lundi 23 janvier 2006

Un nouveau procédé de défoliation thermique pour lutter contre le syndrome du "coton collant"

L'Aleurode du tabac (Bemisia tabaci) et le Puceron du cotonnier (Aphis gossypii) sont deux hémiptères qui affectent depuis plusieurs années les plantations de coton du Sud-Ouest des États-Unis et sont responsables du syndrome de "coton collant". Leurs sécrétions de miellat sont si abondantes qu'elles rendent difficiles la récolte et le conditionnement mécaniques du coton en bloquant les mécanismes des machines agricoles.
Des chercheurs du Département de l'agriculture des États-Unis (USDA - ARS) et de l'université d'État du Nouveau Mexique ont mis au point une nouvelle méthode de défoliation thermique pouvant être utilisée un ou deux jours avant la récolte et par tout temps. De l'air chauffé à 193°C par la combustion de propane est propulsé à l'aide d'une machine sur les plants et permet d'éliminer leur feuillage sans altérer la qualité du coton.
Non toxique, ce procédé est compatible avec les règles de l'agriculture biologique. En outre, le propane est une source d'énergie relativement propre dont la combustion émet très peu de gaz à effet de serre et autres polluants atmosphériques. (OP)
Source : OPIE - Épingles 2006
Référence: "Researchers discover dramatic insect control with innovative thermal cotton defoliation technology " (Seedquest, 19 janvier 2006)

jeudi 19 janvier 2006

Des guêpes porteuses d'un virus mortel pour les ravageurs des cultures

Les virus entomopathogènes et les guêpes parasitoïdes sont utilisés depuis plusieurs années en lutte biologique pour contrôler des insectes ravageurs des cultures. Des chercheurs chinois de l'Institut de recherche sur les virus de Wuhan ont eu l'idée de combiner les deux agents de biocontrôle.
Des œufs parasités de ravageurs, dans lesquels des guêpes ont pondu, sont trempés dans une solution contenant un virus mortel pour les ravageurs et inoffensifs pour les guêpes. Après leur éclosion, les guêpes parasites adultes sont contaminées et disséminent le virus d'autant plus aisément que les guêpes visitent plusieurs centaines d’œufs avant d'en choisir un pour pondre.
Les chercheurs ont identifié une vingtaine de virus pouvant être ainsi utilisés pour contrôler autant de ravageurs, principalement des lépidoptères. Selon le directeur des recherches Peng Huiyinles, la nouvelle méthode développée depuis une quinzaine d'année est à la fois moins chère et plus respectueuse de l'environnement. Elle devrait être commercialisée d'ici un ou deux ans.
Source: SciDev "Wasps deliver deadly virus to crop pests"

mardi 17 janvier 2006

Leucémie aigüe, l'incidence des pesticides pendant la grossesse

Selon des chercheurs français de l'INSERM, les femmes qui ont été exposées au cours de leur grossesse à des insecticides domestiques, dont les shampooings anti-poux, ont deux fois plus de risques de mettre au monde des enfants souffrant de leucémie aiguë. Les insecticides domestiques comme les shampoings anti-poux sont habituellement composés de pyréthrinoïdes, d'organochlorés (lindane) ou d’organophosphorés (malathion).
De 1995 à 1999, une vaste étude de cas témoin a été menée auprès de 280 mères d'enfants malades et de 288 mères d'enfants non leucémiques. Bien qu'aucun lien direct entre l'exposition aux insecticides et la leucémie n'ait été établit, les résultats montrent une association statistiquement significative.
Selon Florence Ménégaux, l'auteure de la récente publication, les résultats de cette étude "confirment l'hypothèse selon laquelle divers types d'exposition aux insecticides peuvent constituer des facteurs de risque pour la leucémie aiguë chez l'enfant".
Source : Radio-Canada

