé agit plutôt comme repoussoir. Les mécanismes physiologiques et moléculaires qui permettent aux plantes parasites de détecter ces signaux chimiques demeurent encore très mystérieux. Néanmoins, ces études démontrent que les composés volatils jouent un rôle important dans la communication et les interactions entre les plantes. Elles pourraient également permettre l'élaboration de nouvelles méthodes pour lutter contre ces "mauvaises herbes". (Source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
  • Runyon JB., Mescher MC., De Moraes CM., 2006. Volatile Chemical Cues Guide Host Location and Host Selection by Parasitic Palnts. Science Vol. 313 no. 5795, pp. 1964-1967 [Science]
Pour en savoir plus :

mercredi 27 septembre 2006

L'insecticide biologique Bt n'agit pas seul

La bactérie Bacillus thuringiensis ou Bacille de Thuringe, plus communément appelé Bt, est l'insecticide biologique le plus utilisé au monde, en agriculture biologique, en foresterie et dans la lutte contre les insectes vecteurs de maladies. Au Canada, il est très utilisé en foresterie pour lutter contre les épidémies de spongieuses (Lymantria dispar) et de tordeuses du bourgeon de l'épinette (TBE - Choristoneura fumiferana) et en santé humaine pour contrôler les insectes piqueurs, dont certains véhiculent le virus du Nil occidental (VNO). Ces dernières années, le Bt est aussi devenu une source importante de gènes pour créer de nouvelles plantes transgéniques tolérantes à certains insectes ravageurs. Utilisé depuis près de 50 ans, son mode d'action cellulaire et moléculaire fait toujours l'objet de recherches. Le Bt agit sur les insectes par l'intermédiaire de protéines toxiques produites sous forme d'un cristal, les toxines Cry. Après s'être fixées sur des récepteurs spécifiques, ces dernières perforent la paroi intestinale en y formant des pores ioniques et provoquent d'importantes perturbations physiologiques. En particulier, l'acidification du milieu intestinal qui en résulte favorise la germination des spores de Bt et la prolifération des bactéries intestinales endogènes dans l'hémolymphe, entraînant la mort des larves par septicémie. Les récents travaux de Nichole Broderick de l'Universté du Wisconsin montrent que les bactéries intestinales endogènes sont indispensables à l'action larvicide du Bt. En effet, après avoir détruit les bactéries intestinales de larves de spongieuse en leur administrant des antibiotiques oraux, elle a observé que les chenilles résistent à des doses très élevées de Bt. La réintroduction des différentes espèces d'entérobactéries (Enterobacter spp.) endogènes dans l'intestin des larves restaure l'activité larvicide du Bt. Contrairement au Bt qui est rapidement détruit dans l'hémolymphe, les bactéries E. coli génétiquement modifiées pour produire des toxines de Bt y prolifèrent et tuent les larves par septicémie y compris en l'absence d'entérobactéries. Par contre, si elles sont inactivées par la chaleur, les E. coli modifiées ne peuvent tuer les larves en l'absence des bactéries endogènes. Certains insectes, dont la spongieuse, sont en effet connus pour régénérer assez rapidement leur muqueuse intestinale. (OP)
Réf. : Broderick NA, Raffa KF, Handelsman J., 2006. Midgut bacteria required for Bacillus thuringiensis insecticidal activity. Proc Natl Acad Sci USA, Édition électronique avancée du 27 septembre 2006 [Résumé en anglais]

mardi 26 septembre 2006

Un appât sucré pour lutter contre les moustiques

Bien qu'elles soient hématophages, les femelles des moustiques qui véhiculent des maladies comme le paludisme, se nourrissent aussi du nectar des fleurs dont elles assurent également la pollinisation. Le précieux liquide sucré leur procure en effet une source d'énergie indispensable pour voler. Pour lutter contre ces moustiques vecteurs, des entomologistes israéliens ont eu l'idée d'empoisonner une solution sucrée avec du Spinosad, un insecticide naturel neurotoxique issu de la fermentation de la bactérie Saccharopolyspora spinosa, et de le pulvériser sur une petite oasis d'acacias. Selon les chercheurs, la plantation d'arbres ou d'arbustes et leur traitement par un insecticide oral comme le Spinosad pourrait constituer une nouvelle méthode facile et peu coûteuses pour contrôler les moustiques vecteurs et enrayer la malaria. Ce nouveau procédé est particulièrement bien adapté aux milieux arides pauvres en végétation comme les déserts et les savanes, et pourrait s'avérer très utile en Afrique sub-saharienne (Sahel) où la malaria progresse rapidement. L'efficacité de cette nouvelle méthode reste cependant à confirmer, en particulier dans des milieux non isolés et en présence d'une plus grande variété de plantes à fleurs. D'autre part une étude menée l'an dernier révélait que l'insecticide Spinosad, autorisé en agriculture biologique et considéré comme respectueux pour l'environnement, pouvait perturber le comportement du bourdon, un important pollinisateur. (OP) ; Sources : Les épingles 2006 de l'OPIE "Leur bec sucré les perdra", d'après BBC News "Mosquitoes' sweet tooth targeted" ; Réf. : Müller G., Schlein Y., 2006. Sugar questing mosquitoes in arid areas gather on scarce blossoms that can be used for control. International Journal for Parasitology 36(10-11) 1077-1080 [Résumé en anglais]
> À (re)-lire : "Le vol du bourdon affecté par l'insecticide naturel Spinosad" (PESTInfos, 09.05.05)

