jeudi 26 juillet 2007

Le réchauffement climatique augmente la biodiversité des pucerons

Les pucerons sont de minuscules insectes qui sucent la sève des plantes. Ils sont sont les principaux nuisibles agricoles dans les pays tempérés, en plus d'être une source importante de nourriture dans les écosystèmes. Des chercheurs de L'INRA, en collaboration avec leurs partenaires du réseau européen EXAMINE (EXploitation of Aphid Monitoring systems IN Europe), ont évalué l'impact du réchauffement climatique sur les populations de pucerons.

Les plus récentes études indiquent qu'au cours des 30 dernières années, le nombre d'espèces de pucerons a augmenté de près de 20 % et que leur période d'activité s'est allongée d'environ un jour par an en moyenne dans l'Ouest de la France et au Royaume-Uni.La cause? L'augmentation des températures liée au réchauffement climatique!
(source : INRA Presse-Info)


Pour en savoir plus :

vendredi 13 juillet 2007

Peristance et dissémination des gènes du Bt dans les milieux aquatiques

Au Québec, les insecticides à base de toxines de Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk) et le maïs transgénique Bt sont de plus en plus utilisés pour combattre les populations de lépidoptères ravageurs du maïs. Le gène bactérien qui code pour la toxine Cry1Ab, une protéine spécifiquement toxique pour les lépidoptères, a été introduit dans le maïs Bt à cet effet.

Des chercheurs d'Environnement Canada ont découvert que le gène Cry1Ab persistait dans les sols (sédiments) et les milieux aquatiques près des champs de maïs pendant 20 à 40 jours après les récoltes. Ils ont aussi détectés des gènes Cry1Ab dans la rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent, à plus de 80 km en aval des parcelles de cultures de maïs. Il semble donc que les transgènes Bt sont disséminés par les rivières qui drainent les régions agricoles. 

Référence :
  • Douville M, Gagné F, Blaise C, André C., 2007. Occurrence and persistence of Bacillus thuringiensis (Bt) and transgenic Bt corn cry1Ab gene from an aquatic environment. Ecotoxicol Environ Saf. 66(2):195-203. [PubMed]

dimanche 1 juillet 2007

L'exposition professionnelle aux pesticides agricoles augmenterait le risque de tumeur cérébrale

Dans le cadre d'un important programme sur les cancers professionnels, des chercheurs de l'Université de Bordeaux 2 ont étudié le lien entre l'exposition professionnelle aux pesticides et aux produits phytosanitaires et la survenue de tumeurs cérébrales. Les résultats de l’étude CEREPHY mettent en évidence que les risques de tumeurs cérébrales sont multipliés par deux pour les populations agricoles les plus exposées professionnellement à ces produits et par trois pour certains types de tumeurs du cerveau (gliomes). Une augmentation des risques moins significative a aussi été observée chez les personnes qui utilisent des pesticides pour entretenir leurs plantes d'intérieur. 

L'étude CEREPHY a été menée en Gironde, une région viticole du sud-ouest de la France particulièrement consommatrice de pesticides, sur un échantillon de 221 patients atteints de tumeurs cérébrales malignes ou bénignes entre 1999 et 2001 et de 442 personnes témoins indemnes. Compte tenu de l'échantillon limité, il est nécessaire de réaliser des études complémentaires à plus large échelle. Dans l'attente, les agriculteurs et les travailleurs agricoles devraient prendre des précautions pour diminuer le niveau d’exposition aux pesticides, par exemple en portant leur équipement de protection individuelle (masque, gants,...) ou en modifiant le mode d'épandage.
(OP - Article publié le 22/03/2006 d’après une dépêche de l'AFP, modifié le 30/06/2007)


mardi 12 juin 2007

Les pesticides ralentiraient la croissance des plantes

Selon une étude américaine menée sur le long terme, plusieurs substances présentes dans les produits phytosanitaires, dont les composés organochlorés, perturberaient la fixation de l'azote par les bactéries symbiotiques (Rhizobium) des plantes légumineuses comme le soja et la luzerne. Cette perturbation pourrait être en partie responsable des baisses de rendement observées sur certaines cultures de soja. Des études en plein champs sont présentement en cours afin de déterminer les molécules chimiques qui affectent les relations plantes-bactéries. (source : Sciences et Avenir.com)