Référence: F. Menegaux, A. Baruchel, Y. Bertrand, B. Lescoeur, G. Leverger, B. Nelken, D. Sommelet, D. Hémon, J. Clavel, 2006. Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia. Occupational and Environmental Medicine 2006;63:131-13 [Résumé en anglais]

jeudi 12 janvier 2006

La croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005

Selon les statistiques publiées par l' International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa)*, la totalité des surfaces cultivées en OGM dans le monde en 2005 s'élève à 90 millions d'hectares répartis dans 21 pays. Alors qu'elle atteignait 20% en 2004 et 15% en 2003, la croissance des surfaces cultivées en OGM s'est ralentie en 2005 pour atteindre 11% (soit 9 Mha supplémentaires).
Avec 49.8 millions d'hectares, les États-Unis restent le principal producteur d'OGM dans le monde (55%) suivis de l'Argentine (19%), du Brésil (10%), du Canada (6%) et de la Chine (3%). Malgré les controverses scientifiques et l'opposition de nombreux citoyens, le Brésil a presque doublé sa superficie d'OGM en 2005 (9,4 millions d’hectares en 2005 comparativement avec 5 millions en 2004) et la France a réintroduit timidement le maïs-Bt (500 ha).

Les principales plantes transgéniques cultivées et commercialisées sont le soja (54.4 Mha, soit 60% de la surface mondiale cultivée avec des OGM) , le maïs (21.2 Mha, soit 24%), le coton (9,8 Mha, soit 11 %) et le colza (4,6 Mha, soit 5%). La majorité d'entre elles (71%) a pour caractère la tolérance à un herbicide. Les plantes-Bt, résistantes à certains insectes ravageurs, représentent 18% des plantes transgéniques cultivées dans le monde.
Alors que la Chine pourrait autoriser prochainement le riz-Bt, et ce malgré les controverses scientifiques (scepticisme sur le riz transgénique chinois, 17/10/2005), l'Iran l'a officiellement autorisé en 2004 et l'a cultivé en 2005 sur une surface de 4000 ha. Le riz est l'aliment de base de 1.3 milliards d'êtres humains. Selon l'Isaaa, l'ouverture de la Chine au riz transgénique devrait accélérer la culture et la commercialisation des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et favoriser leur acceptation mondiale.

Malgré le bilan élogieux dressé par l'Isaaa, les plantes transgéniques, en 10 ans de commercialisation, n'ont pas tenu leur promesse en terme de réduction de pesticides (Voir le rapport Benbrook) et n'ont joué aucun rôle dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Un récent rapport publié par les Amis de la Terre précise en outre que l'augmentation des surfaces cultivées en OGM dans un nombre limité de pays est surtout du à l'agressivité des compagnies agrochimiques et au contrôle de plus en plus grand qu'elles exercent dans l'accès aux semences.

Note: * L' Isaaa est une fondation nord-américaine favorable au développement des biotechnologies agricoles dans le monde. Financée par les principales multinationales agrochimiques productrices d'OGM (Monsanto, Sygenta, Bayer, etc.), elle publie chaque année un état mondial des cultures transgéniques

Pour en savoir plus:

mardi 10 janvier 2006

L'agriculture raisonnée des fourmis

Certaines fourmis d’Amérique latine cultive de véritables "champs" de champignon pour nourrir leur colonie. Comme tout cultivateur, ces fourmis doivent lutter contre les ravageurs qui menacent leur récolte. Le biologiste Cameron Currie (University of Wisconsin-Madison) et ses collègues ont découvert que les fourmis vivaient en symbiose avec une bactérie produisant un antibiotique pour lutter contre un parasite qui aime lui aussi se nourrir de champignon.
Source: Sciences et Avenir

Pour en savoir plus:
  • Cameron R. Currie, Michael Poulsen, John Mendenhall, Jacobus J. Boomsma, Johan Billen, Coevolved Crypts and Exocrine Glands Support Mutualistic Bacteria in Fungus-Growing Ants. Science 6 January 2006: Vol. 311. no. 5757, pp. 81 - 83 [Résumé en anglais]
  • Cafaro MJ, Currie CR.. 2005. Phylogenetic analysis of mutualistic filamentous bacteria associated with fungus-growing ants. Can J Microbiol. 2005 Jun;51(6):441-6 [Résumé en anglais]