samedi 23 septembre 2006

3 tonnes de bioinsecticide Bti répandues en Camargue

Au printemps dernier, suite à la pression des résidents accablés par les agressions répétées des hordes de moustiques Aedes caspius, et face à la crainte générale d'une propagation de l'épidémie de Chikungunya, les collectivités locales se sont résignées à entreprendre la démoustication du parc naturel régional de Camargue. À l'époque, préconisant plutôt le drainage des eaux stagnantes, certains scientifiques avaient mis en doute l'efficacité d'un tel projet et souligné les risques éventuels d'effets sur les nombreuses espèces protégées du parc et surtout de développement de résistances chez les moustiques. Aujourd'hui, les opérations de démoustication, conduites par l'EID-Méditérannée, vont bon train, et 3 tonnes d'insecticides biologiques Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) ont été répandues au cours de l'été. Résultat, les moustiques semblent en effet beaucoup moins nombreux cette année, et les citadins qui résident à proximité du parc peuvent désormais dîner dehors ! Cependant, les effets éventuels de ces pulvérisations massives de Bti sur les populations d'oiseaux qui fréquentent cette vaste zone naturelle ne seront pas connus avant un an. Histoire à suivre ... Pierre DAUM, envoyé spécial du quotidien Libération relate la lutte engagée sur le terrain contre les moustiques camarguais. [Lire l'article de Pierre Daum]. À noter aussi que le Téméphos, "un insecticide de synthèse utilisé en France dans 75% des zones de démoustication", ne devrait plus être autorisé au sein de l'Union Européenne à partir du 1er septembre dernier. Cette directive de l'UE a provoqué la colère de certains opérateurs qui jugent le Bti comme trop coûteux et moins efficace que le Téméphos. En s'appuyant sur une récente étude de l'Afsset qui révélait les risques potentiels du Téméphos pour les organismes aquatiques, les oiseaux et les mammifères, le Ministère français de l'écologie a finalement refusé de demander un sursis supplémentaire à Bruxelles. (OP) ; Source : Libération du 23 septembre 2006
> À (re)-lire : Vers une démoustication de la Camargue (PESTInfos 29.05.06)
> Site de l'Entente interdépartementale pour une démoustication du littoral méditerranéen
> Site de l'Agence françaises de sécurité sanitaire et de l'environnement au travail (Afsset)

mardi 19 septembre 2006

Contrôler les fourmis en déclenchant une "guerre civile".

Pour combattre la fourmi d'Argentine, Linepithema humile, une espèce envahissante qui forme des colonies géantes, des chercheurs californiens veulent déclencher une guerre civile en leur sein. Originaire d'Argentine et du Brésil, L. humile a profité de l'essor du transport des marchandises au siècle dernier pour s'introduire en divers points du globe. Alors qu'en Amérique du Sud, la multiplication de l'espèce est limitée par les rudes batailles que se livrent plusieurs colonies, aux États-Unis et en Europe, la fourmi d'Argentine forme des colonies aux dimensions gigantesques, comprenant plusieurs nids, et son expansion au détriment des espèces indigènes menace aujourd'hui l'équilibre des écosystèmes. En l'absence de méthodes chimiques efficaces pour contrôler son expansion, les chercheurs ont identifiés les composés chimiques (phéromones), des polyssacharides spécifiques présents dans la cuticule, qui permettent aux individus d'une même colonie de se reconnaître. En manipulant légèrement ces composés cuticulaires et en enduisant certaines fourmis, les scientifiques américains ont réussi à briser leur coopération au sein de la colonie et à leur faire croire qu'elles sont en présence d'ennemis. Ils espèrent ainsi provoquer de véritables "guerres civiles" qui limiteront la progression de cette petite fourmi dévastatrice. (OP) ; Source : d'après une dépêche AFP ; Réf. : Brandt M., Torres CW, Lagrimas M., Sulc R., Shea KJ., Tsutsui ND., 2006. Narrowing the search for nestmate recognition cues in the Argentine ant Linepithema humile. The IUSSI 2006 Congress, Washington, DC, 31 juillet 2006 [Résumé en anglais]
> À lire : Les fourmis d'Argentine colonisent l'Europe ! (L'union internationale des insectes sociaux, 2002)
> Voir des photos de la fourmi Linepithema humile sur le site myrmecos.net

vendredi 15 septembre 2006

Des coléoptères cleptoparasites abusent les abeilles solitaires en utilisant un leurre chimique