Référence :
  • Fox JE, Gulledge J, Engelhaupt E, Burow ME, McLachlan JA., 2007. Pesticides reduce symbiotic efficiency of nitrogen-fixing rhizobia and host plants. Proc Natl Acad Sci U S A., édition électronique avancée du 4 juin 2007 [Résumé en anglais]

mercredi 30 mai 2007

L'exposition aux pesticides, facteur aggravant pour la maladie de Parkinson

Selon une étude épidémiologique réalisée sur 959 patients, par une équipe de la faculté de médecine de l'Université d'Aberdeen (Écosse), l'exposition à des niveaux faibles et élevés de pesticides accroît de 9 à 39% le risque de contracter la maladie de Parkinson. La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative affectant les cellules nerveuses qui produisent un important neurotransmetteur, la dopamine et provoquant des troubles locomoteurs. Bien que la maladie de Parkinson ne soit pas causée directement par les pesticides, les chercheurs écossais ont établit un lien significatif entre les deux. Selon les spécialistes, la maladie de Parkinson serait causée par une combinaison de facteurs génétiques et de facteurs liés à l'environnement, dont l'exposition aux pesticides. (source : AFP, Londres)

Référence :

samedi 26 mai 2007

La chenille processionnaire du pin

La chenille processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa (Lép. Notodontidé), est un important insecte ravageur des forêts méditerranéennes. Ses chenilles défoliatrices se nourrissent des aiguilles de plusieurs espèces de pins et de cèdres. Elles provoquent ainsi un ralentissement de la croissance et un affaiblissement des arbres, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies et aux autres ravageurs forestiers. De plus, dès leur 3ème stade, les larves se recouvrent de poils très urticants. Projetés dans l'air, ces poils urticants sont la cause de divers problèmes de santé chez les hommes et les animaux comme des allergies, des démangeaisons cutanées, des problèmes respiratoires ou encore des crises d'asthme.

"Chenilles processionnaire ligne" by Lamiot — Travail personnel. Licensed under Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0-2.5-2.0-1.0 via Wikimedia Commons

Parmi l'ensemble des méthodes de lutte contre ce ravageur, les traitements à base de la bactérie entomopathogène Bacillus thuringiensis kurtaki (Btk) sont les plus utilisés actuellement. D'autres approches de luttes biologiques, comme par exemple la prédation par des mésanges ou la confusion sexuelle par des phéromones, sont présentement à l'étude. (Source : Futura-Sciences, Martin JC)

Pour en savoir plus :

samedi 27 janvier 2007

Les abeilles ne meurent pas toutes de la même façon

Un peu partout sur la planète, les populations d'abeilles diminuent. Dans une étude confidentielle, réalisée de 2002 à 2005 dans cinq ruchers répartis dans plusieurs départements (Eure, Gard, Gers, Indre et Yonne), l'Agence françaises de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a recensé les principaux facteurs qui causent la mort des colonies d'abeilles.

L'étude met en cause aussi bien les résidus d’insecticides agricoles (imidaclopride, fipronil, endosulfan, deltaméthrine, parathion-méthyl) qui contaminent le pollen, la cire et le miel que les mauvaises pratiques apicoles. L'Afssa dénonce, entre autres, des négligences dans l'état sanitaire des colonies et l'utilisation de produits acaricides non homologués pour lutter contre le parasite varroa (coumaphos). L'étude souligne aussi l'uniformisation du paysage agricole qui entraîne une forte diminution de la diversité des fleurs sauvages.

Obtenus par le quotidien Le Figaro, les résultats de cette étude confidentielle ont suscité la colère des apiculteurs français. Ces derniers accusent, entre autres, l'Afssa de complicité avec les industriels Bayer et BASF qui commercialisent l'imidaclopride et le fipronil, et de sous estimer le rôle de ces deux insecticides systémiques dans la crise écologique actuelle.