lundi 9 janvier 2006

L'Agrile du frêne s'étend en Ontario

Détecté pour la première fois en 2002, dans la région de Detroit (Michigan) et Windsor (Ontario), l'agrile du frêne ne cesse de s'étendre dans le sud-ouest de l'Ontario et cela malgré les efforts concertés des autorités américaines et canadiennes pour tenter d'en limiter l'expansion.
Coléoptère d'origine asiatique orientale, l'agrile du frêne (Agrilus planipennis) est extrêmement dévastateur pour toutes les essences de frêne (Fraxinus spp.). En parasitant les tissus internes des arbres, ses larves causent le dépérissement des arbres en 2 ou 3 ans. À ce jour, les biologistes n'ont noté aucun signe de résistance naturelle du frêne et espèrent toujours trouver un prédateur indigène capable de contrôler sa prolifération.
En 3 ans, plus de 15 millions d'arbres au Michigan et plus d'un million en Ontario sont morts ou dépérissent suite aux attaques du ravageur. Malgré l’abattage de milliers de frênes et la création d'une zone tampon sans frênes, les autorités phytosanitaires canadiennes n'ont pu freiner son expansion vers d'autres sites dans le sud-ouest de l'Ontario et l'épidémie s'étend désormais au delà des foyers d'infestation dans le comté de Lambton.
Malgré les capacités de vol de plusieurs kilomètres de l'insecte, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) met surtout en cause les déplacements illicites ou accidentels de bois au delà des zones de quarantaine. (OP)
Source : Agence Science-Presse

Pour en savoir plus:

jeudi 5 janvier 2006

Protéger les pollinisateurs

Selon le Département des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), 70% des espèces végétales assurant l'essentiel de l'approvisionnement alimentaire mondial sont pollinisés par les abeilles, principalement des abeilles sauvages. Plusieurs autres espèces d'insectes comme les thrips, les guêpes, les mouches, les coléoptères, les phalènes, mais aussi des oiseaux comme les colibris et des mammifères comme les chauve-souris contribuent à la pollinisation des plantes cultivées et au maintien de leur diversité génétique.
La présence des pollinisateurs naturels est essentielle au rendement et à la qualité des productions vivrières. Elle contribue ainsi aux moyens d'existence de nombreux agriculteurs dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement. Par exemple, des recherches récentes menées dans les plantations de café du Costa Rica ont montré que la pollinisation par les abeilles sauvages permettait une augmentation de 20% des rendements des caféiers.
Cependant, depuis plusieurs années, on constate une diminution importante et inquiétante des populations de pollinisateurs dans le monde entier, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. L'intensification de l'agriculture, la destruction des habitats naturels et l'utilisation massive de pesticides menacent la survie des colonies d'abeilles sauvages, de nombreuses espèces de papillons et de plusieurs espèces de chauve-souris et de colibris.
Face à cette "crise de la pollinisation", la FAO met en place un projet d'initiative internationale pour la conservation et l'utilisation durable des pollinisateurs visant à élaborer de nouvelles pratiques agricoles par une "approche d'écosystèmes". Selon Linda Collette, experte de biodiversité des cultures de la FAO,  le projet vise à réaliser "un ensemble d'outils, de méthodologies, de stratégies et de meilleures pratiques pouvant être appliquées aux efforts de conservation des pollinisateurs dans le monde entier. Ceci, à son tour, contribuera à atteindre un objectif de plus grande envergure: améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens d'existence des communautés rurales."
Source: FAO Agriculture 21

Pour en savoir plus:

lundi 19 décembre 2005

Pesticides, agriculture et environnement : changer de modèle agricole pour une "production intégrée" (INRA-Cemagref)

En assurant depuis plus de 60 ans de hauts rendements agricoles, les pesticides chimiques ont permis le développement d'une agriculture intensive et productiviste. Le système agro-industriel français, tourné vers la productivité, est le 3ème consommateur mondial de pesticides.

Selon les données de l'UIPP publiées en 2004:
  • Vente de pesticides en France en 2004 : 75120 tonnes de pesticides
    • dont 57300 tonnes de pesticides chimiques (environ 76%)
  • soit environ 5kg/hectare cultivé/an

Cependant l'utilisation intensive de pesticides n'est pas sans conséquences néfastes sur l'environnement. Toxiques et persistants, ils sont devenus aujourd'hui une source importante de perturbation des écosystèmes et leurs résidus dans l'eau et les aliments menacent aussi la santé humaine. Leur emploi répété sur de grandes surfaces conduit aussi rapidement au développement de populations de bio-agresseurs (adventices, insectes ravageurs, champignons phytopathogènes) résistantes qu'il devient de plus en plus difficile de contrôler d'autant plus que l'agriculture intensive accroît les risques phytosanitaires. La réduction des pesticides et de leurs impacts environnementaux devient donc une nécessité d'autant plus que le contexte réglementaire européen devient de plus en plus exigeant.