Le méloïdé américain, Meloe fransiscanus, est un petit coléoptère vivant dans les dunes sableuses du Sud-Ouest des États-Unis. Ses larves sont des cleptoparasites qui vivent au dépend des réserves de nectar et de pollen accumulées par l'abeille solitaire Habropoda pallida. Après l’éclosion des œufs, les larves du coléoptère cleptoparasite quittent leur galerie souterraine et s'agglutinent au sommet des tiges des végétaux les plus proches en formant une masse dont la forme imite celle d'une abeille Habropoda femelle et attire les mâles de la même espèce. Les larves s'accrochent aux poils du mâle qui s'est laissé prendre et se font transporter jusqu'à une femelle qui les transportera à son tour jusqu'au nid. Le mâle s'accouplant avec plusieurs femelles, cette stratégie permet aux larves de méloïdés de se disperser et de s'introduire dans plusieurs nids d'abeilles. Des entomologistes californiens viennent de découvrir que les larves produisaient un leurre chimique, une substance volatile mimétique de la phéromone sexuelle de l'abeille Habropoda femelle, qui augmente l'attraction des abeilles mâles. Le leurre est en effet d'autant plus efficace que la concentration de la molécule chimique est élevée. Selon les chercheurs, le comportement coopératif de ces larves est probablement une adaptation à environnement désertique où la localisation de la nourriture est difficile. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Saul-Gershenz L., Millar J., 2006. Phoretic nest parasites use sexual deception to obtain transport to their host's nest. PNAS 103: 38, 14039-14044 [Résumé en anglais]
> Villemant C., 2001. Les coléoptères méloidés, cleptoparasites des nids d'abeilles solitaires. Insectes 121, 7-10 [Télécharger le document au format PDF]

mardi 12 septembre 2006

Du riz transgénique illégal dans les assiettes !

L'association écologiste Greenpeace vient de révéler qu'une variété de riz transgénique illégale, la variété LL Rice 601 en provenance des États-Unis, avait été retrouvée dans des produits alimentaires vendus par une chaîne de supermarchés allemande. Fabriquée par la société agrochimique Bayer, la variété LL Rice 601 a été modifiée génétiquement pour résister à un herbicide. Sa commercialisation n'a pas été encore autorisée aux États-Unis. Le 18 août dernier, les autorités américaines avaient informé l’Union Européenne (UE) que du riz LL Rice 601 avait été détecté dans leurs stocks de riz à grains longs. L'UE avait alors réagi en exigeant que le riz importé des Etats-Unis soit certifié sans OGM et une cargaison avait été ainsi bloquée à Rotterdam. Mais en l'absence de mesures immédiates de rappel des produits à base de riz américain, des cargaisons de riz contaminé avaient probablement atteind des pays de l'UE avant la mise en place de la certification et des produits alimentaires contenant du riz transgénique se sont donc retrouvés dans les rayons de magasins européens. Les experts de l'UE ont ainsi confirmé que 20% des échantillons qu'ils avaient testé contenait du riz transgénique illégal. Au Canada, le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures pour empêcher la contamination du riz vendu au Canada par le riz LL Rice 601. Cette nouvelle affaire survient après celle de la contamination par du riz transgénique chinois de produits alimentaires vendus en Europe, également soulevé par Greenpeace. En effet, il y a quelques jours, l'association écologiste révélait avoir découvert dans les rayons des magasins d’alimentation asiatiques d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de France, plusieurs produits alimentaires contaminés par du riz transgénique chinois illégal. Ce riz transgénique, dont la culture n'a jamais été autorisée pour la consommation humaine, contient des gènes de Bacillus thuringiensis conférant une résistance à certains insectes ravageurs et dont certaines protéines pourraient, selon Greenpeace, provoquer des allergies. Cette contamination pourrait être liée à la découverte l'an dernier de cultures illégales de riz OGM en Chine. (OP) ; Source : Greenpeace France : De plus en plus de riz transgénique illégal dans les assiettes des Européens. Après le riz OGM chinois, le riz OGM américain !
> Lire aussi : Dossier de Greenpeace Canada sur le riz contaminé
> Dossier OGM (PESTInfos)

dimanche 10 septembre 2006

"La tache goudronneuse" affecte les érables du Mont-Royal


Photo : Taches goudronneuses sur des feuilles d'érables, Parc du Mont-Royal, Montréal (Québec) - septembre 2006 (OP)