Pour en savoir plus et mieux comprendre les débats et enjeux :

jeudi 25 janvier 2007

100 millions d'hectares d'OGM cultivés en 2006

Le bilan annuel dressé en 2006 par l'Isaaa (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), une association financée à 40% par l'industrie semencière et agrochimique, fait état de 102 millions d'hectares de cultures transgéniques à travers le monde, soit une progression de 13% par rapport à 2005. Les cultures d'OGM sont limitées à seulement 4 plantes, soit le soja (57 %), le maïs (25 %), le coton (13 %) et le colza (5 %), et sont concentrées dans 6 pays, soit les États-Unis (53 %), l'Argentine (18 %), le Brésil (6 %), le Canada (6 %), l'Inde (4 %) et la Chine (3 %).

Du fait de l'adoption probable du riz transgénique par la Chine et du développement des plantes transgéniques destinées à produire des biocarburants, l'Isaaa estime que la superficie cultivée en OGM pourrait doubler d'ici 2015. En attendant la décision clé des autorités chinoises, l'association écologiste Friends of Earth (Les Amis de la Terre) a rendu public le 9 janvier dernier un document énumérant les manques de performance et les revers enregistrés par les OGM agricoles au cours de la dernière décennie : absence de rendements supérieurs aux semences conventionnelles, progression des résistances des insectes et des adventices aux propriétés pesticides des OGM, multiplication des cas de contaminations de la chaîne alimentaire, crise du soja en Amérique du Sud, refus de certains pays (Europe, Indonésie), etc.. 

L'association écologiste rappelle en outre que, malgré les promesses, les OGM n'ont apporté aucune solution contre la faim et la pauvreté en Afrique ou ailleurs et que l'essentiel des OGM cultivés aujourd'hui est destiné à l'alimentation du bétail pour satisfaire les besoins en viande des pays riches.

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mardi 2 janvier 2007

Une résine naturelle au secours des palmiers

Les palmiers du sud de la France qui sont actuellement ravagés par un lépidoptère originaire d'Argentine et d'Uruguay, Paysandisia archon (Castiniidae), pourraient être sauvé par une résine naturelle (glu). Ce papillon a été introduit accidentellement en 2002 lors d'importations de palmiers en provenance d'Amérique du Sud. Ses chenilles palmivores, de couleur blanchâtre, pouvant mesurer jusqu'à 8 cm de long (photo sur palmae.free.fr) et résistantes au froid, s'attaquent au cœur des palmiers à la base des feuilles. Le palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei), le palmier nain (Chamaerops humilis) et le palmier bleu du Mexique (Brahea armata) sont particulièrement appréciés par le ravageur, car ils ont un cœur tendre et leurs fibres facilitent la ponte de ses œufs.

Devant l'absence de prédateur naturel local et de traitements chimiques autorisés pour éradiquer cette chenille palmivore (certains traitements chimiques préconisés sont particulièrement nuisibles pour les sols), un biochimiste de l'INRA de Montpellier a récemment mis au point une résine naturelle, non toxique et très résistante, qui agit comme écran protecteur. Son application en haut du stipe (tronc) des palmiers empêche la ponte des femelles et l'entrée ou la sortie des papillons. Ce procédé a été testé avec succès l'été dernier dans la ville de Montpellier et pourrait être commercialisé dans le courant de 2007. (OP)
Source : LeFigaro.fr

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La fièvre jaune menace l'Asie.

Des épidémies de fièvre jaune, une maladie hémorragique virale transmise par le moustique Aedes aegypti, ont touché récemment les grandes métropoles de l'Afrique de l'Ouest comme Abidjan (Côte d'Ivoire), Dakar et Touba (Sénégal), et Conakry (Guinée). Cette maladie avait pourtant été éliminée de l'Ouest de l'Afrique dans les années 1930-1950 grâce à un programme de vaccination préventive systématique. L'importance des moussons en 2005, accompagnées de pluies diluviennes favorisant la propagation du moustique vecteur, pourrait être à l'origine de la recrudescence de ces épidémies urbaines.