Dans ce cadre, une expertise scientifique a été menée conjointement par l'INRA et l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref). Ses résultats ont été rendus public jeudi dernier, le 15 décembre, lors d'un colloque qui s'est tenu à Paris. Les auteurs de cette étude font trois constats:
  1. Une utilisation "raisonnée" des pesticides avec le maintien du système productif actuel est difficilement tenable à long terme. 
  2. Les méthodes alternatives de contrôle biologique ont montré leurs limites quant à leur efficacité ou leur facilité d'emploi. 
  3. La réduction de pesticides promise par les OGM n'a toujours pas été démontrée. 
Face à cette situation, les experts préconisent de changer le modèle agricole actuel en mettant en place un système de "production intégrée" visant à prévenir les risques phytosanitaires. Leur étude montre par exemple que l'utilisation de variétés de blé "rustiques", au rendement plus faible, permet de réduire les risques phytosanitaires et les consommations de pesticides tout en étant aussi rentables que les variétés plus productives.

La mise à profit de cette biodiversité variétale, la revalorisation de la rotation des cultures, une plus grande adaptation aux terroirs locaux combinées à une politique volontariste et incitative de réduction des pesticides à l'instar de celle menée au Danemark, sont des pistes à suivre ... (OP)
Source: INRA Presse Info (communiqué de presse)

Référence: Aubertot J.N., Barbier J.M., Carpentier A., Gril J.J., Guichard L., Lucas P., Savary S., Savini M., Voltz M. (eds), 2005, Pesticides, agriculture et environnement: réduire l'utilisation des pesticides et limiter leurs impacts environnementaux, synthèse du rapport d'expertise, 68 p. [PDF] ; Résumé de l'expertise, 8 p. [PDF]

vendredi 9 décembre 2005

Des moustiques résistants au Bt

Depuis quelques années, les autorités sanitaires des grandes métropoles nord-américaines s'efforcent de contrôler les populations de moustiques urbains comme Culex pipiens qui sont les principaux vecteurs du virus du Nil occidental. Aux États-Unis, dans l'État de New-York, quatre insecticides sont utilisés couramment :
- le methoprène, un régulateur de croissance;
- la phénothrine, un pyréthrinoïde de synthèse;
- et deux bioinsecticides bactériens, soit le Bacillus sphaericus (Bs) et le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). 

Des chercheurs de l'Université de Cornell, à Ithaca, ont étudié la résistance à ces quatre insecticides dans deux populations de C. pipiens provenant d'Albany et de Syracuse (État de New-York). Leurs travaux révèlent de très hauts niveaux de résistance au Bti dans la population de C. pipiens de Syracuse. Toutefois, selon les auteurs, les moustiques ne se mélangent pas rapidement, ce qui conduit à des résistances très localisées. 

Référence : 
  • Paul A, Harrington LC, Zhang L, Scott JG., Insecticide resistance in Culex pipiens from New York, J Am Mosq Control Assoc. 2005 Sep;21(3):305-9 [Résumé en anglais]

lundi 28 novembre 2005

Agriculture et changements climatiques

Montréal 2005 - Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques.


Plus de 10 000 délégués en provenance de 190 pays discuteront à Montréal (Québec) jusqu'au 9 décembre, de la lutte aux changements climatiques et de la suite à donner au Protocole de Kyoto. L'occasion de rappeler que 10 à 30% des émissions de gaz à effets de serre (GES) sont dues aux activités agricoles : utilisation d'engrais azotés et de pesticides chimiques, élevages extensifs, déforestation, transformation agroalimentaire, etc. Si l'agriculture ne génère que très peu de gaz carbonique (CO2) par rapport aux autres secteurs économiques comme le transport ou l'industrie, elle produit entre 50% et 80% du protoxyde d'azote (N2O) et du méthane (CH4) provenant des activités humaines.