Depuis la mi-août, les citoyens de Montréal qui fréquentent le parc du Mont-Royal auront eu la surprise d'observer la chute prématurée des feuilles des érables. C'est le résultat de l'action d'un champignon microscopique, Rhytisma acerinum, responsable de la maladie foliaire de "la tache goudronneuse". Passant l'hiver dans le tapis de feuilles mortes, le champignon phytopathogène, qui s'attaque principalement à l'érable de Norvège, à l'érable rouge, à l'érable argenté et à l'érable à sucre, s'est développé et propagé à la faveur des conditions climatiques particulièrement humides cette année.
L'infestation se traduit par l'apparition au cours de l'été de taches goudronneuses noires (d'environ 1 cm de diamètre) sur les feuilles, provoquant une diminution de leur capacité photosynthétique puis leur chute précoce. Bien que les dommages soient rarement graves pour les arbres, des infestations répétées peuvent cependant les affaiblir et les rendre plus sensibles à d'autres maladies et aux attaques d'insectes.
Pour réduire l'infestation au printemps suivant, il est donc conseillé de ramasser les feuilles mortes et de les brûler ou d'en faire du compost à l'automne. (OP)

Pour en savoir plus: 

jeudi 7 septembre 2006

En Corse, un premier cas de paludisme non importé depuis 1972

La Direction générale de la santé de Corse a confirmé hier le "premier cas de paludisme autochtone diagnostiqué en France depuis 1972". Selon l'hypothèse la plus probable, le patient aurait contracté une forme bénigne de la maladie dans la région de Porto en Corse-du-Sud. Les risques que d'autres cas apparaissent étant "quasi nul", aucune alerte sanitaire n'a été déclenchée sur l'île de Beauté. Bien qu'il ne sévisse plus en France métropolitaine depuis plus d'un siècle, le paludisme autochtone a longtemps sévit en Corse qui est restée infestée par le moustique vecteur jusqu'à la seconde guerre mondiale. Depuis 1973 aucun cas de paludisme autochtone n'y avait été signalé. Une étude réalisée en 1996 par l'Institut de recherches en développement (IRD) soulignait cependant le risque de réintroduction sur l'île d'un des parasites responsable de la maladie, Plasmodium vivax, du fait de la présence importante d'un de ses vecteurs potentiels, l'Anopheles labranchiaee. (OP) ; Source : dépêche AFP (06.09.2006 17:09)
> Ministère français de la Santé et des Solidarités
> Institut de veille sanitaire
> Surveillance du paludisme en Corse 1999-2002 [Rapport PDF]

Progression de la maladie de la langue bleue vers le nord

Pour la première fois, la fièvre catarrhale du mouton, une épizootie virale transmise par des diptères nématocères du genre Culicoides spp. (famille des Cératopogonidés) s'est manifesté en Europe du Nord, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. La fièvre plus connue sous le nom de la maladie de la langue bleue en raison d'une cyanose de la langue qu'elle provoque parfois est due à un virus du groupe des réoviridés du genre Orbivirus qui affecte presque tous les ruminants domestiques et sauvages. Originaire d'Afrique sub-saharienne, fréquente en Turquie, dans les pays tropicaux et sub-tropicaux, la fièvre catarrhale est présente en Europe depuis 1998 où elle a infesté les élevages ovins et bovins dans les îles grecques, avant de progresser vers les autres pays du bassin méditerranéen et de toucher la Corse en 2000. Cette année un premier cas a été signalé le 14 août dans une ferme de la province de Limbourg aux Pays-Bas puis la maladie s'est rapidement étendue à plusieurs élevages frontaliers en Belgique et en Allemagne. Ce premier foyer en Hollande représente la localisation la plus nordique qui n'ait jamais été signalée pour cette maladie émergente. Selon certains scientifiques, cette progression de la maladie serait liée aux changements climatiques qui favorisent l'extension géographique de son vecteur. Une étude publiée l'an dernier par l'équipe de Bethan Purse, de l’Institut britannique pour la santé animale de Pirbright, suggérait en effet que la récente émergence de la fièvre catarrhale en Europe méridionale soit due à la progression vers le nord de son principal vecteur d'origine afro-asiatique, Culicoides imicola, suite à l'augmentation des températures. Les températures élevées et les fortes pluies enregistrées cet été pourraient être à l'origine de cette nouvelle épizootie en Hollande. À ce jour, C. imicola n'a cependant toujours pas été identifié en Hollande, et d'autres espèces européennes de Culicoides comme C. obsoletus et C. pulicaris pourraient aussi jouer le rôle de vecteur. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Pour en savoir plus sur la fièvre catarrhale du mouton (Office internationale des épizooties / Organisation mondiale pour la santé animale)
> Réf. : Baldet T., Mathieu B., Delécolle J.C., 2003. Émergence de la fièvre catarrhale ovine et surveillance entomologique en France. Insectes n°131 (INRA-OPIE) [Télécharger l'article au format PDF]
> Réf. : Purse BV, Mellor PS, Rogers DJ, Samuel AR, Mertens PP, Baylis M., 2005. Climate change and the recent emergence of bluetongue in Europe. Nat Rev Microbiol. 3(2):171-8, février 2005 [Résumé en anglais]