Devant l'accroissement des échanges commerciaux avec la Chine, la fièvre jaune menace désormais de se propager dans tout le continent asiatique, d'autant plus que le moustique vecteur infeste déjà les grandes villes indiennes depuis les années 1970. Si aucune nouvelle mesure de prévention n'est adoptée rapidement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que d'ici 2050, de grandes épidémies urbaines de fièvre jaune pourraient tuer entre 1,5 et 2,7 millions d'humains. (OP)
Source : LeFigaro.fr

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jeudi 26 octobre 2006

La surconsommation nuit à la biodiversité

Selon le dernier rapport "Planète Vivante 2006" publié par l'Organisation mondiale de la protection de l'environnement (WWF), les écosystèmes naturels de la planète se dégradent à un rythme sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Le WWF observe une perte régulière de la biodiversité au cours des 30 dernières années avec un déclin d'environ 30% des populations des espèces de vertébrés terrestres, marins et d'eau douce. Les activités de l'homme en sont la principale cause. L'empreinte écologique des humains dépasse en effet de 25% les capacités réelles de production de la biosphère et a plus que triplé depuis 1960.

Compte tenu des capacités de régénération des ressources naturelles, si la tendance devait se maintenir, l'humanité devrait consommer l'équivalent biologique de deux planètes Terre en 2050. En particulier, les États-unis et l'Europe consomment à l'excès les ressources naturelles qu'ils n'ont pas, en hypothéquant sur les générations futures. Selon les calculs du WWF, alors qu'un indien utilise seulement 0,8 ha de "superficie disponible biologiquement productive", un américain en requiert près de 12 fois plus, soit 9,6 ha.

L'agriculture intensive, forte consommatrice d'eau, d'énergie, d'engrais et de produits chimiques (pesticides), conduit à un appauvrissement des sols et de la biodiversité à tel point que les rendements agricoles pourraient diminuer. Au risque d'assister à l'effondrement à grande échelle des écosystèmes naturels, et à l'épuisement des ressources biologiques de la planète, il devient urgent de changer radicalement de mode de développement économique et de trouver un équilibre entre consommation et biodiversité. (OP)
Source : WWF France [Télécharger le rapport au format PDF]

mercredi 25 octobre 2006

L'importance des pollinisateurs sur la production des cultures

Une synthèse bibliographique réalisée par un groupe international de chercheurs (Allemagne, France, Australie, États-Unis) sur 115 cultures vivrières dans plus de 200 pays souligne le rôle essentiel des pollinisateurs dans les productions agricoles et notre alimentation. Selon cette étude, 3/4 des cultures vivrières, soit la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses, protéagineuses, et près de 35% de la production mondiale de nourriture dépendent des pollinisateurs, pour la plupart des abeilles.

Alors que les cultures de céréales (blé, maïs, riz, etc.) ne dépendent pas des pollinisateurs, certaines cultures comme le cacao, la vanille, les courges, les pastèques en sont totalement dépendantes, et la majorité des cultures montre un accroissement important de leur production en leur présence. Certaines données montrent en outre que les pratiques agricoles actuelles et les perturbations anthropiques de l'environnement menacent la survie des populations des abeilles sauvages de sorte qu'elles deviennent souvent trop rares pour assurer une pollinisation efficace des cultures essentielles à l'homme.
Au niveau de l'évolution et de la biodiversité, l'activité pollinisatrice des abeilles a aussi contribué de manière importante à l'expansion et à la diversification des plantes à fleurs, qui représentent aujourd'hui près de 80% des végétaux sur Terre. (OP) (Source: INRA Presse Info 24.10.06)

Références:
  • Klein AM., Vaissière BE., Steffan-Dewenter I., Cunningham SA., Claire K., Tscharntke T. Importance of pollinators in changing landscapes for world crops. Proc. R. Soc. B. 2007 [Résumé en anglais et article PDF à télécharger]
  • Module Déclin des Pollinisateurs du programme intégré européen 2004-2008 ALARM