L'agriculture devra donc modifier considérablement ses pratiques, en particulier de gestion du sol, de l'eau et d'élevage d'autant plus que les changements climatiques pourraient avoir un effet dévastateur sur elle. Avec les prévisions de réchauffement climatique, les experts s'attendent à une augmentation importante de la sévérité et la fréquence des attaques d'insectes ravageurs et des maladies phytopathogènes aggravant les risques de perte des récolte. L'impact des changements climatiques sur les populations d'insectes sont aussi une source d'inquiétude en santé humaine et animale. Les modèles actuels prévoient en effet une recrudescence des maladies à parasitoses transmises par les insectes et les acariens hématophages (malaria, encéphalites, etc.) dans les pays tropicaux, mais aussi leur expansion dans les pays tempérés et nordiques. (OP)

Pour en savoir plus:

"Pas de Pays Sans Paysans", un film de Ève Lamont

L'agriculture industrielle pratiquée à l'échelle de la planète est actuellement en crise, y compris au Canada et au Québec :
  • utilisation massive d'intrants chimiques (engrais, pesticides de synthèse) qui menacent la santé humaine et l'environnement;
  • prolifération des plantes transgéniques sans véritable contrôle;
  • élevages industriels et méga porcheries;
  • destruction des écosystèmes et perte de la biodiversité;
  • disparition des fermes familiales;
  • etc.
"Pas de Pays Sans Paysans", le documentaire engagé de la réalisatrice québécoise Ève Lamont, dresse un sombre tableau de l'agriculture et dénonce son industrialisation, sous la pression des multinationales de l'agrochimie, au détriment de l'environnement et de la qualité de ses aliments. À travers la rencontre de différents agriculteurs et citoyens dans les campagnes du Québec, de l'Ouest canadien et de la France, Ève Lamont montre qu'il est possible et urgent de produire et de cultiver autrement. "Pas de Pays Sans Paysans'' propose une autre vision de l'agriculture, celle d'une agriculture paysanne et biologique qui respecte l'environnement, la santé et l'autonomie des paysans.

Pour en savoir plus:

mercredi 23 novembre 2005

Les mélèzes du Queyras

Les randonneurs qui se sont promenés cet été dans le Queyras (Alpes françaises) auront pu s'inquiéter de constater qu'une grande partie des mélèzes étaient bruns et perdaient leurs aiguilles. En fait, périodiquement, les forêts de mélèze du Queyras prennent cette étrange couleur brune. C'est le résultat de l'action d'un petit papillon dont les chenilles dévorent les aiguilles.

La tordeuse du Mélèze (Zeiraphera diniana Gn.) revient en moyenne tous les 8 à 10 ans et pullule pendant 2 à 3 ans. Leur présence témoigne d'un bon équilibre biologique entre l'arbre et l'insecte car la défoliation des mélèzes ne provoque pas leur mort.

En savoir plus sur la Tordeuse du mélèze (site externe)


Forêt de mélèze dans le Parc naturel régional du Queyras. Crédit: Olivier Peyronnet - juillet 2005
Essence de lumière, le mélèze (Larix decidua) est très résistant au froid et affectionne l'air sec et la lumière de haute montagne. Essence pionnière, il colonise les éboulis et les cones de déjections et d'avalanches jusqu'à une altitude de 2500m. Conifère au feuillage aérien, le mélèze est le seul conifère dont les aiguilles jaunissent et tombent en automne. D'une longévité remarquable, il peut vivre entre 300 et 500 ans


mardi 22 novembre 2005

Les dessous chimiques de la maladie hollandaise de l'orme

Le champignon responsable de la disparition des ormes joue un rôle actif dans la propagation de la maladie en attirant des insectes. En fait, lorsqu'il envahit les vaisseaux de l'arbre, le champignon Ophiostoma novo-ulmi déclenche la production de composés chimiques, soit un monoterpène et de trois sesquiterpènes, des phéromones qui attirent spécifiquement une espèce de coléoptère xylophage, le scolyte de l'orme, Hylurgopinus rufipes.