mardi 11 juillet 2006

La septoriose du blé résiste aux fongicides

La septoriose foliaire est une maladie fongique du blé qui sévit dans en Europe, particulièrement dans les pays de l'Ouest où le climat océanique favorise sa dissémination. Caractérisée par des taches foliaires brunes et une baisse importante des rendements, elle est provoquée par un champignon parasite Septoria tritici qui s'attaque aux feuilles de blé. Des fongicides de la famille des strobilurines et des triazoles sont utilisés courramment depuis plusieurs années pour combattre la septoriose. Cependant, leur emploi excessif a conduit à l'apparition de souches résistantes et n'a pas permis de contrôler efficacement la maladie. Des études menées au sein de l'Unité de Phytopharmacie de l'INRA à Versailles révèle que le champignon est particulièrement résistant aux strobilurines, une classe de fongicides synthétiques introduits il y a une dizaine d'année. Dans le Nord de la France, la résistance est si forte que les strobilurines n'apportent plus aucune efficacité contre la septoriose. Au niveau moléculaire, la résistance aux strobilurines correspond à une mutation d'un gène mitochondrial codant pour le cytochrome b, leur principale cible. Les travaux se poursuivent aussi afin de diversifier les moyens de lutte. De meilleures pratiques culturales (utilisation de variétés de blé peu sensibles, allongement des rotations, optimisation de la fertilisation) pourraient en effet réduire le développement de la septoriose. (OP)
>Source : INRA Presse Info

mercredi 5 juillet 2006

Des coléoptères amateurs de tamaris

Plantes originaires des régions méditerranéennes, les tamaris (genre Tamarix) ont été introduits aux États-Unis d'Amérique au 19ème siècle. 2 des 8 espèces introduites, Tamarix parviflora et Tamarix ramosissma, ont proliféré à la faveur du développement agricole et de l'irrigation, et sont devenues envahissantes dans plusieurs états du Sud-Ouest (Colorado, Utah, Kansas, Texas, Nouveau Mexique, Wyoming, Arizona) où elles forment de vastes et denses colonies. Leur grande tolérance aux conditions climatiques les plus variées (chaleur, froid, sécheresse, inondations, salinité, etc.) et un profond système racinaire leur ont permis de coloniser plus particulièrement les bords des rivières, éliminant les saules et les peupliers indigènes. Accusée d'accroître la fréquence des feux et l'incidence des inondations, leur prolifération contribue aussi à épuiser les sources d'eau et à accentuer la salinité des sols (d'où leur nom de salt cedar en anglais). Pour réduire ces populations envahissantes, des méthodes de contrôle mécanique et des traitements chimiques au moyen d'herbicides tels que l'Imazapyr sont couramment utilisés. Depuis plusieurs années, les biologistes expérimentent aussi une méthode de contrôle biologique en faisant appel à une espèce exotique de chrysomèle, Diorhabda elongata (photo), dont les larves et adultes sont très friands de feuilles de tamaris. En fonction de la lattitude de leur origine géographique, plusieurs souches de D. elongata provenant de Chine, d'Europe (Grèce, Crête, etc.) ou du Moyen-Orient ont été testées avec plus ou moins de succès afin de déterminer celles qui sont les plus susceptibles de s'adapter aux conditions climatiques des différents états du Sud-Ouest. Des chercheurs du Texas Agricultural Experiment Station expérimentent actuellement une souche originaire de l'Ouzbékistan, probablement mieux adaptée aux conditions climatiques du Texas. Les chercheurs espèrent que les coléoptères ouzbeks seront de meilleurs prédateurs que ceux provenant de Grèce, qui après une bonne acclimatation se sont montrés nettement moins prolifiques. Espérons aussi que ce prédateur exotique ne devienne pas à son tour une espèce envahissante ! L'éradication des tamaris est toutefois contestée car ces petits arbres sont devenus, après la disparition des saules et des peupliers, les sites privilégiés de nidification du Willow flycatcher (Empidonax traillii extimus), une espèce d'oiseau actuellement menacée. (OP) ; Source : EurekaAlert! [Article en anglais]
> Galerie de photos du Texas Agricultural Experiment Station
> En savoir plus sur l'invasion des tamaris dans le Sud-Ouest des États-Unis (en anglais)

mardi 4 juillet 2006

Les maladies prolifèrent avec les tiques

Les tiques sont des acariens ectoparasites hématophages dont certaines espèces peuvent véhiculer différentes maladies infectieuses humaines (des borrélioses dont la maldie de Lyme, des arboviroses dont la fièvre de Congo-Crimée et la fièvre de la vallée du Rift, etc.). En Afrique de l'Ouest, la tique Ornithodoros sonrai peut transmettre à l'homme, à l'occasion de piqûre, la bactérie Borrelia crociduraeai responsable d'une fièvre récurrente dont les symptômes sont similaires au paludisme. Relativement méconnue, cette borréliose est généralement sous-estimée dans les pays où elle sévit. Selon des chercheurs de l'Institut de recherches en développement à Dakar (Sénégal), son incidence est pourtant très élevée et en augmentation depuis ces dernières années. Dans une petite région rurale du Sénégal où ils ont suivi son évolution de 1990 à 2003, l'infection bactérienne transmise par les tiques a touché en moyenne chaque année près de 11% de la population. Leur étude révèle en outre une importante progression géographique de la tique de 2002 à 2005. Suite à la sécheresse, la tique s'est en effet propagée hors du Sahel à la plupart des villages du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Vial L, Diatta G, Tall A, Hadj Ba E, Bouganali H, Durand P, Sokhna C, Rogier C, Renaud F, Trape JF, 2006. Incidence of tick-borne relapsing fever in west Africa: longitudinal study. The Lancet 368 (9529):37-43 [L'article et son résumé en anglais sont accessibles gratuitement après inscription sur le site TheLancet.com]