lundi 23 octobre 2006

Identification du vecteur de la fièvre catharrale en Europe du Nord

Des experts italiens mandatés par l'Organisation mondiale de la santé animale (Oie) ont identifié le vecteur de la récente épidémie de fièvre catharrale qui a touché cet été plusieurs élevages de bovins et de moutons des Pays-Bas, de Belgique, d'Allemagne et de France. Il ne s'agit pas du vecteur habituel, Culicoides imicola, une espèce de moucheron originaire d'Afrique et du Moyen-orient dont la progression à la fin des années 90 avait propagé l'épizootie en Europe méridionale (Grèce, Corse, Sardaigne, Baléares, Croatie, Serbie, etc.), mais d'une espèce voisine européenne, Culicoides dewulfi. Il était déjà établit que le sérotype viral responsable de l'épidémie actuelle était d'origine subsaharienne et n'avait encore jamais été rencontré en Europe. Mais ce nouveau vecteur étant plus adapté au climat européen et aux températures froides que son homologue africain, l'épizootie pourrait donc s'établir en Europe du Nord et même s'étendre à d'autres pays. Devant les risques d'extension de la maladie, particulièrement au cours du prochain printemps lorsque l'activité du vecteur sera plus élevée, l'Oie va renforcer et étendre son système de surveillance en Europe du Nord, d'autant qu'il n'existe aucun traitement efficace et qu'elle est généralement mortelle pour les ruminants. C'est la première fois que cette maladie dénommée aussi la maladie de la langue bleue est identifiée à une telle latitude en Europe. Le réchauffement progressif du climat et la mondialisation des échanges pourraient favoriser ce genre d'épizooties. (OP) ; Source : Sciences et Avenir.com
> Lire le communiqué de l'Oie du 23.10.06 (en anglais)
> (Re)Lire la nouvelle précédente : Progression de la maladie de la langue bleue vers le nord (PESTInfos 29.08.06)

mercredi 18 octobre 2006

L'exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson

Alors que plusieurs études montrent un accroissement du risque chez les agriculteurs, la Mutuelle sociale agricole, en collaboration avec 'Inserm et l'institut de veille sanitaire, a décidé de lancer une vaste enquête épidémiologique sur le rôle de l'exposition professionnelle aux pesticides dans la maladie de Parkinson. Cette décision survient quelque temps après qu'un salarié agricole atteint de la maladie de Parkinson ait été reconnu par un tribunal administratif français comme souffrant d'une maladie professionnelle. Une précédente étude menée de 1999 à 2001 par la MSA et l'Inserm avait montré que le risque de développer la maladie de Parkinson était multiplié par 1.9 chez les personnes exposées aux pesticides agricoles pendant plus de 15 ans, un facteur de risque équivalent à celui de développer un cancer du poumon chez les fumeurs passifs. Depuis, le possible lien entre utilisation de pesticides et maladie de Parkinson s'est vu renforcer par plusieurs études. Ainsi, une étude épidémiologique américaine réalisée sur plus de 140 000 personnes, publiée cet été par des chercheurs de l'école de santé publique de Harvard à Boston, concluait que l'exposition aux pesticides augmentait le risque de Parkinson de 70%. La nouvelle étude tentera d'évaluer l'ampleur de l'exposition aux pesticides et de préciser, parmi le grand nombre de molécules utilisées, lesquelles sont spécifiquement en cause. Celle-ci s'annonce difficile d'autant plus que la maladie de Parkinson est une pathologie complexe liée à des facteurs génétiques modulés par l'environnement. Les résultats ne seront pas connus avant plusieurs années. (OP) ; Source : LeMonde.fr ; Réf. : Ascherio A, Chen H, Weisskopf MG, O'Reilly E, McCullough ML, Calle EE, Schwarzschild MA, Thun MJ., 2006. Pesticide exposure and risk for Parkinson's disease. Ann Neurol. 60(2), 197-203 [Résumé
en anglais
]
> À lire : Parkinson : le rôle des pesticides reconnu (LeFigaro 27.09.06)