Les scolytes sont de petits coléoptères qui vivent sous l'écorce des arbres et dont les larves se nourrissent du bois en creusant des galeries, affaiblissant gravement les ormes déjà infectés par le champignon. Très mobiles, les scolytes adultes, qui se chargent de spores sur leur carapace, vont alors disséminer le champignon sur les arbres sains. Le champignon "manipule" donc son hôte pour attirer les scolytes, une stratégie qui lui permet d'augmenter la probabilité d'être transporté sur de nouveaux hôtes.
  

La maladie hollandaise de l'orme, connue aussi sous le nom de graphiose est responsable de la quasi-disparition des ormes de l'hémisphère Nord. D'origine asiatique, la maladie hollandaise de l'orme est apparue en 1919 pour la première fois aux Pays-Bas, d'où son nom. Puis, elle s'est développée dans nord de la France et dans toute l'Europe. Son introduction en Amérique du Nord en 1928 a provoqué de très graves dégâts sur l'orme d'Amérique (Ulmus americana L.). Dans la vallée du Saint-Laurent, seuls quelques spécimens d'orme indigènes ont survécu.

Pour en savoir plus:

vendredi 28 octobre 2005

OGM: Une plante sauvage devenue résistante aux herbicides

Les experts pro OGM prétendaient qu'une hybridation entre une plante transgénique et une plante sauvage était impossible. Pourtant, The Guardian, rapporte qu'une telle hybridation se serait produite dans des essais menés au Royaume-Uni. Selon le quotidien britannique qui cite des chercheurs du Centre d'écologie et d'hydrologie de Dorset, des gènes d'une version génétiquement modifiée du colza se seraient en effet mêlés à une plante sauvage voisine pour créer une nouvelle plante hybride résistante aux herbicides.
Source : Agence Science-Presse

Les effets de la terre de diatomées et les extraits de pois sur les insectes de denrées stockées

Les insectes des denrées stockées posent de nombreux problèmes dans les silos à grains, les moulins à farine et les usines de transformation alimentaire. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), 5 à 10% des céréales sont perdus au cours de leur entreposage.
La protection des grains et des denrées stockées se fait par des moyens physiques comme l'aération de silos, et par l'utilisation de nombreux insecticides de synthèse dont certains sont dangereux pour la santé humaine. La résistance des insectes des denrée stockées aux insecticides et la contamination des aliments par des résidus d'insecticides ont poussé les chercheurs à s'intéresser à d'autres types d'insecticides moins toxiques.
Au cours du congrès de la Société d'entomologie du Québec (SEQ), qui s'est tenu cette année à Orford (Cantons de l'Est), Paul Fields du Centre de recherche sur les céréales à Saskatoon (Agriculture et Agroalimentaire Canada) a présenté deux alternatives aux insecticides de synthèse prometteuses:
  1. Constituée des coques de silice d'algues unicellulaires, la terre de diatomées est une poudre très fine qui absorbe la cire de la cuticule des insectes provoquant leur déshydratation;
  2. Les extraits de farine de pois contiennent de petits peptides, des saponines et des lysolecithines qui ont des effets toxiques et antiappétents pour les insectes de denrée stockées sans affecter leurs parasites. 
Pour en savoir plus:

  • Société d'entomologie du Québec, Paul Fields, Wes Taylor et Xingwei Hou. Travail dans la noirceur : Les effets de la terre de diatomées et les extraits de pois sur les insectes de denrées stockées. 132ème réunion annuelle de la Société d'entomologie du Québec, Orford (Québec), 28 octobre 2005 [Résumé]


  • Enhancement of protein-rich pea flour against stored-product insects and its affect on the insect midgut (ARDI, Agri-Food Research and Development Initiative, Manitoba)
  • vendredi 16 septembre 2005

    Le scandale du Némagon

    Le 1,2-dibromo-3-chloropropane (DBCP), commercialisé par Dow Chemical sous la marque Nemagon, a été massivement employé au cours des années 1960-1980 dans les bananeraies d’Amérique Centrale et d’Afrique de l’Ouest pour lutter contre le nématode du bananier.