samedi 1 juillet 2006

Des airs d'automne en juin

Dans plusieurs régions de l'est du Québec, certains arbres ont pris en ce début d'été une parure bien automnale. Dépouillés de leur feuillage, les trembles, les peupliers et les bouleaux sont en effet victimes d'une petite chenille défoliatrice, la tordeuse du tremble (Choristoneura conflictana). Présent d'un océan à l'autre, principalement dans l'est canadien, ce ravageur boréal voit périodiquement sa population augmenter pendant 2 à 3 ans avant de disparaître. Les récents étés secs et chauds ont favorisé sa progression du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, où sa dernière observation remonte à 2003, aux régions du Bas-Saint-Laurent et de Québec. Selon les spécialistes, bien qu'elle soit spectaculaire, la défoliation n'est pas dangereuse si l'arbre est en bonne santé. En effet, elle survient généralement assez tôt en saison ce qui permet une nouvelle feuillaison au cours de l'été. Toute lutte contre cet insecte est normalement inutile puisque les infestations sont généralement de courtes durées et qu'il existe de nombreux prédateurs et parasites naturels indigènes (fourmis, guêpes parasitoïdes, carabes, oiseaux tels que pics, mésanges et viréo, etc.) assurant un contrôle efficace de leur population. (OP) ; Source : Cyberpresse.ca (article paru dans le quotidien Le Soleil, le 1er juillet 2006)
> En savoir plus sur la Tordeuse du tremble (Service canadien des forêts)
> Voir des photos de la Tordeuse du tremble

mercredi 21 juin 2006

L'hystérie de la spongieuse à Mississauga

Dopées par les derniers étés chauds et secs et attirées par alléchantes plantations de chênes, les larves de spongieuses (Lymantria dispar) ont envahit les forêts de Mississauga, une importante ville d'Ontario située au sud-ouest de Toronto. Le niveau d'infestation est tellement élevé cette année que les autorités municipales ont du procéder à des épandages aériens d'insecticides biologiques (à base de Bacille de Thuringe) sur les zones infestées. Originaire d'Eurasie, ce petit papillon a été accidentellement introduit dans la région de Boston dans les années 1870 et est devenu au fil du temps un des ravageurs les forestiers les plus destructeurs en Amérique du Nord. Ses larves abondamment poilues (photo) s'attaquent aux feuillages de plus de 300 essences de feuillus et d'arbrisseaux et affectionnent particulièrement les chênes, les ormes et les érables. La spongieuse doit son nom aux petites masses d’œufs qui ressemblent à de petites éponges et qui peuvent contenir de 200 à 1000 oeufs. Des employés municipaux ont découvert sur certains arbres jusqu'à 800 de ces petites masses spongieuses. Durant les 7 semaines du développement larvaire (4 à 5 stades) qui culmine au mois de juin, des centaines de milliers de larves affamées dépouillent les arbres de leurs feuilles les rendant ainsi incapables de se nourrir et plus vulnérables aux maladies et aux attaques d'autres parasites. Les citoyens de la ville ontarienne sont maintenant au prise avec les quantités importantes de déjections que les larves abandonnent dans les jardins, les pelouses et les piscines. Ils doivent aussi porter une attention particulière aux poils urticants des chenilles qui peuvent causer des réactions allergiques, particulièrement chez les jeunes enfants. Source : Toronto Life "Moth Hysteria Mississauga's very hungry caterpillars" par Flannery Dean [Lire l'article en anglais]
> En savoir plus sur la spongieuse (Service canadien des forêts)

mardi 20 juin 2006

Le Roseau commun, une plante envahissante au Québec ?

Le Roseau commun, ou phragmite commun (Phragmites australis), est une plante familière du réseau autoroutier du Québec. Ses "grandes tiges surmontées d'un plumeau" bordent en effet les autoroutes du Sud-Ouest de la province. Leur présence peut être perçue comme bénéfique, aussi bien au niveau de la sécurité routière (captation de la neige et de la poudrerie, diminution de l'éblouissement des phares des automobiles circulant en sens inverses, etc.) qu'au niveau écologique puisqu'il joue un rôle important dans la purification des eaux de drainage. Cependant, leur prolifération non maîtrisée peut aussi conduire à des nuisances, et à une surcharge de nettoyage et d'entretien des fossés de bords de route. En effet, les colonies de roseau peuvent constituer des haies de plusieurs kilomètres et obstruer l'écoulement des eaux et la vision des automobilistes.