lundi 16 octobre 2006

Les pesticides périmés menacent l'Afrique d'une catastrophe sanitaire

La récente catastrophe écologique ivoirienne vient rappeler les risques sanitaires posés en Afrique par le déficit d’infrastructures pour l’élimination des pesticides chimiques accumulés au cours des dernières décennies. Dans un article publié en septembre dernier par le quotidien Jeune Afrique (www.jeuneafrique.com), Mark Davis, le coordinateur du programme de nettoyage des pesticides périmés à la FAO, affirmait en effet que les pesticides périmés menacent l’Afrique d’une catastrophe sanitaire tout aussi importante que celle que vit Abidjan aujourd’hui. La situation est particulièrement inquiétante d'autant plus que le phénomène, peu médiatisé et mal géré par les gouvernements, est le plus souvent inconnu des populations directement menacées. Il n'existe en effet pratiquement aucune informations destinées aux populations concernées sur les précautions à prendre pour éviter des contaminations. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les stocks de vieux pesticides causeraient 20.000 morts par an dans l'ensemble des pays en développement et auraient des conséquences sérieuses sur la santé de 3 millions de personnes (cancers, malformations à la naissance, etc.). En Afrique, ce n'est pas moins de 50 000 tonnes de ces produits pesticides qui menaceraient actuellement la santé de plusieurs milliers de personnes. Mark Davis estime qu’il y en a probablement en réalité presque 100.000 tonnes en Afrique ! Des pesticides obsolètes et dangereux comme la dieldrine, le DDT et le chlordane se retrouvent le plus souvent stockés dans des conteneurs dont l'étanchéité a été endommagée par le temps ou les guerres civiles, et laissés à l'abandon dans des décharges publiques qui se retrouvent aujourd'hui à proximité des bidonvilles. Ces pesticides oubliés affectent non seulement la santé des personnes mais aussi celle du bétail et contaminent l'air, l'eau et le sol. Des infiltrations peuvent ainsi contaminer de vastes zones et les rendre impropre à l'agriculture. La situation est particulièrement alarmante en Afrique subsaharienne. Depuis plus d'une décennie, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le programme des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE) tentent de sensibiliser le monde à cette situation critique de plus en plus grave et d'aider les gouvernements africains à éliminer ces pesticides périmés ou à en améliorer le stockage. Un programme 'Africa Stockpiles Programme' (ASP), dont le coût est évalué à près de 250 millions de dollars, a été récemment mis en place et vise à éliminer tous les pesticides périmés et déchets contaminés en Afrique au cours des 10-15 prochaines années et à promouvoir des mesures de prévention. Mais les procédés d'élimination des pesticides sont fort coûteux et dangereux, et en l'absence de financements adéquats particulièrement de la part des industriels, les efforts de nettoyage demeurent très lents et le risques d'une nouvelle catastrophe sanitaire et écologique plane sur l'Afrique. (OP) ; Source : Infos de la Planète - Un danger qui vient de l’intérieur - Jeune Afrique - 2006-09-17
> Lien à consulter : Africa Stockpiles Programme (en anglais)
> À lire : La Menace des pesticides en Afrique. Afrique Relance - ONU Vol.15 (1-2), page 42 (juin 2002)

jeudi 5 octobre 2006

Une infestation due au dendroctone du pin à l'échelle du Canada ?

Le dendroctone du pin ponderosa, Dendroctonus ponderosae, un petit coléoptère xylophage indigène, perturbe régulièrement les forêts de pins tordus latifoliés (Pinus contorda var. latifolia) de l'Ouest de l'Amérique du Nord. Habituellement les hivers froids et les feux de forêts permettaient de garder sous contrôle ses populations. Depuis plusieurs années, des hivers plus cléments et la diminution des feux de forêts ont favorisé sa prolifération et son expansion en Colombie-Britannique.

Le scolyte a déjà ravagé près de 8,7 millions d'hectare de pins, et selon les experts, 80 % des pins matures de la province pourraient être infestés d'ici 2013. C'est l'une des plus graves infestations observées à ce jour en Amérique du Nord. Bien qu'elle soit d'une ampleur exceptionnelle, cette infestation s'inscrit dans des cycles de perturbations naturelles des forêts et elle pourrait permettreune régénération de la forêt britanno-colombienne.

Pour détruire les larves hivernantes et réduire les infestations, il faudrait des hivers précoces et rigoureux avec au moins 3 semaines en dessous de -40°C. Cependant à cause du réchauffement progressif des températures du à l'effet de serre, les experts craignent que l'infestation perdure plusieurs années et surtout qu'elle se propage à l'ensemble du Canada d'autant plus que de nouveaux foyers ont été découverts à l'ouest des Rocheuses en Saskatchewan et aux États-Unis et que le ravageur s'attaque désormais à d'autres essences comme les pin gris (Pinus banksiana) de la forêt boréale nordique. Les conséquences d'une telle épidémie à l'échelle du Canada seraient désastreuses pour les écosystèmes forestiers et l'industrie forestière, mais aussi pour la vie de certaines nations autochtones.
(Source de l'information : Dépêche de la Presse Canadienne (PC) du 25.09.06)