    Très toxique, ce nématicide a causé des milliers de victimes de maladies incurables (cancers, cécité, dermatoses, infertilité, malformations congénitales) parmi les travailleurs agricoles, dépourvus de toute protection, et leur famille. Au Nicaragua, plus de 20000 personnes en ont été victimes. Les procès qui s’en suivirent ont mis en évidence la complicité entre les compagnies bananières et les compagnies agrochimiques pour cacher la toxicité du Nemagon aux travailleurs agricoles.

    Pour en savoir plus :

    vendredi 4 mars 2005

    Des associations se mobilisent contre l'irradiation des aliments en France

    Un collectif regroupant diverses associations comme Les Amis de la Terre, Attac, La Confédération paysanne ou Nature et progrès organise, samedi 5 mars, des manifestations devant sept usines qui pratiquent l'ionisation de certains produits alimentaires. La question de l'innocuité de cette technique de stérilisation suscite une polémique dans le milieu scientifique.

    Qu'est ce que l'irradiation des aliments?
    L'irradiation ou ionisation des aliments est un procédé de conservation des produits alimentaires frais ou transformées qui consiste à les bombarder avec des rayons gamma, issus du Cobalt 60 ou du Césium 13, afin de:
    1. réduire le nombre de micro-organismes et d'agents pathogènes (Listeria spp, salmonelles, etc.);
    2. inhiber la germination des bulbes et des tubercules;
    3. détruire les insectes et les parasites;
    4. et retarder l'altération des aliments.
    L'irradiation des aliments en France et dans le monde
    Elle se pratique en France et dans le monde depuis plusieurs années, parfois frauduleusement et, le plus souvent, dans l'ignorance totale des producteurs et des consommateurs. Très utilisée aux État-Unis, cette technique se développe aussi dans de nombreux pays du Sud. En France, l'ionisation est autorisée pour les herbes aromatiques, les oignons, l'ail et les échalotes, la gomme arabique, les viandes de volaille, les légumes, les fruits secs, les abats de volaille, les cuisses de grenouille et les crevettes. L'indication "traité par ionisation" doit être clairement affichée sur les emballages des produits irradiés.

    Depuis 2003, le Codex alimentarius, une instance crée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), a rendu en juillet 2003 un avis favorable à l'ionisation. À présent, tout pays refusant la commercialisation des aliments irradiés pourrait donc être attaqué devant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

    Les craintes suscitées par l'irradiation des aliments
    Selon Morgan Ody, membre de la Confédération paysanne, cette technologie de conservation des aliments représente de véritables menaces, tant pour l'économie paysanne que pour la santé et l'environnement. L'irradiation des aliments permet ainsi de surpasser les obstacles sanitaires à l'industrialisation de la production alimentaire et de dépasser toutes les barrières naturelles à la délocalisation des productions, ce qui met en péril les économies locales et l'environnement.

    De plus, certaines études scientifiques, réalisées ces dernières années en France et en Allemagne, soulignent le risque toxicologique d'un tel procédé. En effet, l'ionisation des aliments contenant des matières grasses produit des molécules appelées 2-alkylcyclobutanone (2-acb), qui sont toxiques tant pour les bactéries que pour les cellules humaines et qui stimulent les tumeurs cancéreuses de rats. Selon Dominique Burnouf, de l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire (CNRS) de Strasbourg, il s'agit d'études in-vitro en laboratoire qu'il est difficile d'extrapoler à l'homme. Il faudrait donc poursuivre d'autres recherches, mais les financements nécessaires manquent.

    Enfin, l'ionisation des aliments détruit les vitamines et altère leurs qualités nutritives tout en préservant leur apparence durant des semaines. Les aliments sains ont-ils réellement besoin d'être irradiés?

    Pour en savoir plus:
    • Morgan Ody, Mon assiette sous rayon X. Campagnes Solidaires No 191 Décembre 2004, p.12
    • Delincée, H. and Pool-Zobel, B., 1998. Genotoxic properties of 2-dodecyclobutanone, a compound formed on irradiation of food containing fat. Radiation Physics and Chemistry, 52:39-42 
    • Raul F, Gosse F, Delincee H, Hartwig A, Marchioni E, Miesch M, Werner D, Burnouf D., 2002. Food-borne radiolytic compounds (2-alkylcyclobutanones) may promote experimental colon carcinogenesis. Nutr Cancer. 2002;44(2):189-91 [Résumé en anglais]

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