Dans le Nord-Est de l'Amérique du Nord, le roseau est considéré est considéré comme une plante envahissante qui perturbe les milieux humides. Aux États-Unis, des colonies denses ont en effet envahi les marais, marécages et tourbières, menaçant la diversité végétale et offrant des habitats de mauvaise qualité pour la faune.

Des études ont montré que la prolifération des colonies de roseau était étroitement liée à l'expansion du réseau autoroutier Nord-américain. Les autoroutes québécoises, qui traversent de nombreux milieux humides, pourraient donc devenir "la première étape d'une invasion à grande échelle des milieux sensibles".

Plus récemment des études de caractérisation moléculaire ont démontré que l'invasion des marais américains résultait essentiellement de la multiplication d'un génotype européen au détriment du génotype indigène, suite à des perturbations anthropiques. L'analyse génétique de roseaux récoltés en bordures des autoroutes du Québec en 2004 révèle que la presque totalité (soit 99 %) est d'origine exotique. Pour remédier à cet envahissement et pour éviter que la biodiversité des milieux humides sensibles du Québec ne soit menacée, le Ministère du Transport du Québec et l'Université Laval ont mis en place un projet de recherche baptisé Phragmites. (Source : Agri-Réseau / Phytoprotection / Mauvaises herbes)

Pour en savoir plus :


Colonie de roseau commun sur l'Île des Sœurs, boisée Saint-Paul, Montréal (Québec). Olivier Peyronnet (04.2005). La prolifération de ces "grandes tiges beiges surmontées d'un plumeau se laissant bercer par le vent" menacerait les milieux humides et les écosystèmes sensibles du Québec

lundi 12 juin 2006

Allègement de la lutte contre le virus du Nil occidental au Québec

Les moyens préventifs visant à contrôler le virus du Nil occidental (VNO) seront moins importants cette année au Québec. En particulier, il n'y aura pas de pulvérisation sélective d'insecticides à grande échelle, ni de collecte d'oiseaux morts comme cela était le cas depuis 2002. L'épidémie s'avère en effet moins grave que prévue et, selon la Direction de la santé publique du Québec (DSPQ), ces mesures ne seraient pas indispensables ni significativement efficaces. L'an dernier, seulement 5 cas d'infection au VNO, dont un décès, ont été officiellement recensés au Québec (pour un total de 46 personnes infectées et 5 décès au cours des 4 dernières années). Le nombre de québécois ayant contracté le VNO est certainement beaucoup plus grand mais la plupart ne développe pas de symptômes. D'ailleurs, selon Héma-Québec, 0.2% des donneurs de sang seraient porteurs du VNO sans le savoir. La vigilance demeure toutefois de mise, particulièrement pour les personnes âgées et les malades. Pour s'en protéger, les autorités sanitaires recommandent le port de vêtement longs et clairs et l'emploi d'insectifuge (ou "chasse-moustique") à base de DEET ou d'eucalyptus, surtout en juillet et en août, période pendant laquelle les maringouins sont les plus susceptibles d'être porteurs du VNO. D'autre part, elles invitent la population à éliminer autour de leur résidence toutes les sources d'eau stagnante qui constituent d'excellents gîtes de reproduction pour les moustiques. (OP) ; Source : les nouvelles de la radio de Radio-Canada
> Pour en savoir plus sur le VNO au Québec, consulter le site du Ministère de la santé et des services sociaux : virusdunil.info
>Lire les nouvelles précédentes : Des maringouins particulièrement nombreux et voraces cette année au Québec (PESTInfos 31.05.06) et Kahnawake dit non au BTi (PESTInfos 10.04.06)
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jeudi 8 juin 2006

Le pesticide « Merit » est risqué pour la santé et l'environnement (CAP-Québec)

Dans un communiqué émis le 15 mai 2006, la Coalition pour une alternative aux pesticides (CAP) met en garde la population québécoise contre les risques pour la santé et l'environnement du pesticide "Merit". Cet insecticide, dont l'ingrédient actif est l'imidaclopride, est soupçonné d'avoir des effets néfastes pour les abeilles dans diverses régions d'Europe. Il est commercialisé au Québec pour lutter contre les vers blancs, à savoir les larves du hanneton commun (Phyllophaga anxia), du hanneton européen (Amphimallon majalis) ou du scarabée japonais (Popillia japonica), qui affectent les pelouses.

Malgré le nouveau Code de gestion des pesticides du Québec, qui 'en fait pas mention, le Merit est souvent utilisé abusivement comme "solution miracle et sécuritaire" par les entreprises professionnelles d'entretien des pelouses. Alors qu' il est vivement recommandé sur l'étiquette commerciale de ne pas cultiver de plantes comestibles dans l'année suivant l'application du Merit, la CAP dénonce l'absence d'avertissements pour les enfants qui jouent sur les pelouses traitées et les risques auxquels ils sont exposés.