Pour en savoir plus : 

L'agriculture responsable de la déforestation au Brésil

Une récente étude montre qu'au cours des dernières années, l'agriculture mécanisée est devenue la principale cause de déforestation en Amazonie, devant l'élevage. À l'aide d'images satellites, les chercheurs ont en effet révélé que, durant la période 2001-2004, les surfaces déboisées à des fins agricoles se sont accrues de 3.6 millions d'hectares au dépend de la forêt amazonienne, dont 540 000 ha dans le seul état du Mato Grosso. Elles sont en moyenne 2 fois supérieures à celles consacrées pour l'élevage et le pâturage, et les chercheurs ont montré qu'elles étaient directement corrélées au prix moyen du soja. Cette étude réfute donc la thèse selon laquelle la culture intensive de soja se ferait principalement sur des terres préalablement déboisées pour élever du bétail. (OP) ; Source : SciDev.net (en anglais) ; Réf. : Douglas C. Morton DC., DeFries RS., Shimabukuro YE., Anderson LO., Arai E., del Bon Espirito-Santo F., Freitas R., Morisette J., 2006. Cropland expansion changes deforestation dynamics in the southern Brazilian Amazon.PNAS 2006 103: 14637-14641 [Résumé en anglais]

mardi 3 octobre 2006

Controverse autour de la recommandation de L'OMS d'utiliser le DDT pour lutter contre le paludisme

Alors que le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) fait toujours parti des 12 substances chimiques devant être graduellement supprimées dans le monde conformément à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) signée en mai 2002, l'organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande aujourd'hui son utilisation à l'intérieur des maisons pour lutter contre le paludisme. Selon l'OMS, la pulvérisation résiduelle de DDT à l'intérieur des habitations et des abris pour animaux, si elle est bien gérée, est un des outils les plus efficaces pour lutter contre les moustiques vecteurs, et est sans danger pour la santé humaine et animale et pour l'environnement.

Ce radical et surprenant changement de politique de l'OMS a suscité une controverse au sein de la communauté scientifique, et a soulevé les protestations de nombreuses organisations écologistes, sociales et humanitaires. Pour ces derniers, le DDT reste un produit dangereux, interdit aux États-Unis depuis 1972, qui est toujours classé par plusieurs agences gouvernementales comme un agent persistant pouvant perturber le système endocrinien et provoquer des cancers ou des lésions nerveuses chez les hommes et les animaux.

Après avoir connu un certain succès dans la lutte contre la malaria dans les années 50, les populations de moustiques vecteurs sont devenues résistantes, réduisant de ce fait son efficacité, et le DDT s'est rapidement avéré dangereux pour la faune et l'environnement, principalement en s'accumulant et en persistant dans les chaînes alimentaires. Les adversaires de ce vieux pesticide chimique accusent aussi l'OMS de céder aux pressions économiques et politiques de l'industrie chimique, et de certains gouvernements étrangers, dont ceux des États-Unis, du Canada et du Japon, qui souhaiteraient saper la législation internationale sur les produits chimiques.

Pour les adversaires du DDT, le paludisme dont près de 90% des victimes sont africaines, est lié à la pauvreté et au sous développement, et la solution chimique ne doit pas être la composante majeure des stratégies de lutte contre cette maladie. Pour réduire l'incidence du paludisme, ils préconisent plutôt une approche basée sur la communauté comprenant diverses mesures comme le nettoyage des gîtes de reproduction des moustiques, la distribution de médicaments et de moustiquaires, la mise en place de mesures d'hygiène publique et de projets locaux d'éducation à la santé, un traitement rapide et un recours modéré au contrôle chimique.