L'imidaclopride est un insecticide néonicotinoïde (agoniste de la nicotine) systémique qui pénètre dans les plantes et est véhiculé dans la sève. L'insecticide et ses résidus toxiques peuvent persister jusqu'à 3 mois dans les gazons, plus d'une année dans les sols, mais aussi dans certains cas contaminer les nappes phréatiques. De plus, peu spécifique, il est aussi toxique pour les vers blancs que pour les auxiliaires de la lutte biologique (nématodes, guêpes parasitoïdes, etc.) qui aident à les contrôler, les abeilles pollinisatrices, mais aussi les oiseaux qui en consomment en grand nombre.

L'utilisation de cet insecticide est d'autant plus inutile qu' il est presque impossible d'éradiquer complètement les vers blancs. Il est donc préférable d'adopter des méthodes culturales préventives pour en limiter le nombre. Sur son site, la CAP propose aux adeptes inconditionnels des pelouses vertes d'autres solutions moins toxiques pour entretenir des "pelouses écologiques", et pour prévenir ou contrôler les insectes et maladies qui les ravagent. Enfin, il est important de souligner que l'abondance des surfaces gazonnées dans les banlieues et la campagne du Québec n'est pas favorable à la biodiversité, et que leur fertilisation abusive contribue à l'eutrophisation de nombreux lacs ! (OP) [Lire le communiqué de la CAP en format PDF]

lundi 5 juin 2006

La formation d'une armée de Criquets

La formation des grands essaims de Criquets pelerin (Schistocerca gregaria) fait peser une menace permanente sur les cultures et les pâturages des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Maghreb. Les ravages et destructions des récoltes qu'ils causent peuvent entraîner des répercussions importantes sur la sécurité alimentaire et l'économie des pays touchés. La prévision et la détection précoce de la formation d'essaims sont donc d'une importance primordiale pour les populations exposées, d'autant plus que les moyens actuels de lutte antiacridienne sont souvent coûteux et inefficaces. Une nouvelle étude menée à l'Université d'Oxford montre que le comportement grégaire de ces criquets dépends de la densité de leur population. Dans un espace limité, s'ils sont peu nombreux, les jeunes criquets évoluent indépendamment des autres de façon désordonnée. Par contre, lorsque leur population augmente et qu'elle atteint une densité critique d'environ 50 individus au mètre carré, ils adoptent rapidement un comportement grégaire et des mouvements collectifs coordonnés, donnant naissance à un essaim De petites augmentations de leur densité peuvent ainsi conduire à des changements importants et rapides des mouvements des essaims. Les chercheurs ont aussi observé une certaine instabilité des mouvements des essaims naturels, au sein desquels des groupes peuvent rapidement changer de direction sans perturbations externes. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com ; Réf. : Buhl J, Sumpter DJ, Couzin ID, Hale JJ, Despland E, Miller ER, Simpson SJ, 2006. From disorder to order in marching locusts. Science 312 (5778):1402-6 [Résumé en anglais] [Science magazine]
> Voir une vidéo de la marche des criquets dans une aréna ciculaire (SciDev.net) [Fichier AVI, 3358K]
> L'Observatoire acridien de la FAO
> Pour en savoir plus sur les acridiens de l'Afrique de l'Ouest : AcridAfrica

jeudi 1 juin 2006

Les Bourdons, de "valeureux poilus" menacés

Une cinquantaine d'espèces de bourdons (genre Bombus) vivent en Europe. Ces "valeureux poilus" sont d'excellents pollinisateurs qui font le bonheur des jardiniers. Reconnaissables grâce à leur épaisse fourrure, leur grande résistance leur permet d'être toujours les premiers à butiner les fleurs avant les abeilles, en début de saison, le matin alors que la fraîcheur de la nuit paralyse encore la plupart des insectes, ou après un orage. La pollinisation de diverses plantes dont de nombreuses légumineuses dépendent essentiellement des bourdons, et quelques petits arbustes fruitiers comme les framboisiers ou les groseilliers sont surtout visités par eux. Comme les abeilles domestiques, les bourdons sont menacés par les transformations des paysages provoquées par les pratiques agricoles et l'urbanisation actuelles. Sensibles aux pesticides, ils se raréfient et quelques espèces ont déjà disparu. En Angleterre, des entomologistes professionnels et amateurs se sont rassemblés au sein d'un "office pour les bourdons et leur environnement" (The Bumblebee Conservation Trust) pour les étudier, les surveiller, les protéger et favoriser leur présence dans les jardins anglais. Une attention particulière est portée au Bourdon des clairières, Bombus distinguendus , une espèce en danger qui figure sur le logo du BBCT. (OP) ; Source : Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), Les Épingles de collection 2006
> site officiel de The Bumblebee Conservation Trust (BBCT)
> Lire aussi "Les bourdons, de valeureux poilus à aider au jardin", par l'association PONEMA rassemblant les passionnés des jardins naturels et sauvages

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