Actuellement 14 pays pratiquent la pulvérisation résiduelle intérieure, c'est à dire le traitement des habitations par des insecticides à effet lent et action longue, et dix d'entre eux, dont l'Afrique du Sud, utilisent le très controversé DDT. Financée en partie par les États-unis, l'utilisation du DDT devrait maintenant s'étendre à une quarantaine de nouveaux pays au risque de créer de nouveaux dommages collatéraux aux générations futures. (OP)

Pour en savoir plus:

Controverse sur l'utilisation du DDT pour lutter contre le paludisme

Alors que le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane) fait toujours parti des 12 substances chimiques devant être graduellement supprimées dans le monde conformément à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) signée en mai 2002, l'organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande aujourd'hui son utilisation à l'intérieur des maisons pour lutter contre le paludisme. Selon l'OMS, la pulvérisation résiduelle de DDT à l'intérieur des habitations et des abris pour animaux, si elle est bien gérée, est un des outils les plus efficaces pour lutter contre les moustiques vecteurs, et est sans danger pour la santé humaine et animale et pour l'environnement.

Ce radical et surprenant changement de politique de l'OMS a suscité une controverse au sein de la communauté scientifique, et a soulevé les protestations de nombreuses organisations écologistes, sociales et humanitaires. Pour ces derniers, le DDT reste un produit dangereux, interdit aux États-Unis depuis 1972, qui est toujours classé par plusieurs agences gouvernementales comme un agent persistant pouvant perturber le système endocrinien et provoquer des cancers ou des lésions nerveuses chez les hommes et les animaux. Après avoir connu un certain succès dans la lutte contre la malaria dans les années 50, les populations de moustiques vecteurs sont devenues résistantes, réduisant de ce fait son efficacité, et le DDT s'est rapidement avéré dangereux pour la faune et l'environnement, principalement en s'accumulant et en persistant dans les chaînes alimentaires. Les adversaires de ce vieux pesticide chimique accusent aussi l'OMS de céder aux pressions économiques et politiques de l'industrie chimique, et de certains gouvernements étrangers, dont ceux des États-Unis, du Canada et du Japon, qui souhaiteraient saper la législation internationale sur les produits chimiques.

Pour les adversaires du DDT, le paludisme dont près de 90% des victimes sont africaines, est lié à la pauvreté et au sous développement, et la solution chimique ne doit pas être la composante majeure des stratégies de lutte contre cette maladie. Pour réduire l'incidence du paludisme, ils préconisent plutôt une approche basée sur la communauté comprenant diverses mesures comme le nettoyage des gîtes de reproduction des moustiques, la distribution de médicaments et de moustiquaires, la mise en place de mesures d'hygiène publique et de projets locaux d'éducation à la santé, un traitement rapide et un recours modéré au contrôle chimique.

Actuellement 14 pays pratiquent la pulvérisation résiduelle intérieure, c'est à dire le traitement des habitations par des insecticides à effet lent et action longue, et dix d'entre eux, dont l'Afrique du Sud, utilisent le très controversé DDT. Financée en partie par les États-unis, l'utilisation du DDT devrait maintenant s'étendre à une quarantaine de nouveaux pays au risque de créer de nouveaux dommages collatéraux aux générations futures.

Pour en savoir plus :

lundi 2 octobre 2006

New Delhi à la veille d'une nouvelle épidémie de dengue

À New Delhi et dans 2 états frontaliers de la capitale fédérale indienne, plus de 300 personnes ont contracté la dengue ou grippe tropicale pendant la saison des moussons, de juin à septembre. 11 personnes en sont mortes et une centaine de nouveaux cas ont été répertoriés au cours de la dernière semaine. Jugeant la situation très alarmante, les autorités de New Delhi s'apprêtent à déclarer l'épidémie. Déjà en 1996, une épidémie de dengue avait touché New Delhi en infectant plus de 10 000 personnes et en causant le décès d'environ 400. Transmise à l'homme par les moustiques du genre Aedes, la dengue est une fièvre virale (due à un arbovirus) qui infecte annuellement 60 à 100 millions de personnes et dont la forme hémorragique est actuellement en recrudescence dans le monde. Le développement urbain non contrôlé, la croissance démographique, la pauvreté et les catastrophes naturelles sont les principaux facteurs de cette recrudescence. Présentement, il n'existe aucun traitement ni vaccin et le seul moyen pour contrôler l'épidémie est la lutte contre les moustiques vecteurs. (OP) ; Source : Dépêche AFP du 26.09.2006
> En savoir plus sur la Dengue : Institut Pasteur et Organisation Mondiale de la Santé

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